Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

16 novembre 2009

Bataille d'influence entre Israël et l'Iran en Amérique latine

iran_venezuelaAlors que le président israélien Shimon Perès poursuit ses visites en Amérique latine, le Times de Londres souligne que ce voyage s'inscrit dans une logique de contre-influence visant les multiples initiatives lancées par l'Iran dans la région : "le président Perès profite de sa visite au Brésil pour l'exhorter à résister à l'influence croissante de l'Iran et du Hezbollah en Amérique latine".
Lors de son séjour à Brasilia, le président israélien a présenté un rapport de renseignement consacré à la présence de cellules islamistes sur la fameuse triple-frontière qui sépare le Brésil, l'Argentine et le Paraguay. Shimon Perès estime que le Hezbollah a l'intention de frapper des cibles juives et israéliennes en Amérique latine comme il l'avait fait à Buenos-Aires en 1994 provoquant la mort de 85 personnes. L'Argentine abrite la plus importante communauté juive de l'Amérique latine avec près de 300 000 personnes. Le pays abrite également de nombreux descendants de Libanais et Syriens, musulmans et chrétiens.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad devrait, à son tour, visiter l'Argentine dans quelques jours.

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04 novembre 2009

Brésil, une volonté de puissance

br_silLe Brésil : ses plages, ses jolies filles, sa musique, son football... Le pays de Pelé ne manque ni d'atouts géographiques ni de richesse humaine ; il ne manque pas non plus de relais d'opinion pour vendre au monde l'image d'un pays dynamique et tolérant.  Derniers succès en date pour le pais marivolhoso : l'organisation de la coupe du monde de football en 2014., et la tenue des Jeux Olympiques en 2016 à Rio de Janeiro. Derrière cette réussite, apparaît une diplomatie volontaire et rompue aux stratégies d'influence.
Selon un très intéressant article publié par le quotidien argentin La Nacion, le réseau diplomatique brésilien est d'ores-et-déjà l'un des plus puissants du monde : " le gouvernement du Président Lula a ouvert 36 nouvelles représentations diplomatiques et créé 400 postes de diplomate. Le réseau compte actuellement 94 ambassades dans des pays aussi variés que la Corée du Nord, le Gabon, le Bangladesh, le Sri Lanka ou la Tanzanie. Au total, Le Brésil compte 1 400 diplomates et plus de 200 représentations dans le monde : ambassades, consulats, missions commerciales, bureaux..."
Le président Lula est lui-même partie prenante de cette diplomatie volontariste : "en 7 années d'exercice du pouvoir, il a effectué plus de 200 voyages à l'extérieur". Comme le dit Lula, "dans ce monde globalisé, un pays comme le Brésil doté d'un fort potentiel de productivité ne peut attendre que les autres viennent le découvrir".

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22 octobre 2009

La Grande-Bretagne honore ses think tanks

porspectLa Grande-Bretagne peut se vanter d'avoir un ancien et prospère savoir-faire en matière de think-tanks. Ses centres de réflexion sont particulièrement actifs dans les études économiques et sociales. La revue Prospect Magazine, qui publie déjà un classement annuel des intellectuels les plus influents, vient de décerner les prix attribués aux think tanks les plus en vue.
Co-lauréats 2009 : le Centre for Social Justice et The Institute for Fiscal Studies.  Autres lauréats le Royal United Services Institute, Demos, le Institute for Public Policy Research, et le Centre Forum pour son étude consacrée aux solutions pour réduire les effets de la crise économique.

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12 octobre 2009

De la guerre et de ses facteurs religieux

ceri_sc_poLe Pôle religion de la Direction de la prospective du ministère des Affaires étrangères et le CERI-Sciences Po organisent ce mardi un colloque intitulé "Religions et conflits". Les intervenants s'interrogeront sur une question devenue récurrente : "les conflits religieux existent-ils ?" et poursuivront leurs réflexions sur les acteurs de la violence religieuse ainsi que sur leurs stratégies.
Il s'agit de la première manifestation publique organisée par le Pôle religion récemment créé au sein du Quai d'Orsay. Le responsable du Pôle religion, Joseph Maïla, et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, y prendront  successivement la parole. Plusieurs théâtres d'opération feront l'objet de retours d'expérience : Israël/Palestine, Irlande, Nigéria, Irak...

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07 octobre 2009

La diplomatie française sur Netvibes

MAELe ministère des Affaires étrangères poursuit sa plongée dans l'univers numérique informationnel. Après son site institutionnel, son canal YouTube, son compte FlickR, sa page Facebook, et son compte Twitter, le Quai d'Orsay vient de mettre en ligne un univers Netvibes. Au programme "une sélection de sources d'information sur l'action de la France dans le monde, sur les questions internationales, mais aussi des outils pratiques".
Cet univers Netvibes est à lui seul un concentré de la stratégie d'influence que la France mène à travers sa diplomatie. On y trouve  en effet les principaux outils du soft power français : la culture avec les annonces des principales manifestations en France et à l'étranger, les sciences avec les fameux Bulletins électroniques produits par les services scientifiques des ambassades françaises dans le monde, la recherche avec les travaux issus des principaux think tanks français, mais aussi l'économie avec les informations en provenance des missions économiques.
Côté services, notons la très utile page "Conseils aux voyageurs" désormais accessible via cet univers Netvibes ainsi qu'une application dédiée au calcul de trajets dans les principaux métros du monde. 


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26 août 2009

La cartographie s'exerce sur le terrain

cartoFrance 5 diffusera ce jeudi 27 août un documentaire intitulé "Voyage au centre de la carte" et consacré au travail effectué par Philippe Recacewicz cartographe au Monde Diplomatique et expert auprès du Programme des Nations-Unie pour l'environnement. Ce documentaire de 52 minutes montre les divers aspects d'une mission officielle menée par Philippe Recacewicz dans le Caucase : "il est chargé de localiser les pollutions transfrontalières entre la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan (...) il positionne sur la carte les zones affectées par une pollution qui dépasse l'entendement (...) il va également à la rencontre de responsables politiques locaux avec qui il s'entretient des difficultés par-delà les frontières d'une population démunie".

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25 août 2009

9,421 milliards d'habitants en 2050

1251225676_enhanced_browsingTous les deux ans, l'Institut national d'études démographiques (INED) publie un tableau de la population mondiale. La livraison 2009 propose un ensemble de données pour chacune des "entités géopolitiques dont la population atteint ou dépasse 150 000 habitants" : superficie, population estimée à la mi-2009, taux de natalité et de mortalité, espérance de vie féminine et masculine...
Parmi les milliers de chiffres, on retiendra que les "les six pays les plus peuplés (Chine, Inde, Etats-Unis, Indonésie, Brésil, Pakistan) totalisent 3,42 milliards d'habitants, plus de la moitié du total mondial, estimé à 6,81 milliards". Les projections à l'horizon 2050 confirment, sans surprise, que l'Inde et la Chine seront les pays les plus peuplés (1, 748 milliard et 1,437 milliard d'habitants) devant l'Union européenne (503 millions d'habitants) et les Etats-Unis (439 millions) ; la France, avec 70 millions d'habitants se classerait à la 26ème place. Quant à la population mondiale dans sa totalité elle devrait atteindre 9,421 milliards d'habitants.

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29 juillet 2009

Le Vatican bénit le "pôle religions" du Quai d'Orsay

osservatore_romanoLa France était naguère ce pays où toute question relative à la place de la religion dégénérait en drame national. Or, l'annonce du ministère des Affaires étrangères de créer un "pôle religions" chargé de "développer une analyse globale des questions religieuses" n'a provoqué aucun remous au sein de la classe politique française.  Il est permis de s'en réjouir. En revanche, le Vatican n'a  pas perdu de temps pour  accueillir favorablement cette initiative diplomatique. Par la voix de L'Osservatore romano, et de l'agence Zenith, le Saint-Siège loue la décision du ministère des Affaires étrangères : " l'objectif principal du Quai d'Orsay est de sensibiliser les diplomates de la nouvelle génération aux questions religieuses et d'apporter une réflexion sur les grands mouvements religieux dans le monde et sur leurs éventuelles implications politiques".
Pour le Vatican, la création de ce "pôle religions" est à rapprocher du discours sur la "laïcité positive" prononcé par Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007 à Saint-Jean de Latran : " une laïcité qui, « tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout
".
L'agence Zenith précise par ailleurs que le "pôle religions" du Quai d'Orsay sera dirigée par l'intellectuel catholique d'origine libanaise Joseph Maïla et compose de "6 personnes pour 16 000 diplomates".

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19 juillet 2009

La "guerre du football" ou la poursuite de la politique par d'autres moyens

salvador_hondurasEn 1969, le Honduras et le Salvador s'affrontèrent en matches éliminatoires pour la phase finale de Coupe du monde prévue au Mexique en 1970. Résultat : 5 000 morts. Sur fond de grèves, de tensions politiques et de rivalités entre ces deux petites nations d'Amérique centrale, les violences dégénérèrent en "guerre du football" qui, aujourd'hui encore, apparaît comme l'évènement sportif le plus meurtrier de l'histoire.
A l'occasion du quarantième anniversaire de ces émeutes, le service espagnol de la BBC revient sur cet évènement sanglant : "ces matches étaient devenus des affaires d'Etat (...) Un colonel à la retraite de l'armée hondurienne affirme dans un livre intitulé "La grande conspiration salvadorienne" que le caractère de ces incidents montre qu'ils furent organisés comme un acte d'hostilité envers le Honduras".
Les actes de violence entre les deux pays frontaliers prirent une tournure militaire lorsque "le 14 juillet 1969, l'armée de l'air salvadorienne attaqua par surprise l'aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa, ainsi que des localités situées à la frontière (...) Le lendemain, le Honduras contre-attaqua en bombardant l'aéroport de Ilopango à San Salvador, ainsi qu'une raffinerie de pétrole et des réservoirs".
Cette "guerre du football" dura 100 heures et ne trouva son dénouement qu'avec l'intervention de l'Organisation des Etats américains (OEA), sous influence états-unienne, qui imposa un cessez-le-feu.  Quarante ans plus tard, Mauricio Pipo Rodriguez, ancien joueur de la sélection salvadorienne, résume la situation : "nos adversaires honduriens étaient de bons footballeurs et il n'y avait pas de problèmes entre eux et nous. C'était une affaire entre nos gouvernements".

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15 juillet 2009

Une méga (et invisible) ambassade iranienne au Nicaragua

iran_maeAu mois de mai dernier, Hillary Clinton, employait les grands mots pour alerter l'opinion publique d'un danger imminent : " les Iraniens sont en train de construire une immense ambassade à Managua... Vous pouvez facilement imaginer l'usage qu'ils en feront". La secrétaire d'Etat n'en dira pas plus sur les intentions qu'elle prête aux diplomates iraniens en Amérique centrale. Le Washington Post a voulu en avoir le coeur net et a envoyé une équipe  au Nicaragua pour vérifier l'état d'avancement des travaux : "aucune trace de la super ambassade. Des journalistes nicaraguayens ont passé au peigne fin la vaste capitale tropicale en quête d'un chantier. Rien."
A défaut de pouvoir prouver l'existence d'une telle construction, Washington ne cache pas sa préoccupation de voir l'Iran nouer des accords politiques, économiques et militaires avec certains Etats de son "arrière cour". Le Washington Post rapporte la crainte du parlementaire Connie Mack qui s'inquiète de "l'influence croissante de l'Iran en Amérique latine qui rappelle les liens qu'entretenaient la Russie (sic) et Cuba au moment de la crise des missiles". Une note du think tank néoconservateur American Enterprise Institute affirme même que "l'ambassade d'Iran à Managua est aujourd'hui la plus grande de toutes les missions diplomatiques de la ville".
De fait, Téhéran accroît sa présence sur le continent latino-américain et a trouvé en Hugo Chavez et Evo Moralès, les présidents vénézuélien et bolivien, des "alliés naturels" capables de perturber la politique de Washington dans la région.
Bayardo Ace, un conseiller du président nicaraguayen Daniel Ortega, préfère rire des craintes états-uniennes et estime que la méga-ambassade est aussi réelle que les armes de destruction massive en Irak... : "rien de tout cela n'existe. L'ambassadeur d'Iran et son épouse vivent dans une maison qu'ils louent"...

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