16 mai 2008
La deuxième mort du Turkmenbashy
Achgabat, la capitale turkmène, va perdre l'un des principaux fleurons architecturaux. La colossale statue à l'effigie de feu le président Saparmurat Niyazov (dit Le Turkmensbashy) qui trônait au centre de la ville va être prochainement démantelée. La décision a été annoncée par son successeur, Gurbanguly Berdymukhammedov, qui a également mis fin à l'interdiction qui frappait la représentation d'opéras, de ballets et de cirques sur le territoire national.
Officiellement baptisée L'Arche de la Neutralité, la statue dorée à l'or fin était juchée au sommet d'un monumental trépied et tournait à la cadence du soleil... à moins que ce ne soit le soleil qui tourne au rythme du Turkmenbashy. Mais que les amateurs d'architecture se rassurent : la statue sera remontée au sud d'Achgabat...
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12 mai 2008
Emmanuel Todd déplore l'atlantisme des élites françaises
Les lecteurs d'Emmanuel Todd connaissent bien ses prises de position iconoclastes. Qu'il s'agisse de la critique du choc des civilisations qu'il récuse, du protectionnisme économique qu'il soutient ou du déphasage entre le parti socialiste et les classes populaires qu'il pointe avec précision, le démographe sait se faire des ennemis... Invité du Club de la presse Internet, Emmanuel Todd n'a pas failli à sa réputation en livrant son analyse de l'atlantisme de Nicolas Sarkozy : "J'ai le sentiment que son atlantisme est sincère. On a peut-être pas assez mesuré l'atlantisme ou le néo-atlantisme dans les élites françaises. La population française, au moment de la guerre d'Irak, était tout à fait derrière Chirac et Villepin ; les sondages le montraient. Mais quand on se baladait dans l'establishment parisien, dans les studios de radio et de télévision, on entendait tout à fait autre chose !"
A la question essentielle de savoir si l'atlantisme est un défaut, Emmanuel Todd apporte cet éclairage pessimiste : "Du point de vue d'un pays comme la France c'est une véritable catastrophe diplomatique puisque la France n'intéresse le monde que pour deux caractéristiques : une démocratie occidentale porteuse des grandes idées de la Révolution, d'égalité, des droits de l'homme, etc... Et d'indépendance vis-à-vis de l'autre grande tradition démocratique libérale anglo-saxonne. A partir du moment ou la France s'aligne sur les Etats-Unis, elle cesse d'exister littéralement, elle n'intéresse plus personne (...) Il va y avoir un coût assez élevé en termes économiques et technologiques du sarkozysme. Alors qu'on devrait être en train de collaborer sur toutes sortes de projets intéressants avec les Russes, avec l'Iran, avec l'Inde, Sarkozy est en train de nous planter tout ça avec son alignement atlantiste".
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11 mai 2008
Désencyclopédie, poilante parodie de Wikipédia
Les occasions de sourire ne sont pas si fréquentes : la baisse du pouvoir d'achat, la catastrophe naturelle en Birmanie, les chroniqueurs de Canal +, les livres sur "Mai 68", les chansons de Cali... L'homme contemporain est décidément exposé à d'insoutenables sévices. Raison de plus pour filer directos sur le site Désencyclopédie, une poilante parodie de Wikipédia "écrite entièrement par des singes savants".
A la une de l'édition de ce jour, surlendemain de la disparition programmée puis annulée de Pascal Sevran, Désencyclopédie évoque la décision du gouvernement "d'organiser un référendum pour décider de la mort du présentateur"... Mais les rédacteurs ne se contentent pas de racler les fonds de tiroir des vieilles gloires médiatiques. Sur le problème ô combien préoccupant de l'éducation, Désencyclopédie rappelle avec justesse que "les jeunes enfants auraient des buts irréalistes (...) Beaucoup d'entre eux ne connaissent strictement rien à la fiscalité
et ne savent pas du tout en quoi consistent des métiers tels que banquier,
investisseur ou courtier en bourse. Ils ont des idées édulcorées de ce
que sera leur futur... idées qu'il faut leur ôter de l'esprit avant
qu'ils ne perdent tout sens des réalités fiscales !"
Quant aux grandes questions géopolitiques du Proche-Orient, elles ont toute leur place avec cette analyse lumineuse et méconnue sur les origines du Hezbollah : "Le Hezbollah a été fondé par Monsieur Bollah, roi de l'empire grec à son époque homosexuelle. Pour la parité, une version lesbienne du parti a été fondée en même temps, le Lezbollah."
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02 mai 2008
La "vérité" selon la U.S. Defense Information School
"Vérité, confiance et crédibilité"... A quel journal, à quelle revue, à quelle chaîne de télévision ce beau slogan appartient-il ? A aucun... Il est au coeur du programme de la formation dispensée par la U.S. Defense Information School (DINFOS). Située dans le Maryland, à proximité de Washington D.C., cette école, qui dépend du Département de la Défense, a pour vocation de former le personnel militaire afin de lui enseigner l'art de la communication aussi bien à destination de la presse écrite que du "journalisme électronique", mais aussi dans le domaine de la photographie et de la radio. Chaque année, la Defense Information School reçoit environ 3 500 stagiaires, des militaires bien sûr mais également des civils parmi lesquels des cadres issus du gouvernement états-unien ainsi que des journalistes de la presse étrangère. Depuis sa fondation, en 1946, la DINFOS a accueilli des stagiaires provenant de plus de 70 pays.
Selon le commandant en second de la Defense Information School, le Lieutenant-colonel Ronald Watrous, "avec plus de 1,4 millions de personnes servant dans toutes les branches de l'armée américaine, il existe une forte demande d'information sur les activités militaires". Quant aux auditeurs issus du milieu civil, en particulier les journalistes, l'officier estime que les lois de l'information telles qu'elles sont enseignées à la DINFOS stipulent que "la propagande n'a pas sa place dans les programmes de relations publiques du département de la Défense".
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01 mai 2008
Radio Free Europe visée par une cyber-attaque
La cyber-criminalité politique vient de faire une victime supplémentaire. Après les attaques informatiques massives lancées l'an dernier contre l'Estonie et l'Allemagne, c'est au tour du site de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE/RL) d'être touché par une salve numérique sans précédent. Le 26 avril, les intrusions ont d'abord visé le site biélorusse de la radio avant de s'étendre aux sites du Kosovo, d'Azebaïdjan, de Russie, du Tadjikistan... Selon Luke Springer, directeur technique de RFE/RL, l'attaque a rendu impossible la consultation de ces sites par les internautes : "le mode opératoire de cette attaque consistait à saturer le site en le bombardant de fausses requêtes".
Radio Free Europe-Radio Liberty, financée par le Congrès des Etats-Unis, émet des programmes en 28 langues en Europe et au Proche-Orient. Ses premiers programmes ont été diffusés en 1950 en Tchécoslovaquie avec l'objectif de combattre le communisme au coeur du système et d'imposer, par la méthode douce, l'American way of life à travers la musique, la mode, le divertissement et l'information. Cette stratégie d'influence a contribué à abattre les dictatures communistes et vise aujourd'hui un autre objectif : briser les liens qui unissent les pays voisins de la Russie (le fameux "étranger proche"...) et isoler Moscou sur la scène internationale. En retour, Moscou et ses alliés exploitent les réseaux numériques pour mieux déjouer la stratégie états-unienne.
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