25 octobre 2009
L'Amérique centrale est devenue la région la plus violente du monde
Avec un taux moyen de 33 homicides pour 100 000 habitants, l'Amérique centrale est la région la plus violente du monde. (à l'exception des pays en guerre). Un rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement rappelle que ce taux est près de quatre fois plus élevé que la moyenne mondiale (9 homicides pour 100 000 habitants). L'Amérique latine dans son ensemble (Amérique centrale + Amérique du Sud) connaît un taux de 25 homicides pour 100 000 habitants.
Les pays les plus dangereux se trouvent au Nord de l'isthme centre-américain : Guatemala, Salvador et Honduras ; au Sud de l'isthme, le Nicaragua, le Costa Rica et Panama sont moins affectés par la violence.
Selon le ministre de l'Intérieur du Guatemala, Raul Velasquez, interrogé par le quotidien Siglo XXI, "le pays compte une moyenne de 7 homicides par jour".
L'étude du PNUD précise que 14 % des personnes interrogées ont été victimes d'un crime lors des douze derniers mois dans l'ensemble des pays centre-américains ; ce taux monte à 24,1 % au Guatemala et 32,2 % au Salvador.
Source :
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23 juillet 2009
L'Equateur dénonce "une guerre médiatique" menée par la Colombie
Sur un continent latino-américain très majoritairement à gauche, la Colombie d'Alvaro Uribe apparaît comme une exception notable. Libéral et proche de l'ancienne administration Bush, le président Alvaro Uribe est souvent méprisé en Amérique latine mais régulièrement élu par les citoyens colombiens. On ne compte plus les anicroches qui l'ont opposé à ses voisins les plus proches Hugo Chavez au Vénézuela et Rafael Correa en Equateur. Dernier incident en date, l'accusation lancée par le ministre équatorien de la sécurité, Miguel Carvajal, qui, selon le quotidien El Nuevo Herald, accuse la Colombie de "mener une guerre médiatique, une méthode souvent employée par les pays confrontés à des problèmes internes".
Miguel Carvajal estime que "la Colombie est devenue spécialiste de la guerre médiatique et a désigné le gouvernement de l'Equateur comme l'un des objectifs de cette guerre médiatique (...) Il ne se passa pas un jour sans qu'ils nous sortent une vidéo ou un fichier informatique impliquant l'un de nos ministres. Et l'Equateur est tenu de répondre à ces attaques ! "
A demi-mots, la Colombie accuse l'Equateur d'offrir l'hospitalité à la guérilla des FARC ; une accusation identique à celle que Alvaro Uribe adressait naguère à Hugo Chavez. Selon El Nuevo Herald, "une vidéo de 2006 montre le commandant des FARC Jorge Briceno, alias "Mono Jojoy", évoquant un versement d'agent par les FARC à Rafael Correa, alors candidat à la présidence de l'Equateur".
Source :
- Quito acusa a Bogota de "guerra mediatica" (El Nuevo Herald)
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19 juillet 2009
La "guerre du football" ou la poursuite de la politique par d'autres moyens
En 1969, le Honduras et le Salvador s'affrontèrent en matches éliminatoires pour la phase finale de Coupe du monde prévue au Mexique en 1970. Résultat : 5 000 morts. Sur fond de grèves, de tensions politiques et de rivalités entre ces deux petites nations d'Amérique centrale, les violences dégénérèrent en "guerre du football" qui, aujourd'hui encore, apparaît comme l'évènement sportif le plus meurtrier de l'histoire.
A l'occasion du quarantième anniversaire de ces émeutes, le service espagnol de la BBC revient sur cet évènement sanglant : "ces matches étaient devenus des affaires d'Etat (...) Un colonel à la retraite de l'armée hondurienne affirme dans un livre intitulé "La grande conspiration salvadorienne" que le caractère de ces incidents montre qu'ils furent organisés comme un acte d'hostilité envers le Honduras".
Les actes de violence entre les deux pays frontaliers prirent une tournure militaire lorsque "le 14 juillet 1969, l'armée de l'air salvadorienne attaqua par surprise l'aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa, ainsi que des localités situées à la frontière (...) Le lendemain, le Honduras contre-attaqua en bombardant l'aéroport de Ilopango à San Salvador, ainsi qu'une raffinerie de pétrole et des réservoirs".
Cette "guerre du football" dura 100 heures et ne trouva son dénouement qu'avec l'intervention de l'Organisation des Etats américains (OEA), sous influence états-unienne, qui imposa un cessez-le-feu. Quarante ans plus tard, Mauricio Pipo Rodriguez, ancien joueur de la sélection salvadorienne, résume la situation : "nos adversaires honduriens étaient de bons footballeurs et il n'y avait pas de problèmes entre eux et nous. C'était une affaire entre nos gouvernements".
Source :
- A 40 anos de "la guerra del futbol" (BBC Mundo)
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10 février 2009
Compétition internationale autour du lithium de Bolivie
Les voyageurs connaissent l'exceptionnelle beauté des hauts-plateaux boliviens. Certains savent que le sous-sol du Salar de Uyuni regorge de lithium, un métal très recherché pour ses propriétés énergétiques : les batteries lithium sont utilisées par l'industrie aéronautique et automobile en raison de leur grande densité énergétique. La Bolivie, pays le plus pauvre d'Amérique latine, concentre sur son territoire près de 50 % des réserves connues de lithium. Selon le Washington Times, "une compétition internationale pour les minerais stratégiques boliviens pourrait avoir lieu, mettant en scène les constructeurs automobiles ainsi que l'Iran qui est à la recherche de ressources d'uranium pour son programme nucléaire".
Mais le président bolivien Evo Morales, aux solides convictions socialistes, entend ne pas se laisser déposséder de ses richesses minérales par des entreprises étrangères. Le Washington Times estime que "les dirigeants d'entreprises craignent de voir Evo Morales s'aligner sur les positions du président vénézuelien Hugo Chavez et celles de l'Iran, ce qui pourrait avoir une influence décisive sur le choix de partenaires pour exploiter ces minerais stratégiques". Des accords de coopération d'une valeur d'un milliard de dollars ont été signés entre la Bolivie et l'Iran lors de la visite de Mahmoud Ahmadinejad à La Paz en 2007.
Le Washington Times, proche du Parti républicain et des milieux d'affaire, rapporte un propos du ministre bolivien des mines Luis Echazu : "l'époque où l'industrie automobile états-unienne achetait des matières premières à bas coût pour revendre des voitures à un prix élevé est terminée..."
Source :
- Mineral wealth, political weapon (The Washington Times)
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08 février 2009
Hugo Chavez, de complot en déstabilisation
Depuis plusieurs années déjà, Hugo Chavez crie au complot et dénonce les opérations de déstabilisation menées contre son régime par les Etats-Unis et certains de ses opposants vénézuéliens. Non sans raison puisqu'un coup d'Etat l'avait écarté du pouvoir pendant quelques heures au mois d'avril 2002. Cette fois-ci, le président vénézuélien a annoncé l'arrestation de deux capitaines de la Garde nationale et leur détention dans les locaux du renseignement militaire vénézuélien.
Sans les nommer, Hugo Chavez affirme que les deux officiers séditieux entretenaient "des contacts avec les Etats-Unis et préparaient un plan de déstabilisation contre le président". Selon l'agence Associated Press, les deux comploteurs ne seraient pas des inconnus puisque Jose Antonio Colina Pulido et German Rodolfo Varela sont déjà impliqués dans des attentats commis en 2003 contre l'ambassade d'Espagne et le consulat de Colombie à Caracas. Après avoir demandé l'asile politique aux Etats-Unis, les deux officiers seront mis aux arrêts par les services d'immigration étas-uniens puis libérés en avril 2006.
Source :
- Chavez : Officers arested in alleged plot (Associated Press)
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- Washington renoue avec le renseignement humain en Amérique latine
19 décembre 2008
Terrifiante criminalité contre les femmes du Guatemala
Depuis 2000, 3 500 femmes ont été violées et assassinées au Guatemala. Dans l'indifférence générale, la criminalité exercée contre les femmes ne cesse de croître dans ce petit - et attachant - pays d'Amérique centrale. Geo propose un terrifiant reportage consacré aux "femmes sacrifées du Guatemala" : fillettes, jeunes filles, femmes font l'objet de crimes liés aux gangs, aux trafiquants de drogue et à une violence masculine traditionnelle. Selon Ileana Alamilla, directrice de l'agence de presse Cerigua, "la société guatémaltèque est très violente et il y a beaucoup de machisme, de discrimination. Beaucoup de femmes sont violées avant d'être assassinées, certaines sont démembrées..."
Malgré la récente adoption d'une loi visant à lutter contre les meurtres de femmes (les fémicides), les autorités du Guatemala ont dénombré plus de 600 assassinats durant les neuf premiers mois de 2008...
Source :
- Les femmes sacrifiées du Guatemala (Geo Web Reportage)
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02 octobre 2008
Les Etats-Unis derrière la libération d'Ingrid Betancourt
La libération d'Ingrid Betancourt a donné lieu à un nombre invraissemblable de récits plus ou moins farfelus. Les autorités colombiennes se sont toujours vanté d'avoir mené seules l'opération de sauvetage écartant ainsi la thèse d'un soutien actif de services de renseignement étrangers. Un livre publié cette semaine à Bogota Operacion Jaque, Secretos no revelados (éditions Overa Negra) vient démentir la version gouvernementale et affirme que des troupes spéciales états-uniennes ont largement contribué à la libération de l'otage franco-colombienne.
Selon l'hebdomadaire colombien Semana qui a pris connaissance de l'ouvrage, "les Etats-Unis ont envoyé des centaines de soldats, médecins, mécaniciens, ingénieurs et spécialistes des télécommunications en Colombie. Le nombre de personnels déployés sur zone est estimé entre 900 et 1 000, soit un nombre bien supérieur à ce qui est autorisé par la loi nord-américaine, à savoir 500 soldats".
Les auteurs de Operacion Jaque affirment que dès le mois de janvier 2008, les forces spéciales états-uniennes connaissaient assez précisément la position des otages. Mais il semble que les FARC ont découvert les traces d'un dispositif de surveillance et quitté les lieux précipitamment.
Le gouvernement colombien, par la voix de son ministre de la Défense Juan Manuel Santos, récuse les affirmations d'un "livre plein d'inexactitudes et d'affirmations mensongères". Selon le ministre, ni les Etats-Unis, ni Israël n'ont participé à l'opération Jaque.
A lire :
24 septembre 2007
Concurrences géopolitiques en Amérique latine
Alors que le président vénézuléien Hugo Chavez s'apprête à rencontrer une nouvelle fois le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour forger une improbable alliance stratégique, il n'est pas inutile de jeter un oeil sur les différentes doctrines géopolitiques latino-américaines. Le professeur espagnol Javier del Rey Morato propose une brève introduction aux stratégies poursuivies par les principales nations de la région, en particulier le Vénézuela.
A ses yeux, les initiatives de Hugo Chavez font bouger les lignes du continent : "Le Vénézuela se conçoit comme un espace géopolitique vaste et ambitieux qui, grâce à ses revenus pétroliers, vise à concurrencer le Brésil pour imposer son influence sur la presque totalité des pays d'Amérique du Sud (...) Cette impulsion présente deux aspects positifs (désir d'intégration régionale et capacité de la financer grâce aux deniers de l'Etat) et un aspect négatif : la composante idéologique qui imprègne le comportement du président Chavez."
Face à l'activisme vénézuelien, le Brésil qui apparaît depuis longtemps comme l'acteur global de la région, joue de ses atouts géographiques : "une position centrale et privilégiée en Amérique latine qui lui donne des frontières avec tous les pays sud-américains à l'exception du Chili et de l'Equateur (...) L'un des éléments fondamentaux de sa géopolitique réside dans la recherche d'un accès portuaire sur l'Océan Pacifique afin de développer ses objectifs commerciaux (...) Contrairement à ses voisins, le Brésil ne recourt pas à l'idéologie et est le plus pragmatique des pays latino-américains. Aujourd'hui, son principal compétiteur est le Vénézuela."
Dans un remarquable numéro de la revue Hérodote
consacré à l'Amérique latine (n° 57, 2ème semestre 1990), Hervé
Coutau-Bégarie rappelait la redoutable
efficacité de la diplomatie brésilienne qui était parvenue à arracher
environ un million de km² à l'ensemble de ses voisins... Dotée d'une
solide école géopolitique, le Brésil a toujours su faire prévaloir ses
intérêts à travers les multiples arbitrages et négociations qui l'ont
opposé au Vénézuela, à la Bolivie ou à la Colombie.
A lire :
07 septembre 2007
Le profil asymétrique de Hugo Chavez préoccupe les Etats-Unis
Depuis sont élection à la présidence du Vénézuela, en 1998, Hugo Chavez ne cesse de provoquer l'ire des Etats-Unis. Aussi bien à Caracas qu'à Washington l'éventualité d'un conflit asymétrique a déjà été évoquée à voix plus ou moins feutrée. Au mois de février dernier, c'est l'ambassadeur vénézuelien à Washington, Bernardo Alvarez Herrera, qui justifiait les achats d'armes décidés par Hugo Chavez "afin de préserver un équilibre sur le continent sud-américain." Aujourd'hui, c'est un professeur de stratégie militaire du U.S. Army War College, Max G. Manwaring, qui pourfend "l'agenda conflictuel, populiste et nationaliste" de Hugo Chavez. Cet "agenda" poursuit plusieurs objectifs selon M. Manwaring : "Détruire l'hégémonie nord-américaine à travers toute l'Amérique latine en menant une "super-insurrection" discontinue et asymétrique ou "guerre de quatrième génération" pour renverser l'ennemi extérieur illégitime ; construire un nouvel Etat bolivarien en commençant par le Vénézuela avant de l'étendre à toute l'Amérique latine."
Semblant prendre au sérieux la volonté de Hugo Chavez, Max G. Manwaring sonne le tocsin : "Il est intéressant de noter que ce type de conflit (la super-insurrection) est le seul que les Etats-Unis ont toujours perdu."
A lire :
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25 avril 2007
Chavez aime Chirac... mais vote Royal !
Le président vénézuelien Hugo Chavez vote Ségolène Royal : "Nous ne la connaissons pas mais femme et socialiste... notre coeur est avec elle". Un vote à l'aveugle en quelque sorte qui ne l'empêche cependant pas de dire tout le bien qu'il pense du président sortant Jacques Chirac : "Le président français a été un excellent ami, je l'ai invité à venir par ici pour se reposer. Espérons qu'il nous rendra visite un jour".
Il faut dire que les amitiés politiques françaises de Hugo Chavez défient l'entendement. Lors d'une visite en France effectuée les 19 et 20 octobre 2005, le président vénézuelien avait donné dans l'oecuménisme : entretien avec Jacques Chirac dont il "partage la même vision internationale du monde"... Rencontre avec Jean-Pierre Chevènement, Marie-George Buffet, Alain Krivine et les membres d'ATTAC... Conférence devant le MEDEF où il fit une lecture à la fois entrepreneuriale et sociale des Misérables de Victor Hugo : "Jean Valjean était un entrepreneur, mais savait que l'argent créait de l'emploi pour les plus pauvres." Commentaire d'un patron : "Vous savez créer un climat de dialogue..."