06 novembre 2009
Le Quai d'Orsay lance ses cahiers de réflexion
Le ministère des Affaires étrangères et européennes vient de lancer une nouvelle revue intitulée Mondes, les Cahiers du Quai d'Orsay : "Créée à l'initiative de Bernard Kouchner, Mondes, les Cahiers du Quai d'Orsay est destinée au public francophone et anglophone, aux universitaires et aux chercheurs, aux think tanks et aux entreprises, ainsi qu'aux administrations françaises et étrangères".
Cette revue présente une particularité : les articles seront "écrits pour l’essentiel par les diplomates en poste à l’étranger ou à Paris" plutôt que par des chercheurs, des universitaires ou des journalistes. Reste à savoir si les diplomates garderont la liberté de ton qu'ils utilisent dans les notes transmises au Quai d'Orsay.
Ce premier numéro propose deux dossiers sur les mafias et le climat ainsi qu'une analyse de l'écrivain-diplomate Jean-Christophe Rufin consacrée à l'urbanisation en Afrique et ses conséquences sur l'action diplomatique française.
Trimestrielle et bilingue français/anglais, la revue Mondes est publiée en partenariat avec les éditions Grasset et vendue au prix de 19 euros par numéro.
Source :
- Mondes, les Cahiers du Quai d'Orsay (Ministère des Affaires étrangères et européennes)
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- La diplomatie française sur Netvibes
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07 octobre 2009
La diplomatie française sur Netvibes
Le ministère des Affaires étrangères poursuit sa plongée dans l'univers numérique informationnel. Après son site institutionnel, son canal YouTube, son compte FlickR, sa page Facebook, et son compte Twitter, le Quai d'Orsay vient de mettre en ligne un univers Netvibes. Au programme "une sélection de sources d'information sur l'action de la France dans le monde, sur les questions internationales, mais aussi des outils pratiques".
Cet univers Netvibes est à lui seul un concentré de la stratégie d'influence que la France mène à travers sa diplomatie. On y trouve en effet les principaux outils du soft power français : la culture avec les annonces des principales manifestations en France et à l'étranger, les sciences avec les fameux Bulletins électroniques produits par les services scientifiques des ambassades françaises dans le monde, la recherche avec les travaux issus des principaux think tanks français, mais aussi l'économie avec les informations en provenance des missions économiques.
Côté services, notons la très utile page "Conseils aux voyageurs" désormais accessible via cet univers Netvibes ainsi qu'une application dédiée au calcul de trajets dans les principaux métros du monde.
Source :
- Mon univers France Diplomatie (Ministère des Affaires étrangères)
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06 octobre 2009
Remise de lettres de créance, mode d'emploi
La cérémonie de remise des lettres de créance remonte à 1586. Depuis, tout ambassadeur étranger nommé en France est tenu de remettre au Président de la République ses lettres de créance, procédure indispensable pour devenir pleinement ambassadeur.
Le site de la Présidence de la République propose un entretien de Jean-Pierre Asvazadourian, chef du protocole de l'Elysée, consacré à cette "cérémonie collective qui regroupe une dizaine d'ambassadeurs" au cours de laquelle les diplomates "sont accueillis avec les honneurs militaires".
Jean-Pierre Asvazadourian précise que les lettres de créance sont "un document signé par le chef de l'Etat d'envoi qui indique au Président de la république que [la personne qui remet ces lettres de créance] sera l'ambassadeur auprès du gouvernement français". Il ajoute que que cette cérémonie "est également l'occasion d'avoir un bref échange avec le président de la République ; c'est un moment très important pour le nouveau représentant de ce pays en France".
Source :
- Le chef de protocole explique la cérémonie de remise des lettres de créance (Présidence de la République)
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11 septembre 2009
La France et les Etats-Unis repensent leurs ambassades
La France dispose du deuxième réseau diplomatique mondial en termes d'ambassades (158), de représentations bilatérales (21) et du nombre d'agents affectés aux Affaires étrangères (environ 16 000). Certains des bâtiments occupés par les ambassades de France font rêver les diplomates (français et étrangers), d'autres auraient besoin d'un bon coup de pinceau, d'autres enfin sont purement et simplement abandonnés au profit de nouveaux équipements.
L'ambassade de France en Chine quittera bientôt ses locaux actuels pour rejoindre un quartier situé à proximité du quatrième périphérique de Pékin qui accueille déjà les représentations du Japon, d'Israël et de l'Inde. Conçue par l'architecte Alain Sarfati, la nouvelle ambassade regroupera sur un site unique des services aujourd'hui dispersés tels que certains services administratifs, les salons de réception et la résidence de l'ambassadeur. Livré fin 2010, le poste diplomatique occupera une surface de terrain de 20 000 m².
La France n'est pas la seule à mettre son parc immobilier diplomatique à niveau. Aux Etats-Unis, les architectes réfléchissent à de "nouvelles ambassades pour le 21ème siècle". Objectif affiché : améliorer la sécurité des postes diplomatiques et des employés. L'American Institute of Architects (AIA) a recensé les actes criminels qui ont visé les ambassades états-uniennes : Beyrouth (1983), Kenya et Tanzanie (1998), le Soudan, le Tchad, le Yémen et la Serbie (2008) sans oublier la prise d'otages de personnels diplomatiques à Téhéran en 1979 qui a tant traumatisé Washington. Pour autant, l'AIA souligne que la prise en compte des impératifs de sécurité ne doit pas se faire au détriment d'autres facteurs tels que "l'esthétique, l'énergie, la durabilité, la souplesse d'utilisation des espaces, l'accessibilité, la productivité des usagers".
Sources :
- Construction du nouveau campus diplomatique (Ambassade de France en Chine)
- Design for diplomacy : new embassies for the 21st century (American Institute of Architects)
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- Otages clandestins à Téhéran
30 juillet 2009
Jean-David Lévitte, ambassadeur de France à Washington à l'époque de la francophobie triomphante
Canal Académie propose cette semaine la diffusion d'un entretien de Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy. 52 minutes consacrées à la formation et au parcours professionnel d'un sherpa au sein du Quai d'Orsay et des postes diplomatiques français en Chine, aux Nations-Unies puis aux Etats-Unis. On retiendra les années passées à l'ambassade de France à Washington, en 2002-2003, au plus vif des tensions entre les Etats-Unis et la France. En pleine vague de francophobie (french bashing), Jean-David Lévitte avait alors décidé d'aller expliquer dans les médias états-uniens la position de la France et son refus d'envahir l'Irak : "beaucoup de spécialistes en communication m'avaient dit de laisser une vague trop forte et trop violente et que je ne pourrai rien y changer. J'ai adopté la position exactement inverse pour deux raisons : d'abord parce qu'aux Etats-Unis, celui qui monte sur le ring est écouté parce qu'il est respecté ; ensuite parce que 300 000 Français vivent aux Etats-Unis et, à cette époque-là, pour eux c'était un vrai calvaire. Les enfants français scolarisés dans les écoles américaines se faisaient insulter ; il y a eu des incidents graves (...) Le langage que j'ai tenu a fini par être entendu à mesure que les Américains ont réalisé que la France, après tout, avait peut-être raison".
Jean-David Lévitte revient également sur un épisode de la guerre de l'information que les Etats-Unis menaient alors contre la France : "après la chute du régime et la disparition de Saddam Hussein, le Pentagone avait annoncé que si ce dernier restait introuvable, c'est que la France avait donné des passeports et des visas à Saddam Hussein et à sa famille pour lui permettre de s'échapper... J'ai envoyé une lettre au président Bush, à tous les membres du gouvernement, à tous les membres du Congrès, à tous les médias pour dénoncer une campagne de désinformation systématique de ce que faisait la France".
Source :
- Jean-David Lévite, un diplomate à l'Elysée (Canal Académie)
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29 juillet 2009
Le Vatican bénit le "pôle religions" du Quai d'Orsay
La France était naguère ce pays où toute question relative à la place de la religion dégénérait en drame national. Or, l'annonce du ministère des Affaires étrangères de créer un "pôle religions" chargé de "développer une analyse globale des questions religieuses" n'a provoqué aucun remous au sein de la classe politique française. Il est permis de s'en réjouir. En revanche, le Vatican n'a pas perdu de temps pour accueillir favorablement cette initiative diplomatique. Par la voix de L'Osservatore romano, et de l'agence Zenith, le Saint-Siège loue la décision du ministère des Affaires étrangères : " l'objectif principal du Quai d'Orsay est de sensibiliser les
diplomates de la nouvelle génération aux questions religieuses et
d'apporter une réflexion sur les grands mouvements religieux dans le
monde et sur leurs éventuelles implications politiques".
Pour le Vatican, la création de ce "pôle religions" est à rapprocher du discours sur la "laïcité positive" prononcé par Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007 à Saint-Jean de Latran : " une laïcité qui, « tout en veillant à la liberté de penser, à celle de
croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un
danger, mais plutôt un atout ".
L'agence Zenith précise par ailleurs que le "pôle religions" du Quai d'Orsay sera dirigée par l'intellectuel catholique d'origine libanaise Joseph Maïla et compose de "6 personnes pour 16 000 diplomates".
Source :
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15 juillet 2009
Une méga (et invisible) ambassade iranienne au Nicaragua
Au mois de mai dernier, Hillary Clinton, employait les grands mots pour alerter l'opinion publique d'un danger imminent : " les Iraniens sont en train de construire une immense ambassade à Managua... Vous pouvez facilement imaginer l'usage qu'ils en feront". La secrétaire d'Etat n'en dira pas plus sur les intentions qu'elle prête aux diplomates iraniens en Amérique centrale. Le Washington Post a voulu en avoir le coeur net et a envoyé une équipe au Nicaragua pour vérifier l'état d'avancement des travaux : "aucune trace de la super ambassade. Des journalistes nicaraguayens ont passé au peigne fin la vaste capitale tropicale en quête d'un chantier. Rien."
A défaut de pouvoir prouver l'existence d'une telle construction, Washington ne cache pas sa préoccupation de voir l'Iran nouer des accords politiques, économiques et militaires avec certains Etats de son "arrière cour". Le Washington Post rapporte la crainte du parlementaire Connie Mack qui s'inquiète de "l'influence croissante de l'Iran en Amérique latine qui rappelle les liens qu'entretenaient la Russie (sic) et Cuba au moment de la crise des missiles". Une note du think tank néoconservateur American Enterprise Institute affirme même que "l'ambassade d'Iran à Managua est aujourd'hui la plus grande de toutes les missions diplomatiques de la ville".
De fait, Téhéran accroît sa présence sur le continent latino-américain et a trouvé en Hugo Chavez et Evo Moralès, les présidents vénézuélien et bolivien, des "alliés naturels" capables de perturber la politique de Washington dans la région.
Bayardo Ace, un conseiller du président nicaraguayen Daniel Ortega, préfère rire des craintes états-uniennes et estime que la méga-ambassade est aussi réelle que les armes de destruction massive en Irak... : "rien de tout cela n'existe. L'ambassadeur d'Iran et son épouse vivent dans une maison qu'ils louent"...
Source :
- Iran's invisible Nicaragua embassy (The Washington Post)
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09 février 2009
Le smart power, slogan du Département d'Etat à l'ère Clinton
Le premier voyage à l'étranger du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, est à marquer d'une pierre blanche : "Nous allons pratiquer le dialogue. Nous allons écouter. Nous allons
consulter. L’Amérique a besoin du reste du monde tout comme, je crois,
le reste du monde a aussi besoin de l’Amérique". Cette mise au point, faite lors de la 45ème Conférence annuelle sur la sécurité qui s'est tenue à Munich, tranche radicalement avec le ton de l'administration états-unienne précédente. Surtout, elle s'inscrit dans la logique du discours prononcé par Hillary Clinton devant le Sénat au mois de janvier dernier. La secrétaire d'Etat s'était faite l'avocat du smart power, "une expression qu'elle a utilisée plus de dix fois précise la revue Foreign Affairs, pour affirmer que la diplomatie Obama serait l'avant-garde de la façon dont les Etats-Unis traiteront avec leur alliés et leurs adversaires".
Foreign Affairs rappelle que l'expression smart power avait été utilisée dans ses colonnes pour la première fois en 2004 par la chercheuse Suzanne Nossel. Aujourd'hui à la tête de l'une des directions de l'ONG Human Rights Watch, Suzanne Nossel assignait alors au smart power la mission d'organiser "un réseau stable d'alliés, d'institutions et de normes" pour promouvoir les intérêts des Etats-Unis dans le monde. Suzanne Nossel déplorait l'unilatéralisme et l'arrogance de l'administration Bush, et prônait une plus grande attention portée aux voix dissonantes afin d'entraîner le plus grand nombre possible de pays derrière la bannière étoilée.
Selon Foreign Affairs, "le smart power est en passe de devenir le slogan du Département d'Etat sous l'ère Clinton"...
Sources :
- The Origins of Clinton's "Smart Power" (Foreign Affairs)
- Smart Power (Foreign Affairs)
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24 septembre 2008
Les mots de la diplomatie (in french of course)
Dans son livre Le Français et les Siècles, le linguiste Claude Hagège estimait qu'environ 40 % du vocabulaire anglais proviennent de la langue française. A partir du 18ème siècle, le français incarna la langue de la diplomatie jusqu'à la signature du Traité de Versailles de 1919, rédigé en anglais, "un traité sous influence américaine".
Canal Académie consacre son émission Entente cordiale aux mots de la diplomatie et à l'usage du français dans les chancelleries étrangères. "Corps diplomatique", "chargé d'affaires", "chargé d'ambassade", "cordon sanitaire" sont encore couramment utilisés dans les milieux diplomatiques anglo-saxons. Le domaine du renseignement fait, lui aussi, de nombreux emprunts à la langue de Molière : "Espionage" (avec un seul n), "coup d'Etat", "Coup"... Sans oublier "agent provocateur" qui désigne également une troublante marque de lingerie féminine...
A écouter :
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07 novembre 2007
Savoir négocier avec des Français
L'art de la négociation n'est pas accessible au commun des mortels, en particulier lorsque les interlocuteurs sont étrangers. Influencer et convaincre un Japonais, un Brésilien ou un Russe requiert des nerfs solides et une ouverture d'esprit à toute épreuve. A l'inverse les étrangers qui négocient avec des Français peuvent être surpris, amusés, critiques ou élogieux. L'édition 2006 de l'Annuaire français des relations internationales publie une contribution de Charles Cogan, ex agent de la CIA et professeur d'histoire à Harvard, dans laquelle il analyse "les négociations à la française" :"La France est considérée comme un pays où le contexte de la conversation est important (...) Cela signifie qu'il est essentiel, dans l'analyse du style diplomatique français, de reconnaître ce qui est implicite dans une situation (...) Avec les Français, il est très important de prendre en compte l'empathie. Le négociateur doit savoir également aussi bien écouter que parler."
Charles Cogan, qui est animé par un vrai sentiment francophile, souligne cependant que "les Français sont très susceptibles, surtout vis-à-vis des marques de mépris que l'on trouve parfois, par exemple, dans les déclarations américaines qui reflètent seulement que les Etats-Unis sont la seule superpuissance (...) Il ne faut pas ignorer ce "facteur passion".
Les Français pourront tout de même se rassurer avec les propos que Charles Cogan prête à l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger : "Je n'ai jamais rencontré un fonctionnaire français qui ne soit pas hautement intelligent"...
A lire :
- Le style diplomatique français, pages 366 à 383 (PDF - 488 Ko)
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