26 février 2009
Comment le Canada soigne les troubles mentaux post-conflit
En 2007, une étude publiée dans les Archives of internal Medecine rapportait l'étendue des troubles mentaux ressentis par les soldats états-uniens au retour d'Irak et d'Afghanistan : 25 % d'entre eux présentaient des symptômes préoccupants. Un taux élevé en comparaison de ceux enregistrés par l'armée canadienne qui estime que "la grande majorité des militaires des Forces canadiennes (FC), environ 87 pour cent, n’ont pas de problème de santé mentale lorsqu’ils reviennent d’une mission". Explication donnée par le commandement canadien, "un système de santé mental beaucoup plus vigoureux [et] des soins
de qualité supérieure lorsqu’ils sont prêts"
Les Forces canadiennes distingue les SSPT (syndromes de stress post-traumatiques) des TSO (traumatismes liés au stress opérationnel). Les SSPT n'atteignent pas uniquement les militaires et présentent "un large éventail de symptômes" : panique ou anxiété, irritabilité, repli sur soi, sommeil perturbé, comportement excentrique... Les TSO, quant à eux, concernent directement les soldats et se manifestent par un "trouble psychologique persistant découlant des tâches opérationnelles accomplies au cours du service militaire". Pour prévenir les SSPT et les TSO, l'armée canadienne a mis en place un dispositif particulier à destination de ses soldats : compétences d'auto-assistance psychologiques, dépistage de troubles mentaux, périodes de décompression, programmes d'hygiène mentale dispensés dans six cliniques des Forces canadiennes.
Source :
- Stress opérationnel (Forces canadiennes)
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25 février 2009
Langues en danger, un patrimoine immatériel à sauvegarder
En écho à la Journée de la langue maternelle qui s'est récemment tenue à l'UNESCO, signalons les multiples initiatives destinées à enrayer l'extinction des quelques 6 000 langues parlées dans le monde. L'UNESCO rappelle que "la moitié des 6 700 langues parlées aujourd'hui sont en danger de disparition d'ici la fin du siècle". A défaut de préserver des idiomes dont certains ne sont parlés que par quelques dizaines de locuteurs, certaines institutions se dépêchent de sauver ce qui peut encore l'être. La revue Seed propose d'écouter quelques enregistrements effectués par la fondation Institute for endangered languages.
Au programme :
- une chanson en langue Tofa, Sibérie centrale (35 locuteurs) : audio
- langue Ho, Inde (1 million de locuteurs) : audio
- langue Kallawaya, Bolivie (100 locuteurs) : audio
- langue Chulym, Sibérie (moins de 10 locuteurs) : audio
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23 février 2009
Le renseignement américain et les journalistes français
Le monde de la presse a toujours intéressé les services de renseignement. Aux Etats-Unis, The Office of the Director of National Intelligence a récemment rendu public un rapport consacré à l'état de la presse en France. Rien de confidentiel dans ce document qui se contente de dresser un panorama de la presse écrite, des chaînes audiovisuelles et de la blogosphère françaises.
On méditera ce propos tiré de la préface de ce Media Guide France 2008 : "parmi les quelque 37 000 journalistes français, nombreux sont ceux qui se considèrent comme des intellectuels plutôt que comme des reporters. Au lieu de simplement rapporter des faits, ils essaient souvent d'influencer les lecteurs à travers leur propre parti pris. En même temps, de nombreux journalistes politiques et économiques ont reçu une éducation élitiste et fréquenté les mêmes établissements universitaires que les hommes politiques dont ils couvrent l'actualité... Par conséquent, ces reporters n'ont guère tendance à considérer leur rôle comme celui d'un chien de garde ou d'un contrepoids aux pouvoirs politique et économique en place".
Source :
- France -- Media Guide 2008 (Open source center, Office of the director of national intelligence)
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- Dans les cuisines du Canard enchaîné
- Daniel Schneidermann : le web comme contre-pouvoir face à la presse
- La presse, un métapouvoir et une "arme de destruction massive"
22 février 2009
Variations sur la guerre culturelle et la cécité française
Signalons l'initiative de l'Ecole de guerre économique (EGE) qui a récemment lancé une web TV consacrée à l'intelligence économique et aux stratégies d'influence. Une source d'information originale et francophone qui détonne dans un bouquet éditorial essentiellement anglo-saxon... Au programme de TV AEGE, des séminaires et des conférences filmés dans les locaux de l'EGE ainsi que des entretiens avec des personnalités venant d'horizons divers : sociologie, acteurs de la veille, photographes...
TV AEGE propose cette semaine la captation d'un séminaire organisé par Christian Harbulot et consacré aux stratégies culturelles menées depuis la fin de la guerre froide. Invité à s'exprimer sur la notion de soft-power, Pierre Gueydier (Université catholique de l'Ouest) rappelle comment les arts, et la musique en particulier, ont servi d'auxiliaire à une diplomatie défaillante. Un vecteur d'influence qu'ont bien compris les Etats-Unis mais aussi la Chine et, naguère, l'URSS. A l'heure des canaux d'information numérique, Pierre Gueydier porte un constat amère sur la cécité française : "il n'y a pas de stratégie d'influence française sur Internet..."
Autre invitée, l'artiste Aude de Kerros s'insurge contre l'article de l'hebdomadaire états-unien Time qui, en 2007, avait pronostiqué "la mort de la culture française". Une attaque devenue doxa qui s'inscrit selon elle dans un projet qui remonte à la guerre froide : "les Américains avaient le problème de détruire les références de la culture européenne et de l'avant-garde européenne..."
Source :
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- Quand la CIA infiltrait la culture...
- Présence et influence des fondations philanthropiques américaines en Europe
- Du Plan Marshall à l'américanisation de la France
21 février 2009
Diplomatie culturelle française : de la com' à défaut de budget
Au mois de décembre dernier, le sociologue Dominique Wolton dénonçait l'affaissement de la diplomatie culturelle française et recommandait au Quai d'Orsay de "mener une grande politique
offensive. Non plus en termes de puissance, mais d'influence, et cette
dernière réside dans sa capacité à agir sur la culture, l'art, la
science et la communication." Un conseil resté lettre morte puisque selon Le Monde les budgets alloués au rayonnement de la France baissent de 13 % et ceux dédiés à la solidarité avec les pays pauvres diminuent de 20 %. Quant aux 148 centres et instituts culturels français, leur dotation subit le même sort : - 12 % au Maghreb, - 15 % en Chine, - 23 % au Chili, - 30 % dans les républiques d'Asie centrale.
A défaut de maintenir le niveau d'activité de sa diplomatie culturelle, le ministère des Affaires étrangères communique. Dans sa lettre d'information de la promotion du français (Francofil), il rappelle les moyens humains déployés pour "renforcer la position internationale du français" : 154 services de coopération et d’action culturelle dans les ambassades
et consulats de France, 376 établissements culturels, dont 230 alliances
françaises conventionnées et 149 instituts et centres culturels. Du côté du réseau éducatif, 428 lycées français (dont 252 dépendant de l’Agence pour l’enseignement
du français à l’étranger) dans 152 pays accueillant plus de 235 000
élèves (dont 56 % d’étrangers).
Pendant ce temps-là, le British Council verra son budget croître de 5,5 %, le Goethe Institut (Allemagne) verra le sien augmenter de 12,4 % et l'Espagne, avec ses Institutos Cervantes, accordera un budget accru de 66 %.
Source :
- Les agents du réseau culturel français (ministère des Affaires étrangères)
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- Les réseaux culturels français menacés d'étouffement
- La culture, incontournable volet de la diplomatie d'influence de la France
- Le Sénat se penche sur la diplomatie culturelle de la France
20 février 2009
Langues en danger
Environ 6 000 langues sont parlées dans le monde. Une diversité qui se réduit comme peau de chagrin : 2 500 langues courent un danger de disparition faute de locuteurs. A l'occasion de la Journée de la langue maternelle qui aura lieu le 21 février, l'UNESCO présente la version électronique de son atlas linguistique et sonne le tocsin : " sur les quelque 6 000 langues existant dans le monde, plus de 200
langues se sont éteintes au cours des trois dernières générations, 538
sont en situation critique, 502 sérieusement en danger, 632 en danger
et 607 vulnérables."
A la lecture de cet atlas, le déclin du patrimoine linguistique humain semble inéluctable : "199 langues comptent moins de dix locuteurs et 178 autres langues entre 10 et 50 locuteurs." Parmi les langues récemment éteintes, l'UNESCO cite le mannois parlé sur l'île de Man, l'aasax jadis pratiqué en Tanzanie ou l'oubykh disparu de Turquie en 1992.
La France pour sa part n'échappe pas à ce triste destin puisque 26 langues sont menacées dont "13 sérieusement en danger, 8 en danger et 5 en situation vulnérable".
Source :
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- La langue fransaise au Japon, s'est trè classe !
- Géopolitique de la langue française
- La langue française s'invite dans la diplomatie croate
18 février 2009
La piraterie aérienne et son évolution meurtrière
Les attentats du 11 septembre 2001 marquent une rupture dans l'utilisation criminelle que les terroristes ont assignée aux avions. Jadis utilisés à des fins de détournement, les aéronefs sont brusquement devenus des vecteurs à fort potentiel de destruction. Un article signé Michel Dupont-Elleray, et paru dans la Revue stratégique (n° 85), revient sur l'évolution de cette menace venue des airs.
L'auteur distingue "les trois âges de la piraterie aérienne" : la première période recouvre les actes de détournement et de prise d'otages. Les années 1970 ont illustré ce premier âge avec plusieurs dizaines de détournements : "tous
ces actes, revendiqués par des groupuscules plus ou moins identifiés,
ont en commun un mode d’action particulièrement violent (...) Il s’agit donc d’une forme
classique de terrorisme, assortie le plus souvent d’un chantage – la
libération de prisonniers contre la vie des passagers et membres d’équipage
– soutenu par une logistique importante, puisque les crimes commis le
sont un peu partout dans le monde et visent les compagnies les plus
diverses."
La deuxième période prend naissance au début des années 1970 et connaît son apogée dans les années 1980 : "le sabotage et la destruction en vol de l'aéronef [permet] de frapper brutalement l’opinion
publique qui retiendra l’image sinistre d’un cockpit de jumbo jet fiché dans la terre froide
d’une cité écossaise de 3 000 habitants" en référence à la destruction du Boeing de la Pan Am en 1988 au-dessus de la ville de Lockerbie.
Plus près de nous, le troisième âge apparaît en 2001 et désigne l'action de "19 pirates de
l’air répartis en commandos [qui] s’emparent aussi des commandes des appareils,
ce qui est inédit, et transforment les avions commerciaux en une arme de
guerre".
Source :
- Géopolitique du terrorisme aérien : de l'évolution de la menace à la diversité de la riposte (Revue stratégique)
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17 février 2009
Comment Israël mène des opérations clandestines contre l'Iran
Dans un article bien informé paru dans Libération le 10 décembre dernier, le journaliste Bernard Guetta faisait état d'une conversation qu'il avait eue avec un haut responsable israélien à propos de l'avancement des recherches nucléaires menées par l'Iran : "les Iraniens ne sont plus loin de leur but. Ils y parviendront et le monde entier s’y est résigné, même nous"... Un ton qui tranche avec la détermination affichée par l'Etat hébreu dans la lutte qui l'oppose à l'Iran. En coulisse, cependant, les autorités de Tel Aviv semblent ne pas lâcher le morceau. Selon le quotidien londonien The Daily Telegraph, Israël a lancé des opérations clandestines visant à retarder le programme nucléaire iranien.
Se basant sur des sources proches des milieux états-uniens du renseignement, le quotidien affirme que les opérations clandestines israéliennes "prévoient l'assassinat de personnalités de haut niveau impliquées dans le programme nucléaire iranien (...) L'objectif est de ralentir ou d'interrompre le programme de recherche iranien en évitant une confrontation directe qui pourrait déboucher sur une guerre de plus grande ampleur".
L'élection de Barack Obama et sa décision de négocier avec Téhéran semblent constituer un facteur d'incertitude pour Tel Aviv qui avait pris l'habitude, ces dernières années, de compter sur un alignement systématique de Washington sur ses positions. Pour The Daily Telegraph, réputé favorable à Israël, "les Israéliens savent que l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche signifie un changement d'esprit".
Les opérations clandestines israéliennes dirigées contre l'Iran s'inscrivent dans un modus operandi ancien. Le Telegraph rappelle que "le nom du Mossad avait été cité à l'occasion de la mort de Ardeshire Hassanpour, un scientifique de haut niveau iranien qui décéda dans de mystérieuses circonstances à la suite d'un "empoisonnement au gaz" en 2007".
Source :
- Israel launches covert actions against Iran (The Daily Telegraph)
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- Israël face aux limites de sa campagne médiatique contre l'Iran
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16 février 2009
La diplomatie publique, ça s'apprend
Il n'est pas donné à tout le monde de savoir s'adresser aux opinions publiques internationales. Surtout lorsqu'il s'agit de défendre une politique jugée défavorablement aux quatre coins de la planète ; on pense bien sûr à l'Iran, à la Russie, à Israël, à la Chine dont l'image est singulièrement dégradée. On pourrait ajouter la Corée du Nord, les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, la Biélorussie... (liste non exhaustive). Autant de nations confrontées à de sérieux dommages en termes de réputation et de gestion médiatique.
Aux diplomates de ces pays - et de bien d'autres... - la University of Southern California propose une formation de deux semaines consacrées à la maîtrise de la diplomatie publique. Au programme, des cours dédiés à la persuasion et l'influence, aux enjeux de la "cyber-diplomatie" et de la e-réputation ainsi que des leçons sur le soft-power et la diffusion d'information par les canaux informationnels classiques et périphériques. Côté formateurs, "quelques uns des plus éminents experts mondiaux de la diplomatie publique" à savoir des spécialistes états-unien, israélien et britannique (une alliance tripartite tout à fait probable en Californie...)
Coût de cette formation : 5 500 dollars.
Source :
- Summer Institute in Advanced Public Diplomacy (USC Center on Public Diplomacy at the Annenberg School)
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- Un nouveau site pour la diplomatie publique de Washington
- Les entreprises au chevet de la diplomatie publique des Etats-Unis
15 février 2009
Les armes du crime... sont au secret
Le magazine Liaisons, édité par la Préfecture de Police de Paris, propose un intéressant hors-série consacré aux nouveaux mystères de Paris. Au programme, un voyage dans le Paris insoupçonné : "des recoins
interdits des catacombes au sommet de la Tour Eiffel, des galeries
secrètes du Louvre aux caches des truands..." A noter également un reportage détonnant sur les armes collectées par la police à l'occasion d'affaires criminelles et politiques. On y trouve "le pistolet tchèque semi-automatique VZOR 50 avec silencieux ayant servi en 1991 dans l'assassinat de Shapour Bakhtiar, politicien iranien à la tête du mouvement de résistance nationale de l'Iran, combattant la république islamique". On y trouve également "le colt 45 utilisé par Action Directe pour le meurtre de l'ingénieur général de l'armement René Audran, le 25 janvier 1985".
Pour des raisons de sécurité, ces armes sont conservées dans un lieu tenu secret. D'autres, plus anciennes, sont exposées dans le pittoresque Musée de la Préfecture de Police.
Source :
- Les armes du crime (Préfecture de Police de Paris)