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Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

03 mai 2010

Journaliste ou agent de renseignement, il faut choisir...

conf_journalisme_geneveGenève a accueilli, du 22 au 25 avril dernier, la 6ème conférence mondiale du journalisme d'investigation. Pas ou peu d'échos dans la presse française de cette manifestation qui a pourtant réuni quelques pointures du genre (Claude Angeli, Roberto Savagno, Seymour Hersh...) à l'exception du blog de Vincent Nouzille lui-même invité à plancher sur le thème : "comment obtenir des documents confidentiels de la CIA"...
On se reportera donc aux compte-rendus, malheureusement trop succincts, mis en ligne par les organisateurs. On lira en particulier le résumé de l'atelier consacré au travail d'enquête journalistique sur les terroristes pour lequel il est conseillé d'agir en pleine lumière plutôt que de dissimuler sa carte de presse : "Travailler sous couverture n'est pas la meilleure façon d'agir quand on enquête sur le terrorisme. Vous pouvez être considéré comme un traitre et mettre votre vie en danger".
Suit une série de conseils que ne désapprouverait pas un officier de renseignement... ou un terroriste : "Protégez vos sources : en entrant en contact avec elles, n'utilisez pas votre téléphone, votre ordinateur ou votre email personnel ou professionnel. Évitez les communications qui peuvent être facilement tracées. Essayez d'obtenir une de ces cartes SIM jetables et anonymes pour vos appels téléphoniques. Vous cherchez seulement des l'information, mais les agents du renseignement pourraient bien vous rechercher pour trouver vos sources.
"
Autre conseil donné aux journalistes : "Les organisations terroristes ont leurs propres agents de relations publiques. Sachez qu'ils feront un suivi de vos activités. Soyez transparent, l'historique de vos publications sera la preuve que vous êtes un journaliste et pas un espion."
En France, depuis 95 ans, Le canard enchaîné fait figure de référence en matière de journalisme d'investigation. C'est aussi une affaire juteuse comme le rappelle le compte-rendu de la conférence donnée par Claude Angeli, rédacteur en chef de l'hebdomadaire satirique : "Le canard enchaîné est d'une santé insolente. Jugez plutôt: en 2008,  536 000 exemplaires étaient achetés chaque mercredi et le chiffre, pour 2009-2010, n'a que peu baissé. Pas de publicité.  De l'investigation, de la vraie, des talentueux caricaturistes et un franc succès..."
Pour arriver à de tels résultats il n'y pas de secret : "offrir non seulement une information juste, mais également un journal où les caricaturistes vengent sournoisement le lecteur de ses soucis quotidiens en peignant sans complexes tous ceux qui l'étouffent - les riches, les puissants, les profiteurs."
Pour autant, on méditera le constat mi-figue mi-raisin dressé par Vincent Nouzille à propos de l'influence de la presse d'investigation : "Il faut être très modeste: cet impact est souvent limité, malheureusement...
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Posté par altiplano à 22:59 - Medias - Commentaires [0] - Permalien [#]
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