05 septembre 2007
Iran : 21 pendaisons en une journée
Les bourreaux ne chôment pas en Iran : ils ont procédé, mercredi 5 septembre, à la pendaison de 21 personnes pour des faits liés au trafic de drogue, à la possession d'arme ou à des attaques à main armée.
Un responsable judiciaire de la région de Fars, où quatre personnes ont été exécutées, n'y va pas par quatre chemins : "Voici un exemple clair de la façon sérieuse dont le pouvoir judiciaire affronte les corrompus commettant des crimes et menaçant la sécurité du peuple".
Selon un décompte effectué par l'Agence France Presse, le nombre de pendaisons s'élève à 189 depuis le début de l'année, le plus souvent devant un public fidèle et nombreux. Il est vrai que la justice iranienne ne badine pas avec la mort : sont passibles de la peine capitale la trahison, l'espionnage, le meurtre, l'attaque à main armée, l'apostasie, le viol, la sodomie, l'adultère, etc...
28 mars 2007
510 milliards de dollars pour lutter contre le terrorisme
Depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont dépensé 510 milliards de dollars pour mener leur "guerre contre le terrorisme". Ce coût comprend les opérations militaires liées à l'invasion de l'Irak et à la campagne menée en Afghanistan. Il couvre également l'aide apportée à certains pays et les dépenses de reconstruction et de sécurisation du réseau diplomatique états-unien.
Selon un rapport publié par la Library of Congress et rédigé par le spécialiste des affaires militaires Amy Belasco, la campagne d'Irak absorbe 78 % de ces dépenses (378 milliards de dollars) et les opérations en Afghanistan engloutissent 19 % (99 milliards de dollars).
A lire :
14 mars 2007
L'inévitable retrait états-unien d'Irak
L'échec des Etats-Unis à stabiliser le chaos irakien a déjà donné lieu à de multiples publications, en particulier le rapport Baker-Hamilton qui préconisait un retrait progressif de l'Irak. C'est maintenant au Council on Foreign Relations d'abonder dans ce sens sur la base d'un rapport signé du chercheur Steven Simon. Cette étude dresse en effet le constat, non seulement de l'incapacité des Etats-Unis à réaliser ses objectifs, mais également que l'Irak est désormais plus divisé et plus violent que jamais.
Selon Steven Simon, la décision de George W. Bush d'accroître le nombre de soldats sur place ne permettra pas d'atténuer la dégradation de la situation. Au contraire, il exhorte les Etats-Unis à mettre en place une stratégie en quatre points :
- Désengagement militaire de l'Irak
- Parvenir à un accord négocié avec le gouvernement irakien
- Entamer un dialogue avec les pays riverains
- Lancer des initiatives diplomatiques à l'échelle régionale
A lire :
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06 janvier 2007
Quand Saddam Hussein émargeait à la CIA...
Saddam Hussein n'a pas toujours été un dictateur sanguinaire infréquentable. Au terme d'une enquête menée auprès d'anciens membres de la CIA et de diplomates états-uniens, l'agence de presse United Press International affirme que "Saddam était considéré par les services de renseignements U.S. comme un rempart anti-communiste, et qu'il a été utilisé pendant plus de quarante ans pour cela."
Il est de notoriété publique que les Etats-Unis (mais aussi la France) avaient pris le parti de Saddam Hussein dans la guerre qui a opposé l'Irak à l'Iran de 1980 à 1988. Il s'agissait alors de résister à l'expansion de la révolution islamiste iranienne. Il reste aujourd'hui une célèbre photographie de la poignée de main entre Saddam Hussein et Ronald Rumsfeld, le 20 décembre 1983 à Bagdad, alors que celui-ci remplissait une mission spéciale au nom de Ronald Reagan.
En réalité, les relations entre la CIA et Saddam Hussein remontent à 1959 lorsque les Etats-Unis cherchaient à renverser le général Kassem en raison du rapprochement de l'Irak et de l'Union soviétique. Saddam Hussein faisait partie du commando qui tenta d'assassiner le Général Kassem le 7 octobre 1959 et, blessé, dut prendre la fuite d'abord à Damas puis au Caire où il rendait régulièrement visite au chef de poste de poste de la CIA à l'ambassade des Etats-Unis en Egypte. C'est en Egypte que Saddam Hussein se hissa à la tête des services de renseignement du parti Baas. Il regagnera l'Irak en 1963 et s'emparera du pouvoir en 1968.
La CIA a refusé de commenter les informations de United Press International.
06 décembre 2006
The Iraq Study Group Report - Rapport Baker-Hamilton
"Il n'y a pas de solution miracle au problème irakien". Le rapport de la Commission Baker-Hamilton sur l'engagement militaire des Etats-Unis en Irak fait des "propositions très intéressantes" selon George Bush...
A lire : The Iraq Study Group Report (PDF - 1,72 Mo)
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27 novembre 2006
600 000 morts en Irak
Les violences liées à la guerre en Irak ont provoqué la mort d'environ 600 000 personnes depuis l'invasion du pays par les Etats-Unis au mois de mars 2003. Selon une étude réalisée par une équipe scientifique américano-irakienne, la mortalité affecte principalement les hommes jeunes victimes d'armes à feu. La mortalité masculine est beaucoup plus élevée que la mortalité féminine. 53 000 décès sont imputables à la dégradation des conditions sanitaires et à la difficulté d'accéder aux soins médicaux.
Signe de l'accroissement de la violence dans le pays, le taux de mortalité ne cesse d'augmenter depuis 2003 : entre mars 2003 et avril 2004, ce taux s'élevait à 7,5 morts pour 1 000 habitants ; entre mai 2004 et mai 2005, il était de 10,9 pour 1 000 habitants ; entre juin 2005 et juin 2006, il passait à 19,8 morts pour 1 000 habitants.
La répartition géographique de ces morts violentes fait apparaître deux zones particulièrement dangereuses : le centre et l'Ouest de l'Irak.
Les auteurs de cette enquête soulignent que "l'estimation la plus juste" du nombre de morts s'élève à 654 965 soit 2,5 % de la population irakienne.
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03 novembre 2006
L'échec d'Israël au Liban vu par les militaires
Le Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques (CIRPES) propose une analyse critique de l'opération israélienne au Liban du mois de juillet 2006. Sur la base de déclarations des militaires israéliens, de nombreuses défaillances expliquent l'échec de l'armée de l'état hébreu : inexpérience de la troïka gouvernementale (Premier ministre, défense, affaires étrangères), faiblesse de l'Etat-Major, nomination par Ariel Sharon d'officiers généraux dévoués à ses projets, dévoiement des forces terrestres dans des tâches de maintien de l'ordre dans les territoire palestiniens, surestimation de l'efficacité des armes sophistiquées aériennes (à l'instar des Etats-Unis en Irak), création par le Hezbollah d'une réelle doctrine militaire fondée sur la théorisation des évènements de Jenin en 2002...
Ces défaillances ont produit "des pertes importantes et des actions non cohérentes" sur le terrain :
- Le commandement "arrière" ignorait ce qui se passait à l'avant
- Certains des ordres étaient "suicidaires" et n'ont parfois pas été exécutés par la troupe et l'encadrement
- Les blindages techniques des forces blindées étaient insuffisants
- La doctrine d'emploi des forces terrestres était inadaptée
- La méconnaissance des systèmes de combat et de l'organisation de l'adversaire a prévalu lors de l'entrée sur le territoire libanais
- Les militaires israéliens méprisaient les combattants adverses alors que ceux-ci se sont révélé être de véritables soldats, entraînés et combatifs
- Les lacunes de la logistique ont entraîné des retards dans l'acheminement de l'eau et de l'alimentation
Selon l'analyse du CIRPES, l'inefficacité des bombardements israéliens sur le Liban met également en lumière les impasses de la technologisation de l'armée israélienne dans laquelle "cohabitent aujourd'hui, en résumé, des technologues et des religieux."
Au-delà de cette dimension strictement militaire, l'échec de cette opération ébranle également la cohésion sociale du pays. Selon un sondage récent, 51 % des personnes interrogées n'ont plus ou peu confiance dans leurs institutions et 41 % éprouvent la même défiance envers l'armée.
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01 octobre 2006
90 secondes pour comprendre l'Orient compliqué
5 000 ans d'histoire en 90 secondes... C'est l'improbable voyage que propose le site Maps of War avec une carte dynamique consacrée aux multiples conquêtes qui se sont succédées au Proche-Orient. Egyptiens, Turcs, Juifs, Romains, Arabes, Grecs, Perses, Européens... ont en commun d'avoir soumis tout ou partie de la région par le fil de l'épée.
Cette remarquable animation fait l'objet de constantes révisions au fur et à mesure des commentaires des internautes-historiens.
A voir ici.
31 août 2006
Mahmoud Ahmadinejad et le monde apocalyptique
The Royal Institute of International Affairs de Londres (plus connu sous le nom de Chatham House) vient de publier un rapport consacré à l'Iran et à son environnement géopolitique. Quelques pages dressent le portrait psychologique du président Mahmoud Ahmadinejad dont on a récemment appris qu'il avait ouvert un blog qui a d'ailleurs fait l'objet d'attaques informatiques. "Mahmoud Ahmadinejad est incontestablement le plus idéologique des présidents iraniens depuis la révolution de 1979 (...) La source de sa ferveur idéologique peut être trouvée dans son appartenance aux Pasdaran c'est-à-dire les Gardes de la Révolution (...) Ahmadinejad est un enfant de la révolution et de la guerre contre l'Irak qui se déroula entre 1980 et 1988 (...) A ses yeux, cette guerre ne constitue pas un évènement qu'il faut regretter, mais au contraire un moment de purification qui a permis de laver la corruption qui s'était développée durant les années précédentes. En ce sens, Ahmadinejad se considère comme un héritier de la rhétorique révolutionnaire de l'ayatollah Khomeiny.
L'argument de Khomeiny selon lequel la révolution avait été irriguée par le sang versé par les martyrs durant la guerre contre l'Irak ne relève pas seulement de la métaphore. De la même façon, Ahmadinejad a repris à son compte les principes philosophiques de Khomeiny qui affirmait que les Iraniens devaient créer un Etat utopiste. L'obsession du président Ahmadinejad relative au retour de l'Imam caché (1) ainsi que ses déclarations sur la proximité qu'il entretient avec lui ont provoqué des moqueries parmi les opposants iraniens. Il n'en reste pas moins qu'elle constitue le point central de sa vision d'un monde apocalyptique."
(1) Selon les chiites, Muhamad al-Mahdi est le douzième et dernier Imam. En 939, il disparut et s'eclipsa. Sa réapparition sur Terre annoncera le salut de l'espèce humaine et le règne de la justice dans le monde.]
Iran, its neighbours and the regional crises (PDF - 541 Ko)
09 février 2006
La mise à jour de l'armée israélienne
En raison de sa situation géographique et de sa nature, Israël consacre une part considérable de son budget à sa défense, et mobilise de nombreux soldats pour accomplir cette tâche. L'année 2006 devrait pourtant marquer un "changement fondamental" dans les effectifs de Tsahal si l'on en croit une étude publiée par le Jaffee Center for Strategic Studies de Tel Aviv, un centre de recherches consacré aux questions militaires.
L'auteur de l'article, Alex Fishman, souligne que "l'armée n'est pas préparée aux changements radicaux et doit maintenir un statu quo en 2006 avant de définir un nouveau projet à long terme pour les années 2007-2012." Cette rénovation devra être conduite dans un contexte de baisse du budget militaire au profit du ministère de l'Education.
Le chef d'Etat-Major de l'armée, Dan Halutz, planche également sur un plan de réduction des soldats servant dans des emplois administratifs jugés "superflus" et envisage surtout d'écourter de quatre mois le service militaire obligatoire pour les hommes. Cette hypothèse trouble cependant une partie de l'institution militaire inquiète à l'idée de devoir procéder à des coupes au sein des unités de combat. Le cas échéant, le nombre de soldats professionnels (sans les réservistes) ne serait plus que des deux-tiers des effectifs actuels.
Par ailleurs, l'armée israélienne est confrontée au délicat problème des suicides enregistrés dans ses rangs. Au cours des dix premiers mois de 2005, trente soldats ont mis fin à leurs jours. Ce nombre est supérieur à celui des morts résultant d'opérations militaires et d'accidents liés aux exercices d'entraînement. Selon le Jerusalem Post, "dans la plupart des cas, l'armée n'informe pas le public des suicides qui ont lieu dans ses rangs."