11 novembre 2009
H. Denoix de Saint-Marc, un héros très discret
Agent de liaison de la Résistance à 19 ans, déporté au camp de concentration de Buchenwald à 21 ans, officier de la Légion étrangère en Indochine et en Algérie, condamné à dix ans de réclusion criminelle pour sa participation au putsch des généraux à Alger en 1961, Hélie Denoix de Saint-Marc aurait pu mourir cent fois. Mais une volonté de vivre hors du commun l'a mené là où l'histoire se faisait pour "ne pas rester étranger aux bouleversements" du monde.
Hélie Denoix de Saint-Marc a publié une demi-douzaine de livres et donné de nombreuses conférences en France et à l'étranger. A l'occasion de la sortie d'une biographie que lui avait consacré l'historien Laurent Beccaria, Hélie Denoix de Saint-Marc était l'invité de Bernard Pivot dans l'émission Apostrophe diffusée le 5 mai 1989.
En ce jour de commémoration de l'armistice mettant fin à la première guerre mondiale, ce document se regarde en silence.
Source :
- La guerre (Apostrophe, Daily Motion)
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30 octobre 2009
Une cartographie de 6 000 ans de guerres
On ne compte plus les réalisations de cartographie dynamique appliquée à la géopolitique et à la guerre. Dernière production en date, le site Conflict History qui recense les conflits apparus à la surface de la Terre depuis... 4 000 ans avant l'ère chrétienne jusqu'à nos jours !
Bâtie autour de l'application Google Map, Conflict History propose d'accéder à une date ou à une période via une frise chronologique. L'internaute peut lui-même régler sa période de recherche : 20 ans, 35 ans, 125 ans...
Tout conflit fait l'objet d'une description issue de Wikipedia (version anglophone) et du site Freebase.
Source :
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12 octobre 2009
De la guerre et de ses facteurs religieux
Le Pôle religion de la Direction de la prospective du ministère des Affaires étrangères et le CERI-Sciences Po organisent ce mardi un colloque intitulé "Religions et conflits". Les intervenants s'interrogeront sur une question devenue récurrente : "les conflits religieux existent-ils ?" et poursuivront leurs réflexions sur les acteurs de la violence religieuse ainsi que sur leurs stratégies.
Il s'agit de la première manifestation publique organisée par le Pôle religion récemment créé au sein du Quai d'Orsay. Le responsable du Pôle religion, Joseph Maïla, et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, y prendront successivement la parole. Plusieurs théâtres d'opération feront l'objet de retours d'expérience : Israël/Palestine, Irlande, Nigéria, Irak...
Source :
- Religions et conflits (CERI-Sciences Po)
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- Religions et croissance économique
- Religion et comportements familiaux
- Facteurs religieux et relations internationales
28 septembre 2009
La guerre télévisée a bien eu lieu
En 2008, les principales chaînes de télévision françaises ont diffusé 1290 sujets consacrés à la guerre. TF1, France 2, France 3, Canal+, Arte et M6 ont relayé 26 conflits avec une forte prévalence pour la guerre Israël-Palestine (369 sujets), les combats en Afghanistan (262), et la bataille qui a opposé la Russie et la Georgie. Moins bien traités la guerre des Balkans, le Congo, le Darfour et l'Inde n'ont fait l'objet que de 59, 58, 29 et 11 reportages.
Dans son baromètre thématique des journaux télévisés, l'Institut national de l'audiovisuel (INA) a recensé non seulement les reportages diffusés en 2008 mais s'est également intéressé à la médiatisation des conflits sur une période de dix ans (1999-2008). Avec 3902 sujets, la guerre d'Irak "est le conflit le plus médiatisé de ces dix dernières années".
L'INA évoque également une "géographie médiatique des conflits" qui fait apparaître "des régions plutôt pacifistes et d'autres particulièrement troublées". Etonnement, les continents les plus touchés par la guerre ne sont les plus exposés médiatiquement : avec 17 conflits, l'Afrique a fait l'objet de 1251 sujets (sur la période 1999-2008) alors qu'avec 3 conflits, le Proche-Orient a été traité dans 7101 sujets.
Selon le document INA Stat, ces données sont issues des éditions du soir des six principales chaînes françaises.
Source :
- Les JT par temps de guerre (Institut national de l'audiovisuel)
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05 septembre 2009
Propagande en temps de guerre


Le 3 septembre 1939,
la France et le Royaume-Uni déclaraient la guerre à l'Allemagne. Comme
tout conflit, la seconde guerre mondiale donna lieu à une intense
propagande de part et d'autre. Deux sites proposent une sélection
d'affiches produites par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis
et le Canada durant les cinq années que dura le conflit.
Sources :
- Propaganda posters from Powys during the second world war (County Times)
- Theory : Propaganda (Animation archive)
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19 juillet 2009
La "guerre du football" ou la poursuite de la politique par d'autres moyens
En 1969, le Honduras et le Salvador s'affrontèrent en matches éliminatoires pour la phase finale de Coupe du monde prévue au Mexique en 1970. Résultat : 5 000 morts. Sur fond de grèves, de tensions politiques et de rivalités entre ces deux petites nations d'Amérique centrale, les violences dégénérèrent en "guerre du football" qui, aujourd'hui encore, apparaît comme l'évènement sportif le plus meurtrier de l'histoire.
A l'occasion du quarantième anniversaire de ces émeutes, le service espagnol de la BBC revient sur cet évènement sanglant : "ces matches étaient devenus des affaires d'Etat (...) Un colonel à la retraite de l'armée hondurienne affirme dans un livre intitulé "La grande conspiration salvadorienne" que le caractère de ces incidents montre qu'ils furent organisés comme un acte d'hostilité envers le Honduras".
Les actes de violence entre les deux pays frontaliers prirent une tournure militaire lorsque "le 14 juillet 1969, l'armée de l'air salvadorienne attaqua par surprise l'aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa, ainsi que des localités situées à la frontière (...) Le lendemain, le Honduras contre-attaqua en bombardant l'aéroport de Ilopango à San Salvador, ainsi qu'une raffinerie de pétrole et des réservoirs".
Cette "guerre du football" dura 100 heures et ne trouva son dénouement qu'avec l'intervention de l'Organisation des Etats américains (OEA), sous influence états-unienne, qui imposa un cessez-le-feu. Quarante ans plus tard, Mauricio Pipo Rodriguez, ancien joueur de la sélection salvadorienne, résume la situation : "nos adversaires honduriens étaient de bons footballeurs et il n'y avait pas de problèmes entre eux et nous. C'était une affaire entre nos gouvernements".
Source :
- A 40 anos de "la guerra del futbol" (BBC Mundo)
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08 juillet 2009
La diplomatie publique de l'OTAN à destination des populations civiles
L'OTAN continue d'investir les réseaux numériques pour y trouver un public à priori peu sensible aux enjeux géopolitiques : les technophiles. Dernière initiative en date, une opération de diplomatie publique bilingue "Six colours / Six couleurs" soit "six destins, six réalisateurs [qui] vous feront découvrir certaines facettes de l'Alliance à travers le portrait d'hommes et de femmes d'horizons différents". L'OTAN promet "un autre regard loin des clichés"... Ces six reportages ont été effectués auprès de médecins militaires au service de citoyens au Kosovo, de spécialistes du déminage en mission en Jordanie, ou d'experts en sécurité maritime en charge de la détection d'objets dangereux. Peu d'images de guerre et pas de violence physique dans ces reportages où le kaki est mis au service de citoyens.
Selon l'organisation transatlantique, "la diplomatie publique de l'OTAN diffère légèrement de celle menée par les Etats-Unis qui est exclusivement tournée vers un public étranger. L'OTAN vise principalement des pays membres de l'alliance et, secondairement, des pays partenaires".
Source :
- Six colours / Six couleurs (OTAN)
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29 juin 2009
Echec d'une opération d'influence militaire en Afghanistan
Il est plus facile de parler d'opérations d'influence sans les revues stratégiques que de les réussir sur le terrain. Les militaires britanniques déployés en Afghanistan viennent d'en faire l'amère expérience. Le quotidien The Guardian relate les ratés de l'opération Panchai Palang (griffe de panthère) lancée dans la région de Babaji, l'une des plus soumises à l'influence des talibans : "le plan était simple : les soldats britanniques devaient arriver en force, effrayer les talibans sans tirer un coup de feu, maintenir une présence militaire, gagner la sympathie des populations locales et les persuader de résister à leurs maîtres talibans".
Mais les évènements ont vite pris une autre tournure. A peine débarqués par hélicoptère, les centaines de soldats britanniques furent pris sous un feu nourri de talibans. En dépit du secret qui avait entouré l'opération Panchai Palang, et malgré l'utilisation massive de drones d'observation, les insurgés semblaient particulièrement bien informés et attendaient les soldats de pied ferme. L'armée britannique dut, à son tour, défourailler généreusement pour se sortir de cette situation fâcheuse.
Bilan, selon The Guardian : "les boites de crayons et cartables, décrits dans le jargon militaire comme des "biens provoquant le consentement" [consent-winning goods] n'ont pas trouvé preneurs, et le bazar qui était l'un des principaux objectifs de l'opération, en raison de son importance dans le financement de l'insurrection par l'opium, est déserté".
Source :
- Battle of Babaji: A fight for hearts and minds in Afghanistan, but none are to be found (The Guardian)
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- Anticiper les actes terroristes
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- Querelle autour des opérations psychologiques de l'OTAN
26 mai 2009
La diplomatie américaine en manque de locuteurs pachtouns
La victoire des troupes alliées en Afghanistan n'est pas pour demain. Elle l'est d'autant moins que la barrière linguistique joue en faveur des Talibans. Selon le quotidien USA Today, les Etats-Unis sont en manque de locuteurs pachtouns (ou pashto) : "le Département d'Etat ne dispose que de 18 agents capables de parler la langue de cette région où la guerre menée par les insurgés fait rage". Ces 18 agents sont dispersés sur le théâtre d'opérations en Afghanistan mais aussi à Pershawar (Pakistan).
Selon l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Ronald Neumann, cité par USA Today, "il s'agit d'une terrible illustration : le manque d'argent et le manque de personnels". Cette défaillance n'est pourtant pas nouvelle. En janvier 2006, le président Bush annonçait le lancement d'un programme d'enseignement des langues étrangères au profit des diplomates du Département d'Etat : "Nous avons besoin d'officiers de renseignement capables de comprendre l'arabe, le farsi ou l'ourdou. (...) Nous
avons besoin de diplomates (...) capables de convaincre les
gouvernements que nous voulons associer à la lutte contre les
terroristes (...) Les diplomates doivent être capables de parler ces
langues."
Le Pentagone dispose pourtant d'un centre d'enseignement des langues étrangères (Defense Language Institute) qui a dispensé des rudiments de langue pachtoune à près de 10 000 personnes. Reste à connaître le contenu de cet enseignement...Le Département d'Etat, de son côté, continue de former ses agents mais à un rythme plus modeste ; selon USA Today "82 diplomates parlent le dari dont 20 ont été envoyés en Afghanistan".
Source :
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05 avril 2009
La technologie au service de l'avantage stratégique des Etats-Unis
Les guerres ont toujours été de sinistres et formidables facteurs de développement technologique. Les Etats-Unis ont compris depuis longtemps que la recherche et développement leur permettait de se doter d'armes plus performantes que celles de leurs adversaires et que cet avantage comparatif leur donnait les moyens de faire prévaloir leurs vues sur la marche du monde : une Pax Americana fondée sur les micro-processeurs en quelque sorte... Le thème n'est pas nouveau mais il a récemment été au centre d'un séminaire organisé par le programme Leadership for a Networked World, hébergé au sein de la célèbre Harvard Kennedy School, à Boston. Une rencontre organisée autour de retours d'expérience présentés par des militaires, des scientifiques et des universitaires : "les guerres en Irak et en Afghanistan ont été l'occasion d'une extraordinaire innovation rendue possible par des de généreux financements en faveur de la robotique et de systèmes d'armement radioguidés. Alors que nous entrons dans une ère post-guerrière, de nouveaux défis surviennent. La façon dont nous ferons face à ces défis sera crucial pour maintenir le rang de l'Amérique dans le monde".
L'importance accordée par les militaires états-uniens aux armes radioguidées (unmanned weapons systems) n'est pas loin de ressembler à un fétichisme technique mais il garantit, selon le Leadership for a Networked World, le maintien de la supériorité états-unienne : "ces armes ont réellement transformé la bataille dans leurs théâtres d'opérations respectifs (...) L'avantage stratégique de l'Amérique repose sur le caractère ouvert de sa société et la circulation des idées capables de se traduire rapidement en action". Un credo technophile critiqué par certains observateurs qui y voient une sous-estimation flagrante des facteurs humain et politique comme le montre l'incapacité des Etats-Unis et de ses alliés à remporter une victoire militaire et politique en Afghanistan.
Source :
- Unmanned and Robotic Warfare : Issues, options and futures (Leadership for a Networked World)
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