Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

14 janvier 2007

Aux atlantistes, les Etats-Unis reconnaissants

jjssLa mort de Jean-Jacques Servan-Schreiber le 7 novembre dernier a provoqué une abondante série d'hommages aussi bien en France qu'à l'étranger. Aux Etats-Unis en particulier ou JJSS avait puisé quelques unes de ses sources d'inspiration. Il y suivit une formation de pilote de chasse et en revint avec une très forte sensibilité atlantiste qui ne l'empêcha cependant pas de nouer des liens politiques avec des hommes politiques de centre-gauche (Gaston Deferre, Robert Badinter, Pierre Mendès-France...).
Dans un article publié par le Wall Street Journal, Leah Pisar, qui travailla à la Maison Blanche durant les mandats de Bill Clinton, rend un hommage appuyé à JJSS : "Jean-Jacques Servan-Schreiber représentait ce que l'Amérique aime et admire dans la France (...) La France a perdu un géant controversé, les Etats-Unis ont perdu un grand ami et moi un parrain adoré."
Le père de Leah Pisar n'est autre que le célèbre avocat Samuel Pisar qui, dans un article publié par Le Figaro, pleure la disparition d'un "homme trop pressé" : " Une génération franco-américaine a été marquée par ses idées. Jean-Jacques aimait l'Amérique, comme moi j'aime la France. Je voudrais témoigner aussi de la figure de dimension internationale, à travers laquelle la France rayonnait sur tous les continents (...) Le Congrès des États-Unis, où j'avais été conseiller pendant l'Administration Kennedy, l'a invité à Washington pour témoigner devant la commission des affaires étrangères du Sénat présidée par William Fulbright, et puis devant la commission sur la technologie de la Chambre des représentants présidée par le jeune Al Gore. Ses prestations étaient époustouflantes."
Invité de la célèbre émission dominicale de CBS Face the Nation, Jean-Jacques Servan-Schreiber eut le droit au compliment du présentateur : " Quel dommage que vous ne soyez pas américain. Vous seriez chez nous un excellent candidat à la présidence."

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21 décembre 2006

Les Français sont schizophrènes, paranoïaques et hypocondriaques...

fraDepuis 1985, le sociologue Gérard Mermet ausculte la France et prend le pouls de ses habitants. Dans l'édition Francoscopie 2007, il livre le fruit de ses observations : la France souffre de trois maux simultanés : la schizophrénie car elle est parfaitement consciente des bouleversements provoqués par la mondialisation mais refuse de voir la réalité ; la paranoïa car les Français sont convaincus qu'ils sont trahis par leurs propres élites et qu'ils font l'objet d'une "conspiration mondiale" ; l'hypocondrie car le pays est en réalité plus prospère, mieux éduqué et en meilleure santé qu'il ne l'a jamais été. Selon Gérard Mermet, l'économie française est également plus productive que par le passé.
Le sociologue n'est pas tendre pour la classe politique française : "Les hommes politiques doivent faire preuve de courage et montrer que leur carrière personnelle est moins importante que l'avenir de la France. Malheureusement, ils donnent l'impression contraire. Il y a un vrai risque d'explosion : nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire."

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15 décembre 2006

La mort de Diana et son cortège de rumeurs

dianaLa mort accidentelle de la princesse Diana au mois d'août 1997 à Paris a donné lieu à une copieuse série de rumeurs : la princesse aurait été assassinée par les services de renseignement français et britannique... elle était enceinte... des doses de cocaïne auraient été retrouvées dans le véhicule... Selon un sondage publié par la BBC, de nombreux Britanniques (31 %) ne croient pas à la thèse de l'accident.

La récente publication du rapport Stevens sur la mort de Diana évoque les rumeurs entretenues par Mohamed al Fayed, le père de l'amant de Diana. Celui-ci, persuadé qu'un complot a été ourdi pour mettre un terme à la relation entre Diana et son fils, continue de répandre ses certitudes : le chauffeur Henri Paul entretenait des relations avec la DST, la DGSE et le MI 6, le service de renseignement anglais. La nuit de l'accident (le 30 août 1997), il aurait rencontré des agents de renseignement qui lui auraient remis l'équivalent de 2 000 £ en francs français... qui auraient été retrouvés sur son cadavre !

Ce rapport de 800 pages balaie, un par un, les arguments de Mohamed al Fayed qui, furieux, s'en prend au caractère "invraisemblable et totalement monstrueux" du rapport Stevens... Lord Stevens a été, selon M. al Fayed, contraint de dire "exactement ce que le renseignement britannique voulait l'entendre dire".

A lire :

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23 novembre 2006

Histoire secrète de la Vème République

histoire_secrete_cinquieme_Les Editions La Découverte viennent de publier un ouvrage consacré à l'Histoire secrète de la Vème République. Autant le dire tout de suite, cette somme (752 pages) fait partie des livres qu'il conviendra de garder à portée de la main. L'information y est puisée aux meilleures sources, les biographies (Général Philippe Rondot, Robert Hersant, François Mitterrand...) abondent d'éléments inédits, les "coups tordus" (affaire Markovic, diamants de Bokassa, affaire Clearstream...) font l'objet d'une contextualisation et d'une mise en perspective pertinentes...
Sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel,  cinq journalistes jettent la lumière sur les coulisses de la vie politique française. Ce théâtre d'ombres met en scène les diplomaties secrètes,  les réseaux occultes, les manipulations, les groupes de pression, le fonctionnement des services secrets (RG, DST, SDECE et DGSE), les stratégies d'influence...
Ainsi que le soulignent les auteurs, ce livre révèle "à quel point la Vème République s'est construite sur le secret. La Vème République a accordé des pouvoirs sans limites à des hommes de l'ombre, éminences grises et hauts fonctionnaires qui ont construit de puissants réseaux d'influence et mené des politiques dont les citoyens français ne surent jamais rien."

La réputation de ce livre a déjà parcouru des milliers de kilomètres puisque le New Zealand Herald (affaire Greenpeace oblige) consacre un article aux "espions et aux secrets de la politique française"...

A lire :

  • Histoire secrète de la Vème République, sous la direction de Roger Faligot et Jean Guisnel, Editions La Découverte, 752 pages, 25 €
  • Introduction de l'ouvrage (PDF - 137 Ko)

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15 novembre 2006

L'influence de la France via Internet

fraLa France possède le deuxième réseau diplomatique et consulaire dans le monde et dispose ainsi d'un vecteur d'influence considérable. De nombreuses ambassades proposent désormais un site Internet pouvant être considéré comme un relais de croissance pour la présence française dans le monde. Un rapport d'audit réalisé par la commission des finances du Sénat montre cependant que "les sites actuels des ambassades sont trop tournés vers l'internaute français : seuls 56% des sites étudiés disposent d'une version traduite dans la langue locale".
Selon les auteurs de ce rapport, il conviendrait de développer de nouvelles formes de présence à l'étranger : les postes de présence virtuels. Ceux-ci présentent la particularité de ne pas être liés à l'implantation physique d'un consulat, et permettraient "d'élargir la gamme des outils de présence de la France à l'étranger".
Un groupe de travail dirigé par le sénateur Adrien Gouteyron préconise plusieurs pistes de réflexion :

  • Mise en valeur de l'information économique à la une de chaque site d'ambassade
  • Utilisation optimisée d'Internet dans la communication de crise
  • Publier certains télégrammes diplomatiques non confidentiels
  • Accentuer l'effort de traduction du contenu éditorial
  • Créer des listes de diffusion
  • Généraliser les services électroniques

A lire :


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05 novembre 2006

La voix de la France indiscutablement s'affaiblit...

franceA six mois de l'élection présidentielle, Paris-Match prend le pouls de la France et donne la parole à des personnalités étrangères (notoirement francophiles) et françaises : la France est-elle encore une grande puissance ? A cette question, le couturier Karl Lagerfeld ("un Européen parfait : il est Allemand, il rêve en anglais, et il incarne l'élégance parisienne") répond sans prendre de gants : "Certes, la France n'est pas connue dans le monde pour ses roulements à bille, ses machines-outils ou ses moissonneuses-batteuses mais pour ses parfums, ses champagnes et sa maroquinerie. Cela génère des chiffres d'affaires énormes (...) Bernard Arnault, avec L.v.m.h, a eu des coups de génie. Pour moi, il entre dans la catégorie des Bill Gates. Il conviendrait d'en être fier. Loin de là. J'ai l'impression que ce pays boude son plaisir. Le rapport des Français au luxe et à l'argent  est extraordinairement hypocrite. Et la gauche caviar n'est pas pour rien dans ce travers. Le jeu de la mauvais conscience, surtout des élites, est devenu  un fléau national."
Thierry de Montbrial, directeur de l'Institut français des relations internationales, ne dément pas les propos du couturier : "Nos élites politiques, syndicales, administratives et universitaires, malgré des exceptions, restent hexagonales (...) Le français, qui fut la grande langue diplomatique du XVIIIème siècle et encore au XIXème siècle, a perdu son statut. Au sein de Bilderberg (très sélect club international), les hommes publics français sont trop peu nombreux hélas... Même chose à la Commission trilatérale, l'anglais y a conquis le monopole depuis bien des années (...) La voix de la France indiscutablement s'affaiblit (...) La presse internationale parle peu et souvent mal de la France (...) Mes contacts suivis avec les dirigeants des puissances majeures occidentales ou non (Chine, Russie, Iran, Arabie Saoudite...) m'ont appris que ce sont tous des réalistes qui pèsent les rapports de force au gramme près. Nous, Français, sommes des idéologues  et des idéalistes."

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02 novembre 2006

Tirer les enseignements des violences urbaines

violence_urbaineLes violences urbaines de l'automne 2005 n'en finissent pas de s'inviter dans les colonnes de la presse aussi bien française qu'étrangère. Leur origine, leur déroulement, leur signification et leur traitement méritent d'être analysés à froid et sans complaisance. Le Centre d'analyse stratégique, organisme public qui a pour "mission d'éclairer le Gouvernement dans la définition et la mise en oeuvre de ses orientations stratégiques", a tiré les enseignements d'une comparaison internationale des émeutes qui ont embrasé la France en 2005.
Dans une note de veille datée du 23 octobre 2006, il dresse une typologie des quatre types de violences collectives en milieu urbain :

  • Les conflits entre gangs
  • Les phénomènes de débordement
  • Les affrontements ethniques
  • Les conflits dirigés contre les autorités publiques

Ces quatre types de conflits ne sont pas exclusifs les uns des autres et peuvent se combiner.
Selon les auteurs de cette note, "les violences urbaines de l'automne dernier relèvent de la catégorie des conflits dirigés contre les autorités publiques." Si elles ne constituent pas une exception française (des émeutes similaires ont éclaté en Grande-Bretagne (1981), aux Etats-Unis (1992), en Australie (2004), aux Pays-Bas (2006), elles présentent cependant deux particularités qui les rendent "exceptionnelles" : "l'ampleur de leur diffusion sur le territoire national et leur durée."
Les analystes du Centre d'analyse stratégique estiment par ailleurs que "les dégâts matériels, comme le nombre de blessés et de morts, apparaissent limités en comparaison des émeutes beaucoup plus courtes dans les autres pays."
La France a géré de façon très classique ces émeutes : traitement policier à chaud puis judiciaire. "Dans les pays anglo-saxons, ce traitement se double de l'établissement de commissions publiques chargés d'enquêter sur les origines des émeutes et de formuler des recommandations."

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26 septembre 2006

Quelle place pour la France dans le monde ?

irisA l'heure où les Français se demandent ce qu'ils sont, ce qu'ils représentent et quel est leur avenir, la Revue internationale et stratégique, publiée par l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), consacre sa dernière livraison à la place de la France dans le monde.
L'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine propose un éclairage sur les défis de la diplomatie française. De nombreuses contributions passent en revue la puissance militaire et stratégique de la France, les illusions et réalités du patriotisme économique, les enjeux de l'innovation technologique, les ombres et lumières de l'image de notre pays dans le monde ainsi que sa capacité d'influence comme axe structurant.

Revue internationale et stratégique n°63 - Automne 2006  18 €

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04 avril 2006

Régis Debray réactionnaire, disent-ils...

debrayComment peut-on encore être progressiste ? Invité de l'émission Répliques diffusée sur France Culture et animée par Alain Finkielkraut, Régis Debray était confronté à une question qui vaut sanction  :  Régis Debray est-il réactionnaire ?  A l'occasion de la  publication chez Gallimard d'une  Supplique aux nouveaux progressistes du XXIème siècle, l'écrivain ne craint pas l'opprobre : "être réactionnaire pour un philosophe n'est pas injurieux" et se déclare "paléo-progressiste qui ne croit plus du tout au progrès".
Cet intellectuel qui fut l'un des très rares à conformer ses actes à sa pensée en s'engageant dans le combat politique puis la guérilla auprès de Fidel Castro à Cuba puis d'Ernesto Che Guevara en Bolivie paya d'un prix élevé ses "conneries" : condamné à trente ans de prison par la justice militaire bolivienne, il croupira trois ans dans une geôle de Camiri avant d'être libéré... et de rejoindre le président Salvador Allende au Chili.
Rentré en France en 1971, Régis Debray renoua avec la France et découvrit une patrie... Une appartenance étrangère à ses premières opinions politiques malgré les Patria o muerte !!! scandés par ses camarades de lutte latino-américains...
Depuis lors, ses prises de position sur l'école, la guerre du Kosovo, le théâtre contemporain ou la presse parisienne lui ont valu quelques solides inimitiés de la part des "intellectuels organiques".
Proche de Jean-Piere Chevènement, il déclare "je cherche une gauche tragique contre une gauche divine qui ne soit pas brouillée avec la réalité et qui opte pour le moindre mal plutôt que le bien absolu". A propos de transmission culturelle, objet d'étude de la médiologie, il ajoute, en ces temps de jeunisme : "aucune génération ne peut prétendre constituer à elle-seule toute l'humanité"...

L'émission Répliques du 1er avril peut être écoutée ici.

A propos de Régis Debray :



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22 mars 2006

L'expatriation française comme relais d'influence (suite)

t_fran_ais_de_l__trangerEn écho au billet du 6 mars dernier consacré à l'expatriation française comme relais d'influence, le site du Sénat des Français de l'Etranger vient de mettre en ligne les vidéos des différentes tables rondes qui se sont déroulé lors de la 1ère Journée des Français de l'Etranger.

L'émission Les Français dans le monde diffusée sur RFI a par ailleurs consacré deux émissions à cette journée
qui a reçu plusieurs milliers de spectateurs.

Ces deux émissions peuvent être écoutées et podcastées.

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