Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

31 mars 2009

Le Canada projette son soft power en Amérique latine

canadaLors d'un sondage réalisé par la BBC en 2007 dans 27 pays auprès de 28 000 personnes, le Canada s'était octroyé la première place en termes d'opinions favorables. Une image qui fait quelques envieux du côté des pays les moins aimés tels que l'Iran, Israël, la Chine, ou les Etats-Unis (à l'ère Bush)... Loin de s'endormir sur ses lauriers, le Canada poursuit son travail d'influence et n'hésite pas à projeter son soft power jusqu'en Amérique latine.
Une note du Centre d'études interaméricaines de l'université de Laval (Québec) souligne que l'Amérique latine est devenu un enjeu majeur de stratégie d'influence pour Ottawa : " il semble désormais que la région des Amériques ait définitivement été reconnue comme prioritaire pour le Canada. Qu'il s'agisse de missions d'observations électorales, comme la plus récente au Salvador, de promotion du dialogue de paix en Colombie, de projets de mines responsables au Pérou, ou de différents projets en cours à Haïti, les efforts du Canada se font sentir dans l'hémisphère".
Les autorités canadiennes activent plusieurs leviers pour jouer de leur influence : actions humanitaires, volet économique (le Canada est le troisième investisseur dans la région), contribution financière auprès de l'Organisation des Etats américains...
En écho à cette projection d'influence canadienne en Amérique latine, on lira un récent essai d'Evan H. Potter : Branding Canada, Projecting Canada's soft power through public diplomacy (McGill-Queen's University Press).


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29 mars 2009

La réinsertion incertaine des mercenaires ougandais d'Irak

ougandaL'Afrique est, avec l'Amérique latine, le continent qui aura fourni le plus de mercenaires aux sociétés militaires privées installées en Irak. En particulier l'Ouganda dont environ 20 000 nationaux, hommes et femmes, n'ont pas hésité à tenter l'aventure irakienne pour environ 600 dollars par mois alors que certains mercenaires occidentaux se vantent de toucher jusqu'à 10 000 dollars par mois. Selon le Christian Science Monitor, le recrutement d'Ougandais par les sociétés militaires privées états-uniennes ne doit rien au hasard : il existe dans ce pays d'Afrique centrale une main d'oeuvre anglophone et désoeuvrée ainsi que de nombreux soldats aguerris par vingt ans de guerre civile. Par ailleurs, l'Ouganda est un pays considéré comme acquis à la politique étrangère de Washington.
L'Ouganda commence cependant à s'interroger gravement sur le sort de ces milliers de mercenaires qui vont devoir revenir au pays après l'annonce par Barack Obama du retrait des troupes états-uniennes prévu d'ici 2010. Le quotidien ougandais Sunday Monitor se fait l'écho de la crainte des milieux politique et économiques du pays et estime que "le retour des Ougandais d'Irak pourrait déboucher sur un désastre". Certains observateurs craignent en effet que les 20 000 mercenaires ne basculent dans la criminalité faute de trouver un travail et un logement en Ouganda. L'homme d'affaire Patrick Bitature qui fut également un conseiller influent du président Yoweri Museveni souligne que l'Ouganda "a l'obligation de fournir un travail à ces jeunes gens ; les renvoyer à l'école ne suffira pas"...

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24 mars 2009

L'Argentine, l'autre pays des think tanks

cariLes think tanks ne sauraient se réduire au monde anglo-saxon. La version hispanophone de la BBC (BBC Mundo) rapporte que "l'Argentine est le cinquième pays du monde en termes de think tanks derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France". Un classement établi par l'université de Pennsylvanie qui dénombre 5 550 centres de réflexion dans le monde dont 538 situés en Amérique latine. Avec 122 think tanks, l'Argentine précède le Mexique (54), le Brésil (39) et le Chili (36). La lointaine mère patrie, l'Espagne, compte 49 think tanks.
Selon Federiko Merke, président du CARI, le plus réputé des centres de réflexion argentins (Consejo argentino para las relaciones internacionales), le bon classement de l'Argentine s'explique par l'extrême politisation de l'Etat argentin qui ne laisse guère de place à la critique et à la réflexion : "les think tanks permettent d'excercer des pressions, de réveiller les consciences, et d'imposer des problèmes politiques dans les médias". Une stratégie d'influence clairement revendiquée par Federiko Merke qui estime que les think tanks constituent "un pont entre le monde des idées et le monde de l'action". Une analyse partagée par l'influent quotidien El Clarin qui a récemment consacré son éditorial au "rôle politique des usines à idées".


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22 mars 2009

La guerre de l'information menée par Al Quaïda

al_quaidaArte diffusera jeudi 26 mars, à 23h15, un documentaire consacré à la guerre de l'information menée par Al Quaïda. Une infoguerre qui emprunte les canaux traditionnels de l'image vidéo mais qui mise également sur les réseaux numériques pour répandre la parole du groupe islamiste : "le cyber-espace est devenu l'un des champs de bataille de prédilection d'Oussama Ben Laden. Depuis le 11-Septembre, Al Qaida s'efforce de conquérir le coeur des jeunes musulmans au moyen de centaines de vidéos diffusées sur Internet."
Ce documentaire, signé par le politologue égypto-allemand Asiem El Difraoui, fait le point sur les outils utilisés par la communication d'Al QuaIda et constate ses effets : "ces nouvelles armes, terriblement efficaces, pénètrent les esprits et s'infiltrent dans le monde entier
". Mondialisation oblige, cette enquête a été menée là où est méditée la voix d'Ousama Ben Laden, à savoir Berlin, Paris, Londes, West Point, Le Caire...
En complément, on écoutera l'entretien d'Asiem El Difraoui accordé à la radio suisse RSR.

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19 mars 2009

Ali al-Jarrah, agent du Mossad au Liban

al_jarrahL'histoire est sortie dans la presse étrangère depuis plusieurs semaines déjà mais elle a eu peu d'écho en France. L'hebdomadaire Jeune Afrique revient sur l'opération d'espionnage menée par Israël au Liban par l'entremise d'Ali al-Jarrah qui, pendant plusieurs années, livra des informations de première main à Tel Aviv.
En bon agent de renseignement, Ali al-Jarrah attirait peu l'attention : "ce Libanais de 50 ans a longtemps été un homme au-dessus de tout soupçon. Bon père de famille, loyal envers ses amis, il vivait depuis près de trente ans à Maraj, un petit village de la vallée de la Bekaa.
" En public, Ali al-Jarrah affichait des opinion favorables aux Palestiniens et ne se privait pas de dire tout le mal qu'il pensait d'Israël.
Sa collaboration avec l'Etat hébreu commença en 1983, pendant la guerre au Liban, lorsqu'il faut arrêté par des militaires israéliens. Ceux-ci lui proposèrent, contre rétribution, de donner des renseignements sur les militants palestiniens, le Hezbollah et les mouvements de l'armée syrienne présente au Liban : "les services israéliens lui procurent du matériel électronique, des appareils photo, des systèmes radio, une couverture de cadre et un passeport israélien. Durant toutes ces années, Ali al-Jarrah multiplie les voyages en Syrie, au Sud-Liban, mais aussi en Belgique ou en Italie. Il se rend aussi en Israël pour des séances de débriefing".
Jeune Afrique souligne que le profil psychologique d'Ali al-Jarrah, porté sur le secret et la dissimulation, "n’a pas échappé au Mossad, qui a su tirer parti du fait qu’il avait une seconde épouse cachée, logée dans un petit appartement modeste, à Masnaa, à la frontière syrienne.
"
Ses activités finirent pas être détectées par le Hezbollah qui l'interpella, ainsi que son frère, le 7 juillet 2008. Incarcéré dans une prison libanaise, Ali al-Jarrah encourt la peine de mort pour haute trahison et espionnage.

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18 mars 2009

Rumeurs et attaques informationelles

rumeursLes travaux universitaires consacrés aux rumeurs ne datent pas d'aujourd'hui. Nous disposons d'une solide bibliographie sur le sujet qu'il convient aujourd'hui d'analyser à la lumière des blogs, des réseaux sociaux et des forums de discussion. Les Cahiers de la sécurité, très intéressante revue publiée par l'Institut national des hautes études de sécurité, proposent une note d'analyse signée Frank Bulinge et consacrée aux rumeurs utilisées comme arme d'attaque informationnelle sur Internet.
D'emblée, l'auteur rappelle le flou qui entoure la définition de la rumeur : "faute d'un consensus et d'une définition précise de la rumeur, on constate qu'à l'usage, le terme devient un concept fourre-tout, dans lequel se mélangent des phénomènes assez flous, liés à la manipulation de l'information en vue d'influencer l'opinion". Internet peut, dans ces conditions, jouer le rôle d'une caisse de résonnance d'envergure planétaire - tout au moins potentiellement - pour les attaques informationnelles en tous genres. Frank Bulinge évoque en particulier la compétition qui oppose Airbus à Boeing : "Airbus est régulièrement taxé de problèmes de de mécaniques, de commandes de vol approximatives, de "dumping", de détester les pilotes de certains pays, etc".
D'autres marques font l'objet d'attaques informationnelles de type rumoral : Procter & Gamble "accusée de pactiser avec le diable comme le prouverait son logo qui comporterait plusieurs symboles satanistes" ainsi que la société française Areva à travers l'exploitation de sentiments de peur liée à l'activité nucléaire. Pour autant, l'auteur estime que l'info-guerre à base de rumeurs n'est pas toujours gagnante : une attaque n'est en effet "jamais sûre d'atteindre la cible, de surcroît on ne connaît ni ne contrôle son pouvoir de nuisance, et encore moins ses effets secondaires ou collatéraux" 


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16 mars 2009

De la guerre des idées à l'affaire Aymeric Chauprade

diploFidèle à une longue tradition de décryptage des discours et de l'influence, Le Monde diplomatique consacre la dernière livraison de sa collection Manière de voir à la guerre des idées. Organisé autour de trois chapitres, ce numéro dissèque les "producteurs d'idées" (intellectuels, chercheurs...), les "lieux stratégiques" (think tanks, livres, articles, notes de synthèse...) et les "querelles intellectuelles" (choc des civilisations, fin de l'histoire...).
Aux antipodes de l'engagement politique du Monde diplomatique, on lira un éditorial du site Polémia qui prend la défense du chercheur Aymeric Chauprade sèchement congédié du Collège interarmées de Défense pour un texte mettant en cause la "version officielle" des attentats du 11 septembre : "en acceptant le conformisme dominant, en mettant son intelligence en jachère et son courage au repos, Chauprade aurait sûrement pu conserver son poste à l’Ecole de guerre. Mais pour quoi faire ?
"

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12 mars 2009

Les chroniqueurs de France Culture, des "ânes bâtés et des crétins"

France_CultureLa France souffre de nombreux fléaux dont l'un est à ce jour non résolu : les chroniqueurs. Pas une émission de télévision, pas un programme de radio sans son incontournable chroniqueur. France-Culture n'échappe pas à la règle. En particulier, le matin où, depuis des années, officient Alexandre Adler, Alain-Gérard Slama, Olivier Duhamel et Marc Kravetz.
Lors d'un récent débat organisé par l'association Acrimed, l'économiste Frédéric Lordon a relaté, non sans humour, comment il fut approché par Radio France qui souhaitait lui confier une chronique... et comment il a refusé : "on m'a proposé d'être chroniqueur économique pour Les matins de France Culture et j'ai refusé car c'est le plus sûr moyen de devenir un âne bâté irrécupérable (...) Vous prenez quelqu'un de très intelligent, vous en faites un chroniqueur... et vous en faites un crétin, c'est fatal !"

Frédéric Lordon avance un argument de bon sens pour expliquer son refus : "on a pas tous les jours quelque chose d'intelligent à dire ou alors on recycle toutes les couillonnades qui sont en circulation !" L'économiste  préconise de donner la parole à une quarantaine d'experts qui, contrairement aux chroniqueurs précédemment cités, ne seraient pas payés... De sensibilité anti-libérale très affirmée et foncièrement opposé au Traité européen constitutionnel en 2005, Frédéric Lordon ne manque pas de s'amuser que sa proposition s'inscrirait dans "le droit européen de la concurrence..."

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11 mars 2009

Complots en série

filmEn cette période complexe et tourmentée, les thèses conspirationnistes connaissent un succès fulgurant. Au point de générer une importante production cinématographique inspirée de l'univers complotiste. S'ils ne sont pas censurés par la législation, ces films font l'objet d'une vaste réprobation de la part des "médias mainstream" ainsi que les désignent le Réseau Voltaire.
Signe des temps, un festival des films du complot sera organisé du 13 au 15 mars prochain à Lausanne. Au programme, une demi-douzaine de documentaires consacrés au "complot de l'alimentation", au "complot du 11 septembre" et pour finir en beauté une journée consacrée à "la conspiration globale".

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10 mars 2009

Luther King et Mandela à la rescousse de la diplomatie publique américaine

rand_corpL'élection de Barack Obama restera comme une étude de cas riche d'enseignement en matière de diplomatie publique. Les Etats-Unis sont soudainement passés d'une image très dégradée à celle d'un pays ouvert, capable de se réconcilier avec sa composante afro-américaine et finalement renouer avec son meilleur produit d'exportation : the american dream. Pour autant, ce renversement d'image est-il appelé à durer ? Une note publiée par la Rand Corporation, centre de réflexion proche du Pentagone, s'interroge : " l'Amérique a un problème d'image. Le problème est mondial y compris parmi nos alliés traditionnels qui ont estimé qu'il était politiquement avantageux de critiquer les Etats-Unis."
Cette note, qui affiche l'ambition d'améliorer la diplomatie publique de Washington, a le grand mérite, comme souvent aux Etats-Unis, de regarder le monde tel qu'il est et de ne pas se raconter d'histoire. Les deux auteurs, Charles Wolff et Brian Rosen, rappellent la constante dégradation de l'image de leur pays dans le monde, en particulier dans la sphère musulmane qui semble constituer un enjeu majeur pour la diplomatie états-unienne. Après un rappel des fondamentaux de la diplomatie publique - "les programmes menés par le gouvernement et destinés à informer ou influencer les opinions publiques étrangères" -, les deux analystes préconisent de s'inspirer des succès du passé et de méditer les actions menées par Martin Luther King et Nelson Mandela qui ont atteint les objectifs qu'ils s'étaient fixés : l'égalité des droits civils pour le premier et le démantèlement de l'apartheid.

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