Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

04 juillet 2009

L'incomplet interrogatoire de Saddam Hussein

saddam_husseinLe FBI vient de rendre publique une série d'interrogatoires de Saddam Hussein après sa capture par l'armée états-unienne en décembre 2003. Les documents publiés regroupent "20 entretiens soutenus et au moins 5 conversations relâchées" menés par George Piro un agent du FBI d'origine libanaise.
Cette sélection d'interrogatoires couvre une période d'environ un semestre (1er janvier 2004 / 28 juin 2004) et fait l'impasse sur la période allant de sa capture le 13 décembre 2003 au 1er janvier 2004, ainsi que sur la période postérieure au 28 juin 2004 jusqu'à son exécution le 30 décembre 2006.
Saddam Hussein est invité à s'exprimer sur son action politique en Irak et au Proche-Orient : nationalisation de l'industrie pétrolière irakienne en 1972, gazage des populations kurdes, invasion du Koweit en 1990, lancement de missiles sur Israël en 1991, réalité de l'arsenal militaire irakien...


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02 juillet 2009

La population mondiale confrontée à son propre vieillissement

DSC_0462L'Europe n'est pas la seule à vieillir. Selon la dernière livraison du bulletin Population & Sociétés édité par l'INED, le vieillissement démographique sera plus rapide dans les pays du Sud que dans ceux du Nord. La part des personnes âgées de plus de 65 ans s'accroît certes dans le monde entier mais les pays du sud présentent une singularité : "le vieillissement démographique touche toute la planète, mais il est plus ou moins avancé selon les pays. Dans ceux du Sud, il n'en est souvent qu'à ses débuts mais devrait prendre une grande importance dans les prochaines décennies".
Si l'Europe et les Etats-Unis furent les premières régions du monde a connaître un vieillissement général de leur population, l'Asie est en passe de suivre la même tendance : "en Chine, le vieillissement démographique a déjà commencé et la pyramide se rétrécie à la base, les jeunes générations étant moins nombreuses que celles d'âge moyen (...) En Inde, la pyramide n'est pas rétrécie à la base même si les effectifs des jeunes générations commencent à se stabiliser". En Afrique, le Nigéria "connaîtra aussi le phénomène un jour, comme tous les autres en Afrique sub-saharienne".
L'Institut national d'études démographiques rappelle que "l'indicateur du degré de vieillissement d'une population est son âge médian, qui sépare la population en deux parties numériquement égales, l'une plus jeune, et l'autre, plus âgée." Selon les Nations-Unies, l'âge média pour la population mondiale est de 28 ans (année 2005), 39 ans en Europe, 19 ans en Afrique... et 43 ans au Japon. Ces différences ne doivent cependant pas masquer une tendance lourde : "la part des 65 ans ou plus devrait doubler en 20 ans à 30 ans dans les pays du Sud".
Plusieurs facteurs expliquent le vieillissement de la population mondiale : diminution de la taille des familles, allongement de la durée de vie... Résultat : la part des adultes et des personnes âgées augmente, celle des jeunes diminue.

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29 juin 2009

Echec d'une opération d'influence militaire en Afghanistan

ru_afgIl est plus facile de parler d'opérations d'influence sans les revues stratégiques que de les réussir sur le terrain. Les militaires britanniques déployés en Afghanistan viennent d'en faire l'amère expérience. Le quotidien The Guardian relate les ratés de l'opération Panchai Palang (griffe de panthère) lancée dans la région de Babaji, l'une des plus soumises à l'influence des talibans : "le plan était simple : les soldats britanniques devaient arriver en force, effrayer les talibans sans tirer un coup de feu, maintenir une présence militaire, gagner la sympathie des populations locales et les persuader de résister à leurs maîtres talibans". 
Mais les évènements ont vite pris une autre tournure. A peine débarqués par hélicoptère, les centaines de soldats britanniques furent pris sous un feu nourri de talibans. En dépit du secret qui avait entouré l'opération Panchai Palang, et malgré l'utilisation massive de drones d'observation, les insurgés semblaient particulièrement bien informés et attendaient les soldats de pied ferme. L'armée britannique dut, à son tour, défourailler généreusement pour se sortir de cette situation fâcheuse.
Bilan, selon The Guardian : "les boites de crayons et cartables, décrits dans le jargon militaire comme des "biens provoquant le consentement" [consent-winning goods] n'ont pas trouvé preneurs, et le bazar qui était l'un des principaux objectifs de l'opération, en raison de son importance dans le financement de l'insurrection par l'opium, est déserté".

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27 juin 2009

Le Japon élargit son périmètre d'influence en Asie

P1000651Ce que la Japon n'a pu réaliser par la guerre, il le fait par les idées. 60 ans après l'échec de sa croisade militaire en Asie du Sud et en la Chine, l'Empire du soleil levant est en train d'engranger les bénéfices de sa stratégie d'influence déployée depuis plusieurs décennies sur le continent asiatique mais également dans le reste du monde. Dans un billet diffusé par Canal Académie, Françoise Thibault, correspondante de l'Institut de France, estime que "l’influence japonaise est forte, subtile, toute en discrétion, mais très présente. Dans une ville comme Singapour ou Hong Kong, elle commence par la banque, la finance, la monnaie et le trafic maritime. Ce n’est pas pour rien que Sumitomo est le plus gros groupe bancaire mondial."
La présence japonaise prend une dimension phénoménale dans le secteur automobile où "plus de 80% des véhicules en circulation sont de marque japonaise (...) un peu concurrencé, depuis peu, il est vrai, par des enseignes coréennes et chinoises."
Françoise Thibaut vante "le modèle d'influence" nippon dont le périmètre de pénétration ne cesse de s'élargir à de nouveaux horizons : outils technologiques et appareils ménagers bien sûr mais aussi vaisselle, mode vestimentaire, gastronomie, culture avec "le plus grand marchand de livres du monde, Kinokuniya, et ses halls géants à Singapour, Kuala Lumpur, Hong Kong"...

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26 juin 2009

Michael Jackson, imparable agent du soft power américain

michael_jackson_indeAvec des centaines de millions d'albums vendus et des clips diffusés dans le monde entier, c'est à se demander s'il existe encore un terrien qui n'a jamais entendu ou vu Michael Jackson.  Le King of Pop  aura largement contribué à diffuser une image positive des Etats-Unis dans le monde, en particulier dans les milieux populaires. Nul doute que Barack Obama ou Hilary Clinton salueront sa mémoire et sa contribution à la propagation de l'american way of life en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique latine...
L'esthétique jacksonienne (sonore, chorégraphique...) s'est répandue jusqu'en Inde où l'on appréciera cette pittoresque version de l'Indian Thriller...


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25 juin 2009

Le Japon et les Etats-Unis repensent ensemble leur soft power

japAu mois de janvier dernier, la presse japonaise annonçait la probable nomination de Joseph Nye comme ambassadeur des Etats-Unis à Tokyo. Il n'en fut rien. Le célèbre théoricien du soft power a préféré conserver sa chaire de sciences politiques à Harvard plutôt que jouer les diplomates. Pour autant, les enjeux liés au soft power continuent d'alimenter les relations entre le Japon et les Etats-Unis. A l'occasion du 50ème anniversaire de la signature des accords de sécurité entre les deux pays, une conférence a réuni des universitaires et des diplomates chargés de plancher sur les futures stratégies d'influence déployées par Tokyo et Washington. Selon je Japan Times, "les deux plus puissantes économies du monde devraient, ensemble, revigorer leur soft power afin d'influencer d'autres pays (...) Elles devraient reconsidérer leurs tactiques non coercitives avant de s'attaquer à des problèmes majeurs tels que le changement climatique ou le maintien de la stabilité politique en Asie".
Parmi les intervenants, Richard Armitage, ancien numéro 2 du Département d'Etat sous George Bush, est resté fidèle à sa réputation du bulldozer en rappelant que le soft power n'était pas un simple exercice de courtoisie et de générosité : "nous ne nous engageons pas dans des opérations de soft power ou de smart power parce ce que nous sommes humanistes... mais parce qu'il s'agit d'un calcul froid au service de notre sécurité nationale".
Autre invité, l'universitaire Gerald Curtis a tenu à séparer le bon grain de l'ivraie en matière de diplomatie culturelle : "ne confondons pas l'attractivité de nos sociétés avec la capacité à influer sur le reste du monde. Le Japon, par exemple, est largement admiré dans le monde mais n'est pas capable de convertir cette popularité en puissance..."


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23 juin 2009

Les Etats-Unis dépourvus d'informations sur l'Iran veillent sur Internet et font appel à la France

iran_us"Se faire battre est excusable, se faire surprendre est impardonnable..." affirmait Bonaparte. Les Etats-Unis pourraient méditer le précepte napoléonien. Selon le New York Times, la Maison Blanche serait quasiment aveugle et sourde face aux violences qui se déroulent en Iran : "l'absence de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Iran et l'expulsion de journalistes étrangers du territoire iranien contraignent l'administration à utiliser les mêmes canaux d'information que les simples citoyens : regarder les vidéos sur YouTube et démêler le vrai du faux sur Twitter et Facebook".
Depuis la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran en 1980, les intérêts des Etats-Unis sont représentés en Iran par l'ambassade de Suisse. Une présence par procuration qui conduit les Etats-Unis à faire appel à leurs alliés pour s'informer des évènements de Téhéran : "la Maison Blanche reçoit des rapports provenant de la Grande-Bretagne et de la France qui, elles, disposent d'une ambassade à Téhéran. A côté de cela, le département d'Etat possède un petit avant-poste à Dubaï où des diplomates mènent une veille sur la télévision d'Etat iranienne et sont en contact avec des Iraniens qui voyagent dans l'Emirat".
Le New York Times rapporte les propos de Bruce Riedel, un ancien analyste de la CIA, qui critique cette
absence de représentation diplomatique : "disposer d'une ambassade est décisif si les Etats-Unis veulent collecter des informations. Nous avons besoin de personnel capable de sortir dans la rue afin d'y saisir les commérages...". Dans les années 70, Bruce Riedel faisait partie de la minorité qui avait pressenti l'effondrement du régime du Shah et l'ascension de l'ayatollah Khomeiny...

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21 juin 2009

L'armée française en "campagne de notoriété"... mais sans arme ni soldat

mindef2Gergovie (52 av. J.C.), Austerlitz (1805), Verdun (1916), les plages de Normandie (1944), Sarajevo (1995), Afghanistan (2009)... Depuis une semaine, ces six lieux de bataille passent en boucle sur les médias français à la faveur d'une "campagne de notoriété" lancée par le ministère de la Défense. Pendant près d'un mois, les téléspectateurs et les internautes pourront visionner des images dont le mensuel Armée d'aujourd'hui nous apprend qu'elles correspondent au "nouveau visage de la Défense".
La conception de cette campagne a été confiée à l'agence Euro RSCG C&O qui a souhaité "redonner toute sa hauteur à la Défense, un an après la publication du Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale, et au moment du retour de la France dans la structure de commandement militaire au sein de l'OTAN". La réalisation, quant à elle, a été assurée par Reynald Gresset qui déclare avoir "vécu une expérience à la fois inoubliable et très compliquée techniquement". Tournée en cinématoscope, un format permettant de filmer en panoramique, le film de 30 secondes a nécessité 10 jours de prises de vue dont 4 passés en Afghanistan. Au total, 25 heures de vol en France et en Afghanistan réalisés grâce au soutien des hélicoptères de l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre).
Aucun soldat, aucun char, aucune arme n'apparaît dans ce spot : "nous nous sommes vite rendu compte que ce n'était pas nécessaire" estime un responsable de l'agence Euro RSCG C&O... Selon Armée d'aujourd'hui, "c'est donc une version très épurée, esthétique, portée simplement par une musique et une voix off qui donne toute sa force au film".

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20 juin 2009

Prolifération de suicides parmi les soldats envoyés sur la DMZ

dmz248 kilomètres de barbelés séparent la Corée du Sud de la Corée du Nord. Le face à face entre les deux armées dure depuis le 23 mars 1953 et le moins que l'on puisse dire, c'est que les soldats coréens ne se pressent pas pour servir sur la zone démilitarisée. L'émission Arte Reportage propose un reportage consacré aux recrues sud-coréennes affectées à la DMZ : " Ils ont 20 ans et aucune expérience militaire. Seulement deux pour cent des appelés se retrouvent en première ligne. Ils vont y rester sept mois, coupés du monde. "
L'armée sud-coréenne traîne une réputation peu envieuse de brutalité héritée d'une longue période dictatoriale. Cette violence se traduit par un chiffre effarant sur la zone démilitarisée : "2 765 appelés ont perdu la vie au court de ces huit dernières années. La moitié d’entre eux s’est donné la mort. Un suicide tous les 2 jours. En 2006, un jeune soldat attaque ses camarades avec des grenades. Un drame qui fait huit morts et décide le gouvernement à enquêter sur la violence qui règne au sein de l’armée sud coréenne.
"
Le reportage donne la parole à un capitaine de l'armée qui se désole du manque de patriotisme et de l'individualisme dont font preuve les jeunes Coréens du Sud. En Corée du Sud comme en Europe occidentale, cette tendance semble durablement installée et ne connaît pas de frontière.

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19 juin 2009

Avigdor Lieberman en passe d'être le fossoyeur de l'influence israélienne aux Etats-Unis

a_liebermanEn dépit des nombreuses initiatives prises par les autorités israéliennes, l'image de l'Etat hébreu n'en finit pas de se dégrader. Twitter, Facebook, YouTube, la blogosphère n'y changent rien : les opinions publiques internationales sont de plus en défavorables à Israël y compris aux Etats-Unis où, selon le quotidien Haaretz, "les dernières études montrent une brutale chute du soutien à Israël. Neuf mois plus tôt, les études indiquaient que les Américains étaient 69 % à soutenir Israël ; aujourd'hui, ils ne sont plus que 49 % (...) Environ 44 % des personnes interrogées estiment que les Etats-Unis doivent continuer à soutenir Israël contre 69 % dans les sondages précédents"
Dans le même article, Haaretz évoque la figure controversée d'Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères issu de l'extrême-droite israélienne, et raconte comment l'ambassade d'Israël à Washington a préféré éviter une confrontation directe avec les journalistes états-uniens : "l'ambassade a cordialement refusé les demandes des principaux médias américains d'entretiens directs avec le ministre". Les propos d'Avigdor ont, par le passé, provoqué de nombreux scandales...
Ces évènements s'inscrivent dans un climat de méfiance entre le président Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Cette dégradation annoncerait, selon le site TruthOut, le commencement de la fin de l'influence de l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

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15 juin 2009

Dominique de Villepin et "la pâtée pour chat" journalistique

ddvLa scène date du mois de juin 2008 mais elle refait seulement surface aujourd'hui grâce au site Politique.net qui revient sur la conférence musclée donnée par Dominique de Villepin devant les étudiants de l'association Dauphine Discussion Débat. Invité à s'exprimer sur des sujets de politique internationale, l'ancien Premier ministre s'est livré à une très sévère critique des médias français et de leur complaisance avec le candidat Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de 2007 : "cette campagne a été capturée par des médias qui avaient fait un choix. On raconte beaucoup de balivernes aux Français (...) Je trouve dommage que les médias soient dans les mains d'industriels qui sont partie prenante du jeu politique et du jeu économique. Il y a une consanguinité, un esprit de cour dans ce pays : une véritable vérole !"
La charge de Dominique de Villepin se poursuit : "en général, je fais le tour de la presse dans ma voiture. Heureusement que mes trajets se sont raccourcis : au bout de cinq minutes, il n'y a plus rien à lire ! On manque de nourriture ! Tout tourne en rond, tout tourne en boucle... C'est vraiment de la pâtée pour chat !"
L'ancien Premier ministre s'en prend également à l'un des dogmes préférés de la presse contemporaine : "la transparence, c'est montrer ce que l'on veut bien montrer... A charge pour les journalistes de montrer ce qu'il y a derrière le rideau..."
Il est très rare - cela est-il d'ailleurs déjà arrivé ? - qu'un homme politique tienne de tels propos en public. En privé, pourtant,  de nombreux hommes politiques se retrouvent dans les propos de Dominique de Villepin. Il arrive même que certains journalistes sont encore plus vindicatifs.

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13 juin 2009

Monsieur X et Patrick Pesnot, un brillant jeu de rôles radiophonique

rv_xPlébiscité par les auditeurs de France Inter, le rendez-vous  hebdomadaire de Monsieur X figure parmi les émissions les plus téléchargées de la chaîne publique. Pourtant, les articles consacrés  à Rendez-vous avec X et son producteur, Patrick Pesnot, sont rares. On lira avec d'autant plus d'intérêt l'article que le supplément Radio TV du Monde consacre à cet "étrange rendez-vous"... 
Depuis 1997, Monsieur X régale ses auditeurs avec des informations sinon confidentielles, du moins dissimulées dans les angles morts des journaux et des livres bien informés. Le Monde rappelle que "au départ centrée sur les luttes d'espionnage et d'influence entre les grandes nations (dont les coulisses de la guerre froide ou la personnalité d'espions ayant joué un rôle important), l'émission, sans avoir changé de forme, traite aujourd'hui plus volontiers de sujets liés à l'actualité, pour en rappeler les bases géopolitiques ou la genèse".
Mais qui est Monsieur X ? Le Monde se pose la question : "Est-il un ex-espion français ? Représente-t-il un groupe d'anciens des services secrets prêts à raconter le versant caché d'affaires géopolitiques contemporaines ?" Sur le site de l'émission, Patrick Pesnot prend un malin à égarer l'internaute en évoquant un individu venu "engager la conversation avec lui" alors qu'il travaillait paisiblement à la bibliothèque de l'Arsenal...
On tentera une réponse plus radiophonique... en gageant que Monsieur X est Patrick Pesnot et vice-versa.
La voix de Monsieur X est trop grave et profonde, sa diction trop claire et son phrasé trop chiadé pour n'être pas celle d'un (bon) comédien... Quant à Patrick Pesnot, en journaliste expérimenté et sensibilisé aux stratégies d'influence, il peut s'amuser à prendre un air candide pour poser des questions qui ne le sont pas. Une usurpation d'identité qui s'inscrit à merveille dans l'univers trouble du renseignement...

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12 juin 2009

Les présidents de la République et leur entourage

vgeLa revue électronique Histoire @ Politique, éditée par le Centre d'histoire de Sciences Po, consacre le dossier de sa dernière livraison à l'entourage des chefs de l'Etat, du 19ème siècle à nos jours. Entre conseillers officiels et visiteurs du soir, le parquet de l'Elysée fut souvent foulé par des mentors et des gourous de tous les genres et de toutes les envergures. A travers l'analyse des entourages de Poincaré, Mac-Mahon, Pétain, Auriol, De Gaulle ou Pompidou, c'est toute la palette de l'influence en action qui défile. On y croise des grands commis de l'Etat, des hommes ou des femmes inconnus du grand public, des intellectuels, des militaires...
Dans son avant-propos, Gilles Le Béguec signale que les jeux d'influence se déploient dans de nouveaux espaces à partir des années 1970 : "à l’époque de Georges Pompidou, les choses importantes passent ici par la petite « cellule » animée par Pierre Juillet, conseiller spécial placé hors hiérarchie, et Marie-France Garaud, chargée de mission
; sous Valéry Giscard d’Estaing, la doctrine est celle d’un retour à une certaine forme de neutralité politique de l’équipe élyséenne".

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11 juin 2009

Les putes, des agents de renseignement comme les autres

argentineLe trafic d'êtres humains a largement profité de la mondialisation et les réseaux de prostitution peuvent remercier les promoteurs de la dérégulation. La violence et l'omerta qui règnent dans ces milieux sont telles que la police éprouve de sérieuses difficultés à collecter des informations sur ces organisations criminelles. En Argentine, la municipalité de Buenos Aires a décidé de prendre le taureau par les cornes et proposé aux prostituées elles-mêmes de livrer des informations sur les proxénètes : "elles sont une dizaine d'anciennes prostituées, sous contrat avec la ville de Buenos Aires, à informer les autorités dans leur combat contre l'exploitation sexuelles de mineur(e)s".
Cette initiative présente l'avantage de pénétrer le fond et l'arrière-fond des taudis de la capitale argentine : "ces femmes sont capables de s'introduire dans des milieux auxquels ne peuvent accéder les fonctionnaires de police (...) En échange, ces prostituées-espionnes reçoivent un salaire fixe. Les autorités n'ont aucun problème pour justifier de telles pratiques : elles-seules connaissent les réseaux de prostitution de l'intérieur et connaissent les zones les plus chaudes de la ville".

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09 juin 2009

Les opérations de relations publiques arabes disent merci à Borat

ar_isLa guerre de l'image entre le monde arabe et/ou musulman et Israël avait connu son pic d'activité l'hiver dernier lors des attaques israéliennes sur la bande de Gaza. Six mois plus tard, l'armée de l'Etat hébreu reconnaît que la campagne pro-palestinienne a porté ses fruits et altéré l'image d'Israël. Le quotidien Haaretz rapporte le témoignage d'un officier devant la Commission de la défense de la Knesset : "les Arabes, nos ennemis, sont parvenus à faire de nous ce que le film "Borat" a fait au Kazakhstan (...) Des opérations de relations publiques ont créé une image des Israéliens sans commune mesure avec la réalité". Le film Borat, sorti en 2006, mettait en scène un touriste kazakh, grossier et raciste, visitant les Etats-Unis. La caricature avait provoqué un incident diplomatique entre le Kazakhstan et les Etats-Unis.
Selon cet officier de l'armée israélienne cité par Haaretz, "la campagne de relations publiques déployée par les Arabes en Europe et aux Etats-Unis a engendré une image inexacte des Israéliens". Cet intéressant témoignage, tel qu'il est relaté par la presse, ne fournit malheureusement aucune précision sur la nature des opérations de relations publiques menées par "les Arabes".

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07 juin 2009

La toponymie, les éléments de langage en version stratégique

toponymieDoit-on parler de Proche Orient ou de Moyen Orient ? Faut-il évoquer les territoires palestiniens ou bien les territoires occupés ? Doit-on privilégier la désignation "mer du Japon" au détriment de "mer de l'Est" défendue par la Corée du Sud ? Les querelles toponymiques sont inépuisables et universelles. Elles opposent les diplomates, les journalistes et les militants politiques du monde entier ; celui qui parvient à imposer ses éléments de langage parvient à imposer sa vision du monde.
Canal Académie propose un très intéressant entretien de Pierre Jaillard, président de la Commission nationale de toponymie, qui explique les difficultés rencontrées par les experts en toponymie : "nous devons recueillir les usages et les proposer comme règles". Des règles qui font ensuite l'objet d'un décret avant de de devenir des appellations officielles.
La stratégie toponymique permet aux nations de gagner quelques places dans les organisations internationales.  Pierre Jaillard évoque la décision de la Côte d'Ivoire de conserver ce nom francophone plutôt que d'adopter la version anglophone (Ivory Cost) afin d'apparaître prioritairement à la lettre C à l'ONU plutôt qu'à la lettre I...
Comme souvent, le diable se cache dans les détails : la prononciation des noms peut devenir un contentieux entre les nations. Le Sinaï, péninsule égyptienne, est souvent prononcé "sinaille"... ce qui correspond à la prononciation hébraïque. Fureur des Egyptiens qui prônent une prononciation arabe "sina i"...

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04 juin 2009

Washington en quête d'une meilleure image en Amérique latine

us_amlatAlors que le monde a les yeux tournés vers Le Caire où Barack Obama doit s'adresser au monde musulman pour lui proposer "un nouveau départ", il est une autre région du monde où les Etats-Unis souffrent d'une image dégradée : l'Amérique latine. Le problème n'est pas nouveau mais Hilary Clinton, en adepte du smart power, l'a jugé suffisamment sérieux pour y consacrer un discours. A l'occasion de la prise de fonction officielle du président salvadorien Mauricio Funes, la secrétaire d'Etat s'est prononcée en faveur "d'une nouvelle approche dans la région" et évoqué le contentieux historique entre Washington et l'Amérique latine : "Nous devons reconnaître que notre pays n'est pas parfait et que certaines des difficultés que nous avons rencontrées ici sont le résultat d'un manque d'écoute de notre part".
L'acte de contrition est modeste mais il semble indiquer un changement de posture de la diplomatie états-unienne à l'égard de la région et en particulier de Cuba. Selon Hilary Clinton, "il est dans l'intérêt du peuple cubain et dans le nôtre que Cuba soit plus intégrée dans la région (...) mais en même temps nous souhaitons un transfert pacifique du pouvoir". L'Organisation des Etats Américains (OEA) réunie en assemblée générale au Honduras, a décidé de lever la suspension qui empêchait Cuba d'être membre de l'organisation internationale.  

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03 juin 2009

Sans think tanks, la France se trouve sans influence

irisDans un billet publié au mois de mai dernier, le journaliste Jean Guisnel (Le Point) faisait écho à la quasi absence de think tanks français dans le classement réalisé le chercheur états-unien James McGann  : "Parmi les 407 think tanks considérés comme les plus influents internationalement (sur un nombre total de 5.465), seuls neuf sont installés en France"... Comme tous les classements, celui-ci peut être contesté quant à la méthodologie utilisée aussi bien que sur la notion d'influence.
En écho à ce billet, Jean Guisnel donne la parole à Pascal Boniface, directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques, qui reconnaît la modestie du classement français : "Le fossé entre les ambitions internationales de la France et l’exiguïté de son tissu de think tanks est ancien (...) L’écart est béant non seulement avec les États-Unis, mais aussi avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou des pays plus modestes dans leur politique internationale comme les Pays-Bas. Cette situation, déjà gênante auparavant, l’est encore plus à l’heure de la mondialisation où le débat d’idées, les luttes d’influence, le soft power sont des enjeux essentiels. La politique d’influence française, c’est davantage des mots qu’une réalité.
"
Ce témoignage est à rapprocher de celui du chercheur Bruno Tertrais qui, à l'occasion d'un débat organisé par l'Observatoire Français des Think Tanks, remarquait que "les think tanks français sont à la traîne. Tant que les documents ne seront pas rédigés en anglais, leur audience et leur influence seront très faibles. Quant à la qualité de leur production, elle gagnerait à s'améliorer". Un jugement sévère et un brin masochiste de la part d'un chercheur qui participe régulièrement à des tables rondes organisées par un think tank français..., la Fondation pour la Recherche Stratégique, dont les débats sont de haute tenue et riches en informations que l'on ne trouve pas dans les grands médias. Au crédit de Bruno Tertrais on retiendra qu'il fut lui-même détaché par le ministère de la Défense auprès de la Rand Corporation dans les années 1990 ("a l'époque cela était rare...") où il a pu apprécier la "réactivité" des think tanks états-uniens. Selon Bruno Tertrais, plusieurs agents du ministère de la Défense seraient aujourd'hui détachés auprès de la Rand Corporation.

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02 juin 2009

Google Earth au service du renseignement

cor_e_nordGoogle Earth permet à tout un chacun de disposer d'un fabuleux outil de géographie, d'imagerie, de loisir... et de renseignement. Curtis Melvin, un doctorant de l'université George Mason (Etats-Unis), a veillé jour et nuit sur son ordinateur pour collecter des informations aériennes sur la Corée du Nord. Le Wall Street Journal lui consacre un article et propose plusieurs diaporamas issus des vues satellite de Google Earth. "Il s'agit d'un travail de renseignement démocratisé" plaide Curtis Melvin.
Ces diaporamas permettent de distinguer (parfois difficilement) les dispositifs militaires anti-aériens déployés par la Corée du Nord ainsi que les zones réservées aux "élites" : résidences, haras, piscines... On y voit également le réseau ferroviaire, les installations électriques, des bases aériennes  et des camps de prisonniers.

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01 juin 2009

Manuel de savoir-vivre à l'usage des terroristes

rtcEn 2007, un rapport de la RAND Corporation (think tank proche du Pentagone) s'inquiétait de la capacité des groupes terroristes à partager l'information entre eux. Cette mutualisation des connaissances visait un objectif : gagner en efficacité contre les services de renseignements chargés de les traquer. Les analystes de la RAND concluaient leur étude sur une note alarmiste : "C'est une très mauvaise nouvelle...".
Deux ans plus tard, la lettre d'informations stratégiques TTU Online confirme le diagnostic : "Plusieurs blogs et forums djihadistes ont récemment mis en ligne des documents sur les techniques de contre-interrogatoires et d’actions clandestines (...) L’un d’entre eux (...) présente les diverses contraintes psychologiques et physiques utilisées par les services de renseignement lors des interrogatoires et les moyens d’y résister. Les détenus se voient notamment conseillés de faire des réponses courtes, afin de ne pas dévoiler des informations ou de “se couper” dans leurs déclarations. Le document met l’accent sur la préparation des combattants à la captivité et la nécessité de disposer d’une “légende”, afin de dissimuler leur rôle au sein d’un réseau djihadiste ou tenter de le minorer."
A l'image des militaires qui se livrent régulièrement à des retours d'expérience pour analyser a posteriori leurs engagements sur le terrain, les militants islamistes radicaux tirent désormais les enseignements de leurs échecs. Afin de déjouer les dispositifs de surveillance dont ils font l'objet, ils affichent désormais un profil physique et un comportement le plus neutres possible : "Abou Anas [un islamiste caucasien] recommande ainsi de supprimer tous les signes religieux extérieurs et de se tenir à l’écart des mosquées, potentiellement surveillées par les services de renseignement (...) Il prône la prudence concernant la diffusion d’images et de vidéos sur Internet, qui doivent être expurgées de tout élément permettant d’identifier leur auteur, et rappelle les conseils concernant l’utilisation des téléphones mobiles et la mémoire des cartes SIM."

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Posté par altiplano à 16:31 - Défense-Renseignement - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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