Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

02 mai 2008

La "vérité" selon la U.S. Defense Information School

defense_information_school"Vérité, confiance et crédibilité"... A quel journal, à quelle revue, à quelle chaîne de télévision ce beau slogan appartient-il ? A aucun... Il est au coeur du programme de la formation dispensée par la U.S. Defense Information School (DINFOS). Située dans le Maryland, à proximité de Washington D.C., cette école, qui dépend du Département de la Défense, a pour vocation de former le personnel militaire afin de lui enseigner l'art de la communication aussi bien à destination de la presse écrite que du "journalisme électronique", mais aussi dans le domaine de la photographie et de la radio. Chaque année, la Defense Information School reçoit environ 3 500 stagiaires, des militaires bien sûr mais également des civils parmi lesquels des cadres issus du gouvernement états-unien ainsi que des journalistes de la presse étrangère.  Depuis sa fondation, en 1946, la DINFOS a accueilli des stagiaires provenant de plus de 70 pays.
Selon le commandant en second de la Defense Information School, le Lieutenant-colonel Ronald Watrous, "avec plus de 1,4 millions de personnes servant dans toutes les branches de l'armée américaine, il existe une forte demande d'information sur les activités militaires". Quant aux auditeurs issus du milieu civil, en particulier les journalistes, l'officier estime que les lois de l'information telles qu'elles sont enseignées à la DINFOS stipulent que "la propagande n'a pas sa place dans les programmes de relations publiques du département de la Défense".

A lire :


Sur le même thème :


Posté par altiplano à 15:12 - Stratégies d'influence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mai 2008

Radio Free Europe visée par une cyber-attaque

radio_free_europeLa cyber-criminalité politique vient de faire une victime supplémentaire. Après les attaques informatiques massives lancées l'an dernier contre l'Estonie et l'Allemagne, c'est au tour du site de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE/RL) d'être touché par une salve numérique sans précédent. Le 26 avril, les intrusions ont d'abord visé le site biélorusse de la radio avant de s'étendre aux sites du Kosovo, d'Azebaïdjan, de Russie, du Tadjikistan... Selon Luke Springer, directeur technique de RFE/RL, l'attaque a rendu impossible la consultation de ces sites par les internautes : "le mode opératoire de cette attaque consistait à saturer le site en le bombardant de fausses requêtes".
Radio Free Europe-Radio Liberty, financée par le Congrès des Etats-Unis, émet des programmes en 28 langues en Europe et au Proche-Orient. Ses premiers programmes ont été diffusés en 1950 en Tchécoslovaquie avec l'objectif de combattre le communisme au coeur du système et d'imposer, par la méthode douce, l'American way of life à travers la musique, la mode, le divertissement et l'information. Cette stratégie d'influence a contribué à abattre les dictatures communistes et vise aujourd'hui un autre objectif : briser les liens qui unissent les pays voisins de la Russie (le fameux "étranger proche"...) et isoler Moscou sur la scène internationale. En retour, Moscou et ses alliés exploitent les réseaux numériques pour mieux déjouer la stratégie états-unienne.

A lire :


Sur le même thème :

Posté par altiplano à 21:58 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

Un nouveau relais d'influence israélien aux Etats-Unis

JStreetLes relais d'influence israéliens aux Etats-Unis comptent un nouvel acteur qui ambitionne  de porter une voie dissonnante face aux traditionnels groupes de soutien à l'Etat hébreu. JStreet se présente comme "une nouvelle voix pro-israélienne favorable à la paix" et estime qu'il est temps de changer la donne : "Pendant trop longtemps, les seules voix qu'écoutaient les hommes et les décideurs politiques sur Israël et le Proche-Orient provenaient de l'extrême-droite. Le temps est enfin venu qu'un courant fort d'Américains pro-Israël et pro-paix se battent pour une paix et une sécurité véritables."
Basé à Washington et fondé par Alan Solomont,
un philanthrope juif proche des milieux démocrates, JStreet affiche un soutien sans faille à Israël mais se démarque fortement de l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Selon le centre de recherche International relations and security network de Zurich, "l'AIPAC ne fait rien pour favoriser une solution reposant sur la coexistence de deux Etats". Des critiques de plus en plus incisives soulignent également que "les néo-conservateurs se sont emparé de l'AIPAC et ont noué des liens avec les chrétiens évangéliques dont l'opposition à toute concession territoriale d'Israël est appréciée des seuls Israéliens d'extrême-droite".
Même son de cloche pour le directeur de Jstreet, Jeremy Ben Ami, qui estime que "le terme pro-israélien a été pris en otage par une minorité à laquelle est opposée une majorité d'Américains juifs et non-juifs".

A lire :


En complément de cette analyse, on pourra lire l'ouvrage que vient de publier André Kaspi : Les juifs américains (Plon).

Sur le même thème :


Posté par altiplano à 12:19 - Stratégies d'influence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

Les blogs influents en appui des stratégies militaires

rdfA l'heure où l'influence de la blogosphère préoccupe aussi bien le monde politique que le monde économique, les militaires ne sont pas les derniers à se pencher sur les blogueurs. Une étude de 2006 écrite pour le compte du  U.S. Special Operations Command suggérait déjà d'engager les blogueurs les plus influents afin de présenter sous un jour favorable la politique étrangère des Etats-Unis : " recruter quelques blogueurs afin d'attaquer verbalement une personne spécifique ou promouvoir un message particulier devrait être pris en considération" selon les deux auteurs de l'étude James Kinniburgh et Dorothy Denning. Mais, ajoutent-ils, une telle opération pourrait se retourner contre l'armée si elle était ébruitée : " Les gens n'aiment pas être trompés et le prix à payer serait une perte de crédibilité et de confiance".
Plutôt que de recruter des blogueurs, les auteurs proposent "une stratégie alternative" qui consisterait à " fabriquer un blog et un blogueur " tout en étant conscients qu'acquérir " une position d'influence pourrait prendre du temps"...
Selon le célèbre site Wired qui relate les grandes lignes de cette étude, la hiérarchie militaire semble divisée quant à l'importance à accorder au pouvoir des blogs. Si certains estiment qu'il s'agit là d'une "perte de temps", d'autres, tels le Général David Petraeus qui vient d'être nommé chef des forces états-uniennes pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale, pensent que l'armée doit également occuper l'espace numérique informationnel.
Afin de couper court aux polémiques qui pourraient survenir à la suite de la publication de cette étude, le porte-parole du U.S. Special Operations Command, Marc Boyd, a pris la peine de signaler que "les avis exprimés dans cet article étaient ceux des auteurs et ne reflétaient pas nécessairement la position ou la politique du gouvernement des Etats-Unis ou du Département de la Défense".

A lire :

Posté par altiplano à 12:18 - Stratégies d'influence - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Les J.O. des intellectuels les plus influents

ChomskyEn 2005, les revues Prospect (Royaume-Uni) et Foreign Policy (Etats-Unis) avaient demandé à leurs lecteurs de dresser la liste des intellectuels les plus importants : the world's top public intellectuals. Plus de 20 000 personnes avaient répondu et porté leurs suffrages sur le linguiste Noam Chomsky qui était arrivé largement en tête avec 4827 voix devant Umberto Ecco (2464). Premier Français, Jean Baudrillard pointait à la 22ème place suivi de Julia Kristeva (48ème place), Alain Finkielkraut (81ème), Gilles Kepel (84ème).
Comme toutes les initiatives de ce type, ce classement avait été critiqué : on y trouve par exemple l'architecte néerlandais Rem Koolhaas... Un architecte est-il un intellectuel ?
Cela n'a pas empêché des deux revues de renouveler l'opération avec une liste mise à jour de 100 personnalités. Quatre Français figurent dans cette édition : Thèrèse Delpech, Olivier Roy, Alain Finkielkraut, Jacques Attali. Cette liste n'est cependant pas figée puisque les votants peuvent proposer des noms qui seraient "injustement absents"...
Les votes peuvent être effectués jusqu'au 15 mai prochain. Les résultats seront proclamés le 23 juin.

A lire :


Sur le même thème :

Posté par altiplano à 15:34 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2008

La vie intellectuelle passe par les "minorités pensantes"

revues"La vie intellectuelle française se joue, pour une large part, dans les revues." En guise d'introduction à son émission Bibliothèque Médicis, Jean-Pierre Elkabach rappelle le rôle et l'influence des revues sur le débat intellectuel, médiatique et politique en France. On en dénombre environ 2 500 qui interviennent dans des domaines variés : politique, économique, littéraire, poétique, scientifique... Trois d'entre elles, probablement les plus diffusées et les plus lues, sont à l'honneur dans cette émission : Commentaire, Le Débat, Esprit.
Rédacteur en chef du Débat, Marcel Gauchet, revient sur la faiblesse quantitative du lectorat de ces revues mais insiste sur leur influence : "la démocratie c'est la loi de la majorité, mais c'est aussi le principe de minorité". Le philosophe explique que ces revues s'adressent aux "minorités pensantes et aux minorités réfléchissantes" plutôt qu'au grand public. Avis partagé par les autres invités de cette émission dont Olivier Mongin, directeur d'Esprit, qui souligne par ailleurs que "la moitié des abonnés sont à l'étranger".
En écho à cette émission, Nonficition propose un entretien de Jean-Claude Casanova, directeur de Commentaire, qui explique que la revue, qui fête son trentième anniversaire, ne roule pas sur l'or : "Nous ne sommes pas riches. Nous n'acceptons pas les subventions." Quant aux contributeurs de la revue, Jean-Claude Casanova ajoute que les représentants politiques sont acceptés à condition qu'ils soient capables de tenir un stylo : "Nous ne prenons pas d'hommes politiques qui font écrire des nègres..."

A regarder :


Sur le même thème :

Posté par altiplano à 00:03 - Stratégies d'influence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2008

Maradona enfile le maillot iranien

maradonaDiégo Maradona n'a jamais eu sa langue dans la poche... Son hostilité à la politique étrangère de Washington est bien connue et sa proximité avec Fidel Castro remonte à plusieurs années déjà. Le footballeur avait même choisi de s'exiler à Cuba pour soigner sa dépendance à la cocaïne.
Depuis, Maradona s'est rapproché de l'Iran et semble entretenir de bonnes relations avec Téhéran. Selon l'agence Iran Focus, il avait fait cadeau l'an dernier d'un maillot dédicacé au président Mahmoud Ahmadinejad. En réponse, ce dernier a vanté le continent latino-américain qui regroupe "des nations pures, hospitalières et attentionnées. On peut voir les cicatrices profondes des coups de fouet délivrés par l'arrogance mondiale". Et de poursuivre : "
La nation iranienne a toujours soutenu les mouvements de libération des nations sud-américaines contre les systèmes despotiques et hégémoniques".
Diégo Maradona constitue une belle prise en matière de diplomatie publique pour Téhéran qui peine à enrôler des artistes ou des intellectuels en sa faveur. Mais il n'est pas acquis que le génial footballeur devenu baudruche cocaïnée puisse, à lui seul, rafraîchir l'image de marque de l'Iran dans le monde.

A lire :


Sur le même thème :

Posté par altiplano à 15:58 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2008

Tibet : les pro-chinois conchient "les petits bourgeois consuméristes" et "leurs relais médiatiques"

prcfAu lendemain des manifestations qui ont accompagné le parcours de la torche olympique à Londres, on lira avec amusement le point de vue pro-chinois défendu par le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) : "NON à l'hypocrite campagne anti-chinoise à propos du Tibet, oui à une Chine multinationale unie et socialiste !"
Le PCRF tient à remettre les points sur les i et à refaire l'histoire : " De fait, l’intégration du Tibet à la République populaire chinoise a, malgré les soubresauts de la prétendue “révolution culturelle” (qui affectèrent toute la Chine) constitué un immense pas en avant pour les masses rurales et urbaines du Tibet. C’est seulement à partir de cette date que la masse de la jeunesse a été scolarisée (...) Quant à la spiritualité du Tibet, qui fait tant rêver les petits bourgeois consuméristes d’ici, elle existe bel et bien mais n’a jamais été qu’un phénomène très élitiste dans l’ancien Tibet féodal ".
Quant aux manifestations pro-tibétaines organisées en Occident, elles sont jugées de façon expéditive par le Pôle de renaissance communiste en France : "
Les pyromanes des Etats impérialistes et leurs relais médiatiques se comportent en vrais irresponsables (...) Le prétendu “boycott” des JO par l’autoproclamée “communauté internationale” est une pure insulte à l’humanisme et au bon sens (...) Quel racisme à l’égard du grand peuple chinois, et plus généralement, des “pays émergents” dont la Chine est le symbole!"
Joignant le geste à la parole, un militant PRCF signale que "
à Londres, les prochinois ont manifesté aussi face aux tenants du réactionnaire dalaï lama, agent de la CIA." (vidéo).

A lire :

Posté par altiplano à 11:04 - Stratégies d'influence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avril 2008

60 années de "générosité" au service de la diplomatie publique américaine

plan_marshall_careSoixante-et-un ans après le Plan Marshall, le Département d'Etat célèbre les actions lancées par Washington dans le cadre de l'aide des Etats-Unis à l'étranger. Le service français des programmes d'information internationale du State Department propose une chronologie des opérations menées par les différentes agences nord-américaines : "Au cours du XXe siècle, les États-Unis ont accru leur aide grâce à la création d'organismes publics et d'associations servant à l'orienter vers les domaines où elle est nécessaire.Qu'il s'agisse de l'aide financière, des avantages commerciaux ou du temps consacré par des bénévoles, les Américains ont donné avec générosité et continuent de le faire."
Une "générosité" qui commence en 1945 avec la création de l'association CARE "qui deviendra l'un des plus grands organismes d'aide humanitaire du monde". En 1947, le Plan Marshall "vise à permettre aux pays européens de reconstruire leur économie après la Seconde Guerre mondiale
" ; il est suivi en 1961 par la création de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). La même année, John Fitzgerald Kennedy adressait un message aux Volontaires du corps de la Paix qui "travaillent dans des administrations, des écoles, des organisations non gouvernementales et des entreprises dans les domaines de l'enseignement, de la santé, de l'économie, de l'informatique, de l'agriculture et de l'environnement." En 1985, la chanson We are the world "permet de recueillir plus de 60 millions de dollars" et en 2006 "la fondation Bill et Melinda Gates devient la fondation caritative la plus importante du monde"...

Sur le même thème :

Posté par altiplano à 16:44 - Stratégies d'influence - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2008

La Gauche prolétarienne entre complexité et conspiration

gauche_prol_tarienneL'empressement médiatique et éditorial à célébrer Mai 68 a de quoi faire sourire. On ne compte plus les couvertures de la presse parisienne consacrées aux révoltes étudiantes (Libération a ouvert le bal dès le mois de janvier... dans la même édition qui censurait une chronique de Daniel Schneidermann !), et certains observateurs ont déjà recensé plus de 80 ouvrages sur les tables des libraires. Il semble qu'aucun éditeur n'a retenu ce qui était arrivé lors du trentième anniversaire, en 1998, lorsque les nombreux livres consacrés à Mai 98 s'étaient déjà soldés par des ventes très faibles.
Le millésime actuel retient surtout l'attention par les livres co-écrits par certains acteurs de Mai 68 et leurs rejetons : André Glucksmann et son fils Raphaël, Gérard Filoche et Germain... Une belle performance pour une génération qui n'a cessé de critiquer "les héritiers"...
Plus intéressante est l'initiative de Rue 89 qui a décidé de confronter les points de vue de deux auteurs d'ouvrages consacrés à la Gauche prolétarienne. David Défendi (L'arme à gauche) et Morgan Sportès (Ils ont tué Pierre Overney) défendent chacun des point de vue différents sur la naissance, l'essor et l'auto-dissolution de la Gauche prolétarienne. Leurs points de désaccord sont nombreux mais pas irréductibles : manipulation, services secrets français, CIA (le rapport de Richard Helms, le rôle d'Irwing Brown), agents provocateurs, infiltrés...
David Défendi est le fils d'un agent de la DST chargé, en 1968, de surveiller certains activistes et d'infiltrer la direction de la Gauche prolétarienne ; son livre défend la complexité de Mai 68 et critique les thèses conspirationnistes. Quant à Morgan Sportès, sa conviction est faite : "Les conspirations existent depuis la nuit des temps ! Lisez Jules César, lisez Sénèque, lisez le Cardinal de Retz, étudiez la vie du Général de Gaulle... La politique n'est faite que de conspirations !"

A lire :


Sur le même thème :

 

Posté par altiplano à 23:38 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »