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Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

27 février 2011

Les conseillers en communication se sont emparés de la parole des footballeurs

footballLes hommes politiques n'ont pas le monopole de la langue de bois. Les sportifs, et les footballeurs en particulier, sont passés maîtres dans l'art de vendre du vent aux médias et au public via leurs conseillers en communication ou leurs avocats. Le blog Hors des clous propose un témoignage instructif de Claude Chevally journaliste à L'Equipe qui, du haut de ses 40 ans d'expérience, a vu le monde du football se métamorphoser en quelques années seulement.

Cela a commencé en 1998 dès après la victoire de la France à la Coupe du monde : "Avant, c'était simple, si tu voulais l'interview d'un joueur, tu te pointais à la sortie de l'entraînement et tu te mettais d'accord avec lui. C'était oui ou non. Pas besoin de passer par cinquante attachés de presse". Aujourd'hui, les clubs prennent en main la communication de leurs joueurs au point d'organiser des formations en communication au profit des joueurs. C'est ainsi que l'Olympique lyonnais dipsense "une heure de 'média training' par semaine, destinée aux jeunes en difficultés scolaires". 

Malgré toutes ces précautions, certaines conférences de presse ne se passent pas comme prévu : "Claude Chevally se souvient de la première conférence de presse de Maxime Gonalons, alors dans l'effectif pro depuis peu. C'était il y a plus d'un an, la veille d'un match contre le PSG. "Il s'est mis à dire qu'il se foutait complètement de Paris, qu'il n'aimait pas. Pareil pour l'OM. A première vue, rien de bien passionnant mais pas la soupe politiquement correct qu'on nous en sert d'habitude. À la fin de la conférence, un attaché de presse vient voir les journalistes, expliquant que Gonalons n'avait pas l'expérience de l'exercice, ni conscience de ses mots et qu'il valait mieux ne pas en parler. Résultat, les journalistes se sont couchés et l'info n'est pas sortie. Voilà où on en est maintenant".

Toujours à Lyon, Yohann Gourcuff, interrogé par TF1 sur Franck Ribéry, "commence à trembler et à transpirer. Il refuse de répondre, se lève, balance son micro et s'en va"... La scène ne sera jamais diffusée.

Les choses ne devraient pas s'améliorer selon Arnaud Foucart-Perrin, directeur de l'agence de communication Un, Deux, Trois, Quatre : "la langue de bois est indissociable du professionnalisme, au football mais aussi dans d'autres sports, en raison des enjeux sportifs et financiers. "Le joueur se comporte aussi comme un salarié au sein d'une entreprise, à laquelle il ne veut évidement pas nuire, par crainte pour son avenir et son poste".

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