10 février 2008
Les modifications climatiques à usage militaire
Provoquer des inondations... déclencher des tempêtes de neige... occasionner des sécheresses... Quel stratège militaire n'a jamais rêvé de faire la pluie et le beau temps sur le champ de bataille pour mieux dominer son ennemi ? Si l'on en croit un document récemment classifié aux Etats-Unis par le Naval Air Warfare Center Weapons Division (organisme de recherche sur les systèmes d'armement rattaché à la Navy), des travaux ont bien été menés afin "d'empêcher ou de s'opposer à des mouvements de personnel ou de matériel en utilisant des inondations ou des tempêtes de neige, et de désorganiser l'économie grâce à la sécheresse".
Ce document rappelle que la modification climatique intentionnelle "a été utilisée avec succès au Vietnam pour, entre autres, entraver et empêcher les mouvements de personnel et de matériel du Nord Vietnam vers le Sud Vietnam. Depuis, les recherches militaires dans le domaine de la modification du climat ont diminué aux Etats-Unis mais pas néssairement en Union soviétique (Russie). La modification climatique à usage commercial est une industrie dynamique."
Sans apporter plus de précisions, le document souligne que les recherches actuelles permettront de définir l'applicabilité des modifications climatiques dans un registre militaire.
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31 janvier 2008
George Piro, dernier confesseur de Saddam Hussein
Son nom a longtemps été tenu secret. George Piro était l'agent du FBI chargé d'interroger Saddam Hussein après sa capture au mois de décembre 2003. Celui que l'ancien dictateur ne connaissait que sous le nom de "Mr. George" est une "american success story" à lui tout seul selon la chaîne CBS qui vient de diffuser en exclusivité son entretien. Né au Liban, George Piro a quitté le pays du cèdre avec sa famille alors qu'il était âgé de douze ans. Après être passé par l'armée de l'Air et la police, il a intégré le FBI et fut choisi par ses supérieurs pour mener les interrogatoires de Saddam Hussein.
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29 janvier 2008
Les meilleurs services de renseignement du monde : le cas indien
"Les meilleures agences de renseignement du monde sont plus occupées que jamais" selon la revue Foreign Policy plutôt proche des milieux démocrates aux Etats-Unis. Et les journalistes de dresser la liste des six agences qui, à leurs yeux, dominent le monde du renseignement : le SVR (Russie), le ministère de la Sécurité publique (Chine), le Research and Analysis Wing (Inde), l'Inter-Service Intelligence (Pakistan), le MI6 (Royaume-Uni), le Mossad (Israël).
A chacune de ces agences, Foreign Policy attribue un "domaine de compétence" qui va de l'espionnage industriel et l'analyse de données pour la Chine à la consolidation du pouvoir interne pour la Russie. On retiendra également le cas indien, rarement évoqué dans les médias occidentaux, dont l'objectif principal consister à "déstabiliser le Pakistan". Créé en 1968, le Research and Analysis Wing (RAW) s'est d'abord employé à lancer des opérations de contre-ingérence face aux groupes pro-pakistanais présents sur le territoire indien. Puis "au fil des années, il est devenu l'un des plus formidables services de renseignement du monde en menant des activités au Pakistan, au Sri Lanka, au Népal, au Bangladesh et ailleurs. Particulièrement actif au Bangladesh, le RAW a joué un rôle majeur dans le mouvement qui a abouti à l'indépendance du pays" et donc à l'affaiblissement du Pakistan.
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16 janvier 2008
La géolocalisation au service de la police de San Francisco
Les outils de géolocalisation sont de plus en plus souvent déployés au sein des forces armées et des services de sécurité. Associés à des interfaces riches, ils permettent d'accéder à des informations inscrites dans leur environnement géographique. La police de San Francisco (San Francisco Police Department) s'est dotée d'un logiciel prototype capable de collecter des informations relatives aux crimes et délits commis dans la ville et de les reporter sur une carte dynamique.
Baptisée Incident Reporting & Analysis Tool, cette application se présente sous la forme d'une vue aérienne de la ville sur laquelle sont posés des dizaines de points de couleur différente. A chaque couleur correspond un type de malveillance : bleu = vol, jaune = vandalisme ou graffiti, violet = agression sexuelle... Un clic sur le point permet de connaître les "détails de l'incident" tels que l'adresse exacte, l'heure, etc...
D'autres points, mobiles ceux-là, fournissent un contenu vidéo, généralement celui tourné par les caméras embarquées sur les véhicules de police.
Cet outil est produit par la société Universal Mind et peut également être appliqué à la veille dans le domaine des tremblements de terre.
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11 janvier 2008
L'Afrique, nouvelle terre de recrutement de mercenaires
Les pays d'Afrique australe seraient-ils en train de devenir un vivier pour les sociétés militaires privées ? Selon l'hebdomadaire The Christian Science Monitor, la Namibie, le Mozambique ainsi que l'Ouganda et le Burundi sont investis par les agences de mercenariat états-unienne qui misent sur la présence de "milliers de combattants en situation de chômage depuis les guerres d'indépendance". Il est vrai que la région a joué un rôle de précurseur dans les activités de mercenariat, en particulier l'Afrique du Sud qui, jadis, disposait d'agences réputées pour leur efficacité.
L'implantation en Namibie de la société Special Operations Consulting-Security Management Group
(SOC-SMG) a donc été accueillie avec intérêt par des anciens soldats qui, une fois recrutés, peuvent gagner jusqu'à "100 fois le salaire moyen local" pour aller se battre en Irak et en Afghanistan... selon les sociétés militaires privées. Le site de SOC-SMG dispose d'ailleurs d'une rubrique "carrière" qui propose des emplois de "spécialistes de la sécurité" en Irak.
Mais cette activité lucrative est dénoncée par des organisations de droits de l'homme qui dénoncent "un trafic d'êtres humains rendu possible par la situation économique" de la Namibie. Le gouvernement semble lui aussi s'inquiéter d'une telle situation : "L'implication de Namibiens dans ces conflits armés ont des implications à court et moyen terme pour les intérêts de la Namibie, aussi bien sur son propre territoire qu'à l'étranger."
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18 décembre 2007
La montée en puissance des robots armés
La revue Foreign Policy dresse la liste des "dix évènements que vous avez ratés en 2007"... Au nombre de ces évènements, la montée en puissance des robots de combat que l'armée états-unienne envisage de déployer sur les champs de bataille. Déjà, le SWORDS (Special weapons observation remote reconnaissance direct action system), un robot capable d'ouvrir le feu sur une cible distante de près de 1 000 mètres, a-t-il remplacé les soldats en Irak dans certaines opérations trop exposées aux tirs ennemis.
Commercialisé à un prix de 250 000 dollars (environ 175 000 euros), le SWORDS a déjà été produit à plus de cent exemplaires ; les Etats-Unis ont inscrit au budget une ligne de 1,7 milliards de dollars (environ 1,1 milliard d'euros) pour l'acquisition de tels robots pour la période 2006-2012.
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05 décembre 2007
Les guerres en milieu urbain favorisent-elles les ennemis asymétriques ?
Guerre des villes, guerre des champs... L'un des faits majeurs de ces dernières décennies est la prédominance des combats en milieu urbain qui ont tendance à se substituer aux combats en zones rurales. Dans un article publié par la revue Doctrine, Laurent Henninger, chargé de mission au sein du Centre d'études d'histoire de la Défense, estime que cette tendance n'est pas particulièrement récente : "c'est surtout à partir du XIXème siècle, de la révolution industrielle et donc de la "question sociale" qui en découla que la guerre dans, à et contre la ville tendit à se généraliser." Cette mutation géographique changea la donne et créa "des situations d'une extrême complexité, où le "terrain" est à la fois matériel et humain, physique et politique, spatial et social..."
Dans ce contexte inédit, les armées doivent adapter leurs tactiques afin de "combattre dans et sur un "terrain" fluide, versatile, changeant et donc très difficilement contrôlable - sans même parler de son caractère multidimensionnel, d'un point de vue strictement physique (étages, souterrains, égouts, etc.) mais aussi très "fragile", car humain précisément !"
Laurent Henninger constate également le rôle égalisateur de la ville : "l'environnement urbain joue souvent un rôle égalisateur de facto en diminuant considérablement l'efficacité de nombre de systèmes d'armes et de leur puissance de feu, en particulier du fait du manque de profondeur du terrain. Cela peut ainsi conférer certains avantages à un ennemi de type "asymétrique"."
A lire :
- La guerre et la ville (PDF - 232 Ko)
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26 novembre 2007
Un robot qui a scrute les visages
Il n'est pas rare de croiser des robots dans les centres commerciaux du Japon mais leur rôle consiste la plupart du temps à exciter la curiosité des badauds ou à démontrer leur adresse -toute relative !- au football. La société Alsok, dont la réputation en matière de sécurité robotisée n'est plus à faire, a récemment lancé Reborg-Q un robot doté d'un système de reconnaissance faciale capable de détecter un visage au milieu d'une multitude d'autres visages. Cette détection est rendue possible par la comparaison entre les traits du visage examiné et les milliers de visages stockés dans une base de données.
Reborg-Q mesure 1,30 mètre, pèse environ 90 kilogrammes et peut, en outre, prendre des photographies, contrôler les badges d'accès, repérer un départ de feu, détecter une fuite d'eau, réguler le trafic d'ascenseurs...
Commercialisé au prix d'environ 2 300 euros, Reborg-Q pourrait être déployé dans les aéroports nippons qui viennent par ailleurs de mettre en place de nouvelles mesures d'entrée sur le territoire japonais (empreintes digitales + photographie).
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22 novembre 2007
40 soldats canadiens. 6 bombes nucléaires. 1 secret.
Au printemps 1957, de jeunes soldats canadiens furent envoyés dans le Nevada (Etats-Unis) pour une mission secrète dont eux-mêmes ignoraient tout. L'Opération Plumbobb, lancée par le Pentagone, consistait à évaluer les réactions de fantassins exposés à une explosion nucléaire. Quarante militaires jouèrent ainsi le rôle de cobayes et furent déployés à moins de 1000 mètres de bombes quatre fois plus puissantes que celle qui avait détruit Hiroshima le 6 août 1945... Certains décèderont, d'autres développeront des maladies, et des enfants naîtront avec des malformations.
Un documentaire, Bombes à retardement, produit par les Productions de la Ruelle (Canada) montre le combat des survivants pour obtenir reconnaissance et compensation du ministère canadien de la Défense. Mais les auteurs du documentaire restent sceptiques : "On constate que les autorités tentent d'étouffer l'affaire. Coincé par l’imminence de la diffusion de
l’histoire des vétérans dans les médias, l’ex-ministre de la Défense, Gordon O’Connor,
accepte de rencontrer les vétérans. Mais ses promesses resteront-elles vaines?"
A visionner :
- Bande annonce de Bombes à retardement
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21 novembre 2007
Le facteur cuturel dans les guerres contre-insurrectionnelles
En bon théoricien de la contre-insurrection, le général David Petraeus, commandant des forces multi-nationales en Irak, connaît l'importance du facteur culturel en période de guerre : "La connaissance du terrain culturel peut être aussi importante et parfois plus importante que la connaissance du terrain géographique. Cela signifie que que les individus sont, à bien des égards, le terrain décisif et que nous devons y accorder la même importance qu'au terrain géographique."
Partant de ce constat, la professeur Sheila Miyoshi Jager vient de consacrer une note à l'usage du facteur culturel dans le cadre d'une campagne contre-insurrectionnelle : "Confrontés à de complexes problèmes sociaux et politiques, les commandants militaires états-uniens en Irak sont désormais persuadés que la compréhension de l'adversaire est nécessaire au succès de la campagne contre-insurrectionnelle (...) L'étendue des besoins dans le domaine des connaissances culturelles a été reconnue et activement défendue par le général David H. Petraeus (...) L'administration Bush a fini par placer tous ses espoirs dans le général Petreaus et ses conseillers pour juguler le fiasco en Irak."
Résultat, plusieurs publications ont été publiées par le Pentagone, en particulier "le nouveau manuel contre-insurrectionnel FM 3-24. Sorti le 15 décembre 2006, ce manuel de 282 pages souligne l'importance capitale des connaissances culturelles et des relations humaines dans la réussite d'une campagne contre-insurrectionnelle."
A lire :
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