Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

12 novembre 2007

Un Président américain dans un "avion français" ?

a380Alors que le prince saoudien Al-Walid bin Talal vient de se porter acquéreur de l'Airbus A380 pour son usage personnel, les Etats-Unis s'interrogent : le prochain avion présidentiel, Air Force One, sera-t-il un A380 construit par des... Français ?! Selon le site Flight Global, les responsables de l'US Air Force envisageraient de procéder au remplacement de l'actuel Boeing 747 200 BC par le dernier né d'Airbus.
EADS, la maison-mère d'Airbus, a déjà pris langue avec l'USAF's Air Mobility Command (AMC) qui pilote, si l'on ose dire, le programme de remplacement. Une présentation du A380 devrait avoir lieu devant l'AMC au mois de décembre.
La flotte actuelle de la Maison Blanche comporte deux Boeing 747, immatriculés 28000 et 29000, qui ont été livrés au début des années 1990. Ils sont capables d'effectuer un demi-tour de monde sans ravitaillement et peuvent accueillir plus de 70 personnes. A bord, des équipements de communication cryptée et des outils de traitement de texte permettent au Président de rester en contact permanent avec le sol.

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10 juillet 2007

George Bush et sa clique qui fait la claque

presidential_advance_manualLes apparitions du président George W. Bush donnent souvent lieu à des manifestations d'hostilité. En termes d'image, ces rassemblements sont peu flatteurs et renvoient à un sentiment relativement répandu aux Etats-Unis : "Why do they hate us ?"
Aussi l'entourage du président a-t-il élaboré un document destiné à contrer, autant que possible, l'impact des manifestations et à en atténuer les effets. Ce manuel (Presidential Advance Manual), publié en octobre 2002 et estampillé sensible ("sensitive"), prodigue des conseils à respecter lors de l'organisation d'évènements présidentiels : "En premier lieu, comme il est d'usage, collaborer avec les membres du Secret Service et leur demander de désigner un lieu susceptible d'accueillir les manifestants, de préférence hors de vue de l'évènement".
Des escouades
de la Maison Blanche ("rally squads")  sont invitées à "utiliser leurs pancartes et leurs banderoles comme boucliers entre les manifestants et les journalistes. Si les manifestants vocifèrent, les escouades doivent entamer des chants de soutien "USA ! USA ! USA !" afin de noyer les slogans des manifestations."

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13 juin 2007

Le mystère de la montre volée de George Bush...

montre_g_bush_Que s'est-il passé en Albanie le 10 juin dernier ? Lors d'un bain de foule improvisé à Tirana, le président George Bush s'est-il fait chaparder sa montre par un voleur dissimulé parmi la foule qui l'acclamait ? C'est en tout cas ce qu'affirment certains médias et ce que montre une vidéo dans laquelle le poignet gauche présidentiel apparaît délesté de sa montre après quelques solides poignées de main échangées avec une foule chaleureuse.
L'information a été démentie par l'ambassade états-unienne à Tirana ainsi que par la police albanaise. La Maison Blanche a également réfuté le moindre larcin. Selon certaines sources, ce serait le président qui aurait lui-même retiré sa tocante en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire...

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02 janvier 2007

Vers une militarisation de la diplomatie ?

embassyLes diplomates nord-américains seront-ils bientôt remplacés par des militaires ? Le New York Times rapporte que "l'expansion de la présence du Pentagone au sein des ambassades américaines crée des frictions et empiète sur les missions diplomatiques, ce qui pourrait saper les efforts déployés pour combattre le radicalisme islamiste."
Selon le colonel Andrew J. Bacevich, qui est également professeur de relations internationales à l'université de Boston, la politique étrangère des Etats-Unis devient "progressivement militarisée", et le Secrétaire d'Etat pourrait perdre ses prérogatives dans la conduite de cette politique.
Le quotidien new-yorkais précise que "depuis les attentats de 11 septembre 2001, le Pentagone a procédé à l'augmentation de ses campagnes d'information afin de remplir le vide laissé par l'épuisement du budget alloué à la diplomatie publique par le Département d'Etat à la fin de la guerre froide."
Des petites équipes de trois à quatre militaires conduiraient des opérations d'influence auprès des populations locales dans 18 pays. Le Pentagone étudierait la possibilité d'élargir à 30 pays ces opérations de diplomatie publique
.

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14 novembre 2006

Une cartographie de la violence militaire

map_warParmi les présidents des Etats-Unis, quels sont ceux qui ont provoqué le plus de morts de soldats ? Le remarquable site Maps of War propose une très belle animation de 90 secondes consacrée aux expéditions militaires nord-américaines : 231 années de l'histoire des Etats-Unis à travers ses guerres intérieures et extérieures (guerre révolutionnaire, conflits contre le Mexique, affrontement contre l'Espagne à Cuba, première et deuxième guerres mondiales, déploiement de troupes au Liban, invasion de Panama, bombardements en Afghanistan et en Irak...)

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24 septembre 2006

Rivalité ou complémentarité franco-américaine au Maghreb ?

us_algLa revue MERIA (Middle East Review of International Affairs) publie dans le premier numéro de son édition française un article consacré à la politique étrangère des Etats-Unis au Maghreb et ses conséquences pour la France. L'auteur, Yahia H. Zoubir, professeur de relations internationales, rappelle que le Maghreb n'a jamais été une région vitale pour Washington... jusque récemment. Les incertitudes liées aux approvisionnements pétroliers et les attentats du 11 septembre 2001 ont changé la donne.
Les échanges économiques et la coopération anti-terroriste entre les Etats-Unis et l'Algérie se sont développé de façon significative depuis cinq ans : signature d'un accord-cadre sur le commerce et l'investissement, visite du directeur du FBI en 2001... Les Etats-Unis sont devenus le premier client de l'Algérie et son troisième fournisseur au premier trimestre 2005.
Le Maroc constitue le pilier de la présence états-unienne dans la région en raison de sa stabilité politique et des réformes économiqies d'inspiration libérale engagées par le gouvernement marocain. La Tunisie, quant à elle, effectue chaque année des manoeuvres militaires conjointes avec les Etats-Unis et bénéficie du soutien du Département de la Défense.
Yahia H. Zoubir souligne cependant que si les relations sont cordiales au sommet de l'Etat, il en va autrement au sein des opinions publiques "dont l'anti-américanisme ne fait aucun doute." La diplomatie de Washington y est fortement rejetée en raison d'au moins trois facteurs : soutien quasi inconditionnel des Etats-Unis à Israël, guerre en Irak, projet de "Grand Moyen-Orient" perçu comme un "assujettissement des peuples arabes et musulmans à l'hégémonie américaine et israélienne."
Il n'en reste pas moins que l'Algérie, le Maroc et la Tunisie "peuvent désormais tenter d'utiliser les Etats-Unis comme contre-poids dans leurs relations avec l'Union européenne et la France en particulier. Toutefois (...) la France et l'Allemagne ont tout de même gagné des points au Maghreb -du moins au niveau de l'opinion publique- grâce à leur opposition à la guerre en Irak."

A lire :

La politique étrangère américaine au Maghreb : constances et adaptations

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12 septembre 2006

Scènes rares du 11 septembre 2001

nyc_11_9Le magazine Vanity Fair propose une série de clichés "rares" des attentats du 11 septembre 2001 : une mère nourrissant son enfant à quelques encablures des tours du World Trade Center en feu... une jeune femme enceinte au regard paisible posant devant le photographe dans l'une des avenues menant aux tours jumelles... un groupe d'amis devisant tranquillement alors que le feu ravage le Sud de Manhattan... les attentats vus de l'intérieur d'un appartement new-yorkais...

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29 août 2006

Le bunker (presque) secret de George W. Bush

sealLe quotidien britannique The Guardian publie dans son édition du 28 août 2006 une enquête consacrée au "bunker secret de Bush" à savoir l'installation souterraine hautement sécurisée réservée au président des Etats-Unis en cas de grave menace pesant sur la Maison Blanche. Situé à une heure de route de Washington, Mount Weather "n'est pas difficile à trouver" selon le journaliste qui rappelle qu'il constitue une relique de la Guerre froide. Ce site dispose de sa propre police, d'une unité de pompier privée et obéit à une législation d'exception.
Les riverains de Mount Weather se souviennent que le 11 septembre 2001, ils assistèrent à un branle-bas de combat annonciateur de mauvaises nouvelles : "Non seulement les gardes étaient armés mais leurs armes étaient en position de tir." Une femme se souvient d'une scène qu'elle "n'aurait jamais cru si elle ne l'avait pas vue de ses propres yeux. La montagne s'est ouverte, le Air Force One [l'avion présidentiel] s'y est engoufré et la montagne s'est refermée."
Cette photographie satellite permet de visualiser les installations de Mount Weather.

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05 février 2006

Identifier la désinformation...

state_departmentSelon le dictionnaire Le Robert, la désinformation désigne "l'utilisation des techniques de l'information, notamment de l'information de masse, pour induire en erreur, cacher ou travestir les faits." Un célèbre lexique de géopolitique publié par les éditions Dalloz complète la définition : "Elle consiste à présenter des faits, des nouvelles, des analyses, des appels, par l'intermédiaire des différents mass média, visant à effectuer une pression sur l'émotivité, l'esprit, et, en dernière analyse, sur les comportements d'une population, au bénéfice du groupe qui les diffuse, en temps de paix comme en temps de guerre (...) Elle consiste à mener des actions insidieuses sur les esprits, tendant à accréditer certaines opinions, à démoraliser, à dérouter l'adversaire et à répandre de faux renseignements pour le tromper." La propagande, la rumeur, le mensonge mais aussi l'information participent, à des degrés divers, de la désinformation.
Confrontés à une sérieuse dégradation de leur image dans une bonne partie du monde, les Etats-Unis s'emploient à l'améliorer en lançant, dans le monde musulman en particulier, des journaux, revues, radios, sites internet et chaînes de télévision afin de présenter sous un jour favorable leur nation, leurs valeurs et leur politique. Il n'en font pas moins l'objet de vives attaques parfois basées sur des légendes. Aussi, le Département d'Etat (l'équivalent de ministère des Affaires étrangères) vient-il de lancer un programme destiné à reconnaître la désinformation (Identifying misinformation).
Hébergé sur le site d'information du Département d'Etat, ce programme passe en revue les "théories de la conspiration" parmi lesquelles figurent la "théorie française" (celle de Thierry Meyssan...) selon laquelle aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone, les allégations selon lesquelles les Etats-Unis ont provoqué le tsunami du 26 décembre 2004 à la suite d'essais nucléaires réalisés dans la région, la rumeur selon laquelle Al Quaïda serait une création états-unienne...
Une rubrique est consacrée aux cas de désinformation les plus récents : un "nouveau Coran américain" serait imposé aux musulmans, l'installation de nouvelles bases militaires états-uniennes au Paraguay...
Le cas des "légendes urbaines" est également abordé à travers "l'accusation épouvantable et totalement fausse selon laquelle des Américains, mais aussi des Européens, des Canadiens et des Israéliens, adopteraient des enfants kidnappés en Amérique latine et ailleurs, les tueraient ou les mutileraient afin d'utiliser leurs organes pour procéder à des greffes."
Reconnaître la désinformation n'est pas seulement un programme à but défensif. Il vise également à désigner la "désinformation délibérée" émanant des traditionnels ennemis de Washington : la désinformation selon Saddam Hussein, celle de la Corée du Nord, les "mesures actives" de l'Union soviétique entre 1988 et 1991...

Billet précédent consacré au même sujet :

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26 octobre 2005

Seulement (!) 2 000 morts ?

coffinsLa presse française (L'Express...) et étrangère (The New York Times, Agence Xinhua, ...) consacre de nombreux d'articles au franchissement du seuil des 2 000 morts parmi les soldats nord-américains engagés dans la guerre en Irak. D'aucuns estiment que ce seuil psychologique conjugué à l'impopularité du président George W. Bush pourrait entraîner un infléchissement de la présence des troupes états-uniennes face à une opinion publique sceptique quant à l'avenir de l'Irak.
En réalité, ce chiffre de 2 000 morts est sous-estimé. Peut-être même l'est-il doublement...
A l'occasion de la présentation de son dernier ouvrage Quand l'Amérique refait le monde, le professeur Ghassan Salamé affirmait que ces statistiques ne prenaient en considération que les membres officiels de l'armée et passaient sous silence les nombreux mercenaires qui occupent de nombreuses fonctions de protection de sites ou de personnalités. La mort des membres de sociétés militaires privées n'est pas recensée. Selon certaines sources, des milliers de mercenaires seraient présents en Irak. De nationalités diverses, ils percevraient des salaires allant de de 7 000 à 15 000 euros. Nous avions évoqué, au mois d'août 2005, le cas de soldats colombiens recrutés par la société Iraqi Job Center.
Par ailleurs, Ghassan Salamé décrivait également la situation de soldats étrangers servant dans les rangs de l'armée états-unienne. Il s'agit souvent d'immigrés latino-américains qui, dans l'espoir de devenir citoyens des Etats-Unis, acceptent de s'engager dans l'US Army et de partir en Irak, car les volontaires nationaux se font de plus en plus rares. Lorsque ces soldats étrangers sont tués, leur disparition n'apparaît pas dans les statistiques.
Un site recense le nombre et l'identité des soldats morts en Irak et parvient au nombre de 2 119 au 22 octobre 2005.
Par ailleurs, une autre site estime que près de 30 000 civils (estimation haute) ont été tués par la coalition menée par les Etats-Unis depuis le 23 mars 2003. Une présentation en français est disponible.
Enfin, quelques 5 000 membres de l'armée américaine sont actuellement considérés comme déserteurs. Amnesty International relate le cas du sergent Camilo Mejia Castillo, condamné à un an de prison pour désertion.

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