05 novembre 2009
La Suède lance une opération d'influence en direction des futures élites arabes
A son tour, la Suède se convertit à la diplomatie culturelle. La principale agence culturelle du pays, Svenska Institutet, vient de mettre en place un programme destiné à présenter sous un jour favorable sa culture, son système politique et sa production industrielle. Baptisé Young Leaders Visitors Program (YLVP), ce dispositif propose "une formation à Stockholm à une trentaine de jeunes intellectuels,
journalistes et artistes venant d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et
de Suède". Une table ronde sera prochainement organisée autour de ce programme à l'Institut suédois de Paris.
Lancé au mois de mai dernier, le YLVP ne cache pas son ambition : viser les prescripteurs d'opinion et les futures élites dans le monde arabe en particulier en Algérie, en Egypte, en Jordanie, au Maroc, au Liban, au Maroc, en Syrie, en Tunisie et dans les territoires palestiniens.
Source :
- Young Leaders Visitors Program (Svenska Institutet)
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04 novembre 2009
Brésil, une volonté de puissance
Le Brésil : ses plages, ses jolies filles, sa musique, son football... Le pays de Pelé ne manque ni d'atouts géographiques ni de richesse humaine ; il ne manque pas non plus de relais d'opinion pour vendre au monde l'image d'un pays dynamique et tolérant. Derniers succès en date pour le pais marivolhoso : l'organisation de la coupe du monde de football en 2014., et la tenue des Jeux Olympiques en 2016 à Rio de Janeiro. Derrière cette réussite, apparaît une diplomatie volontaire et rompue aux stratégies d'influence.
Selon un très intéressant article publié par le quotidien argentin La Nacion, le réseau diplomatique brésilien est d'ores-et-déjà l'un des plus puissants du monde : " le gouvernement du Président Lula a ouvert 36 nouvelles représentations diplomatiques et créé 400 postes de diplomate. Le réseau compte actuellement 94 ambassades dans des pays aussi variés que la Corée du Nord, le Gabon, le Bangladesh, le Sri Lanka ou la Tanzanie. Au total, Le Brésil compte 1 400 diplomates et plus de 200 représentations dans le monde : ambassades, consulats, missions commerciales, bureaux..."
Le président Lula est lui-même partie prenante de cette diplomatie volontariste : "en 7 années d'exercice du pouvoir, il a effectué plus de 200 voyages à l'extérieur". Comme le dit Lula, "dans ce monde globalisé, un pays comme le Brésil doté d'un fort potentiel de productivité ne peut attendre que les autres viennent le découvrir".
Source :
- Brasil, por qué seduce al mundo (La Nacion)
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21 octobre 2009
Les mangas, outils du soft power japonais en France
En 1999, le salon Japan Expo attirait 3 200 visiteurs ; dix ans plus tard, ce sont 164 000 personnes - majoritairement des moins de 25 ans - qui se sont précipitées au Parc des expositions de Villepinte. Un succès aussi considérable qu'imprévisible qui voit le jeune public français délaisser Mickey pour les mangas et les films d'animation conçus par des studios tokyoïtes... C'est même en France que le Japon exporte le mieux sa culture populaire sans oublier ses programmes plus ambitieux auprès des étudiants ou du public culturel.
Le ministère japonais des Affaires étrangères est partie prenante de l'exportation de cette diplomatie culturelle (pop culture diplomacy) qui vise l'ambition du plus grand nombre. Pas moins de trois agences gouvernementales japonaises se sont associées pour soutenir le salon Japan Expo de Paris. Le ministère vient d'ailleurs d'attribuer un prix à la société organisatrice de Japan Expo, SEFA Event, "pour la diffusion et la promotion de la culture japonaise en France et en Europe".
Le soft power japonais ne se limite pas au public parisien puisque SEFA Event organisera au mois de février prochain un Japan Expo Sud à Marseille.
Source :
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- Le Japon mise sur son génie pour déployer son soft power
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18 octobre 2009
La culture française prospère à New York
La présence française à New-York se voit et s'entend à -presque- chaque coin de rue. Big Apple a toujours affiché son affection pour la France et la francophilie s'y porte mieux que jamais. Témoin, les French Culture Nights qui attirent un public de plus en plus nombreux. Selon le site French Morning, l'attrait de la culture française se mesure au nombre d'initiatives lancées en l'espace de quelques semaines : "Après l’annonce mi-septembre du lancement de l’école à charte
franco-américaine NYFACS et celle la semaine dernière de l’ouverture
d’un nouveau programme bilingue français- anglais à Williamsburg
(Brooklyn), la culture française vient de trouver un nouvel appui dans
la Grande Pomme : les French Culture Nights ou « Nuits de la culture
française » en bon Français."
Ces différentes initiatives complètent l'offre diffusée par les services culturels de l'ambassade de France aux Etats-Unis. La diplomatie culturelle française y est particulièrement riche et soutenue grâce aux différents réseaux français installés dans le pays : consulats, Alliances françaises, lycées français... L'ancienneté du dispositif semble porter ses fruits puisque le génial trompettiste Wynton Marsalis ne manque jamais une occasion de vanter la culture française. Il se verra d'ailleurs prochainement remettre la Légion d'Honneur dans les salons de l'ambassade de France à Washington...
Source :
- Des soirées pour célébrer la culture française (French Morning)
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- Après Angelina Jolie, Madonna choisit l'éducation à la française
07 octobre 2009
La diplomatie française sur Netvibes
Le ministère des Affaires étrangères poursuit sa plongée dans l'univers numérique informationnel. Après son site institutionnel, son canal YouTube, son compte FlickR, sa page Facebook, et son compte Twitter, le Quai d'Orsay vient de mettre en ligne un univers Netvibes. Au programme "une sélection de sources d'information sur l'action de la France dans le monde, sur les questions internationales, mais aussi des outils pratiques".
Cet univers Netvibes est à lui seul un concentré de la stratégie d'influence que la France mène à travers sa diplomatie. On y trouve en effet les principaux outils du soft power français : la culture avec les annonces des principales manifestations en France et à l'étranger, les sciences avec les fameux Bulletins électroniques produits par les services scientifiques des ambassades françaises dans le monde, la recherche avec les travaux issus des principaux think tanks français, mais aussi l'économie avec les informations en provenance des missions économiques.
Côté services, notons la très utile page "Conseils aux voyageurs" désormais accessible via cet univers Netvibes ainsi qu'une application dédiée au calcul de trajets dans les principaux métros du monde.
Source :
- Mon univers France Diplomatie (Ministère des Affaires étrangères)
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- La culture, incontournable volet de la diplomatie d'influence de la France
- Google Earth au service du renseignement
- Une page Netvibes consacrée aux think tanks
25 septembre 2009
La Finlande teste son soft power en France
La Finlande apparait régulièrement au premier rang mondial pour la qualité de son système éducatif. En dépit de ce classement élogieux, ce pays paisible et prospère n'est jamais à la une de l'actualité ; Helsinki n'en reste pas moins attentive à son image et à son rayonnement dans le monde. Témoin une note de l'Ambassade de Finlande en France qui montre l'importance accordée par la diplomatie finlandaise à son soft power : " le ministère des affaires étrangères de Finlande a fait un pas en avant en 2008, en élaborant une stratégie de diplomatie publique et en créant une nouvelle section chargée de cette forme de soft power de la diplomatie (...) La Finlande a identifié une dizaine de pays pour
cette nouvelle forme de diplomatie. Parmi ces pays figurent tant des
pays émergeants que des super puissances. L'Ambassade de Finlande en
France se félicite du fait que la France est l'un des pays cibles de la
soft diplomatie de Finlande."
Les Parisiens peuvent juger sur pièce les réalisations de cette soft diplomatie avec l'Institut finlandais qui propose dans ses très élégants locaux de la rue des Ecoles des expositions, des conférences, et des concerts. Au passage, on notera le soin particulier que les Finlandais apportent à leurs brochures culturelles et à leur production éditoriale.
Parmi "les pays choisis pour la diplomatie publique finlandaise", figurent, outre la France, le Brésil, la Turquie, l'Egypte, les Etats-Unis, l'Inde, la Russie...
Source :
- La France, pays-cible de la diplomatie publique finlandaise (Ambassade de Finlande en France)
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- La Russie en quête d'une meilleure image dans le monde occidental
- La presse, le sport et Internet : les trois volets de la diplomatie publique australienne
- Le Japon et les Etats-Unis repensent ensemble leur soft power
24 septembre 2009
La diplomatie publique américaine passe par YouTube
En matière de diplomatie publique, il ne faut négliger aucun public-cible. Les Etats-Unis l'ont bien compris à travers leurs multiples programmes destinés aux enfants, aux étudiants, aux futurs dirigeant à haut potentiel, aux artistes, aux journalistes, aux intellectuels, aux sportifs... Dernière initiative en date, le Democracy Video Challenge invite les internautes du monde entier à envoyer une vidéo dans laquelle ils sont invités à s'exprimer sur la proposition suivante : "La démocratie, c'est..."
Ce concours n'est pas avare en cadeaux puisque le vainqueur gagnera un séjour à Washington, New York et Hollywood ("An all-expense-paid trip")... A la clef : des visites et des rencontres avec l'industrie de la télévision, du cinéma, des médias, des représentants du gouvernement et des "militants de la démocratie".
Disposant de son propre site, Democracy Video Challenge est également présent sur YouTube afin de profiter de la visibilité mondiale offerte par le site de Google.
Clôture des candidatures : 31 janvier 2010.
Source :
- Democracy Video Challenge winners receive award from Secretary Clinton (Democracy Video Challenge)
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- Un nouveau site pour la diplomatie publique de Washington
- La promotion 2009 du programme Young Leaders fait la part belle aux journalistes "embedded"
- Des médias sous influence américaine
17 septembre 2009
Les artistes chinois au service de la propagande d'Etat
La République populaire de Chine fête cette année le soixantième anniversaire de sa création. A cette occasion, le Musée national propose une exposition présentant plusieurs centaines de tableaux et sculptures d'inspiration maoïste. Le régime communiste chinois a été un infatigable producteur d'imagerie politique au service de la propagande du président Mao. Dans sa présentation de l'exposition, le ministre de la culture chinois Cai Wu rappelle comment les artistes se sont mis au service du pouvoir politique : "depuis 1949, notre pays s'enorgueillit de réussites remarquables dans les domaines de la politique, de l'économie et de la culture. Au cours des dernières soixante années, les moyens donnés aux arts ont également connu un développement et une prospérité sans précédent. Inspirés par leur mère-patrie, les artistes ont consacré leur énergie à l'édification d'une société révolutionnaire".
L'exposition du Musée national propose plus de 700 pièces : affiches, peintures traditionnelles, dessins, bas-reliefs, statues... Conçues dans un style réalisme prolétarien, elles vantent non seulement la figure incontournable de Mao Zedong mais également celles d'autres dignitaires communistes ainsi que des lieux de mémoire de l'Empire du milieu.
Source :
- A grand artistic exhibition is on display for the 60th anniversary of New China (Musée national de Chine)
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- Le soft power chinois doit faire ses preuves en Algérie
- La propagande chinoise à destination des Occidentaux
- La Chine renforce sa diplomatie culturelle
02 septembre 2009
Des médias sous influence américaine
La presse française n'a jamais brillé par sa capacité à décrire son état de dépendance vis-à-vis des médias états-uniens. Il faut donc lire l'étude publiée au Québec par les Cahiers du journalisme et consacrée aux médias européens sous influence. L'auteur, José-Manuel Nobre-Correia, y dresse un état des lieux stupéfiant de l'emprise des Etats-Unis sur la production culturelle et journalistique qui est servie aux opinions européennes : 64 % du marché du film dans l'Union européenne sont produits aux Etats-Unis ; 68,7 % des programmes de fiction diffusés par les télévisions européennes proviennent des Etats-Unis ; 71,6 % du marché mondial de la musique enregistrée sont contrôlés par quatre éditeurs dont trois ont leur siège aux Etats-Unis.
Du côté de la presse, les agences états-uniennes (Reuters, Bloomberg, Dow Jones...) cumulent une très large majorité de l'information économique et financière (environ 70 %). Les titres quotidiens et hebdomadaires états-uniens (Wall Street Journal, New York Times, Newsweek, Time...) sont également très présents en Europe.
La photographie d'information, quant à elle, a malheureusement suivi la même logique comme le rappelle la pathétique chute de l'agence Gamma. José-Manuel Nobre-Correia précise que "pendant un quart de siècle, de la fin des années 1960 à la fin des années 1980/début des années 1990, la France a dominé largement le secteur avec les agences Gamma, Sygma et Sipa-press (...) Aujourd'hui, ce sont les étatsuniennes Corbis et GettyImages qui dominent le secteur, ayant acquis, les unes après les autres, les grandes agences françaises, britanniques ou allemandes."
Quant à la maîtrise des sociétés nord-américaines dans l'innovation informatique et Internet, inutile d'épiloguer...
L'auteur rapporte les propos de Furio Colombo, ancien professeur de Columbia University et ex-directeur du quotidien italien L'unita : "la majeure partie des nouvelles du monde vient, c'est notoire, de sources américaines (...) La puissante machine américaine de l'information diffuse dans le monde plus de nouvelles sur son propre pays que ce que n'importe quelle autre source est en mesure de le faire". En préambule, José-Manuel Nobre-Correia rappelle également le constat dressé par Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité du président Jimmy Carter : "après l'ère de la canonnière, et celle du commerce et des finances, les techniques et les réseaux de communication représentent la troisième génération de domination du monde..."
(photo : dans les locaux du New York Times)
Source :
- Union européenne : des médias sous influence (Les Cahiers du journalisme)
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- Michael Jackson, imparable agent du soft power américain
- Quand la CIA infiltrait la culture...
- Les think-tanks, antichambre du pouvoir
- L'influence des néoconservateurs passe par la maîtrise du débat intellectuel
05 août 2009
Le soft power chinois doit faire ses preuves en Algérie
Radio Chine Internationale (RCI) confirme, s'il en était besoin, l'importance que le gouvernement chinois accorde à la diplomatie culturelle et au soft power. La radio officielle de Pékin rapporte les détails d'une réunion consacrée à l'expansion de la culture chinoise qui s'est tenue la semaine dernière à Pékin : "Trente-sept ambassadeurs de Chine à l'étranger ont visité vendredi 31 juillet le siège de l'Institut Confucius à Beijing (...) Fu Ying, l'ambassadrice de Chine en Grande Bretagne, a déclaré lors
d'une interview accordée à RCI qu'à l'heure actuelle, où le « made in
China » est devenu très commun dans le monde, les pays occidentaux
manquaient encore d'une connaissance approfondie sur la Chine."
RCI souligne que la diplomatie culturelle chinoise joue la carte des "instituts Confucius [qui] sont des témoins de la « soft power » chinoise (sic) en matière d'échanges avec l'étranger." Si le réseau culturel donne de bons résultats au Brésil (L'ambassadeur chinois au Brésil, Qiu Qi, a affirmé que les jeunes
Brésiliens étaient curieux vis-à-vis de la Chine et que l'institut
Confucius a permis de leur ouvrir une fenêtre pour connaître la Chine), il doit encore faire ses preuves en Algérie où de "violents heurts" ont opposé des Chinois à des Algériens...
Source :
- Les instituts Confucius, des "émissaires de la langue et de la culture", selon les ambassadeurs chinois (Radio Chine Internationale)
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