11 mai 2008
Désencyclopédie, poilante parodie de Wikipédia
Les occasions de sourire ne sont pas si fréquentes : la baisse du pouvoir d'achat, la catastrophe naturelle en Birmanie, les chroniqueurs de Canal +, les livres sur "Mai 68", les chansons de Cali... L'homme contemporain est décidément exposé à d'insoutenables sévices. Raison de plus pour filer directos sur le site Désencyclopédie, une poilante parodie de Wikipédia "écrite entièrement par des singes savants".
A la une de l'édition de ce jour, surlendemain de la disparition programmée puis annulée de Pascal Sevran, Désencyclopédie évoque la décision du gouvernement "d'organiser un référendum pour décider de la mort du présentateur"... Mais les rédacteurs ne se contentent pas de racler les fonds de tiroir des vieilles gloires médiatiques. Sur le problème ô combien préoccupant de l'éducation, Désencyclopédie rappelle avec justesse que "les jeunes enfants auraient des buts irréalistes (...) Beaucoup d'entre eux ne connaissent strictement rien à la fiscalité
et ne savent pas du tout en quoi consistent des métiers tels que banquier,
investisseur ou courtier en bourse. Ils ont des idées édulcorées de ce
que sera leur futur... idées qu'il faut leur ôter de l'esprit avant
qu'ils ne perdent tout sens des réalités fiscales !"
Quant aux grandes questions géopolitiques du Proche-Orient, elles ont toute leur place avec cette analyse lumineuse et méconnue sur les origines du Hezbollah : "Le Hezbollah a été fondé par Monsieur Bollah, roi de l'empire grec à son époque homosexuelle. Pour la parité, une version lesbienne du parti a été fondée en même temps, le Lezbollah."
A consulter :
29 avril 2008
L'Histoire à la carte
Les sites cartographiques de qualité ne manquent pas : atelier de cartographie de Sciences Po, cartothèque de la Documentation française, section de la cartographie de l'ONU, PopulationData, Map of War... Signalons l'existence d'un autre site français de référence, L'Histoire à la carte, qui propose un ensemble de cartes fixes et animées. Ces dernières sont payantes (6,90 € les 20 cartes consacrées au continent européen à la veille de la première guerre mondiale) mais il est possible de consulter gratuitement quelques échantillons.
A titre d'exemple, la carte animée consacrée à l'Empire britannique et à ses "axes et logique de construction" est tout à fait remarquable : grande lisibilité, pictogrammes intelligibles, commentaires pertinents ("La puissance anglaise développe son expansion impériale tout au long du 19ème siècle grâce à la maîtrise incontestée des mers"...).
Seul bémol, le corpus cartographique est européo-centré à l'exception d'un dossier consacré au Proche-Orient. D'autres régions du monde gagneraient à être couvertes par L'histoire à la carte.
A consulter :
Sur le même thème :
- Une cartographie de la violence militaire
- 90 secondes pour comprendre l'Orient compliqué
- Une frise chronologique signée BBC
17 mars 2008
1800 Français détenus à l'étranger
Il y aurait 1 800 Français détenus dans les prisons étrangères selon le ministère des Affaires étrangères. Cette population carcérale hors-sol est très majoritairement masculine (89 % d'hommes et 11 % de femmes) ; dans la majorité des cas, la détention est liée au trafic et à l'usage de drogue mais aussi à l'atteinte à l'ordre public.
Le site Français du monde rappelle qu'une affaire très médiatisée permet d'alléger considérablement les conditions de détention, et d'atténuer la sévérité des peines d'emprisonnement : " A l'heure actuelle la France a signé 78 conventions bilatérales ou
multilatérales relatives au transfèrement des personnes condamnées. Des accords appliqués dans des cas médiatiques comme celui de Bertrand
Cantat, le chanteur de Noir Désir ou plus récemment de l'Arche de Zoé."
En écho à ce dossier, Bakchich évoque un cas qui, pour le coup, fait l'objet d'un assourdissant silence médiatique : "le sort de Salah Hamouri, un jeune Franco-palestinien emprisonné depuis
trois ans en Israël, sans qu’aucun motif d’inculpation n’ait été fourni
à l’intéressé. En fait, lors de son arrestation, à l’âge de 19 ans, on a reproché à
Salah Hamouri d’être passé en voiture devant le domicile d’un militant
politique de l’extrême droite israélienne." Selon Bakchich, "L’objectif de Tsahal est aujourd’hui de condamner le Franco-palestinien
pour délit « d’intention » : s’il est passé devant la maison du patron
du Shaas, Yossef Ovadia, c’était inévitablement dans la perspective de
tuer ce dernier…"
03 mars 2008
Classes moyennes et salaires moyens
La notion de classe moyenne est souvent perçue comme un exemple de typologie à géométrie variable. S'agit-il d'un niveau de salaire ? S'agit-il d'un ensemble de pratiques sociales ? De pratiques culturelles...? Si l'on retient la première hypothèse (un niveau de salaire), où placer le curseur pour définir les classes moyennes ?
Selon L'Observatoire des inégalités, la moitié des salariés à plein temps touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels, et 90 % moins de 3 084 euros. Si l'on retient les 40 % des salariés qui se trouvent au milieu de cette répartition, les salaires nets sont compris entre 1 300 et 1 900 euros pour des emplois à temps complet dans le secteur privé : "C'est à ce niveau que se situent les "classes moyennes" du point de vue du salaire."
L'Observatoire des inégalités précise par ailleurs que "plus on s’élève dans la hiérarchie
des salaires, plus l’inégalité entre hommes et femmes est forte.
Celle-ci serait encore plus forte si on prenait en compte le temps
partiel."
A lire :
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03 janvier 2008
"Je veux défoncer chacun d'entre vous..."
La vie sentimentale du président Sarkozy alimente les conversations et remplit les colonnes de journaux. Quant à sa vie sexuelle... la parodie se charge de l'évoquer : "En ce début d'année, je voudrais sucer la bite de tous les Français... J'ai besoin de fellation... Je veux défoncer chacun d'entre vous..." Bref, "les bonnes nouvelles résolutions sexuelles et politiques de Nicolas 1er Empereur star de tous les médias !" selon le site Culture-Sex...
A visionner :
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25 décembre 2007
Football, mondialisation et migrations
Entre 1995 et 2005, le nombre de joueurs étrangers est passé de 463 à 998 dans les cinq meilleures ligues européennes (Italie, Angleterre, France, Espagne, Allemagne). Cet accroissement s'explique par l'assouplissement des règles de quotas d'étrangers évoluant dans les équipes européennes. Il s'explique également par l'un des aspects les plus spectaculaires de la mondialisation : l'émigration et l'immigration sportives.
La revue Mappemonde propose une analyse rétrospective de dix ans (saisons 1995-1996 et 2005-2006) consacrée à l'origine des joueurs étrangers (européens et extra-européens) évoluant sur le vieux continent : "Lors de la saison 2005/2006, le Brésil (139 joueurs), l’Argentine (88) et la France (82) pourvoyaient à eux seuls 31% du nombre total des étrangers sous contrat. Si les principales zones «exportatrices» sont restées les mêmes, la proportion de footballeurs que chacune de ces zones fournit a passablement changé. Le nombre de footballeurs européens présents à l’étranger a en effet relativement moins augmenté que celui des footballeurs extra-européens."
L'auteur de l'analyse, Rafaele Poli, estime que ce basculement suggère "qu’une nouvelle division internationale du travail a cours dans le football : la «production» de joueurs s’effectue de plus en plus en dehors de l’Europe, principalement en Amérique latine et en Afrique, là où le rapport entre la qualité et le prix des joueurs est particulièrement favorable. D’une manière générale, grâce à la libéralisation progressive de la circulation des sportifs, la théorie de l’avantage comparatif semble s’appliquer aussi au football. Selon cette théorie, une nation, ou toute autre aire géographique, doit se spécialiser dans la production et l’exportation des produits pour lesquels elle détient un avantage comparatif, ou relatif, par rapport à d’autres États. En contrepartie, elle doit importer les biens pour lesquels elle souffre de désavantages comparatifs."
Cette analyse montre également que ces migrations ne sont pas statiques car les joueurs-migrants gèrent leur trajectoire selon trois temps que l'auteur définit en termes d'espaces : l'espace "plate-forme" qui est le premier lieu d'arrivée des footballeurs ; l'espace "tremplin" représenté par les clubs de transit qui permettent d'accéder à des championnats plus rémunérateurs ; les "espaces d'aboutissement" constitués par les équipes qui offrent les meilleurs salaires.
A lire :
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03 septembre 2007
Mafias, cartels, triades, yakuzas, "posses"...
La revue Etudes ("mensuel édité par les Jésuites depuis 1856") s'intéresse ce mois-ci à une thématique très éloignée des élucubrations intellectuelles de Saint Ignace de Loyola : les mafias. L'analyse commence par un appel au discernement : " Il importe, en effet, d’être prudent et de ne pas
affubler du terme de mafia la moindre manifestation criminelle un tant
soit peu préméditée ou organisée, ce qui est très précisément la
tendance actuelle. La soif du sensationnel et du sulfureux y est pour
beaucoup."
L'auteur, Thierry Cretin, passe en revue les quatre mafias italiennes "historiques" : "Cosa Nostra de Sicile (120 familles), la Camorra
de Campanie (100 familles), la Ndrangheta de Calabre (150 familles), et
la Sacra Corona Unita des Pouilles (45 familles) qui comptent
respectivement 6000 membres pour les trois premières et 1600 membres
pour la dernière." Puis, hors d'Europe, les triades chinoises : "« Vertu nouvelle et Paix » (50 000 membres), la «
14 K » (20 000 membres), la fédération « Wo » (20 000 membres), le «
Bambou Uni » (10 000 membres), le « Grand Cercle » (5000 membres), et
la « Bande des Quatre mers » (3000 membres) réparties entre Hong Kong,
Taïwan et la République Populaire de Chine." Sans oublier les yakuzas japonais : "les 38 000 membres du « Yamaguchi Gumi », les 13
000 du « Sumiyoshi Kai », les 10 000 de « l’Inagawa Kai » et les 25 000
autres éparpillés dans divers syndicats du crime, toutes vivant en
symbiose avec la société japonaise et se référant à la tradition. "
Thierry Cretin poursuit en soulignant qu'"il en est d’autres qui sont des sociétés criminelles récentes" : cartels mexicains et colombiens, groupes originaires d'Europe de l'Est, clans nigérians, "posses" jamaïcains...
A lire :
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02 septembre 2007
"La Révolution française, ce n'était qu'un entraînement... ça va finir par péter !" Emmanuel Petit
Entretien détonnant du footballeur Emmanuel Petit dans le non moins détonnant mensuel So Foot. Loin des poncifs très répandus dans le monde du football, l'ancien milieu défensif de l'équipe de France revient sur ses relations avec les autres joueurs français : "Avant d'être footballeurs, on est des êtres humains. On est pas obligé de s'apprécier. De cette époque [Coupe du monde 1998] je n'ai eu des relations privilégiées qu'avec Pirès, Thuram, Vieira et Lama, c'est tout (...) Je n'ai jamais léché le cul de personne. Oui, je suis en décalage mais pas simplement avec le milieu du foot. Avec le monde en général où l'on juge avant de connaître. Le monde est très superficiel. T'as qu'à voir les conneries qui passent à la télé. Tout est en toc, creux, vide et fric-fric-fric."
A propos des technologies de l'information : "Il y a internet, les portables, la télé mais quand tu regardes bien, tu t'aperçois que plus il y a des moyens de communication, plus il y a d'isolement. On ne se voit plus, on se téléphone et même on ne se téléphone plus, on s'envoie des texto. On nous fait croire que tout est plus ouvert alors que c'est du vent. C'est comme l'Union européenne (...) C'est la plus grande mascarade qui soit. On a fait croire aux gens que tout le monde serait gagnant avec une Europe prospère. Quel foutage de gueule ! "
L'analyse géopolitique se poursuit : "Le monde est en train de changer, je le sens. La Révolution française, ce n'était qu'un entraînement. Ca va finir par péter. Il y a des conflits dans chaque région du monde (...) T'as qu'à voir : Bush, Poutine, la Chine... que des malades mentaux ! Et les gens restent passifs, affalés devant les conneries de la télé et leur plat de nouilles."
A lire dans l'édition du mois de septembre 2007 de So Foot. Points de vente et abonnement.
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21 août 2007
Une frise chronologique signée BBC
Les innombrables sites proposés par la BBC pourraient occuper un internaute pendant plusieurs semaines... Parmi eux, BBC History offre de nombreuses ressources dans le domaine de l'histoire : biographies, articles, contenus interactifs, jeux... auxquelles il faut ajouter une très belle frise chronologique consacrée à l'histoire du Royaume-Uni (British History Timeline). Cette animation interactive parcourt les différentes époques britanniques depuis le néolithique et l'âge de bronze jusqu'à l'année 2005 : chaque occurrence est accompagnée d'un court texte et il est possible d'effectuer une recherche par mot-clé.
Sur le même thème :
- Une cartographie de la violence militaire
- 90 secondes pour comprendre l'orient compliqué
- 100 choses que vous ignoriez il y a un an...
11 juillet 2007
Google is watching you
Le phénoménal succès de Google a déjà fait couler beaucoup d'encre. La société fondée par Serguey Brin et Larry Page serait devenue la marque la plus connue du monde, dépassant Coca-Cola, Apple, Nokia ou Toyota... Pas mal pour une société qui n'existait pas il y a dix ans...
Les partisans du plus célèbre des moteurs de recherche soulignent sa pertinence, son ergonomie, ainsi que sa philanthropie : le nombre de services gratuits proposés par Google se compte en effet par dizaines.
A l'opposé, des observateurs font remarquer que que le projet d'"organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile" dissimule en réalité une vaste collecte de données personnelles. D'autres assurent que Google joue un jeu dangereux. Certains estiment même que Google constituerait en réalité un "master plan" visant à ficher les internautes du monde entier. D'autres enfin estiment que l'on a encore rien vu...
Dans tous les cas, on pourra s'amuser (et s'inquiéter) du pastiche de la célèbre interface de Google...(cliquer sur la vignette ci-dessus)