24 septembre 2007
Concurrences géopolitiques en Amérique latine
Alors que le président vénézuléien Hugo Chavez s'apprête à rencontrer une nouvelle fois le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour forger une improbable alliance stratégique, il n'est pas inutile de jeter un oeil sur les différentes doctrines géopolitiques latino-américaines. Le professeur espagnol Javier del Rey Morato propose une brève introduction aux stratégies poursuivies par les principales nations de la région, en particulier le Vénézuela.
A ses yeux, les initiatives de Hugo Chavez font bouger les lignes du continent : "Le Vénézuela se conçoit comme un espace géopolitique vaste et ambitieux qui, grâce à ses revenus pétroliers, vise à concurrencer le Brésil pour imposer son influence sur la presque totalité des pays d'Amérique du Sud (...) Cette impulsion présente deux aspects positifs (désir d'intégration régionale et capacité de la financer grâce aux deniers de l'Etat) et un aspect négatif : la composante idéologique qui imprègne le comportement du président Chavez."
Face à l'activisme vénézuelien, le Brésil qui apparaît depuis longtemps comme l'acteur global de la région, joue de ses atouts géographiques : "une position centrale et privilégiée en Amérique latine qui lui donne des frontières avec tous les pays sud-américains à l'exception du Chili et de l'Equateur (...) L'un des éléments fondamentaux de sa géopolitique réside dans la recherche d'un accès portuaire sur l'Océan Pacifique afin de développer ses objectifs commerciaux (...) Contrairement à ses voisins, le Brésil ne recourt pas à l'idéologie et est le plus pragmatique des pays latino-américains. Aujourd'hui, son principal compétiteur est le Vénézuela."
Dans un remarquable numéro de la revue Hérodote
consacré à l'Amérique latine (n° 57, 2ème semestre 1990), Hervé
Coutau-Bégarie rappelait la redoutable
efficacité de la diplomatie brésilienne qui était parvenue à arracher
environ un million de km² à l'ensemble de ses voisins... Dotée d'une
solide école géopolitique, le Brésil a toujours su faire prévaloir ses
intérêts à travers les multiples arbitrages et négociations qui l'ont
opposé au Vénézuela, à la Bolivie ou à la Colombie.
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07 septembre 2007
Le profil asymétrique de Hugo Chavez préoccupe les Etats-Unis
Depuis sont élection à la présidence du Vénézuela, en 1998, Hugo Chavez ne cesse de provoquer l'ire des Etats-Unis. Aussi bien à Caracas qu'à Washington l'éventualité d'un conflit asymétrique a déjà été évoquée à voix plus ou moins feutrée. Au mois de février dernier, c'est l'ambassadeur vénézuelien à Washington, Bernardo Alvarez Herrera, qui justifiait les achats d'armes décidés par Hugo Chavez "afin de préserver un équilibre sur le continent sud-américain." Aujourd'hui, c'est un professeur de stratégie militaire du U.S. Army War College, Max G. Manwaring, qui pourfend "l'agenda conflictuel, populiste et nationaliste" de Hugo Chavez. Cet "agenda" poursuit plusieurs objectifs selon M. Manwaring : "Détruire l'hégémonie nord-américaine à travers toute l'Amérique latine en menant une "super-insurrection" discontinue et asymétrique ou "guerre de quatrième génération" pour renverser l'ennemi extérieur illégitime ; construire un nouvel Etat bolivarien en commençant par le Vénézuela avant de l'étendre à toute l'Amérique latine."
Semblant prendre au sérieux la volonté de Hugo Chavez, Max G. Manwaring sonne le tocsin : "Il est intéressant de noter que ce type de conflit (la super-insurrection) est le seul que les Etats-Unis ont toujours perdu."
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25 avril 2007
Chavez aime Chirac... mais vote Royal !
Le président vénézuelien Hugo Chavez vote Ségolène Royal : "Nous ne la connaissons pas mais femme et socialiste... notre coeur est avec elle". Un vote à l'aveugle en quelque sorte qui ne l'empêche cependant pas de dire tout le bien qu'il pense du président sortant Jacques Chirac : "Le président français a été un excellent ami, je l'ai invité à venir par ici pour se reposer. Espérons qu'il nous rendra visite un jour".
Il faut dire que les amitiés politiques françaises de Hugo Chavez défient l'entendement. Lors d'une visite en France effectuée les 19 et 20 octobre 2005, le président vénézuelien avait donné dans l'oecuménisme : entretien avec Jacques Chirac dont il "partage la même vision internationale du monde"... Rencontre avec Jean-Pierre Chevènement, Marie-George Buffet, Alain Krivine et les membres d'ATTAC... Conférence devant le MEDEF où il fit une lecture à la fois entrepreneuriale et sociale des Misérables de Victor Hugo : "Jean Valjean était un entrepreneur, mais savait que l'argent créait de l'emploi pour les plus pauvres." Commentaire d'un patron : "Vous savez créer un climat de dialogue..."
24 février 2007
Le plan de guerre des FARC à l'horizon 2010
Cela fait désormais cinq années qu'Ingrid Betancourt est retenue en otage par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Alors que ce triste anniversaire donne lieu à des tensions inédites entre la famille Betancourt et le gouvernement français, le quotidien colombien El Tiempo fait état du "plan de guerre des FARC pour les quatre prochaines années". Selon El Tiempo, qui précise que ce plan figure dans un document saisi par l'armée colombienne, les FARC auraient pour objectif de collecter 230 millions de dollars afin de financer leurs actions de guérilla. Ce plan de guerre aurait été préparé par le patron des FARC en personne Manuel Marulanda Vélez alias Tirofijo (la fine gâchette), et prévoirait deux scénarios : le premier tenant compte de la présence continue de l'actuel président Alvaro Uribe Velez au pouvoir ; le second basé sur l'élection d'un nouveau président. Sans donner de précisions supplémentaires, El Tiempo affirme que les FARC poursuivraient un autre but : chercher un rapprochement avec des gouvernements amis.
Cette internationalisation de la guérilla colombienne a souvent été annoncée depuis quelques années, en particulier avec la présence de Hugo Chavez à la tête du Vénézuela voisin. A plusieurs reprises, le président colombien Uribe a accusé son homologue vénézuelien d'offrir un refuge aux guérilleros des FARC au Vénézuela et de leur fournir des armes.
Il semble bien difficile de cerner avec précision la stratégie des FARC. Il y a quelques années, certains analystes affirmaient que ses responsables avaient opté pour l'extension de la guérilla en milieu urbain. En 2005, des officiers colombiers prédisaient une attaque de la capitale par des milliers de combattants. Jusqu'à présent, cette prédiction a été démentie par les faits.
La revue de géopolitique Hérodote propose, dans son avant-dernière livraison, un article du chercheur Daniel Pécaut consacré à "la longévité, la puissance militaire et les carences politiques des FARC".
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21 février 2007
Le Vénézuela se prépare à un conflit asymétrique avec les Etats-Unis
Pour l'ambassadeur du Vénézuela aux Etats-Unis, Bernardo Alvarez Herrera, la possibilité d'une épreuve de force entre les deux pays n'est pas à écarter. Reprenant les discours du président Hugo Chavez et de certains officiers vénézueliens, il précise que ce conflit serait forcément asymétrique en raison de la supériorité des capacités militaires de Washington Mais l'ambassadeur précise que le Vénézuela ne reste pas les bras croisés et rappelle que son pays s'est doté de nombreux matériels militaires grâce à la manne pétrolière : "Nous essayons simplement de mettre à jour nos équipements et de maintenir le niveau de notre défense afin de préserver un équilibre sur le continent sud-américain."
Le Vénézuela a en effet acheté pour 3,4 milliards de dollars de matériel auprès de la Russie (avions de combat, fusils d'assaut...) et projette de dépenser 3 milliards supplémentaires afin de constituer la plus importante flotte de sous-marins de la région à l'horizon 2012. Ces multiples acquisitions préoccupent sérieusement le Ministère de la Défense états-unien qui, dans un récent rapport, affirmait que Caracas avait dépensé 4,3 milliards de dollars depuis 2005, soit autant que l'Iran, le Pakistan ou même la Chine.
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20 novembre 2006
La CIA au chevet de Fidel Castro
La santé, physique et mentale, des chefs d'Etat a toujours intéressé les services de renseignement. Le cas de Fidel Castro n'échappe pas à la règle. Depuis son hospitalisation au mois d'août dernier, le dirigeant cubain est apparu épuisé et hagard si l'on en croit les photographies et les vidéos diffusées par les autorités de la Havane. Selon les analystes de la CIA, Fidel Castro serait atteint d'un cancer en phase terminale qui ne lui laisserait que dix-huit mois à vivre. Cette estimation (haute) se fonde sur l'éventualité d'un traitement de chimiothérapie. Un autre estimation (basse), sans traitement, lui accorde un bien moindre répit...
Faute de source de renseignement placée au coeur de l'appareil d'Etat cubain (ce qui reste à confirmer), les services de renseignement nord-américains travaillent sur l'interprétation de photographies de Fidel Castro. Consciente que rien ne remplace le renseignement d'origine humaine, Washington a récemment décidé de renouer avec le renseignement humain en Amérique latine en nommant un ancien agent de la CIA, Patrick Maher, à la tête d'une mission visant spécifiquement Cuba et le Vénézuela. La presse officielle cubaine dénonce l'utilisation de "diplomates et pseudo ONG étrangères" comme couverture des activités d'espionnage à Cuba.
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29 septembre 2006
Hugo Chavez dope les ventes de Noam Chomsky
Lorsque le président vénézuélien Hugo Chavez quittera le pouvoir, ce qui ne semble pas près d'arriver, il pourra toujours animer des émissions littéraires. Lors de son discours prononcé le 20 septembre dernier devant l'Assemblée ganérale de l'ONU, le bouillant colonel a fait la promotion de l'oeuvre de Noam Chomsky et, du coup, dopé les ventes de ses livres. Cette publicité faite à la pensée de "l'un des plus prestigieux intellectuels de l'Amérique et du monde" a propulsé les ouvrages de Chomsky en tête des ventes sur le site Amazon.
Pas bégueule pour un sou, Noam Chomsky a fait part de son désir de rencontrer Hugo Chavez en qui il voit le promoteur d'idées "très constructives".
Le président vénézuélien a profité de la tribune onusienne pour dire, au passage, tout le bien qu'il pensait du président George W. Bush : "diable, menteur, tyran..."
Hugo Chavez avait déjà manifesté un goût certain pour la littérature revendicative il y a quelques années en citant Jean-Jacques Rousseau et son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Mais sans réussir à faire décoller les ventes sur Amazon.com !
22 août 2006
Vers un axe du mal latino-américain
La pression psychologique exercée par les Etats-Unis sur le régime du président Hugo Chavez vient de passer la vitesse supérieure. Le responsable des agences de renseignement états-uniennes, John D. Negroponte, a en effet procédé le 18 août dernier à la nomination d'un responsable chargé des opérations de renseignement visant spécifiquement Cuba et le Vénézuela. Patrick Maher, spécialiste du continent latino-américain au sein de la CIA, devra superviser "la mise en oeuvre de stratégies" destinées à fournir des "renseignements exacts et pertinents" sur ces deux pays.
Cette nomination mérite l'attention car la mission que devra mener Patrick Maher a reçu l'aval du président George W. Bush. Seulement cinq missions de ce type existent aux Etats-Unis. Elles portent sur des problèmes majeurs : terrorisme, prolifération nucléaire, renseignement, Iran et Corée du Nord. Sans surprise, Cuba et le Vénézuela viennent compléter un axe du mal élargi à l'Amérique latine.
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23 juillet 2006
Des cellules islamistes en Amérique latine ?
Le 28 octobre 2005, un billet évoquait une triple frontière sous surveillance à savoir celle qui sépare le Brésil, le Paraguay et l'Argentine. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis dénoncent les activités commerciales illégales qui s'y développent (blanchiment d'argent, fraude aux documents, contrefaçon, trafic de drogue), et affirment que les revenus engendrés contribuent au financement des réseaux islamistes radicaux. Une importante communauté syro-libanaise d'environ 25 000 personnes y est installée depuis une quarantaine d'années.
Le Sénat des Etats-Unis étudie actuellement une résolution présentée par le Parti républicain demandant à l'Organisation des Etats Américains (OEA) la création d'une "force de travail antiterroriste" dans la région. Selon les promoteurs de cette résolution, la force antiterroriste devrait être associée au Comité contre le terrorisme inetraméricain (CICTE), lui-même émanant de l'OEA dont les liens avec Washington sont anciens et quasiment structurels.
Cette résolution a provoqué un certain agacement du côté du gouvernement brésilien traditionnellement sourcilleux quant à sa souveraineté. Elle n'en est pas moins un indice supplémentaire - un "signal fort" - du regain d'intérêt des Etats-Unis pour l'Amérique latine. En 2007, un bureau du FBI devrait être ouvert dans la capitale paraguayenne, Ascuncion, afin d'y traquer les "cellules dormantes" liées à la mouvance islamiste...
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04 juillet 2006
Le Brésil en 2020
Le Général de Gaulle, qui ne manquait pas d'esprit, avait l'habitude de moquer les ambitions géopolitiques du Brésil : "Le Brésil a été, est et sera un pays d'avenir..." Sans doute l'accueil enthousiaste qu'il avait reçu lors de son périple de trois semaines effectué en Amérique latine en 1964 l'avait-il réconcilié avec les atouts du géant sud-américain... Dans un document publié le 30 mai dernier, la Deutsche Bank s'interroge également sur l'avenir du Brésil et élabore plusieurs scénarios à l'horizon 2020.
Plusieurs indicateurs socio-économiques plaident en faveur du pays dirigé par le président Lula : environnement démographique plutôt favorable, stabilité macro-économique, taux d'intérêt raisonnables, disponibilité de crédit... Les analystes de la banque allemande escomptent une croissance moyenne de 3,3 % par an lors de la prochaine décennie.
L'émergence de la Chine représente un défi et une opportunité pour le Brésil. Un défi parce que la modicité des salaires pratiqués en Chine concurrence sévèrement le secteur manufacturé brésilien. Une opportunité car le Brésil devrait maintenir son avance technologique sur le géant chinois qui pourrait continuer de lui acheter de nombreux biens de haute technologie.
La Deutsche Bank passe également en revue d'autres atouts brésiliens : le secteur agro-alimentaire et les services financiers devraient constituer des facteurs de croissance à moyen terme.
Le rapport souligne enfin que pour profiter de ses nombreuses ressources humaines et naturelles, le Brésil devra engager d'amples réformes dans le domaine de la fiscalité et de la législation sociale.
Brazil : O pais do futuro ? Economic scenarios for the next 15 years (PDF - 426 Ko - texte en anglais)
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