31 décembre 2008
You Tube, champ de bataille Israël-Palestine
La gestion médiatique et numérique fait désormais partie de la panoplie du bon soldat. En témoigne le compte ouvert sur You Tube par l'armée israélienne qui y diffuse ses propres vidéos des opérations militaires en cours dans la bande de Gaza : Idfnadesk. A ce jour, 14 extraits rendent compte des frappes sur les sites et véhicules palestiniens mais aussi "l'aide humanitaire fournie par Israël"...
L'ouverture de ce canal d'influence sur l'un des sites les plus consultés du monde est à rapprocher de l'initiative similaire lancée par le Hamas au mois d'octobre dernier : Al Aqsa Tube. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une première de la part de l'Etat hébreu qui a déjà investi MySpace et la blogosphère. Selon Haaretz, ce nouveau canal s'inscrit dans "une campagne visant à attirer le soutien international au faveur des opérations militaires contre les infrastrucutres du Hamas à Gaza".
Source :
Sur le même thème :
27 décembre 2008
Du Viagra contre un bon tuyau
Quatre lettres : MICE... Les services de renseignement utilisent depuis longtemps déjà cet acronyme pour décrire les motivations des individus qui se livrent à l'espionnage : Money, Ideology, Coercicion, Ego... Quatre comportements types, régulièrement constatés, auxquels il convient d'ajouter l'incontournable S comme Sexe... Cette cinquième lettre n'a pas été oubliée par la CIA qui offre du Viagra aux chefs de guerre afghans en échange d'informations.
Le Washington Post rapporte le témoignage d'un agent de la CIA qui, sous couvert d'anonymat, raconte comment il a proposé des petites pilules bleues à un chef de guerre : "Prenez-en une... Vous allez adorer..." Résultat : "Il est revenu, tout sourire, quelques jours plus tard et nous a fourni un pactole d'informations sur les Talibans". Il est vrai que les caïds locaux sont parfois âgés et peuvent épouser jusqu'à quatre femmes... Selon la CIA, "tout ce qui peut permettre de se faire des amis ou d'influencer les personnes, que ce soit construire des écoles ou distribuer du Viagra" doit être envisagé pour gagner les coeurs et les esprits.
Comme le rappelle le Washington Post, "il existe une longue tradition, au sein des agences de renseignement du monde entier, d'utiliser le sexe comme facteur de motivation".
Source :
- Little Blue Pills Among the Ways CIA Wins Friends in Afghanistan (The Washington Post)
Sur le même thème :
23 décembre 2008
Les secrets de Kim Jong Il entre les mains de médecins français
A quelques semaines de son anniversaire qui sera célébré le 16 février prochain, la santé de Kim Jong Il n'en finit pas de susciter la curiosité des gouvernements étrangers. Les rares apparitions en public du Cher Leader ont fini par alimenter les rumeurs les plus alarmistes sur son état de santé. Selon les services de renseignements sud-coréens et états-uniens, Kim Jong Il serait rétabli. Une information que pourraient confirmer ou démentir les services français qui disposent d'une information de première main sur l'état réel du président nord-coréen.
Un remarquable article de Georges Malbrunot publié le 11 décembre dernier dans Le Figaro rapportait les témoignages de médecins français qui, depuis des années, se succèdent au chevet des dirigeants nord-coréens : "Au printemps 2004, le professeur Yves Boin [pseudonyme] reçut un étrange appel
téléphonique. «Les services de renseignement français pensaient que
j'étais en possession d'un tube de sang du leader Kim Jong-il, qui
aurait eu le sida»". Ce neuro-chirurgien fut par la suite convié à PyongYang en tant que conseil médical et fut "hébergé dans un hôtel qui disposait d'un système de couloirs
souterrains, permettant d'accéder directement aux appartements du
dictateur".
Un autre médecin français a très récemment rendu visite au dirigeant nord-coréen. Entre serment d'Hippocrate et information sensible, il estime que "Kim Jong-il a été victime d'un accident vasculaire cérébral, mais il
n'a pas été opéré. Aujourd'hui, il va mieux. Les photos qui viennent
d'être publiées me paraissent actuelles et authentiques. Il me semble
que Kim Jong-il est aux commandes de la Corée du Nord. Je ne peux pas
en dire plus, je suis tenu au secret médical et au secret d'État»"
De son côté, l'agence officielle Naenara continue de rendre compte des activités de Kim Jong Il : visite de bibliothèque, de fabrique de médicaments, d'institut de formation informatique...
Source :
- Ces médecins français au chevet de kim Jong Il (Le Figaro)
Sur le même thème :
- La Corée du Nord dans l'oeil du photographe
- Kim Jong Il et "la fleur épanouie au coeur de l'humanité"
- Un anniversaire injustement passé sous silence...
- Ces malades qui nous gouvernent
22 décembre 2008
Henri IV, un cador de l'agit-prop
La communication politique n'a pas commencé avec Jacques Séguela. Sans que l'on puisse dater précisément l'origine de la propagande, l'histoire nous enseigne que, très tôt, les dirigeants politiques les plus rusés ont su mettre en scène leur pouvoir. Dans un dossier consacré aux Rois de France, Le Point propose un retour sur Henri IV dépeint comme un Prince de la propagande.
Sous la plume de l'historien Michel Cassan, Henri IV apparaît comme un chef "qui porte la plus grande attention à la facture de ses portraits et à leur diffusion publique [et qui] s'est entouré d'artistes et d'artisans chargés de mettre en images ses ses faits d'armes et les moments décisifs de sa geste". Conscient qu'il faut multiplier les supports à son effigie, Henri IV eut recours à de nombreux peintres afin de décliner son image à "un coût modique, propice à une plus ample diffusion". Résultat : le visage du souverain fut connu de tous ses sujets.
Les communiquants de Henri IV n'hésitèrent pas à convoquer les grandes figures de l'Antiquité et de la Renaissance pour créer le total look du leader : "Au début de son règne (1589), le souverain doit conquérir son royaume
et les images d'un roi guerrier fleurissent. Henri est représenté à
cheval ou en pied, épée au côté, bâton de commandement en main, buste
cuirassé, casque empanaché sur la tête ou posé à ses pieds. Il est
Hercule, Mars, Persée, il vole de victoire en victoire et reçoit
l'allégeance de ses sujets (...) Le triomphe militaire assuré, Henri IV paraît
sous les traits de l'Hercule gaulois obtenant le ralliement de ses
sujets par ses paroles et son éloquence. Une fois couronné, d'autres
portraits le montrent en majesté, dans ses vêtements du sacre."
Source :
- Henri IV, Prince de la propagande (Le Point)
Sur le même thème :
- Musique et propagande
- Narration visuelle, persuasion et pouvoir
- De l'influence des consillers en communication
19 décembre 2008
Terrifiante criminalité contre les femmes du Guatemala
Depuis 2000, 3 500 femmes ont été violées et assassinées au Guatemala. Dans l'indifférence générale, la criminalité exercée contre les femmes ne cesse de croître dans ce petit - et attachant - pays d'Amérique centrale. Geo propose un terrifiant reportage consacré aux "femmes sacrifées du Guatemala" : fillettes, jeunes filles, femmes font l'objet de crimes liés aux gangs, aux trafiquants de drogue et à une violence masculine traditionnelle. Selon Ileana Alamilla, directrice de l'agence de presse Cerigua, "la société guatémaltèque est très violente et il y a beaucoup de machisme, de discrimination. Beaucoup de femmes sont violées avant d'être assassinées, certaines sont démembrées..."
Malgré la récente adoption d'une loi visant à lutter contre les meurtres de femmes (les fémicides), les autorités du Guatemala ont dénombré plus de 600 assassinats durant les neuf premiers mois de 2008...
Source :
- Les femmes sacrifiées du Guatemala (Geo Web Reportage)
Sur le même thème :
17 décembre 2008
Le lancer de godasses, une discipline très tendance
Les images ont fait le tour du monde : Mountazer al-Zaïdi, journaliste irakien de la chaîne al-Bagdadia, lançant ses deux godasses au visage de George Bush est en passe de devenir l'idole des damnés de la terre. On appréciera au passage la magnifique esquive du président... Même le service d'information du Département d'Etat n'a pu passer sous silence ce désopilant happening : "Il reste encore de nombreux défis à relever mais les Etats-Unis demeureront prêts à apporter leur aide, a affirmé le président Bush, reconnaissant que le public était encore mécontent du rythme des changements accomplis, comme l'a illustré le journaliste Muntader al-Zaidi en lançant ses chaussures sur le podium où MM. Bush et Maliki tenaient leur conférence de presse. "Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit d'une pointure 42", a plaisanté M. Bush qui est sorti sain et sauf de la mêlée. "C'est ce qui arrive dans les sociétés libres"."
Déjà, de nombreuses parodies de l'attaque à la chaussure ont fleuri sur la toile. On trouvera une sélection d'images animées sur les site BoingBoing et un premier produit dérivé : Flying Babush...
Source :
- Visite impromptue d'adieu de M. Bush en Irak et en Afghanistan (State Department)
Sur le même thème :
16 décembre 2008
"La perte d'influence de l'Europe" selon Washington
Le récent rapport du National Intelligence Council (NCI) consacré aux tendances mondiales à échéance 2025 réserve un sort peu enviable à l'Europe : le vieux continent sera confronté à "une perte d'influence" et risque de devenir "un géant bancal dérangé par des chicaneries internes et des objectifs nationaux concurrentiels". Selon les analystes du CNI, l'Europe cumule une série de handicaps qui l'empêcheront de "de transformer sa prépondérance économique en influence internationale" : vieillissement de la population, défis posés par des populations migrantes "notamment musulmanes", dépendance énergétique envers la Russie, menaces criminelles, impuissance à mettre en place les réformes nécessaires face une population moins nombreuse... Autant de calamités dont on se demande si elles relèvent de l'analyse prospective ou du désir refoulé de voir l'Europe s'effondrer sur elle-même.
Source :
- La perte d'influence de l'europe à l'horizon 2025 (State Department)
Sur le même thème :
12 décembre 2008
Les réseaux culturels français menacés d'étouffement
Il est assez rare que les intellectuels réfléchissent à la notion d'influence surtout lorsque celle-ci est mise au service de la France. On lira avec d'autant plus d'attention la tribune que le sociologue des médias Dominique Wolton consacre aux dangers qui guettent le réseau culturel français à l'étranger : "on ferme des centres au coup par coup en
Europe, centres qui, avant la chute du mur de Berlin, furent de hauts
lieux de repérage de jeunes talents, d'échange et de formation des
élites - artistes, archéologues ou scientifiques. Quant au réseau des
269 lycées français à l'étranger, son financement est ébranlé par la
coûteuse promesse du président de la République d'instaurer la gratuité
d'inscription pour les étudiants français."
La France devrait, selon Dominique Wolton, jouer sur un registre où elle dispose de nombreux atouts : "à
l'heure de la mondialisation, la France doit mener une grande politique
offensive. Non plus en termes de puissance, mais d'influence, et cette
dernière réside dans sa capacité à agir sur la culture, l'art, la
science et la communication." Malheureusement les choix budgétaires actuels "amputent la France
de sa capacité d'action mondiale. Les Chinois, les Russes sont en train
d'étudier notre modèle pour l'adapter, et c'est à ce moment-là qu'on
l'estime dépassé? Arrêtons ce masochisme!"
Dominique Wolton préconise de "ne rien
lâcher de la culture traditionnelle qui a fait le rayonnement de la
France: la langue, les sciences sociales, la littérature, les arts,
les spectacles vivants. Mais il doit étendre son périmètre aux
sciences, à la technique...". Autre carte à jouer, la francophonie qui doit faire du français "une langue de la modernité".
Source :
- La France brade son réseau culturel à l'étranger (Bibliobs - Le Nouvel Observateur)
Sur le même thème :
- La francophonie, cible du monde anglophone
- La culture, incontournable volet de la diplomatie d'influence de la France
- Le Sénat se penche sur la diplomatie culturelle de la France
10 décembre 2008
L'OTAN gère la diplomatie publique de l'armée française en Afghanistan
La guerre menée en Afghanistan par les troupes coalisées de l'OTAN n'est guère remise en cause par les partis politiques. Mais l'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français le 19 août dernier a provoqué un début de polémique portant sur les conditions d'engagement de troupes sous-équipées. Est-ce pour prévenir tout mouvement d'opinion qui pourrait un jour contester la présence française en Afghanistan, la "Division diplomatie publique" de l'OTAN organise une exposition photographique itinérante consacrée à "l'engagement de la France en Afghanistan et sa contribution à l'ISAF".
Baptisée "French soldiers in the heart of Afghanistan", cette exposition est alimentée par la production photographique de l'armée française dont certains clichés, publiés dans Terre Information Magazine, ont reçu des distinction lors du festival international de photojournalisme de Perpignan. Inaugurée le 13 octobre dernier à Bayonne, l'exposition sera ensuite montée dans plusieurs villes françaises avant de se poser à Strasbourg à l'occasion du 60ème anniversaire de la création de l'OTAN les 3 et 4 avril 2009.
Les 33 photographies de l'exposition sont également visibles dans une galerie dédiée du site d' l'OTAN.
Source :
Sur le même thème :
- Querelle autour des opérations psychologiques de l'OTAN
- L'OTAN soigne sa diplomatie publique
- Un Français à la tête de la diplomatie publique de l'OTAN
- L'OTAN et le nouvel environnement informationnel
09 décembre 2008
L'Histoire à l'épreuve du devoir de mémoire
Depuis une quinzaine d'années, la France se livre à une insondable querelle des lois mémorielles comme seul notre pays en a le secret. Colonisation, communisme, collaboration, génocides... rien ne semble échapper à la "vigilance" des historiens. A l'occasion des travaux de la Mission d'information sur les questions mémorielles instituée par l'Assemblée nationale, l'historien Pierre Nora a porté un regard très critique sur l'arsenal juridique mis en place depuis la loi Gayssot : "nous sommes en effet face à une dérive législative à laquelle la France a été le seul pays à se livrer. Elle témoigne de la gravité du symptôme mémoriel qui affecte notre temps". Pierre Nora vise en particulier "la loi "Gayssot", mère de toutes les autres lois mémorielles". Promulguée le 13 juillet 1990, cette loi tend "à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe".
En 2005, l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau avait publié un ouvrage consacré aux traites négrières qui lui avait valu d'être assigné en justice par le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais. Echaudé par cette affaire, Pierre Nora, estime que "ce malheureux Pétré-Grenouilleau a subi pendant plus d'un an une véritable persécution dont sa carrière et sa famille ont été affectés". Ce collectif a finalement renoncé à son action mais Pierre Nora estime que "si la France doit s'ériger en procureur de son propre passé et en juge de la conscience universelle, allons-y gaiement aussi avec les Indiens d'Amérique ! La "pan-diabloisation" de l'Histoire est très grave et doit s'arrêter".
Désireux de mettre un terme aux "lois établissant des vérités d'Etat", Pierre Nora préside l'association Liberté pour l'Histoire dont l'objectif vise à combattre la décision-cadre européenne des 19-20 avril 2007 élargissant les préconisations de la loi Gayssot à tous les crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Source :
- Audition de Pierre Nora (Assemblée nationale)
- Rapport d'information fait au nom de la Mission d'information sur les questions mémorielles (Assemblée nationale)
Sur le même thème :