22 décembre 2009
Soft power, retours d'expérience du monde entier
Le USC Center on Public Diplomacy vient de mettre en ligne une étude du professeur Nicholas J. Cull consacrée à la diplomatie publique à travers de nombreux retours d'expérience. On y lira en particulier une typologie des différentes formes de diplomatie publique mises en oeuvre dans différents pays du monde.
La France apparaît ainsi comme un pays qui privilégie la diplomatie culturelle grâce à des opérations internationales d'origine étatique. Le Japon mise plutôt sur les échanges universitaires pour soigner son image internationale ; les Etats-Unis utilisent leur réseau diplomatique pour faire valoir leurs positions auprès de la presse mondiale. La Grande-Bretagne, pour sa part, recourt à son dispositif de radio-diffusion international. Quant à l'ex-URSS, sa diplomatie culturelle reposait, selon Nicholas J. Cull, sur la "désinformation" et la "guerre psychologique".
L'auteur recense également les différentes contraintes inhérentes à ces types de diplomatie publique : informations mises en circulation, gestion du temps, infrastructures nécessaires, proximité ou éloignement avec les gouvernements...
Source :
- Public diplomacy : lessons from the past (USC Center on Public Diplomacy)
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- L'Australie célèbre ses outils d'influence médiatique
- Le Quai d'Orsay fait appel au privé pour former les futures élites
- La culture, incontournable volet de la diplomatie d'influence de la France
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- Les mangas, outils du soft power japonais en France
20 décembre 2009
L'Australie célèbre ses outils d'influence médiatique
Aux antipodes de la France, l'Australie mène une discrète mais constante stratégie d'influence médiatique. Radio Australia fête aujourd'hui le soixante-dixième anniversaire de sa création le 20 décembre 1939 . Ce jour-là, le Premier ministre Robert Menzies lançait la radio internationale australienne et signait l'entrée du pays-continent dans le club des pays disposant d'un service médiatique à vocation mondiale. Pour bien se faire comprendre, Radio Autralia diffusa le discours de Robert Menzies en anglais, français, espagnol, allemand et néerlandais...
Quelques mois plus tard, Radio Australia enrichissait ses canaux linguistiques : italien , thaï, chinois, japonais... Revenant sur ses soixante-dix années d'existence, Radio Australia ne fait pas pour autant dans la langue de bois : "les programmes de propagande étaient conçus par le Département de l'Information (...) Le Département des Affaires étrangères exerça des pressions pour utiliser Radio Australia comme un outil d'influence pendant la Guerre Froide"...
Aujourd'hui, Radio Australia multiplie sa présence dans la vaste région Asie-Pacifique et propose une déclinaison française avec 24 Heures dans le Pacifique, un programme repris par RFO et diffusé en Nouvelle Calédonie, en Polynésie française, à Wallis et Futuna ainsi que sur les ondes de Radio Vanuatu. Autant de territoires français dont l'intérêt géopolitique n'a pas échappé à la diplomatie australienne.
Source :
- Celebrating 70 years (Radio Australia)
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10 décembre 2009
Le Quai d'Orsay fait appel au privé pour former les futures élites
La France a toujours su attirer les intellectuels étrangers sur son sol. Mais elle souhaite également séduire les futures élites économiques et en faire des relais d'influence dans le monde. Le ministère des Affaires étrangères dispose pour cela d'un programme d'invitation de journalistes et propose, depuis 2006, un dispositif destiné aux étudiants à haut potentiel. Mais de tels programmes ont un coût... Le Quai d'Orsay vient d'annoncer un partenariat public-privé afin de financer ces opérations d'influence : "Le ministère des Affaires étrangères et européennes et le Crédit Agricole S.A. ont décidé de cofinancer un programme de bourses pour l'accueil en France et l'accompagnement d'étudiants étrangers de haut niveau".
Dix lauréats (grecs, chinois, italiens, japonais, polonais, serbes et singapouriens) se verront allouer une bourse de 12 000 euros, un stage au Crédit Agricole S.A. et bénéficieront d'un tuteur au sein de la banque française. Le Quai d'Orsay, pour sa part, leur attribuera une bourse de couverture sociale et des allocations destinés au logement. Comme le souligne le ministère, "ce programme participe de la politique française en faveur de l'attractivité de l'enseignement supérieur français et de soutien aux ambitions internationales d'entreprises françaises parmi les plus performantes".
Source :
- Quai d'Orsay / entreprises : programmes de bourses cofinancées par le Crédit Agricole S.A. (ministère des Affaires étrangères)
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- La culture française prospère à New York
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07 décembre 2009
La Turquie, élève appliquée de la diplomatie publique d'influence
Face à une opinion publique européenne majoritairement défavorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Ankara s'apprête à lancer une campagne de communication destinée à présenter sous un jour favorable la politique étrangère turque. Selon World Bulletin, "le ministère des Affaires étrangères turc prévoit de déployer sa diplomatie publique en utilisant des outils stratégiques de communication y compris les réseaux sociaux du type Facebook ou Twitter".
Le World Bulletin rapporte les projets du ministère des Affaires étrangères turc qui envisage d'étendre ses opérations d'influences non seulement aux médias numériques mais également aux think tanks, aux organisations non gouvernementales et aux universités. Un diplomate turc, Namik Tan, souligne que "la diplomatie publique est un nouveau chantier pour notre politique étrangère. Elle complète notre diplomatie traditionnelle".
Cette annonce intervient au moment où se déroule la Saison de la Turquie en France, un programme de 400 manifestations permettant "de découvrir l'effervescence, la jeunesse et la modernité de ce pays trop méconnu en France".
Signe des temps, le think tank turc SETA propose une étude consacrée aux enjeux du soft power pour la diplomatie d'Ankara.
Sources :
- Turkey to launch "public diplomacy" on Internet (World Bulletin)
- Turkey's "soft power" strategy : a new vision for a multi-polar world (SETA)
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- La Corée du Sud, prétendante à l'usage du softpower
30 novembre 2009
Les Etats-Unis et la diplomatie du sport à Cuba
Au tout début des années 1970, les Etats-Unis et la Chine utilisèrent le tennis de table pour raviver leurs relations bilatérales. Connu sous l'expression diplomatie du ping pong, ce rapprochement aura facilité l'organisation du célèbre voyage de Richard Nixon à Pékin en 1972.
Aujourd'hui c'est au tour du softball (une variante du base ball) de servir de liaison entre les Etats-Unis et un autre régime communiste : Cuba. Une dépêche d'Associated Press rapporte la récente visite à La Havane d'une délégation de 56 joueurs appartenant à l'équipe de la Eastern Massachusetts Senior Softball Association. Après 47 années d'embargo des Etats-Unis contre Cuba, cette rencontre sportive est modeste mais prometteuse selon Michael Eizenberg joueur de l'équipe états-unienne : "c'est un petit pas mais peu à peu, nous espérons que cela permettra d'améliorer les relations entre Cuba et les Etats-Unis".
Cette diplomatie du softball a reçu l'assentiment du gouvernement états-unien qui a facilement accordé une autorisation de voyage aux 56 membres de l'équipe de la Eastern Massachusetts senior Softball Association. L'accueil sur l'île communiste a été particulièrement chaleureux selon un joueur nord-américain : "j'ai été surpris par l'amitié que les Cubains nous ont témoignée... Ils se sont adressé à nous sans animosité ni agressivité".
Source :
- US Softball players try sports diplomacy in Cuba (Associated Press)
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28 novembre 2009
La Corée du Sud, prétendante à l'usage du soft power
En 1960, la richesse économique produite par la Corée du Sud était à peu près celle du Ghana. Aujourd'hui, le pays du matin clair et frais (朝鮮) est considéré comme la treizième puissance économique mondiale. En cinquante ans, la Corée du Sud s'est hissée à un niveau de développement technologique qui est étudié par de nombreux économistes et politologues.
Dans un article publié par Project Syndicate, Joseph Nye, le théoricien du soft power, souligne les atouts dont dispose Séoul pour séduire le monde : "la culture Sud-Coréenne est très séduisante. L'art, la
cuisine et l'artisanat coréens traditionnels ont déjà fait le tour du
monde. La culture populaire a déjà franchi les frontières, elle a
notamment touché la jeunesse des pays voisins, cependant que le succès
impressionnant de la diaspora aux Etats-Unis a renforcé l’aspect
attirant de la culture de ce pays dont ils sont originaires."
Joseph Nye précise que Séoul est en mesure de combiner soft power et hard power (puissance coercitive) grâce à son industrie de pointe dans les domaines de l'armement et des systèmes d'information et de communication. Le professeur de Harvard estime que la Corée du Sud doit s'inspirer du Canada, des Pays-Bas ou des Etats nordiques dont "l’influence politique (...) pèse bien plus lourd que leur artillerie ou leur
économie, car ils ont intégré à leur intérêt national des causes aussi
attrayantes que l’aide économique ou le pacifisme."
A Paris, Séoul dispose depuis 1980 d'un Centre culturel destiné à "mieux faire connaître la culture coréenne au public français et de
promouvoir et développer les échanges artistiques entre la Corée et la
France."
Source :
- Plus de soft power pour la Corée du Sud (Project Syndicate)
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05 novembre 2009
La Suède lance une opération d'influence en direction des futures élites arabes
A son tour, la Suède se convertit à la diplomatie culturelle. La principale agence culturelle du pays, Svenska Institutet, vient de mettre en place un programme destiné à présenter sous un jour favorable sa culture, son système politique et sa production industrielle. Baptisé Young Leaders Visitors Program (YLVP), ce dispositif propose "une formation à Stockholm à une trentaine de jeunes intellectuels,
journalistes et artistes venant d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et
de Suède". Une table ronde sera prochainement organisée autour de ce programme à l'Institut suédois de Paris.
Lancé au mois de mai dernier, le YLVP ne cache pas son ambition : viser les prescripteurs d'opinion et les futures élites dans le monde arabe en particulier en Algérie, en Egypte, en Jordanie, au Maroc, au Liban, au Maroc, en Syrie, en Tunisie et dans les territoires palestiniens.
Source :
- Young Leaders Visitors Program (Svenska Institutet)
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04 novembre 2009
Brésil, une volonté de puissance
Le Brésil : ses plages, ses jolies filles, sa musique, son football... Le pays de Pelé ne manque ni d'atouts géographiques ni de richesse humaine ; il ne manque pas non plus de relais d'opinion pour vendre au monde l'image d'un pays dynamique et tolérant. Derniers succès en date pour le pais marivolhoso : l'organisation de la coupe du monde de football en 2014., et la tenue des Jeux Olympiques en 2016 à Rio de Janeiro. Derrière cette réussite, apparaît une diplomatie volontaire et rompue aux stratégies d'influence.
Selon un très intéressant article publié par le quotidien argentin La Nacion, le réseau diplomatique brésilien est d'ores-et-déjà l'un des plus puissants du monde : " le gouvernement du Président Lula a ouvert 36 nouvelles représentations diplomatiques et créé 400 postes de diplomate. Le réseau compte actuellement 94 ambassades dans des pays aussi variés que la Corée du Nord, le Gabon, le Bangladesh, le Sri Lanka ou la Tanzanie. Au total, Le Brésil compte 1 400 diplomates et plus de 200 représentations dans le monde : ambassades, consulats, missions commerciales, bureaux..."
Le président Lula est lui-même partie prenante de cette diplomatie volontariste : "en 7 années d'exercice du pouvoir, il a effectué plus de 200 voyages à l'extérieur". Comme le dit Lula, "dans ce monde globalisé, un pays comme le Brésil doté d'un fort potentiel de productivité ne peut attendre que les autres viennent le découvrir".
Source :
- Brasil, por qué seduce al mundo (La Nacion)
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21 octobre 2009
Les mangas, outils du soft power japonais en France
En 1999, le salon Japan Expo attirait 3 200 visiteurs ; dix ans plus tard, ce sont 164 000 personnes - majoritairement des moins de 25 ans - qui se sont précipitées au Parc des expositions de Villepinte. Un succès aussi considérable qu'imprévisible qui voit le jeune public français délaisser Mickey pour les mangas et les films d'animation conçus par des studios tokyoïtes... C'est même en France que le Japon exporte le mieux sa culture populaire sans oublier ses programmes plus ambitieux auprès des étudiants ou du public culturel.
Le ministère japonais des Affaires étrangères est partie prenante de l'exportation de cette diplomatie culturelle (pop culture diplomacy) qui vise l'ambition du plus grand nombre. Pas moins de trois agences gouvernementales japonaises se sont associées pour soutenir le salon Japan Expo de Paris. Le ministère vient d'ailleurs d'attribuer un prix à la société organisatrice de Japan Expo, SEFA Event, "pour la diffusion et la promotion de la culture japonaise en France et en Europe".
Le soft power japonais ne se limite pas au public parisien puisque SEFA Event organisera au mois de février prochain un Japan Expo Sud à Marseille.
Source :
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18 octobre 2009
La culture française prospère à New York
La présence française à New-York se voit et s'entend à -presque- chaque coin de rue. Big Apple a toujours affiché son affection pour la France et la francophilie s'y porte mieux que jamais. Témoin, les French Culture Nights qui attirent un public de plus en plus nombreux. Selon le site French Morning, l'attrait de la culture française se mesure au nombre d'initiatives lancées en l'espace de quelques semaines : "Après l’annonce mi-septembre du lancement de l’école à charte
franco-américaine NYFACS et celle la semaine dernière de l’ouverture
d’un nouveau programme bilingue français- anglais à Williamsburg
(Brooklyn), la culture française vient de trouver un nouvel appui dans
la Grande Pomme : les French Culture Nights ou « Nuits de la culture
française » en bon Français."
Ces différentes initiatives complètent l'offre diffusée par les services culturels de l'ambassade de France aux Etats-Unis. La diplomatie culturelle française y est particulièrement riche et soutenue grâce aux différents réseaux français installés dans le pays : consulats, Alliances françaises, lycées français... L'ancienneté du dispositif semble porter ses fruits puisque le génial trompettiste Wynton Marsalis ne manque jamais une occasion de vanter la culture française. Il se verra d'ailleurs prochainement remettre la Légion d'Honneur dans les salons de l'ambassade de France à Washington...
Source :
- Des soirées pour célébrer la culture française (French Morning)
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