03 novembre 2009
Le terrorisme selon Al Quaïda, mode d'emploi
Au mois de mai 2000, au cours d'une perquisition, les enquêteurs britanniques mettaient la main sur un manuel d'entrainement utilisé par les membres -réels ou supposés- d'Al Quaïda. Traduit de l'arabe vers l'anglais, le document a été authentifié puis diffusé auprès des services de renseignement occidentaux. Il est aujourd'hui proposé en version française par les éditions André Versaille dont la qualité de la production éditoriale n'est plus à faire. Au sommaire, 18 leçons enseignées aux militants d'Al Quaïda : comment échapper aux poursuites, collecter de l'information, recruter, fabriquer des poisons, résister aux interrogatoires...
Afin de prévenir toute polémique que pourrait soulever la publication de cet ouvrage, André Versaille avertit : "on ne se défend efficacement contre un péril que si l'on en comprend la nature".
Etablie et présentée par Arnaud Blin, politologue spécialisé dans l'étude des conflits, cette édition permet de voir à quel point Al Quaïda se livre à un large travail de renseignement avant de passer à l'acte : définition claire d'une stratégie, préparation d'une solide logistique (financement, appartements, déplacements, communication...), etc...
Les éditions André Versaille proposent, en téléchargement gratuit, 56 pages de cet ouvrage.
Source :
- Manuel pratique du terroriste (Editions André Versaille)
Sur le même thème :
- Le FBI enrichit sa liste de terroristes
- Manuel de savoir-vivre à l'usage des terroristes
- Comment les groupes terroristes finissent
- Anticiper les actes terroristes
- L'avenir du terrorisme
02 novembre 2009
Le FBI enrichit sa liste de terroristes
Chaque jour, plus de 1 500 noms sont ajoutés à la liste du FBI recensant l'identité de présumés terroristes. Selon des données issues de la Commission juridique du Sénat citées par le Washington Post, "lors des douze derniers mois, la communauté états-unienne du renseignement a ajouté le nom de 1 600 individus susceptibles d'éveiller des "soupçons raisonnables" ".
Le FBI souligne que l'ajout d'un nom "ne représente pas nécessairement un nouvel individu mais peut constituer un alias ou une variante d'un nom précédemment recensé". L'agence précise également que, chaque jour, 600 noms sont supprimés et 4 800 données sont modifiées. Moins de 5 % des individus figurant sur la liste sont des citoyens états-uniens ou des résidents aux Etats-Unis.
A ce jour la liste du FBI contient plus de 400 000 noms uniques et plus d'un million d'entrées.
Source :
- 1,600 are suggested daily for FBI's list (The Washington Post)
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27 octobre 2009
Amérique latine, terre d'espionnage
En quelques jours, l'Amérique latine a été le théâtre de multiples affaires liées à l'espionnage. A Cuba d'abord où l'annonce de la publication d'un livre écrit par Juanita Castro, soeur de Fidel et Raul Castro, risque de faire couler beaucoup d'encre. Comme beaucoup de Cubains, Juanita Castro soutint la révolution de 1959 avant de s'opposer au régime communiste institué par son frère. A partir de 1961, elle collabora avec la CIA et apporta de l'aide aux opposants cubains. Son livre Fidel y Raul mis hermanos - La historia secreta raconte comment elle a adressé la parole à ses deux frères pour la dernière fois en 1963...
Au Mexique, les services de renseignement viennent de révéler comment ils mirent sous surveillance physique et téléphonique le domicile de l'écrivain Gabriel Garcia Marquez qui était devenu le lieu de rencontres avec de nombreux activistes de gauche et des dirigeants et des intellectuels étrangers parmi lesquels François Mitterrand et Régis Debray...
Entre la Colombie et le Vénézuela, les relations bi-latérales font régulièrement l'objet d'accrocs diplomatiques et militaires. Dernière accusation en date, le gouvernement de Hugo Chavez accuse Bogota de mener des activités de renseignement sous le couvert d'opérations de récupération de corps de citoyens colombiens assassinés sur le territoire du Vénézuela.
Au Pérou enfin, la presse affirme que le candidat malheureux de l'élection présidentielle de 2006, Ollanta Humala, a été espionné par le parti gouvernemental du président Alan Garcia.
Sources :
- Hermana de Castro colaboro con la CIA (BBC Mundo)
- La casa de Gabo era un consulado alternativo (El Universal)
- Caracas acusa a Bogota de "espionaje" (El Pais)
- Denuncia de que hubo espionaje a Humala molesta a Alan Garcia (El Nuevo Herald)
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- Chute d'un agent d'influence vénézuélien aux Etats-Unis
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- Washington renoue avec le renseignement humain en Amérique latine
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15 octobre 2009
Paris, capitale de l'espionnage
Pour deux jours, Paris sera la capitale du renseignement : le week-end de l'espionnage commence dès vendredi avec la projection de Dossier 51 au Forum des Images, un film réalisé en 1978 d'après un roman de Gilles Perrault. Synopsis : "La vie privée d’un diplomate nommé dans un organisme international est
passée au crible par les services de renseignements d’une puissance
étrangère. Le point de vue de la caméra, qui paraît filmer les
personnages à leur insu, recrée, dans ce film d’espionnage adapté d’un
roman de Gilles Perrault, l’atmosphère des services secrets." Le film sera suivi d'un débat qui réunira Gilles Perrault, Roger Faligot, Jean Guisnel, Michael Muller et Eric Schmidt-Eenboom.
Samedi, deux promenades guidées seront organisées sur les traces des espions étrangers à Paris : à 11 heures depuis la librairie L'Arbre à lettres (2 rue Edouard-Quenu - 75005) ; à 15 heures depuis la librairie Galignani (224 rue de Rivoli - 75001). Ces deux parcours sont composés à partir du dernier ouvrage de Roger Faligot, Paris, nid d'espions, disponible en librairie depuis quelques jours.
Source :
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- Sur la piste des espions à Paris
- 40 000 agents au service des réseaux d'espionnage iraniens dans le monde arabe
- Farewell, 4 000 documents fournis à la DST, 1 balle dans la tête
- Bruxelles, nid d'espions
09 octobre 2009
40 000 agents au service des réseaux d'espionnage iraniens dans le monde arabe
Moins connu que la DGSE, la CIA, le Mossad ou le FSB, le Vevak n'en reste pas moins un service de renseignement actif et efficace. Selon la chaîne AlArabiyah, l'Iran disposerait de 40 000 agents disséminés dans les pays du monde arabe, en particulier dans les Etats du golfe persique.
AlArabiyah rapporte les propos d'un ancien agent iranien qui, pour des raisons de sécurité, témoigne sous anonymat : "il y a environ 40 000 espions iraniens dans les Etats du golfe dont 3 000 pour le seul Koweit. Certains sont rétribués pour des services modestes alors que d'autres travaillent régulièrement pour la Garde révolutionnaire".
Le travail de ce réseau d'espionnage recouvre essentiellement des missions de collecte d'informations relatives aux infrastructures militaires et aux institutions économiques. L'ancien agent précise les contours du renseignement iranien dans le monde arabe : "les cellules ont été créées avec la même excellence que celle qui est utilisée dans le tissage des tapis perses ; les groupes sont composés de quatre membres dirigés par un commandant et aucun d'entre ne connaît les missions des autres membres." Jadis à la tête d'une équipe chargée de collecter de l'information sur les forces d'opposition dans les pays du golfe persique, cet agent souligne consacre de très importants budgets à ses services de renseignement extérieurs.
Source :
- Iran has 40 000 spies in Arab states : ex-agent (Al Arabiyah)
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19 septembre 2009
Farewell, 4 000 documents fournis à la DST, 1 balle dans la tête
Le journaliste Thierry Wolton fut le premier, en 1987, à révéler l'existence de l'affaire Farewell. Dans un livre consacré au KGB en France, il dévoilait les détails d'un dossier ultra-secret remis à François Mitterrand dès le mois de juin 1981 : Farewell, nom de code du Colonel du KGB Vladimir Ippolitovitch Vetrov, était une taupe qui procura plus de 4000 documents à la DST. Selon Vincent Nouzille, un autre journaliste spécialisé dans les affaires de renseignement, "l'affaire Farewell est l'affaire d'espionnage la plus extraordinaire du 20ème siècle".
En l'espace de quelques mois, Farewell permit aux Français et aux Occidentaux de prendre conscience de l'ampleur et de l'organisation des réseaux d'espionnage déployés en Europe et en Amérique du Nord. L'exploitation de la masse d'informations fournies par Farewell dépassa souvent les capacités de traitement des services français qui durent redoubler d'activité pour traduire et analyser les documents du KGB.
François Mitterrand, dont l'élection avait fortement déplu aux Etats-Unis, sut habilement profiter du dossier Farewell pour être considéré comme un allié sûr par Washington. Paris communiqua de nombreux documents aux services états-uniens qui prirent une décision audacieuse : laisser filer des informations vers l'URSS afin d'intoxiquer le KGB avec des programmes informatiques piégés. A la suite de cette manoeuvre d'intoxication, on assistera à l'explosion inexpliquée de gazoducs soviétiques...
Farewell/Vetrov sera arrêté à la faveur d'un crime de droit commun avant d'être convaincu d'espionnage. Il sera exécuté d'une balle dans la tête en 1982.
Le 23 septembre, un film réalisé par Christian Caroin proposera une adaptation de l'affaire Farewell avec Guillaume Canet et Emir Kusturica. Le très beau site dédié à ce film prometteur propose plusieurs extrait sainsi qu'une chronologie des évènements.
Enfin, on lira une analyse fouillée de l'affaire Farewell par un ancien membre des services de renseignement français ("le Colonel PF") apparemment bien informé qui estime qu'il s'agit d'une affaire "plus simple qu'on ne le pense..."
Sources :
- Les secrets de l'affaire Farewell : KGB, DST et CIA... (Vincent Nouzilles)
- L'affaire Farewell (le film)
- C'est toujours plus simple qu'on ne pense... A propos de Farewell (Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale)
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- Journée Portes ouvertes à l'ISI (Islamabad, Pakistan)
- Antonio Hortelano, prêtre catholique au service du Mossad
- Hemingway, piètre espion au service du KGB
- Les archives du KGB mises à la disposition des chercheurs
06 août 2009
Journée Portes ouvertes à l'ISI (Islamabad, Pakistan)
Il est rare que les services secrets organisent des journées "portes ouvertes" au grand public et à la presse. C'est pourtant ce qu'a fait le redoutable ISI (Inter services intelligence), les services de renseignement du Pakistan qui ont invité quelques journalistes occidentaux dans leurs locaux d'Islamabad. Le quotidien londonien The Guardian rapporte ses impressions : "l'entrée est discrète : une simple barrière à proximité d'un hôpital et d'une autoroute d'Islamabad. Des bougainvilliers fleurissent le long des murs hérissés de fils barbelés ; un homme en civil et armé questionne les visiteurs (...) Puis une énorme porte électrique coulisse pour laisser apparaître un bâtiment gris et élégant qui ne dépareillerait pas sur un campus californien. A une différence près : il n'existe aucun panneau indicateur".
Le journaliste du Guardian rapporte les propos d'un officier habilité à parler à la presse : "nous avons commencé à nous ouvrir un peu. Dans le passé cela nous a été reproché mais aujourd'hui nous souhaitons ainsi faire prévaloir notre point de vue". Au programme de la visite, des power-point destinés à livrer aux opinions publiques occidentales les dossiers jugés les plus préoccupants par le renseignement pakistanais : l'insurrection des talibans, la traque des militants d'Al-Quaïda, les relations houleuses avec l'Inde.
On notera également un intéressant aveu : "influencer la presse locale a toujours fait partie des opérations menées par l'ISI généralement par le biais de la corruption, de la flatterie ou de l'intimidation. Mais cette stratégie d'influence n'a jamais, à ce jour, visé la presse étrangère".
Le Guardian rappelle à quel point l'ISI inspire de la crainte y compris aux Pakistanais : "pendant des décennies, l'ISI a fonctionné à l'ombre d'un épais voile de secret, indifférent aux multiples allégations de fraude électorale, d'entraînement de groupes terroristes, d'enlèvements et d'assassinats. Beaucoup de Pakistanais estiment qu'il est un Etat dans l'Etat".
Source :
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04 août 2009
Antonio Hortelano, prêtre catholique au service du Mossad
Il fut membre des services secrets du Vatican, travailla pour le Mossad israélien, fut suivi par la CIA et détenu par le KGB. Un beau parcours pour le prêtre Antonio Hortelano qui, à 90 ans, livre ses derniers secrets dans un ouvrage à paraître prochainement. Le quotidien espagnol El Mundo propose les bonnes feuilles de ce témoignage : "le cardinal Montini, secrétaire d'Etat du Vatican et futur pape Paul VI, l'appela un jour et lui confia : "nous suspectons que le cardinal Mindszenty de Budapest a été drogué afin de prendre position en faveur du communisme. Nous voulons savoir ce qui s'est passé. Nous savons que vous êtes courageux et j'aimerais savoir si savoir si nous pouvons compter sur vous pour cette mission"... Antonio Hortelano accepta sur le champ en dépit des risques encourus. Porteur d'un passeport italien il se rendit en Hongrie communiste mais fut repéré par deux espions du KGB qui l'emprisonnèrent et le soumirent à un interrogatoire qui dura des heures."
Dans un entretien, Antonio Hortelano revient également sur les raisons qui le conduisirent à collaborer avec Israël :
" - j'ai même plus travaillé avec le Mossad qu'avec le Vatican...
- pourquoi avec les juifs ?
- ça se voit sur mon visage : je suis descendant de juifs.
- le sacerdoce catholique est-il compatible avec le fait d'être un espion juif ?
- parfaitement. Jésus était juif de race et de religion et n'est jamais sorti du judaïsme. On ne peut être chrétien sans être juif."
El Mundo précise que Antonio Hortelano, au cours de ses missions pour le Vatican et le Mossad, fut particulièrement bien informé : "l'amiral Canaris, qui était responsable de l'espionnage de Hitler, était également descendant de juifs sépharades expulsés d'Espagne en 1492 et réfugiés à Salonique. Il s'infiltra dans les services secrets allemands et dicta à Franco la stratégie à suivre lors de la célèbre rencontre avec Hitler à Hendaye".
Source :
- Las confesiones del cura espia del vaticano (El Mundo)
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13 juillet 2009
Bruxelles, nid d'espions
OSS 117, alias Jean Dujardin, pourrait aller exercer ses talents à Bruxelles tant la capitale belge attire les espions du monde entier. Selon un article de El Pais, la capitale belge est largement infiltrée par des agents de renseignements du monde entier : "Bruxelles, capitale de l'Europe et siège de l'OTAN, quartier général fréquenté par 5 000 diplomates travaillant pour 285 ambassades, auscultée quotidiennement par plus de 1 000 journalistes, lieu d'accueil pour les exilés et les migrants, Bruxelles, donc, conjugue le verbe espionner à tous les temps".
El Pais rapporte le témoignage de Javier Solana, haut représentant de la politique étrangère et de sécurité commune, qui affirme avoir "fait l'objet d'espionnage pendant plusieurs mois, sans le savoir, par une puissance non européenne". Le quotidien espagnol désigne les Etats-Unis et Israël comme pays particulièrement agressifs en matière de renseignement : "les deux pays ont déjà été cités dans des affaires antérieures d'espionnage au sein des institutions européennes". Les actions d'espionnage viseraient les systèmes d'information de l'Union européenne, en particulier "l'ordinateur portable de Javier Solana qui regroupe des milliers d'informations à caractère hautement confidentiel". L'environnement informatique bruxellois semble constituer le maillon faible de l'Union européenne et le meilleur accès pour les "puissances non européennes" désireuses de collecter des informations secrètes sur la politique européenne. Une enquête a récemment révélé un "relâchement" dans l'application des protocoles de sécurité.
Source :
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11 juillet 2009
Hemingway, piètre espion au service du KGB
Le glas sonne-t-il pour Ernest Hemingway ? Selon un ouvrage récemment publié aux Etats-Unis (The rise and fall of KGB in USA), l'écrivain aurait collaboré avec le KGB à partir des années 1940. The Guardian, qui rend compte de ce livre édité par Yale University Press, précise que "le romancier lauréat du Prix Nobel fut pour un temps sur la liste des agents du KGB en Amérique (...) Recruté en 1941 avant d'effectuer un voyage en Chine, sous le nom de Argo, il ne fut qu'un "espion dilettante".
Les premiers contacts entre Ernest Hemingway et les agents soviétiques auraient eu lieu à Londres et à La Havane. L'écrivain aurait "exprimé à plusieurs reprises sa volonté d'aider" le KGB mais aurait " échoué à fournir le moindre renseignement de nature politique". Résultat : les relations entre les services secrets soviétiques et Argo / Hemingway cessèrent dès la fin des années 1940. L'Adieu aux armes eut donc lieu avant que l'écrivain ne fasse preuve de la moindre utilité pour le KGB.
Les archives d'Ernest Hemingway, naguère conservées à Cuba, ont été cédées à la bibliothèque J.F. Kennedy de Boston, numérisées et mises en ligne. Mais pas de trace des aventures "dilettantes" du vieil Ernest...
Source :
- Hemingway revealed as failed KGB spy (The Guardian)
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