Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

31 janvier 2008

George Piro, dernier confesseur de Saddam Hussein

george_piro_FBI_saddamSon nom a longtemps été tenu secret. George Piro était l'agent du FBI chargé d'interroger Saddam Hussein après sa capture au mois de décembre 2003. Celui que l'ancien dictateur ne connaissait que sous le nom de "Mr. George" est une "american success story" à lui tout seul selon la chaîne CBS qui vient de diffuser en exclusivité son entretien. Né au Liban, George Piro a quitté le pays du cèdre avec sa famille alors qu'il était âgé de douze ans. Après être passé par l'armée de l'Air et la police, il a intégré le FBI et fut choisi par ses supérieurs pour mener les interrogatoires de Saddam Hussein.

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30 janvier 2008

Régis Debray vu par la London Review of Books

debrayLa prestigieuse London Review of Books propose cette semaine un long article consacré à Régis Debray et à sa passionnante biographie parue en 1996 Loués soient nos seigneurs (Praised be our Lords en version anglaise). "Régis Debray a mené la plus remplie des vies, faite d'idéologie, de débat et d'action" souligne le traducteur et critique Jeremy Harding.
L'auteur revient sur la relation que Régis Debray entretient avec la France, l'idée révolutionnaire, l'engagement physique ainsi que les liens qu'il a noués avec quelques personnalités majeures de la seconde partie du XXème siècle : Fidel Castro, Ernesto Che Guevara, Salvador Allende, François Mitterrand. Des liens très complexes, mélange d'admiration et d'éloignement, qui le mènent finalement à la figure incontournable de Charles de Gaulle.

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29 janvier 2008

Les meilleurs services de renseignement du monde : le cas indien

Research_and_Analysis_Wing"Les meilleures agences de renseignement du monde sont plus occupées que  jamais" selon la revue Foreign Policy plutôt proche des milieux démocrates aux Etats-Unis. Et les journalistes de dresser la liste des six agences qui, à leurs yeux, dominent le monde du renseignement : le SVR (Russie), le ministère de la Sécurité publique (Chine), le Research and Analysis Wing (Inde), l'Inter-Service Intelligence (Pakistan), le MI6 (Royaume-Uni), le Mossad (Israël).
A chacune de ces agences, Foreign Policy attribue un "domaine de compétence" qui va de l'espionnage industriel et l'analyse de données pour la Chine à la consolidation du pouvoir interne pour la Russie. On retiendra également le cas indien, rarement évoqué dans les médias occidentaux, dont l'objectif principal consister à "déstabiliser le Pakistan". Créé en 1968, le Research and Analysis Wing (RAW) s'est d'abord employé à lancer des opérations de contre-ingérence face aux groupes pro-pakistanais présents sur le territoire indien. Puis "au fil des années, il est devenu l'un des plus formidables services de renseignement du monde en menant des activités au Pakistan, au Sri Lanka, au Népal, au Bangladesh et ailleurs. Particulièrement actif au Bangladesh, le RAW a joué un rôle majeur dans le mouvement qui a abouti à l'indépendance du pays" et donc à l'affaiblissement du Pakistan.

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25 janvier 2008

Hugo Chavez poursuit son opération d'influence à New York

citgo_venezuela_usaEn bon adepte du soft power, Hugo Chavez ne manque jamais une occasion de tirer profit de sa "diplomatie pétrolière". Les revenus générés par le court très élevé du pétrole lui permettent, non seulement, de lancer des actions sociales dans son propre pays (qui en a bien besoin...), mais également de venir narguer les Etats-Unis sur leur propre territoire. Lors d'une visite effectuée au mois de septembre 2005 à New York, le président vénézuelien en avait profité pour annoncer la distribution à un tarif avantageux de pétrole afin que les classes défavorisées du Bronx puissent chauffer leur appartement.
Organisée par la fondation vénézuelienne CITGO, cette initiative s'apparente à une opération d'influence qui présente de nombreux avantages pour Hugo Chavez : dénoncer la pauvreté au coeur des Etats-Unis, afficher sa solidarité avec les classes les plus modestes, affirmer sa solidarité avec le peuple états-unien tout en conspuant le président Bush qualifié de "diable, menteur, tyran...", rivaliser avec Washington sur le terrain du soft power... Pour bien faire les choses, un site bilingue (anglais et espagnol) a même été créé afin de mettre les choses au point : "Personne ne devrait être abandonné dans le froid"...
Cette action menée par le Vénézuela a d'ailleurs été évoquée lors du point de presse (Daily press briefing) quotidien organisée par le Département d'Etat à Washington. A la question d'un journaliste qui demandait la position des Etats-Unis sur les "efforts de Chavez pour améliorer son image aux Etats-Unis", le porte-parole de la diplomatie américaine s'est étrangement contenté de déclarer que "tout ce qui est fait pour améliorer la situation des nécessiteux est une bonne chose et doit être bien accueilli."

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20 janvier 2008

Les médias arabes quittent Londres

londresEntre Londres et les médias arabes, l'entente cordiale remonte aux années 1970 lorsque des journalistes libanais, palestiniens, égyptiens ou syriens ont fait de la capitale britannique le centre mondial de la presse pan-arabe. Selon le journal Arab Media & Society, les journalistes y trouvèrent des "libertés de publication que nulle part le monde arabe il est possible  de profiter". Mais cette relation privilégiée serait sur le déclin : "Lentement mais sûrement, Londres est en train de perdre son statut jusqu'ici incontesté de capitale des médias pan-arabes." Des acteurs importants ont déjà abandonné les rives de la Tamise cependant que d'autres ont réduit leur présence. Certains médias (journaux, télévisions...) avaient repris le chemin de Beyrouth mais l'instabilité qui y règne a freiné cette migration. D'autres choisissent Dubaï dont l'essor touristique semble favoriser l'expansion médiatique.

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18 janvier 2008

Un nouveau site pour la diplomatie publique de Washington

diplomatie_publique_america_govAprès avoir lancé au mois de septembre dernier son blog (Dipnote), le Département d'Etat vient d'étoffer son dispositif numérique en matière de stratégie d'influence. America.gov se présente comme un outil de diplomatie publique destiné aux internautes étrangers. Dans un message disponible sur la page d'accueil la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice  précise que ce "site interactif propose des documents relatifs à la politique, à la culture et aux valeurs des Etats-Unis (...) Nous souhaitons faire de America.gov un lieu de conversation interactive entre les Américains et les autres peuples."
Sobre et élégant, le site exploite tous les types de ressources : texte, vidéo, photographies, podcast, messagerie, cartes interactives, flux RSS... America.gov mêle habilement le séduisant patrimoine culturel états-unien et les objectifs de la politique américaine dans le monde. Comme tout site à vocation interactive, un sondage est proposé aux visiteurs : "De ces trois genres musicaux nés aux Etats-Unis, lequel a le plus grand impact sur la musique produite dans le monde aujourd'hui ? Le jazz ? Le rock and roll ? Le hip hop ?"
Bref, une belle réalisation qui n'empêche cependant pas les Etats-Unis de s'interroger par la voix d'un conseiller du Département d'Etat : "Les Etats-Unis peuvent-ils vraiment gagner les coeurs et les esprits du monde musulman ?"

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16 janvier 2008

La géolocalisation au service de la police de San Francisco

Incident_reporting_SFOLes outils de géolocalisation sont de plus en plus souvent déployés au sein des forces armées et des services de sécurité. Associés à des interfaces riches, ils permettent d'accéder à des informations inscrites dans leur environnement géographique. La police de San Francisco (San Francisco Police Department) s'est dotée d'un logiciel prototype capable de collecter des informations relatives aux crimes et délits commis dans la ville et de les reporter sur une carte dynamique.
Baptisée Incident Reporting & Analysis Tool, cette application se présente sous la forme d'une vue aérienne de la ville sur laquelle sont posés des dizaines de points de couleur différente. A chaque couleur correspond un type de malveillance : bleu = vol, jaune = vandalisme ou graffiti, violet = agression sexuelle... Un clic sur le point permet de connaître les "détails de l'incident" tels que l'adresse exacte, l'heure, etc...
D'autres points, mobiles ceux-là, fournissent un contenu vidéo, généralement celui tourné par les caméras embarquées sur les véhicules de police.
Cet outil est produit par la société Universal Mind et peut également être appliqué à la veille dans le domaine des tremblements de terre.

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14 janvier 2008

Un panorama mondial des think tanks

ifri_2Il y aurait 5080 think tanks dans le monde. Selon une étude du Foreign Policy Research Institute, près de 38 % d'entre eux se trouveraient aux Etats-Unis, 23 % en Europe occidentale, environ 12 % en Asie, les autres étant disséminés en Europe orientale, Amérique latine, Afrique et Moyen Orient. L'auteur de cette enquête, James Mc Gann note un accroissement du nombre de think tanks en raison de "la révolution de l'information qui a provoqué la prolifération du volume et du flux des idées". Autre explication : "la fin du monopole des gouvernements sur l'information". Mais cette multiplication ne signifie pas que les think tanks se développent à la même cadence dans le monde : en raison "d'environnements politiques hostiles" les centres de réflexion ne peuvent mener librement leurs activités et leur financement ne peut être assuré faute de donateurs.
L'étude du Foreign policy Research Institute dresse un classement du "Top 10 des think tanks dans le monde" présenté de façon alphabétique: Centre for european studies (Belgique), Institut français des relations internationales (France), International crisis group (Belgique), Japan institute of international affairs (Japon)...
La France apparaît par ailleurs à la quatrième place mondiale en ce qui concerne le nombre de think tanks avec 162 centres recensés. Avec 1776 think tanks, les Etats-Unis devancent le Royaume-Uni (283) et l'Allemagne (187).

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13 janvier 2008

Le soft power très économique de la Chine

N_ChineArmeeTerreCuiteLa diplomatie économique et culturelle de la Chine n'en finit pas d'inspirer les analystes politiques. Surtout en Occident... A Washington, le Congrès vient de rendre publique une étude consacrée à "l'influence croissante de la Chine dans le Sud-Est asiatique" dans laquelle sont répertoriées les actions de soft power chinoises. Ce document pointe également l'impact de ces initiatives sur les intérêts états-uniens dans la région.
Pékin recourt à plusieurs leviers diplomatiques pour renforcer son influence : relations bi-latérales et sous régionales mais contrairement aux Eats-Unis, "la politique de non-interférence de la Chine dans les affaires domestiques des pays de la région est moins intrusive" ; présence dans les organisations régionales telles que l'ASEAN ou l'East Asia Summit qui permet à la Chine d'être "un acteur de plus en plus actif" ; aide aux pays les moins avancés (Laos, Vietnam, Cambodge) mais aussi plus prospères (Indonésie, Philippines)...
Vu de Washington, on se souvient que "les Etats-Unis ont joué à la fois du hard et du soft power en Asie du Sud-Est. En termes de soft power, de nombreux peuples de la région ont été historiquement attirés par la culture populaire états-unienne, les institutions et les valeurs démocratiques, les droits de l'homme, l'économie de marché et le progrès technologique." Selon les auteurs de cette étude, l'essor chinois doit se mesurer à l'aune de l'économie : "l'influence croissante ou le soft power chinois en Asie du Sud-Est et ailleurs dans le monde reposent plus sur le facteur économique que sur les facteurs militaires, culturels ou politiques."

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11 janvier 2008

L'Afrique, nouvelle terre de recrutement de mercenaires

SMP_AfriqueLes pays d'Afrique australe seraient-ils en train de devenir un vivier pour les sociétés militaires privées ? Selon l'hebdomadaire The Christian Science Monitor, la Namibie, le Mozambique ainsi que l'Ouganda et le Burundi sont investis par les agences de mercenariat états-unienne qui misent sur la présence de "milliers de combattants en situation de chômage depuis les guerres d'indépendance". Il est vrai que la région a joué un rôle de précurseur dans les activités de mercenariat, en particulier l'Afrique du Sud qui, jadis, disposait d'agences réputées pour leur efficacité.
L'implantation en Namibie de la société Special Operations Consulting-Security Management Group             (SOC-SMG)  a donc été accueillie avec intérêt par des anciens soldats qui, une fois recrutés, peuvent gagner jusqu'à "100 fois le salaire moyen local" pour aller se battre en Irak et en Afghanistan... selon les sociétés militaires privées. Le site de SOC-SMG dispose d'ailleurs d'une rubrique "carrière" qui propose des emplois de "spécialistes de la sécurité" en Irak.
Mais cette activité lucrative est dénoncée par des organisations de droits de l'homme qui dénoncent "un trafic d'êtres humains rendu possible par la situation économique" de la Namibie. Le gouvernement semble lui aussi s'inquiéter d'une telle situation : "L'implication de Namibiens dans ces conflits armés ont des implications à court et moyen terme pour les intérêts de la Namibie, aussi bien sur son propre territoire qu'à l'étranger."

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