05 août 2009
Le soft power chinois doit faire ses preuves en Algérie
Radio Chine Internationale (RCI) confirme, s'il en était besoin, l'importance que le gouvernement chinois accorde à la diplomatie culturelle et au soft power. La radio officielle de Pékin rapporte les détails d'une réunion consacrée à l'expansion de la culture chinoise qui s'est tenue la semaine dernière à Pékin : "Trente-sept ambassadeurs de Chine à l'étranger ont visité vendredi 31 juillet le siège de l'Institut Confucius à Beijing (...) Fu Ying, l'ambassadrice de Chine en Grande Bretagne, a déclaré lors
d'une interview accordée à RCI qu'à l'heure actuelle, où le « made in
China » est devenu très commun dans le monde, les pays occidentaux
manquaient encore d'une connaissance approfondie sur la Chine."
RCI souligne que la diplomatie culturelle chinoise joue la carte des "instituts Confucius [qui] sont des témoins de la « soft power » chinoise (sic) en matière d'échanges avec l'étranger." Si le réseau culturel donne de bons résultats au Brésil (L'ambassadeur chinois au Brésil, Qiu Qi, a affirmé que les jeunes
Brésiliens étaient curieux vis-à-vis de la Chine et que l'institut
Confucius a permis de leur ouvrir une fenêtre pour connaître la Chine), il doit encore faire ses preuves en Algérie où de "violents heurts" ont opposé des Chinois à des Algériens...
Source :
- Les instituts Confucius, des "émissaires de la langue et de la culture", selon les ambassadeurs chinois (Radio Chine Internationale)
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27 juillet 2009
La télévison chinoise parle arabe
La Chine vient de lancer une chaîne de télévision en langue arabe qui diffusera des programmes 24 heures sur 24 à destination de 22 pays arabophones, soit près de 300 millions de téléspectateurs potentiels. Selon une dépêche publiée par le BBC, ce nouveau canal d'information vise une ambition : "montrer la "vraie" Chine aux pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord". Ouverte depuis le 25 juillet, la chaîne CCTV-Arabic "s'inscrit dans la volonté du gouvernement chinois de promouvoir sa vison du monde en encourageant ses médias à agir à l'échelle mondiale. Selon Zhang Changming, vice président de CCTV, 'il est impératif de diffuser des programmes en plusieurs langues en direction de publics multiples'".
China Central Television (CCTV) dispose déjà de plusieurs canaux linguistiques de diffusion : chinois à destination de l'Empire du milieu et de sa diaspora, français pour la France et (surtout) l'Afrique francophone où la Chine est en passe de devenir un acteur économique majeur, espagnol et anglais. CCTV envisage le prochain lancement d'une chaîne en langue russe qui pourrait intervenir dès le mois de septembre prochain.
Source :
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02 juillet 2009
La population mondiale confrontée à son propre vieillissement
L'Europe n'est pas la seule à vieillir. Selon la dernière livraison du bulletin Population & Sociétés édité par l'INED, le vieillissement démographique sera plus rapide dans les pays du Sud que dans ceux du Nord. La part des personnes âgées de plus de 65 ans s'accroît certes dans le monde entier mais les pays du sud présentent une singularité : "le vieillissement démographique touche toute la planète, mais il est plus ou moins avancé selon les pays. Dans ceux du Sud, il n'en est souvent qu'à ses débuts mais devrait prendre une grande importance dans les prochaines décennies".
Si l'Europe et les Etats-Unis furent les premières régions du monde a connaître un vieillissement général de leur population, l'Asie est en passe de suivre la même tendance : "en Chine, le vieillissement démographique a déjà commencé et la pyramide se rétrécie à la base, les jeunes générations étant moins nombreuses que celles d'âge moyen (...) En Inde, la pyramide n'est pas rétrécie à la base même si les effectifs des jeunes générations commencent à se stabiliser". En Afrique, le Nigéria "connaîtra aussi le phénomène un jour, comme tous les autres en Afrique sub-saharienne".
L'Institut national d'études démographiques rappelle que "l'indicateur du degré de vieillissement d'une population est son âge médian, qui sépare la population en deux parties numériquement égales, l'une plus jeune, et l'autre, plus âgée." Selon les Nations-Unies, l'âge média pour la population mondiale est de 28 ans (année 2005), 39 ans en Europe, 19 ans en Afrique... et 43 ans au Japon. Ces différences ne doivent cependant pas masquer une tendance lourde : "la part des 65 ans ou plus devrait doubler en 20 ans à 30 ans dans les pays du Sud".
Plusieurs facteurs expliquent le vieillissement de la population mondiale : diminution de la taille des familles, allongement de la durée de vie... Résultat : la part des adultes et des personnes âgées augmente, celle des jeunes diminue.
Source :
- Le vieillissement démographique sera plus raide au Sud qu'au Nord (Institut national d'études démographiques)
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27 juin 2009
Le Japon élargit son périmètre d'influence en Asie
Ce que la Japon n'a pu réaliser par la guerre, il le fait par les idées. 60 ans après l'échec de sa croisade militaire en Asie du Sud et en la Chine, l'Empire du soleil levant est en train d'engranger les bénéfices de sa stratégie d'influence déployée depuis plusieurs décennies sur le continent asiatique mais également dans le reste du monde. Dans un billet diffusé par Canal Académie, Françoise Thibault, correspondante de l'Institut de France, estime que "l’influence japonaise est forte, subtile, toute en discrétion, mais
très présente. Dans une ville comme Singapour ou Hong Kong,
elle commence par la banque, la finance, la monnaie et le trafic
maritime. Ce n’est pas pour rien que Sumitomo est le plus gros groupe
bancaire mondial."
La présence japonaise prend une dimension phénoménale dans le secteur automobile où "plus de 80% des véhicules en circulation sont de marque japonaise (...) un peu concurrencé, depuis peu, il est vrai, par des enseignes coréennes et chinoises." Françoise Thibaut vante "le modèle d'influence" nippon dont le périmètre de pénétration ne cesse de s'élargir à de nouveaux horizons : outils technologiques et appareils ménagers bien sûr mais aussi vaisselle, mode vestimentaire, gastronomie, culture avec "le plus grand marchand de livres du monde, Kinokuniya, et ses halls géants à Singapour, Kuala Lumpur, Hong Kong"...
Source :
- Un billet d'Asie : le Japon, modèle d'influence (Canal Académie)
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25 juin 2009
Le Japon et les Etats-Unis repensent ensemble leur soft power
Au mois de janvier dernier, la presse japonaise annonçait la probable nomination de Joseph Nye comme ambassadeur des Etats-Unis à Tokyo. Il n'en fut rien. Le célèbre théoricien du soft power a préféré conserver sa chaire de sciences politiques à Harvard plutôt que jouer les diplomates. Pour autant, les enjeux liés au soft power continuent d'alimenter les relations entre le Japon et les Etats-Unis. A l'occasion du 50ème anniversaire de la signature des accords de sécurité entre les deux pays, une conférence a réuni des universitaires et des diplomates chargés de plancher sur les futures stratégies d'influence déployées par Tokyo et Washington. Selon je Japan Times, "les deux plus puissantes économies du monde devraient, ensemble, revigorer leur soft power afin d'influencer d'autres pays (...) Elles devraient reconsidérer leurs tactiques non coercitives avant de s'attaquer à des problèmes majeurs tels que le changement climatique ou le maintien de la stabilité politique en Asie".
Parmi les intervenants, Richard Armitage, ancien numéro 2 du Département d'Etat sous George Bush, est resté fidèle à sa réputation du bulldozer en rappelant que le soft power n'était pas un simple exercice de courtoisie et de générosité : "nous ne nous engageons pas dans des opérations de soft power ou de smart power parce ce que nous sommes humanistes... mais parce qu'il s'agit d'un calcul froid au service de notre sécurité nationale".
Autre invité, l'universitaire Gerald Curtis a tenu à séparer le bon grain de l'ivraie en matière de diplomatie culturelle : "ne confondons pas l'attractivité de nos sociétés avec la capacité à influer sur le reste du monde. Le Japon, par exemple, est largement admiré dans le monde mais n'est pas capable de convertir cette popularité en puissance..."
Source :
- Both Japan, U.S. must improve their "soft power" (The Japan Times)
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20 juin 2009
Prolifération de suicides parmi les soldats envoyés sur la DMZ
248 kilomètres de barbelés séparent la Corée du Sud de la Corée du Nord. Le face à face entre les deux armées dure depuis le 23 mars 1953 et le moins que l'on puisse dire, c'est que les soldats coréens ne se pressent pas pour servir sur la zone démilitarisée. L'émission Arte Reportage propose un reportage consacré aux recrues sud-coréennes affectées à la DMZ : " Ils ont 20 ans et aucune expérience militaire. Seulement deux pour cent des appelés se retrouvent en première ligne. Ils vont y rester sept mois, coupés du monde. "
L'armée sud-coréenne traîne une réputation peu envieuse de brutalité héritée d'une longue période dictatoriale. Cette violence se traduit par un chiffre effarant sur la zone démilitarisée : "2 765 appelés ont perdu la vie au court de ces huit dernières années.
La moitié d’entre eux s’est donné la mort. Un suicide tous les 2 jours.
En 2006, un jeune soldat attaque ses camarades avec des
grenades. Un drame qui fait huit morts et décide le gouvernement à
enquêter sur la violence qui règne au sein de l’armée sud coréenne."
Le reportage donne la parole à un capitaine de l'armée qui se désole du manque de patriotisme et de l'individualisme dont font preuve les jeunes Coréens du Sud. En Corée du Sud comme en Europe occidentale, cette tendance semble durablement installée et ne connaît pas de frontière.
Source :
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02 juin 2009
Google Earth au service du renseignement
Google Earth permet à tout un chacun de disposer d'un fabuleux outil de géographie, d'imagerie, de loisir... et de renseignement. Curtis Melvin, un doctorant de l'université George Mason (Etats-Unis), a veillé jour et nuit sur son ordinateur pour collecter des informations aériennes sur la Corée du Nord. Le Wall Street Journal lui consacre un article et propose plusieurs diaporamas issus des vues satellite de Google Earth. "Il s'agit d'un travail de renseignement démocratisé" plaide Curtis Melvin.
Ces diaporamas permettent de distinguer (parfois difficilement) les dispositifs militaires anti-aériens déployés par la Corée du Nord ainsi que les zones réservées aux "élites" : résidences, haras, piscines... On y voit également le réseau ferroviaire, les installations électriques, des bases aériennes et des camps de prisonniers.
Source :
- Gulags, nukes and a water slide : citizen spies lift North Korea's veil (The Wall Street Journal)
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31 mai 2009
Le Japon mise sur son génie pour déployer son soft power
Acteur économique de premier plan mais protagoniste politique discret, le Japon n'en demeure pas moins très attentif à son influence dans le monde. Depuis plusieurs décennies déjà, le gouvernement nippon mène des opérations de soft power à l'intention de tous les publics. Il suffit de fréquenter l'aéroport international de Tokyo Narita pour apercevoir des enfants étrangers invités au Japon par les autorités japonaises. En France, certaines promotions de HEC sont conviées, tous frais payés, à découvrir les entreprises japonaises. En Amérique latine, des adolescent ont également la chance de se voir offrir des séjours dans l'Empire du soleil levant.
Tokyo semble disposée à amplifier ses opérations d'influence, non seulement auprès de publics scolaires ou étudiants, mais également à travers des vecteurs plus institutionnels. Dans un article publié par la revue Highlighting Japan, l'ambassadeur Shotaro Yachi précise que le Japon doit mettre en avant ses atouts pour gagner en visibilité et accroître sa puissance politique : "Je crois que nous pouvons contribuer à la paix et à la stabilité du monde par le biais de notre soft power (grâce à nos atouts économiques, scientifiques, technologiques et culturels) ainsi que par le génie du peuple japonais à l'égard du travail".
Schéma à l'appui, M. Shotaro Yachi dresse un "arc de liberté et de prospérité" qui embrasse une immense zone partant de l'Europe de l'Est jusqu'au Japon et incluant l'Inde et les Balkans, "arc" dans lequel le Japon s'est illustré par une série d'initiatives diplomatiques et humanitaires : soutien aux régimes est-européens pendant leur période de démocratisation dans les années 1990, reconstruction de l'ancienne Yougoslavie et de l'Irak, consolidation des relations stratégiques avec l'Inde, participation au développement économique de la zone ASEAN...
Source :
- Contributing to the World through "Soft Power" (Highlighting Japan)
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30 avril 2009
Le soft power protéiforme de la Chine
Le terrain de chasse de la Chine ne connaît pas de limite. Depuis plusieurs années déjà, la pénétration chinoise en Amérique latine se fait de plus en plus visible en Colombie, au Brésil ou à Cuba. L'Afrique, quant à elle, s'est à ce point habituée à la présence de Chinois sur son sol que, selon un ouvrage récent, on assiste à l'émergence d'une Chinafrique : ""Ni hao ! Ni hao" C'est maintenant ce que les petits Ethiopiens ou
Camerounais disent aux Blancs qu'ils croisent dans les rues de leur
pays. Fini les "bonjour" et les "hello!"."
Une situation partie pour durer si l'on en croit le Washington Post qui souligne que la Chine affirme son influence dans le monde à la faveur de la crise économique. Le quotidien relate le cas de la Jamaïque qui, confrontée à une chute libre de sa devise, d'un chômage en forte hausse et d'un secteur bancaire fragilisé par la dette publique, a trouvé de l'aide du côté de Pékin plutôt que de ses alliés traditionnels (les Etats-Unis et la Grande-Bretagne) eux-mêmes sévèrement affectés par la récession économique. Cet activisme économique joue même en faveur du management chinois : "des économistes réputés affirment que l'Inde devrait s'inspirer de la Chine et que des pays latino-américains essaient de retenir les leçons du modèle chinois. En envoyant des délégations en Chine, les pays étrangers montrent l'intérêt qu'ils portent au modèle de développement chinois".
Lors d'une audition devant une commission du Congrès, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a d'ailleurs pris acte du dynamisme de l'Empire du Milieu et préconisé de contrer l'influence chinoise dans le monde : "nous perdons du terrain..." a-t-elle reconnu. Le quotidien Le Monde revient également sur une rupture diplomatique majeure mais passée inaperçue : "longtemps hostile aux opérations de maintien de la paix de l'ONU,
perçues comme un instrument d'ingérence aux mains des grandes
puissances, la Chine a considérablement augmenté ses contributions de
troupes ces six dernières années. En réalité, il s'agit là surtout d'une opération d'image car la contribution chinoise aux opérations de maintien de la paix car la Chine n'est, à ce jour, que le 15ème pays contributeur en troupes de l'ONU.
Source :
- China uses global crisis to assert its influence (Washington Post)
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10 avril 2009
La Chine confrontée au manque de filles
Le déséquilibre démographique qui frappe la Chine se confirme. Selon une étude publiée par le British Medical Journal, la Chine compte un excédent de 32 millions de garçons de moins de 20 ans par rapport à la population féminine. Le taux de natalité de garçons atteint une moyenne comprise entre 103 et 107 contre 100 naissances pour les filles.
Cette étude, menée en 2005, rappelle que les raisons de ce déséquilibre démographique provient d'une seule et même raison : les avortements sélectifs qui visent les foetus féminins.
Source :
- China's excess male, sec selective abortion, and one child policy : analysys of data from 2005 national intercensus survey (British medical Journal)
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