10 mai 2009
Guerre économique, un état des lieux
L'association Anteios organise, du 12 au 14 juin prochain à Grenoble, un colloque consacré aux nouveaux acteurs et aux nouveaux enjeux de la guerre économique. Les organisateurs visent large et proposent un programme qui fait la part belle à la guerre informationnelle dans ses multiples déclinaisons : les fonds souverains, le crime organisé, les ONG, la guerre économique vue du Japon, des Etats-Unis ou de l'Allemagne, la géopolitique du cinéma, la criminalité informatique, la contrefaçon... Un beau programme qui pourrait être résumé par l'intitulé d'un atelier consacré à "la conflictualité informationnelle".
A noter également, la présence d'un grand témoin au discours souvent dissident : Emmanuel Todd.
Source :
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18 octobre 2008
Le Japon, les signaux faibles et l'intelligence économique
Dans le domaine de l'intelligence économique, le Japon fait souvent figure de précurseur et de pays de référence. Dans un ouvrage collectif récemment publié par les éditions Hermès-Lavoisier (L'intelligence économique, Co-construction et émergence d'une discipline via un réseau humain), Pierre Fayard et Jean-Pierre Bernat consacrent un très intéressant article au Japon, considéré ici comme un "archipel de la connaissance communautaire".
Un rappel géographique tout d'abord, essentiel lorsqu'il s'agit du Japon ; l'environnement naturel et climatique de l'Empire du soleil Levant n'est pas des plus favorables : "La géographie et l'histoire du Japon jouent un rôle déterminant dans
cette civilisation. Les caractères physiques de ce pays insulaire,
montagneux et assis sur un volcan, tout comme sa relation particulière
au continent, la Chine principalement, se retrouvent en effet dans sa
culture (...) Le Japon est un pays singulier où celui qui cherche à tout comprendre de manière claire et distincte risque
de passer à côté de l'essentiel (...)
En empruntant à l'oenologie, on dirait que la culture japonaise est longue en bouche".
Les deux auteurs soulignent que la culture nipponne semble prédisposer à la détection des signaux faibles : "Au Japon, on dit que l'observation du mouvement des carpes dorées
dans les étangs permet de prévoir l'imminence d'un tremblement de
terre. L'attention aux signes, faiblement perceptibles, annonciateurs
de changements, participe du do des personnes soucieuses d'harmonie autant à l'intérieur de la société japonaise que dans ses relations avec l'extérieur."
Tout naturellement, les Japonais accordent une grande importance aux réseaux, à l'innovation et à l'intelligence collective : "L'échange de données, d'informations et d'opinions, la mobilisation et
la collaboration sur un projet pour affronter l'inconnu et la
nécessité, confluent dans le ba (la place) des organisations."
Source :
- L'intelligence économique - Co-construction et émergence d'une discipline via un réseau humain (Editions Hermès-Lavoisier)
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15 octobre 2008
Le conseil stratégique français en quête de masse critique
A l'image du secteur de l'intelligence économique, le domaine du conseil stratégique est marqué par une activité soutenue et donne naissance à de nombreux cabinets. Selon une note de TTU, "le marché de l'expertise stratégique se porte plutôt bien (...) La volatilité des menaces et le contexte international tendu (Géorgie, Iran, Corée du Nord, Vénézuela...) offrent aux principaux cabinets de conseil français, qui ont fleuri sur la place de Paris à partir du milieu des années 1990, des perspectives inespérées d'études, de consultances et d'organisation d'évènements pour la communauté de la défense et de l'armement".
TTU dresse une liste non exhaustive des cabinets parisiens en commençant par l'incontournable Geos dont la visibilité médiatique est certainement la plus forte. Au côté du plus puissant cabinet français apparaissent "des concurrents de plus en plus soucieux d'occuper certaines niches" : Axis (orienté intelligence économique), la Compagnie européenne d'intelligence stratégique, le Club Participation & Progrès, la société d'Experts Partenaires pour l'Entreprise à l'Etranger, Sécurité sans Frontières, Eurocrise...
Autant de cabinets qui, faute d'atteindre une masse critique, doivent miser sur l'innovation pour rivaliser avec les mastodontes anglo-saxons tels Kroll ou DynCorp. Autre écueil pour les cabinets français : la défiance portée par une bonne partie du personnel politique et médiatique aux secteurs de l'intelligence économique et aux enjeux de la guerre informationnelle.
Source :
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24 octobre 2007
L'ENA fait le pari de l'intelligence économique
L'Ecole nationale d'administration semble en passe de prendre la mesure des menaces informationnelles induites par l'économie contemporaine. Elle propose pas moins de trois formations liées, peu ou prou, à l'intelligence économique : la première porte sur le rôle de l'Etat dans l'intelligence économique, la deuxième concerne le lobbying européen dont "le programme s'attache à approfondir les connaissances relatives aux stratégies d'influence"...
La troisième, enfin, est consacrée à la communication de crise et vise à "acquérir les réflexes de base en situation de crise" et à "mettre en place une stratégie de communication adaptée".
A lire :
15 octobre 2007
Risques pays, risques politiques et mesure de la gouvernance
Les analystes financiers sont de gros consommateurs de littérature consacrée aux "risques pays". Leurs observations inciteront ou, au contraire, dissuaderont les investisseurs à s'engager dans un pays ou dans une région. La Direction des études économiques du Crédit Agricole consacre son mensuel Eclairages (octobre 2007) aux risques politiques et aux risques pays, et propose des "pistes" pour les mesurer.
Mais qu'entend-on par "risque pays" ? L'étude précise : "le risque pays rend compte du risque supplémentaire pris lorsqu'une opération commerciale, financière ou d'investissement, est réalisée au-delà des frontières nationales. Il s'agit alors de déterminer le risque afférent aux différents pays d'opération. Dans ce cadre, le risque politique est une partie du risque pays : c'est la possibilité qu'un évènement politique vienne remettre en cause le projet."
Plusieurs éléments permettent de mesurer le risque politique : institutions, tensions sociales, fiscalité... sans oublier l'incontournable notion de "gouvernance". Les auteurs de l'étude retiennent la méthode "KKZ" que l'on doit à trois économistes (Kauffmann, Kraay et Zoido-Labaton) et qui permet, grâce à six indicateurs, de "mesurer la gouvernance" :
- Participation, représentation et responsabilisation des citoyens
- Stabilité politique et absence de violence
- Efficacité gouvernementale
- Qualité de la réglementation
- Etat de droit
- Contrôle de la corruption
En contrepoint, les auteurs de l'étude évoquent les "limites des indicateurs KKZ" et s'interrogent, en particulier, sur la pertinence des sources utilisées pour motiver ces critères.
A lire :
- Risque politique et risque pays : pistes pour une mesure (PDF - 505 Ko)
05 juin 2007
L'intelligence économique, l'arme secrète des patrons
La revue pour l'intelligence du monde (janvier/février 2007) consacre un dossier à l'intelligence et s'interroge : l'IE en passe de devenir " l'arme secrète des patrons"...
Au sommaire : un entretien avec Maurice Botbol, directeur de publication de l'incontournable Intelligence Online, et un article co-écrit par Christian Harbulot et Didier Lucas (Ecole de guerre économique).
A lire :
- Maurice Botbol : des informations vitales pour l'entreprise (extraits - PDF)
- Christian Harbulot et Didier Lucas : une nouvelle école de guerre (extraits - PDF)
Sur le même thème :
- La DST face aux défis de la mondialisation
- Quand les professionnels parlent de l'intelligence économique...
27 avril 2007
Quand Wal-Mart recrute des officiers de renseignement...
Le groupe états-unien spécialisé dans la grande distribution Wal-Mart
voit les choses en grand : des ventes qui se sont élevées à 351,1
milliards de dollars en 2006, des bénéfices de 11,2 milliards... et 1,9
million de salariés dans près de dix pays. Il s'agit probablement de la
plus grande entreprise du monde. Mais Wal-Mart est également confronté
à une dégradation de son image en raison de ses pratiques salariales et
de son hostilité aux syndicats.
Au-delà de la surveillance de sa réputation, Wal-Mart doit également affronter des menaces émanant de "groupes ou individus suspects". Les dirigeants du premier groupe mondial de distribution ont donc décidé de lancer une campagne de recrutement
d'officiers de renseignement en direction d'agents ayant servi dans les
agences civiles et militaires des Etats-Unis. Des offres d'emploi ont
été déposées sur le propre site de l'entreprise (Careers at Wal-Mart) ainsi que dans le bulletin de l'Association for Intelligence Officers (AFIO).
Les profils recherchés par Wal-Mart semblent concerner des postes d'analystes "familiers des techniques d'extraction de données et des sources d'information". La maîtrise de langues étrangères, en particulier le chinois et l'espagnol, est également appréciée...
18 janvier 2007
La DST face aux défis de la mondialisation
A l'initiative de l'Association des Anciens de l'Ecole de guerre économique (AEGE), Gilles Gray, contrôleur général à la Direction de la surveillance du territoire (DST), était invité le 17 janvier dernier à plancher sur un thème prometteur : la DST face aux nouveaux défis de la mondialisation.
Les interventions publiques de responsables de services de renseignement sont rares (devoir de réserve et impératifs de sécurité obligent) et débouchent parfois sur une langue de bois inévitable. Autant le dire tout de suite, la conférence de Gilles Gray, par la clarté du propos et la pertinence de l'analyse, valait le déplacement. Après avoir rappelé les missions de la DST (actions de contre-espionnage et de contre-ingérence), Gilles Gray s'est attaché à décrire quelques tendances du monde contemporain : émergence de la Chine et de l'Inde dans le nouvel ordre mondial, hyperpuissance des Etats-Unis d'Amérique, rôle de l'intelligence économique pour l'économie et l'influence françaises :
- Chine : les Chinois misent sur leur industrie manufacturière et investissent le marché mondial
- Inde : les Indiens se spécialisent dans les services et visent leur propre marché
- Etats-Unis : les responsables états-uniens désirent réguler le monde économique et commercial et y parviennent grâce à la suprématie de la langue anglaise et à un environnement psychologique (le protestantisme) qui valorise la réussite par l'argent, la prévalence capitalistique et la moralisation de la vie publique.
Gilles Gray a également évoqué quatre "domaines de souveraineté" dans lesquels les Etats-Unis exercent une supériorité incontestable : l'énergie, l'aéronautique et l'espace, la défense, et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Il est vital pour les Etats-Unis de faire la course en tête dans ces quatre secteurs mais, à part les TIC, ils sont toujours confrontés pour les trois autres domaines à la présence de concurrents étrangers... "les Frenchies" ! Le contrôleur général de la DST a rappelé les liens anciens et profonds qui unissent la France et les Etats-Unis ("nous sommes alliés") mais a déploré l'effacement progressif de la France dans la bataille des normes et des brevets.
Gilles Gray a enfin souligné les efforts déployés par la DST qui mène des campagnes de sensibilisation à l'intelligence économique et à la protection des systèmes d'information, en particulier auprès des PME. Ces campagnes de sensibilisation se déroulent dans le cadre de l'intelligence économique territoriale et auraient touché environ environ 40 000 personnes. Cette sensibilisation vise également à attirer l'attention sur le rachat d'entreprises françaises performantes par le biais de fonds d'investissement : "une méthode bien plus efficace que l'espionnage" selon Gilles Gray...
A l'occasion de 10ème anniversaire de la création de l'Ecole de guerre économique, l'AEGE organisera plusieurs évènements tout au long de 2007.
19 octobre 2006
Quand les professionnels parlent de l'intelligence économique...
Les Rencontres ICC 2006 qui se déroulent jusqu'au 20 octobre 2006 offrent le double avantage de rassembler des éditeurs majeurs des outils de veille et d'inviter des professionnels de l'intelligence économique à rendre compte de leur métier. Lors d'une assemblée plénière consacrée aux nouvelles frontières de l'intelligence économique, Paul-André Tavoillot, journaliste à Intelligence Online, a présenté les trois tendances consignées dans le Top 100 de l'intelligence économique :
- l'intelligence économique est de plus en plus présente dans les entreprises (forte croissance de son chiffre d'affaire)
- les cellules d'IE intègrent la direction stratégique
- le lobbying et l'influence deviennent opérationnels
Bruno Delamotte, directeur général du cabinet Atlantic Intelligence, a rappelé le coeur de métier de son entreprise : maîtrise des environnements instables, gestion de crise, validation de partenaire... Les effectifs d'Atlantic Intelligence s'élèvent à environ 70 consultants dont la grande majorité se trouve à l'étranger : Afghanistan, Colombie, Nigéria, Argentine... La demande majeure des entreprises faisant appel à Atlantic Intelligence concerne les domaines de la pré-implantation dans des pays "à risque" et de la pré-négociation avec des partenaires financiers inconnus. Bruno Delamotte a tenu à souligner que l'activité de son cabinet se faisait en collaboration avec les pouvoirs publics français.
Jean-Michel Lavoizard, directeur du Bureau de Bruxelles de Diligence LLC, a évoqué le recrutement au sein de ce cabinet états-unien : preuve de vitalité du secteur de l'IE, les effectifs sont passés de 25 à plus de 100 en seulement dix-huit mois ! Une quinzaine de nationalité travaille dans les différents bureaux de Diligence LLC et pratique une quarantaine de langues... Le recrutement de consultants se fait auprès d'institutions nationales ou internationales, mais aussi auprès de services de renseignements. Jean-Michel Lavoizard, le seul Français à ce jour à travailler au sein de Diligence LLC, occupait naguère de hautes fonctions au sein du Commandement des opérations spéciales...
17 octobre 2006
Le patriotisme économique en débat
L'Université de tous les savoirs (UTLS) organise une conférence consacrée au patriotisme économique vendredi 20 octobre 2007 à la Faculté de médecine, 45 rue des Saint-Pères - 75007 Paris à 18h30.
Proposée sous forme de débat, cette conférence opposera Nicolas Baverez (avocat, économiste et contempteur de La France qui tombe) à Jean Pisani-Ferry (directeur du centre de réflexion Bruegel et professeur associé à l'université Paris-Dauphine).
Il est possible d'écouter cette confrontation en direct ou en différé via le relais du quotidien Le Monde.
A écouter :