Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

20 novembre 2007

Le rôle néfaste des mercenaires en Afghanistan

smp_aL'Irak n'est pas le seul champ de bataille investi par les sociétés militaires privées. En Afghanistan et en Angola, les SMP joueraient un rôle de plus en plus important dans la sécurisation et l'instruction des armées locales. Selon une enquête menée par l'institut de recherche Swisspeace, basé à Berne, des dizaines de SMP seraient présentes en Afghanistan où elles rempliraient des missions d'entraînement militaire, de protection de personnes ou de sites, et de renseignement.
Les SMP emploieraient "entre 18 500 et 28 000 individus" et leur comportement serait à l'origine de graves malaises parmi les populations locales : "Beaucoup de gens ne sont pas en mesure de distinguer ces agents des membres des forces internationales, voire même de ceux de la police nationale ou de l'armée afghane, ce qui ajoute encore à la confusion."
Susanne Schmeidl, co-auteur de cette enquête, fait part de ses préoccupations quant au recrutement des mercenaires : "le fait d'employer ces anciens hommes de main
[des anciens miliciens afghans] est positif car cela les empêche d'occuper eux-mêmes les rues, mais on peut se demander ce qu'il en adviendra à l'échéance de leurs contrats". Des observateurs font remarquer que la actes de criminalité (attaques de banque, extorsion de fonds, enlèvements, trafic de drogue...) qui touchent l'Afghanistan pourraient impliquer des membres de SMP.
Un porte-parole du ministère afghan de l'intérieur n'y va pas par quatre chemins : "Il faut se débarrasser des sociétés qui enfreignent la loi et constituent une menace et un défi pour les forces de sécurité du pays".

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15 novembre 2007

Les troubles mentaux des soldats de retour d'Irak

tmpcLes troubles mentaux affectant les soldats de retour d'Irak sont connus de tous, et pourtant ils seraient sous-estimés. Selon une étude publiées par le Journal of the american medical association (JAMA), les premières évaluations menées auprès des vétérans occultent l'étendue des problèmes psychologiques ressentis par les soldats. C'est seulement à l'occasion d'une deuxième évaluation, faite de trois à six mois après leur retour, que les combattants font part de leur malaise. Sur 88 235 soldats examinés, 3 935 prescriptions (4,4 %) de soins psychiatriques sont délivrées lors de la première visite médicale  contre 10 288 (11,7 %) lors du deuxième examen.
Ces troubles mentaux, qui frappent beaucoup plus les réservistes que les soldats d'active, se présentent sous des formes variées : conflits relationnels, dépressions, alcoolisme... Le docteur Charles Milliken, auteur de cette étude, préconise un accroissement des moyens mis à la disposition des médecins militaires afin de détecter au plus tôt ces troubles psychologiques.

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04 novembre 2007

Remanta, un minidrone à l'ère de la miniaturisation

oneraLes drones n'en finissent pas d'améliorer leurs performances et de gagner en miniaturisation. L'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) mène depuis  2002 des recherches inspirées du vol des insectes pour concevoir des microdrones d'une taille inférieure à 15 centimètres. Résultat : Remanta, un drone à ailes battantes capable de mener "des missions de renseignement" en vol stationnaire, en vol d'avancement rapide, et en vol d'intérieur.
A l'état de prototype, Remanta est "auto-piloté et ne nécessite pas d'intervention humaine". Ses applications sont promises au plus bel avenir, aussi bien en milieu militaire que civil : surveillance d'un théâtre d'opération, observation discrète en zone sensible...
L'armée française dispose de drones depuis les années 1990. Au début de l'année 2006, la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat avait rendu public un rapport consacré au rôle des drones dans les armées. Ses conclusions portaient sur les besoins actuels des armées en matière de drones : "Le renseignement d'intérêt militaire exige de pouvoir disposer rapidement, en continu, et souvent sous faible préavis, de renseignements sur l'ensemble d'une zone déterminée, besoin qui peut aussi s'exprimer en temps de paix."

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30 octobre 2007

Le renseignement allemand rénove ses structures

bnd_deA l'instar de ce qui se passe dans plusieurs pays européens, les autorités allemandes ont décidé de renforcer leurs services de renseignement extérieur. Le célèbre BND (Bundesnachrichtendienst) subira "une réforme exhaustive et ses structures vêtustes seront rénovées" selon Stefan Borchert le porte-parole du BND.
Composé de 6 000 agents, le Bundesnachrichtendiest est actuellement organisé autour  de huit départements : analyse de données, crime organisé et terrorisme international, sécurité et défense... Il devrait bientôt compter douze départements dont un consacré à la surveillance du trafic d'armes.
Autre nouveauté, le cloisonnement qui séparait jusqu'ici les agents sur le terrain et les analystes  devrait disparaître. Une initiative qui répond probablement aux enjeux de la circulation de l'information en milieu sensible.
Stefan Borchert a précisé que cette réforme a été précédée d'un long débat afin de préparer le BND aux "futurs défis" et a démenti qu'elle était liée aux scandales qui ont récemment terni l'image du service. Le BND avait en effet espionné plusieurs journalistes et n'avait mis un terme à ces pratiques qu'en 2005.

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21 octobre 2007

La Chine mise sur la guerre de l'information électronique

honker_union_of_chinaDepuis les attaques informatiques lancées contre l'Estonie au mois de mai dernier et les récentes tentatives de pénétration chinoises dans les systèmes d'information occidentaux, la cyberguerre apparaît comme un acte de belligérance parmi d'autres. La revue Défense Nationale propose dans sa livraison du mois de novembre un article de Laurence Ifrah consacré aux cyber-attaques provenant de Chine : "Ces intrusions sont complexes à mettre en oeuvre et ne peuvent s'improviser, il est beaucoup plus compliqué de lancer une attaque dans le but de récupérer de l'information à caractère confidentiel voire classifiée, que de détruire des serveurs ennemis comme cela avait été le cas pour l'Estonie."
L'auteur pose un constat simple : "La guerre de l'information électronique fait partie intégrale du programme de l'APL [Armée populaire de libération de la Chine] (...) La neutralisation des systèmes de communication ennemis fait partie de la méthode "dianxue" qui selon les arts martiaux permet d'atteindre l'ennemi en touchant un seul point vital."
Plusieurs pays ont été touchés par une vaste série d'intrusions : France, Allemagne, Etats-Unis... Selon Laurence Ifrah, "on peut en déduire que ces attaques en série ne peuvent être celles d'une seule personne, les architectures informatiques étant différentes pour chaque réseau d'un Etat à l'autre (...) Si les experts en sécurité informatiques sous-entendent une implication de l'APL dans l'origine des attaques sur les serveurs occidentaux, il est fort probable qu'ils aient bénéficié d'un soutien actif des pirates chinois, les Honkers associés dans les Honkers Union of China (HUC)."


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18 octobre 2007

L'avenir du terrorisme

terrorismeLe terrorisme n'en finit pas de mobiliser chercheurs et prospectivistes afin de savoir à quoi ressemblera la violence politique dans les années à venir. Dans une étude réalisée par le Memorial Institute for the Prevention of Terrorism (MIPT), plusieurs experts dressent un état des lieux de la scène terroriste et précisent ses évolutions possibles. Selon Brian Michael Jenkins, conseiller du président de la Rand Corporation et ancien Béret Vert, "les terroristes ne descendent pas périodiquement de leur planète tels des extra-terrestres. Le terrorisme possède sa propre histoire modelée par les circonstances et les évènements (...) Le terrorisme international contemporain tel que nous le définissons aujourd'hui a émergé à la fin des années 1960 de la convergence de circonstances politiques et de développements technologiques."
Brian Michael Jenkins reconnaît que prédire l'évolution du terrorisme est difficile mais il estime qu'"il est possible de déceler des tendances à moyen terme (...) Il semble juste d'affirmer que l'entreprise djihadiste, menée et organisée par Al Quaïda, demeurera une menace majeure dans un avenir prévisible, et cela malgré ses échecs (...) Le processus de radicalisation se poursuivra certainement. Les individus qui embrassent la cause djihadiste seront recrutés pour commettre des actes violents (...) On peut raisonnablement affirmer que les terroristes monteront en compétence dans leurs actions et dans leur communication."
En guise de conclusion, Brian Michael Jenkins souligne que "la guerre est en train de changer. La technologie et l'évolution des tactiques terroristes permettent la concentration d'une puissance de plus en plus destructrice dans les mains de petits groupes."
Les opinions exposées dans cette étude rejoignent celles exprimées dans le Rapport annuel sur le terrorisme dans le monde publié par le Département d'Etat.


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11 octobre 2007

Les Etats-Unis sont devenus dépendants des sociétés militaires privées

smpLa récente implication de la société militaire privée Blackwater dans le meurtre d'une dizaine d'Irakiens le 16 septembre dernier pose, s'il en était besoin, la question de la privatisation de la guerre en Irak. Le pays constitue en effet un laboratoire en grandeur réelle pour l'observation d'une tendance lourde ; le nombre de mercenaires est estimé à environ 160 000, un chiffre qu'il convient de commenter : ces "contractors" effectuent parfois des tâches éloignées de "la noblesse du métier des armes" : gardiennage, cuisine...
Selon le chercheur Peter W. Singer, le recours aux sociétés militaires privées (SMP) en Irak pourrait s'avérer contre-productif : "l'usage de mercenaires semble avoir nui plutôt que contribué aux efforts contre-insurrectionnels des Etats-Unis en Irak. Pire, il a créé un syndrome de dépendance vis-à-vis du marché privé qui, non seulement, est facteur de vulnérabilités mais montre également tous les signes d'un phénomène d'addiction." Peter W. Singer poursuit : "Les Etats-Unis se sont enfermés eux-mêmes dans un cercle vicieux. Ils ne peuvent plus gagner la guerre avec eux, mais ils ne peuvent plus y aller sans eux."
Le chercheur estime que "le gouvernement états-unien doit revoir sa copie et réévaluer le recours aux mercenaires, en particulier dans les opérations contre-insurrectionnelles qui supposent l'usage d'armes lourdes (...) Notre externalisation militaire s'est muée en dépendance qui se transforme rapidement en échec."

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05 octobre 2007

Le terrorisme au 21ème siècle (vu de Washington)

terrorisme_doctrineL'armée états-unienne a récemment rendu publique la 5ème version de son manuel dédié à la description du terrorisme et aux moyens de le combattre. cet ouvrage propose une vue d'ensemble du phénomène terroriste : histoire, motivations et comportement des groupes terroristes, planification et cycle des actes violents, types d'armes utilisées (conventionnelles et improvisées)...

Ce manuel, qui reflète la perception états-unienne du terrorisme, est destiné, selon les auteurs, à "l'instruction des personnels et l'assistance des unités dans la reconnaissance des menaces terroristes qui pèsent aussi bien sur le territoire national qu'à l'étranger."

Alors que l'actualité est braquée depuis plusieurs semaines sur l'infoguerre ou la cyber-guerre, on lira avec intérêt un chapitre consacré au cyber-terrorisme.



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30 septembre 2007

Les archives du KGB mises à la disposition des chercheurs

kgb_documents_2Le Centre lituanien sur le génocide et la résistance propose, depuis le mois de septembre, la consultation des archives du KGB relatives à l'occupation des trois pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) par les troupes soviétiques entre 1940 et 1991. Mises en ligne sur le site KGB in the baltic states : documents and researches, ces archives recouvrent une multitude de thèmes : espionnage, contre-espionnage, structures... Disponibles au format PDF, elles se présentent sous la forme de bulletins, d'instructions, de rapports de situation, de plans...
Une rubrique consacrée aux trois époques du renseignement soviétique (NKGB 1940-41, MGB 1943-53, KGB 1954-91)  complète la présentation des activités d'espionnage de l'URSS dans la région.

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21 septembre 2007

Comment le CEA traque la prolifération nucléaire

essai_nucl_aireLe mensuel (Les Défis du CEA) du Commissariat à l'énergie atomique consacre sa livraison du mois de septembre à la lutte contre la prolifération nucléaire et aux moyens de détection des activités illicites. Le CEA dispose pour cela d'un Service radioanalyse, chimie et environnement (SRCE) au sein de sa Direction des applications militaires (DAM) à Bruyères-le-Châtel (Essonne). Avec cinq stations de détection (sur les 80 déployées à l'échelle mondiale) la France mène une veille dans le cadre du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) : "Lorsqu'un essai nucléaire est pratiqué dans l'atmosphère, il dégage des gaz et des particules radioactifs qui peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Il est possible de les déceler grâce aux 80 stations de détection des radionucléides réparties sur le globe".
Les radionucléides se présentent sous diverses formes : uranium, plutonium, césium 137, xénon 133... "Une partie d'entre eux est d'origine naturelle, une autre provient des activités humaines, civiles ou militaires."
Le SRCE procède, par ailleurs, à l'examen d'échantillons prélevés à l'occasion d'inspections menées par l'Agence internationale de l''énergie atomique (AIEA) dans le monde.
La France disposera, en 2010, d'une sixième station de détection qui sera située en Antarctique.

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