03 mai 2012
La France réorganise sa diplomatie d'influence culturelle au Japon
En 2008, la France et le Japon célébraient le 150ème anniversaire de l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. En 1952, le gouvernement français lançait la construction de l'Institut de Tokyo, un établissement culturel destiné à développer les relations culturelles entre Paris et Tokyo. Soixante ans plus tard, la France s'apprête à inaugurer une nouvel outil de sa diplomatie culturelle : l'Institut français du Japon.
Le 10 mai prochain, "une soirée de prestige" réunira l'ambassadeur de France au Japon Christian Masset, le président de l'Institut français Xavier Darcos ainsi que 500 invités et artistes à l'occasion de l'inauguration du nouvel institut culturel.
La création de l'Institut français du Japon (IFJ) correspond à la fusion des nombreuses institutions culturelles que la France possède sur le territoire japonais : établissements culturels de Tokyo, Yokohama, Kyoto et Fukuoka ainsi que le service culturel de l'ambassade de France au Japon. Le nouvel institut deviendra ainsi la plus importante institution culturelle française en Asie.
Afin de toucher un public plus large que ses "cibles" intellectuelles traditionnelles, l'IFJ proposera des activités particulièrement variées : gastronomie, création contemporaine, langue française, industries culturelles...
La diplomatie d'influence française au Japon s'appuie par ailleurs sur un solide réseau d'institutions culturelles et éducatives : Alliances françaises (dans cinq villes), la Maison franco-japonaise, le Lycée français international de Tokyo et l'Ecole française du Kansaï.
Source :
- Lancement de l'Institut français du Japon (Latitude France)
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27 avril 2012
Le vote des Français de l'étranger : inusité, indiscipliné et cocasse
Les résultats du vote des Français de l'étranger réservent toujours quelques surprises locales plus ou moins cocasses. Le scrutin 2012 ne déroge pas à la règle. A commencer par le taux de votants, extrêmement bas, puisqu'il s'est établi à 39 % contre près de 80 % en métropole.
Deuxième enseignement, les préférences politiques des Français de l'étranger diffèrent nettement de celles de leurs compatriotes vivant en France. Nicolas Sarkozy arrive largement en tête avec 38 % des suffrages exprimés relèguant François Hollande en deuxième position avec 28 %. François Bayrou prend la troisième place (11 %), Jean-Luc Mélenchon la quatrième (8 %) et Marine Le Pen n'arrive qu'en cinquième position avec moins de 6 % des voix.
Onze circonscriptions électorales sont réservées aux Français établis hors de France. Elles regroupent de deux à une dizaine de pays selon l'importance des communautés françaises qui y résident. Les résultats par pays font apparaître des scores pour le moins surprenants.
A Cuba, Jean-Luc Mélenchon arrive en deuxième position, derrière François Hollande, après avoir rassemblé 37 voix sur les 155 suffrages exprimés. Probablement engrange-t-il ici les dividendes de ses positions bienveillantes envers le régime castriste. Son discours a également porté en Grèce où le candidat du Front de gauche se place en troisième position avec 564 voix sur 2844.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, peut compter sur les Français d'Israël qui l'ont propulsé en tête avec 5954 voix sur 7196 suffrages exprimés soix dix foix plus de voix que François Hollande (548 voix) qui se place en deuxième position. Comme en France, Marine Le Pen se place en troisième position (287 voix). Autre territoire franchement sarkophile, Monaco où le candidat de l'UMP rassemble 1171 voix sur 2001 suffrages exprimés. Aux Etats-Unis, "Sarko l'Américain" fait, comme d'habitude, le plein des voix avec 12 861 voix sur 27 700, soit quasiment le double de François Hollande (6867 voix).
Quant à François Hollande, il peut remercier les Français d'Algérie qui l'ont très largement plébiscité : 2666 voix sur 4 264 suffrages exprimés. Autre pays du Maghreb favorable au candidat du Parti socialiste, la Tunisie où il a rassemblé 16 441 suffrages devançant Nicolas Sarkozy de plus de 2 000 voix.
Source :
- Résultats provisoires des votes des Français établis hors de France au 1er tour de l'élection présidentielle (Ministère des Affaires étrangères)
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26 avril 2012
L'armée française en Afghanistan dans l'oeil du photographe
"Cinquante mille soldats français sont passés en Afghanistan ! Mais qui le sait ? Qui connaît ces soldats ? ". Le photographe et écrivain Nicolas Mingasson a partagé la vie du 21ème Régiment d'Infanterie de Marine entre janvier et décembre 2010. Intégré au sein de cette unité de combat, il a suivi le soldats dans leur vie quotidienne et leurs missions.
Nicolas Mingasson en a rapporté un ouvrage "Afghanistan, la guerre inconnue des soldats français" (éditions Acropole) dans lequel il propose plus de deux cents photographies. Son récit confirme également la nature anxiogène du combat en terre afghane : "La réalité de l’ennemi invisible est aussi très frappante. L’immense majorité des soldats n’aura pas vu un seul insurgé. Ils sont là, en permanence, autour d’eux, prêts à frapper à n’importe quel moment mais toujours invisible. Cela en faire une guerre étrange où les soldats attendent un peu que ça leur tombe dessus".
Source :
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25 avril 2012
Israël révise sa bataille pour les coeurs et les esprits
La scène s'est déroulée le 14 avril dernier en Israël sur la route 90 qui longe la frontière jordanienne : un lieutenant-colonel de l'armée israélienne, portant une kippa, frappe un manifestant danois pro-palestinien d'un violent coup de crosse. La vidéo a bien évidemment fait le tour du web et terni l'image d'Israël. Une image déjà passablement dégradée à l'échelle internationale.
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement israélien est confronté aux conséquences d'un agissement violent de son armée. Cette fois-ci, le comportement de l'officier a été rapidement condamné par le Bureau du Premier ministre qui a déclaré que "de telles actions n'avaient pas leur place au sein de l'armée israélienne".
Ce communiqué a décontenancé les plus fervents partisans de l'Etat hébreu mais il correspond à une nouvelle politique de communication selon l'universitaire Natalie Menaged : "Israël a compris que la bataille pour les coeurs et les esprits est aussi importante que le combat physique pour la paix et la sécurité. Ce genre de bataille se gagne dans les heures qui suivent l'évènement ; le gagnant et le perdants sont souvent désignés dans un délai très court".
L'universitaire poursuit : "certains ont critiqué le gouvernement pour sa condamnation de l'officier de Tsahal mais cela traduit un changement audacieux dans la gestion des relations publiques israéliennes qui, espérons-le, aura un effet positif pour Israël".
Dans le même esprit, le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahou a adressé une lettre aux "activistes" qui viennent en Israël et dans la bande de Gaza apporter leur soutien aux Palestiniens : "Nous apprécions que vous ayez choisi Israël comme objet de vos préoccupations humanitaires. Vous auriez pu également vous intéresser au régime syrien dont la répression contre son propre peuple a déjà coûté la vie à des milliers de personnes. Vous auriez pu aussi vous intéresser aux opposants iraniens et au régime brutal de Téhéran qui soutient le terrorisme dans le monde entier (...) Au lieu de cela, vous avez choisi de protester contre Israël, la seule démocratie du Proche-Orient où les femmes sont respectées, où une presse libre a le droit de critiquer le gouvernement et où la liberté religieuse est assurée pour toutes les minorités".
Source :
- Israel's new approach to hasbara (The times of Israel)
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24 avril 2012
La Corée du Nord ou l'architecture au service de la propagande
Détruite pendant la guerre de Corée, Pyongyang a été reconstruite selon la volonté de Kim Il Sung (1912-1994) qui souhaitait en faire la vitrine de son régime. Rien n'était trop beau pour la capitale nord-coréenne : larges avenues, palais monumentaux, architecture de type socialiste ou néo-classique, édifices sortifs et culturels vertigineux, espaces verts... A ce jour, Pyongyang constitue l'un des derniers sanctuaires de l'urbanisme socialiste alors que la Chine et la Russie rivalisent de projets architecturaux qui n'ont plus grand chose à voir avec l'esthétique stalinienne ou maoïste.
Un ouvrage publié par les éditions Munoz Moya (Espagne) propose un panorama de l'urbanisme et de l'architecture en Corée du Nord. Les deux auteurs (Roger Mateos Miret, Jelena Prokopljevic) ont recensé les principaux bâtiments de Pyongyang. Leur diagnostic est tranché : l'architecture et l'urbanisme nord-coréens sont au service de la propagande. "Pyongyang est le joyau du régime nord-coréen. Mais cette splendide théatralité architecturale tranche dramatiquement avec les pénuries subies dans les années 1990" affirment les auteurs. Selon eux, l'histoire de l'architecture nord-coréenne vise avant tout un objectif politique, les architectes locaux étant condamnés à proposer des projets "idélogiquement sains".
Source :
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20 avril 2012
La Turquie parle au monde en 35 langues... et renvoie Sarkozy et Hollande à leurs chères études
Voice of Turkey n'est pas aussi connue que ses concurrentes BBC World Service, Radio France International ou Voice of America mais elle n'en continue pas moins à étendre son influence bien au-delà des rives du Bosphore. Déjà dotée de 34 services linguistiques, elle s'apprête à décliner ses programmes dans une 35ème langue : le mongol. Avec ce nouvel programme, Voice of Turkey devient la quatrième radio mondiale en termes de variété linguistique.
Fondé en 1937, le réseau de radio internationale turc est bien entendu diffusé en ondes courtes mais aussi via le satellite Turksat 3A et Internet. Selon Süleyman Köksoy, directeur du Service Etranger du réseau radiophonique d'Etat, l'ouverture de programmes en langue mongole ne doit rien au hasard : "nous avons reçu des demandes provenant du Japon, de Corée du Sud, de Mongolie et du Bashkortostan (une république russe) en faveur de la création d'un service en mongol".
En quelques années, Voice of Turkey a étendu ses positions sur la région du Caucase et en Asie centrale avec l'émission de nouveau programmes en arménien, en dari, en pachtoun et en ouzbek afghan. Le choix d'émettre en arménien pourrait paraître paradoxal pour une radio turque mais Süleyman Köksoy précise que "les programmes en arménien ont rencontré un écho considérable en Arménie et les retours que nous en recevons sont généralement positifs".
Quant au service français, il relaie bien évidemment la voix du gouvernement turc. Dans un article consacré aux élections présidentielles françaises, et intitulé "Ni Sarkozy, ni Hollande", la radio ne fait pas dans la dentelle : "Aucun des deux candidats favoris de la France ne répondent aux attentes de la Turquie. Malgré l'abrogation par le Conseil Constitutionnel de la loi qui prévoyait des sanctions en cas de négation des soi-disant « évènements » arméniens, le rétablissement des relations franco-turques ne semble pas possible à court-terme."
Source :
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19 avril 2012
Se révolter au XXIème siècle
Au sein des nations riches comme dans les pays pauvres, les occasions de se révolter ne manquent pas. En Russie, en Tunisie, au Vénézuela, en Israël, en Iran, en Grèce, en Grande-Bretagne, en Chine (liste non exhaustive...) les révoltes de plus ou moins forte intensité viennent régulièrement bousculer l'ordre constitutionnel. Plus rarement, beaucoup plus rarement, ces révoltes débouchent sur un chaos révolutionnaire.
Le thème de la révolte est donc d'actualité. L'Ecole de Guerre Economique et le blog EGEA (Olivier Kempf) organisent le 14 mai prochain un colloque intitulé : "Se révolter au XXIème siècle". Quelques bons connaisseurs de la polémologie éclaireront les débats à la lumière des expériences historiques passées (Amérique latine, Inde, monde arabe...) et s'interrogeront sur l'impact des outils numérique sur les révoltes contemporaines.
Source :
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12 avril 2012
Variations sur l'espionnage contemporain
France Culture propose cette semaine une série de quatre émissions consacrées au monde du renseignement. L'émission "Cultures monde" recense les multiples facettes de l'espionnage contemporain : espionnage industriel dont on apprend que les principaux pays agresseurs sont les Etats-Unis, l'Allemagne, la Russie et la Chine ; l'espionnage 2.0 et les opérations de cyberguerre lancées par sur le web ; le rôle du secret de l'information et des médias à travers les cas de Wikileaks et News of the world.
Plusieurs experts du renseignement apportent leurs témoignages : Christian Harbulot, Nicolas Arpagian, Gérald Arboit...
Source :
- Le monde, nid d'espions (France Culture)
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23 mars 2012
Syrie, infoguerre contre infoguerre
La couverture médiatique de la révolte qui secoue la Syrie depuis plus d'un an est en passe de constituer un intéressant retour d'expérience en matière de guerre de l'information. La presse occidentale n'a de cesse de rappeler que le régime de Bachar al-Assad interdit aux journalistes étrangers d'entrer sur le territoire syrien. Elle attribue également aux forces militaires syriennes la mort de journalistes français alors que les circonstances de ces disparitions demeurent incertaines.
On se souvient également de la rumeur selon laquelle huit nouveaux-nés prématurés et placés en couveuse étaient morts dans un hôpital de Hama en raison d'une coupure d'électricité ordonnée par l'armée syrienne. La chaîne CNN avait diffusé cette "information" sur son site au mois d'août 2011. La rumeur s'était ensuite répandue sur les réseaux sociaux qui s'étaient alors comportés en supplétifs inconscients des forces d'opposition à Bachar al-Assad.
Le régime syrien, quant à lui, n'a rien à envier à ses opposants. Le faux site YouTube créé afin de piéger les activistes syriens et collecter leurs données personnelles a été rondement mené par les sbires numériques du gouvernement.
Autre acte d'infoguerre, l'annonce publiée sur le site de l'agence officielle SANA (Syrian Arab News Agency) des confessions des "terroristes Shukairi et al-Azizi convaincus de crimes et d'opérations destinées à tromper les médias". Selon SANA, Walid Mohammad Shukairi et Yamen Hussain al-Azizi ont reconnu plusieurs crimes le meurtre d'un citoyen syrien : "ils ont également avoué avoir enregistré ces images afin de les diffuser sur al-Jazira et al-Arabiya afin de nuire aux forces de sécurité syriennes".
Walid Mohammad Shukairi se voit également reprocher par l'agence de presse officielle syrienne d'avoir ouvert le feu pendant une cérémonie mortuaire et d'avoir tiré à bour portant dans la tête d'une jeune fille. Objectif : "photographier la scène et fournir les clichés à des chaînes de télévision et en attribuer la responsabilité à l'armée".
Source :
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14 mars 2012
La Corée du Sud demeure au sommet de soft power aéroportuaire
La première image physique d'un pays est souvent associée à un aéroport. L'architecture, la propreté, la circulation, les toilettes, la lumière, la courtoisie des agents d'accueil sont autant d'éléments qui contribuent à forger une bonne - ou mauvaise- image du pays que l'on visite pour la première fois. Et, autant le dire tout de suite, la France accueille les touristes étrangers et français dans des conditions souvent déplorables. Ses deux aéroports parisiens (CDG, ORY) sont souvent relégués en fin de peloton dans les classements internationaux. Une anomalie d'autant plus scandaleuse que la France demeure le pays le plus touristique du monde !
Les aéroports français devraient probablement s'inspirer de l'aéroport d'Incheon-Séoul qui, pour la 7ème année consécutive, vient d'être classé meilleur aéroport du monde en termes de services. Selon le classement annuel opéré par le Conseil International des Aéroports (ACI), "ce classement témoigne du haut niveau des services proposés aux voyageurs. Alors que la concurrence pour le trafic voyageurs s'accroît, ce niveau de prestations permet de générer des revenus au profit de l'aéroport".
Incheon est classé premier dans 26 catégories sur 34 : rapidité des douanes, contrôle de l'immigration, amabilité... Sa note finale s'élève à 4,95 sur 5. De quoi ravir les autorités aéroportuaires de Séoul qui alignent une série impressionnante de chiffres : 182 destinations assurées, 35 000 personnels, 34 millions de passagers pris en charge...
Les aéroports asiatiques se distinguent particulièrement puisque les cinq premières places du classement de l'Airports Council International sont occupées par des pays du continent : Corée du Sud (aéroport de Séoul), Chine (aéroport de Pékin), Singapour, Hong Kong, et Japon (aéroport de Nagoya).
Chaque année, l'ACI procède à un classement portant sur 1 700 aéroports internationaux après avoir interrogé 350 000 personnes.
Source :
- ASQ Awards Name Incheon International Airport Best Airport Worldwide in Overall Customer Satisfaction (Airports Council International)
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