Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

30 octobre 2007

Le renseignement allemand rénove ses structures

bnd_deA l'instar de ce qui se passe dans plusieurs pays européens, les autorités allemandes ont décidé de renforcer leurs services de renseignement extérieur. Le célèbre BND (Bundesnachrichtendienst) subira "une réforme exhaustive et ses structures vêtustes seront rénovées" selon Stefan Borchert le porte-parole du BND.
Composé de 6 000 agents, le Bundesnachrichtendiest est actuellement organisé autour  de huit départements : analyse de données, crime organisé et terrorisme international, sécurité et défense... Il devrait bientôt compter douze départements dont un consacré à la surveillance du trafic d'armes.
Autre nouveauté, le cloisonnement qui séparait jusqu'ici les agents sur le terrain et les analystes  devrait disparaître. Une initiative qui répond probablement aux enjeux de la circulation de l'information en milieu sensible.
Stefan Borchert a précisé que cette réforme a été précédée d'un long débat afin de préparer le BND aux "futurs défis" et a démenti qu'elle était liée aux scandales qui ont récemment terni l'image du service. Le BND avait en effet espionné plusieurs journalistes et n'avait mis un terme à ces pratiques qu'en 2005.

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28 octobre 2007

Du soft power au smart power

tgjnConfrontés à un anti-américanisme de plus en plus virulent, les Etats-Unis essaient de répondre par de nombreux moyens à ce désaveu international. Mais la diplomatie publique états-unienne n'est pas à la hauteur du défi selon le professeur Joseph S. Nye, Jr qui estime que "l'Amérique doit mélanger le pouvoir dur et soft en un "pouvoir intelligent", comme elle le faisait du temps de la guerre froide."
Selon Joseph Nye, théoricien du soft power, Washington a commis une erreur majeure en réduisant les budgets consacrés à la diplomatie publique : "Bien des outils officiels du pouvoir soft ou de “séduction” comme la diplomatie publique, la radio et la télévision, les programmes d’échange, l’aide au développement, l’aide humanitaire en cas de catastrophe, les contacts entre militaires, sont dispersés autour du gouvernement sans que soient mis en place de stratégies ou de budgets globaux qui permettraient de les intégrer davantage."
Dans un article publié dans la version française de la revue Foreign Policy, Joseph Nye estime que "tant que les Américains ne donneront pas la priorité à cette stratégie du “pouvoir intelligent”, nous nous empêtrerons pour plusieurs générations dans la lutte contre le terrorisme islamiste extrémiste."

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24 octobre 2007

L'ENA fait le pari de l'intelligence économique

enaL'Ecole nationale d'administration semble en passe de prendre la mesure des menaces informationnelles induites par l'économie contemporaine. Elle propose pas moins de trois formations liées, peu ou prou, à l'intelligence économique : la première porte sur le rôle de l'Etat dans l'intelligence économique, la deuxième concerne le lobbying européen dont "le programme s'attache à approfondir les connaissances relatives aux stratégies d'influence"...
La troisième, enfin, est consacrée à la communication de crise et vise à "acquérir les réflexes de base en situation de crise" et à "mettre en place une stratégie de communication adaptée".

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23 octobre 2007

Walt Disney à la rescousse du Département d'Etat

welcomeLes procédures de sécurité liées à l'entrée sur le territoire états-unien ont été sévèrement revues à la hausse depuis les attentats du 11 septembre 2001. On ne compte plus les incidents provoqués dans les salles d'embarquement par les interrogatoires imposés aux voyageurs. Conscients que ces mesures de sureté nuisent à l'image des Etats-Unis, le Département de la sécurité intérieure (Department of homeland security) et le Département d'Etat (State Department) ont conclu un partenariat avec les studios Walt Disney afin de réaliser un film destiné à l'accueil des visiteurs sur le sol états-unien.
Intitulé Welcome, Portraits of America, ce film a été dévoilé lundi soir devant un public choisi qui comptait entre autres Karen Hughes la sous-secrétaire d'Etat chargée de la diplomatie publique.
Cette initiative sera certainement très appréciée par le sénateur républicain et candidat en lice pour la Maison Blanche John Mc Cain qui réclame la création d'une agence chargée de restaurer l'image positive des Etats-Unis à l'étranger.

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21 octobre 2007

La Chine mise sur la guerre de l'information électronique

honker_union_of_chinaDepuis les attaques informatiques lancées contre l'Estonie au mois de mai dernier et les récentes tentatives de pénétration chinoises dans les systèmes d'information occidentaux, la cyberguerre apparaît comme un acte de belligérance parmi d'autres. La revue Défense Nationale propose dans sa livraison du mois de novembre un article de Laurence Ifrah consacré aux cyber-attaques provenant de Chine : "Ces intrusions sont complexes à mettre en oeuvre et ne peuvent s'improviser, il est beaucoup plus compliqué de lancer une attaque dans le but de récupérer de l'information à caractère confidentiel voire classifiée, que de détruire des serveurs ennemis comme cela avait été le cas pour l'Estonie."
L'auteur pose un constat simple : "La guerre de l'information électronique fait partie intégrale du programme de l'APL [Armée populaire de libération de la Chine] (...) La neutralisation des systèmes de communication ennemis fait partie de la méthode "dianxue" qui selon les arts martiaux permet d'atteindre l'ennemi en touchant un seul point vital."
Plusieurs pays ont été touchés par une vaste série d'intrusions : France, Allemagne, Etats-Unis... Selon Laurence Ifrah, "on peut en déduire que ces attaques en série ne peuvent être celles d'une seule personne, les architectures informatiques étant différentes pour chaque réseau d'un Etat à l'autre (...) Si les experts en sécurité informatiques sous-entendent une implication de l'APL dans l'origine des attaques sur les serveurs occidentaux, il est fort probable qu'ils aient bénéficié d'un soutien actif des pirates chinois, les Honkers associés dans les Honkers Union of China (HUC)."


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19 octobre 2007

Géographie de la guerre

Planisph_re_morts_guerreMieux vaut vivre en Europe qu'en Afrique si l'on veut éviter de finir sur un champ de bataille. Le très intéressant site Worldmapper propose un planisphère représentant la superficie des pays par rapport au nombre de décès enregistrés pendant une guerre. L'Afrique centrale apparaît comme la région la plus dangereuse du monde en termes de mortalité liée aux guerres ainsi que le Proche-Orient et, dans une moindre mesure, l'Amérique latine.
Worldmapper propose par ailleurs des dizaines de cartes de mortalité rendant compte d'autres facteurs de décès : tuberculose, méningite, infections du nez et de la gorge, maladie de Parkinson, meurtre... Etonnamment, cette dernière catégorie ressemble à s'y méprendre à un banal planisphère géographique !

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18 octobre 2007

L'avenir du terrorisme

terrorismeLe terrorisme n'en finit pas de mobiliser chercheurs et prospectivistes afin de savoir à quoi ressemblera la violence politique dans les années à venir. Dans une étude réalisée par le Memorial Institute for the Prevention of Terrorism (MIPT), plusieurs experts dressent un état des lieux de la scène terroriste et précisent ses évolutions possibles. Selon Brian Michael Jenkins, conseiller du président de la Rand Corporation et ancien Béret Vert, "les terroristes ne descendent pas périodiquement de leur planète tels des extra-terrestres. Le terrorisme possède sa propre histoire modelée par les circonstances et les évènements (...) Le terrorisme international contemporain tel que nous le définissons aujourd'hui a émergé à la fin des années 1960 de la convergence de circonstances politiques et de développements technologiques."
Brian Michael Jenkins reconnaît que prédire l'évolution du terrorisme est difficile mais il estime qu'"il est possible de déceler des tendances à moyen terme (...) Il semble juste d'affirmer que l'entreprise djihadiste, menée et organisée par Al Quaïda, demeurera une menace majeure dans un avenir prévisible, et cela malgré ses échecs (...) Le processus de radicalisation se poursuivra certainement. Les individus qui embrassent la cause djihadiste seront recrutés pour commettre des actes violents (...) On peut raisonnablement affirmer que les terroristes monteront en compétence dans leurs actions et dans leur communication."
En guise de conclusion, Brian Michael Jenkins souligne que "la guerre est en train de changer. La technologie et l'évolution des tactiques terroristes permettent la concentration d'une puissance de plus en plus destructrice dans les mains de petits groupes."
Les opinions exposées dans cette étude rejoignent celles exprimées dans le Rapport annuel sur le terrorisme dans le monde publié par le Département d'Etat.


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15 octobre 2007

Risques pays, risques politiques et mesure de la gouvernance

risques_paysLes analystes financiers sont de gros consommateurs de littérature consacrée aux "risques pays". Leurs observations inciteront ou, au contraire, dissuaderont les investisseurs à s'engager dans un pays ou dans une région. La Direction des études économiques du Crédit Agricole consacre son mensuel Eclairages (octobre 2007) aux risques politiques et aux risques pays, et propose des "pistes" pour les mesurer.
Mais qu'entend-on par "risque pays" ? L'étude précise : "le risque pays rend compte du risque supplémentaire pris lorsqu'une opération commerciale, financière ou d'investissement, est réalisée au-delà des frontières nationales. Il s'agit alors de déterminer le risque afférent aux différents pays d'opération. Dans ce cadre, le risque politique est une partie du risque pays : c'est la possibilité qu'un évènement politique vienne remettre en cause le projet."
Plusieurs éléments permettent de mesurer le risque politique : institutions, tensions sociales, fiscalité... sans oublier l'incontournable notion de "gouvernance". Les auteurs de l'étude retiennent la méthode "KKZ" que l'on doit à trois économistes (Kauffmann, Kraay et Zoido-Labaton) et qui permet, grâce à six indicateurs, de "mesurer la gouvernance" :

  1. Participation, représentation et responsabilisation des citoyens
  2. Stabilité politique et absence de violence
  3. Efficacité gouvernementale
  4. Qualité de la réglementation
  5. Etat de droit
  6. Contrôle de la corruption

En contrepoint, les auteurs de l'étude évoquent les "limites des indicateurs KKZ" et s'interrogent, en particulier, sur la pertinence des sources utilisées pour motiver ces critères.



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11 octobre 2007

Les Etats-Unis sont devenus dépendants des sociétés militaires privées

smpLa récente implication de la société militaire privée Blackwater dans le meurtre d'une dizaine d'Irakiens le 16 septembre dernier pose, s'il en était besoin, la question de la privatisation de la guerre en Irak. Le pays constitue en effet un laboratoire en grandeur réelle pour l'observation d'une tendance lourde ; le nombre de mercenaires est estimé à environ 160 000, un chiffre qu'il convient de commenter : ces "contractors" effectuent parfois des tâches éloignées de "la noblesse du métier des armes" : gardiennage, cuisine...
Selon le chercheur Peter W. Singer, le recours aux sociétés militaires privées (SMP) en Irak pourrait s'avérer contre-productif : "l'usage de mercenaires semble avoir nui plutôt que contribué aux efforts contre-insurrectionnels des Etats-Unis en Irak. Pire, il a créé un syndrome de dépendance vis-à-vis du marché privé qui, non seulement, est facteur de vulnérabilités mais montre également tous les signes d'un phénomène d'addiction." Peter W. Singer poursuit : "Les Etats-Unis se sont enfermés eux-mêmes dans un cercle vicieux. Ils ne peuvent plus gagner la guerre avec eux, mais ils ne peuvent plus y aller sans eux."
Le chercheur estime que "le gouvernement états-unien doit revoir sa copie et réévaluer le recours aux mercenaires, en particulier dans les opérations contre-insurrectionnelles qui supposent l'usage d'armes lourdes (...) Notre externalisation militaire s'est muée en dépendance qui se transforme rapidement en échec."

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08 octobre 2007

L'OTAN et le nouvel environnement informationnel

otanL'OTAN poursuit sa réflexion en matière de diplomatie publique. Depuis plusieurs mois, l'Alliance atlantique organise séminaires consacrés aux stratégies d'influence en direction des opinions publiques et des ateliers dédiés aux "réseaux hors élite" et à la "communication non-linéaire".
Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop, était aujourd'hui à Copenhague (Danemark) où il a participé à une conférence intitulée Public diplomacy in NATO-led Operations. Son constat porte sur trois faits simples : "Nous devons parler clairement et efficacement aussi bien au public qu'aux membres de nos parlements, et ne pas seulement dire ce que nous faisons mais réussir dans ce que nous faisons (...) En second lieu, nous devons être conscients que l'environnement informationnel a profondément changé en l'espace de dix ans non seulement en termes de technologie mais également d'un point de vue de la vitesse, des accès, des publics et des fournisseurs d'informations. Malheureusement, et c'est le troisième point, l'OTAN ne communique pas assez efficacement dans ce nouvel environnement. Nous payons d'ailleurs un prix élevé pour cela, et pas seulement en Afghanistan."

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