15 octobre 2007
Risques pays, risques politiques et mesure de la gouvernance
Les analystes financiers sont de gros consommateurs de littérature consacrée aux "risques pays". Leurs observations inciteront ou, au contraire, dissuaderont les investisseurs à s'engager dans un pays ou dans une région. La Direction des études économiques du Crédit Agricole consacre son mensuel Eclairages (octobre 2007) aux risques politiques et aux risques pays, et propose des "pistes" pour les mesurer.
Mais qu'entend-on par "risque pays" ? L'étude précise : "le risque pays rend compte du risque supplémentaire pris lorsqu'une opération commerciale, financière ou d'investissement, est réalisée au-delà des frontières nationales. Il s'agit alors de déterminer le risque afférent aux différents pays d'opération. Dans ce cadre, le risque politique est une partie du risque pays : c'est la possibilité qu'un évènement politique vienne remettre en cause le projet."
Plusieurs éléments permettent de mesurer le risque politique : institutions, tensions sociales, fiscalité... sans oublier l'incontournable notion de "gouvernance". Les auteurs de l'étude retiennent la méthode "KKZ" que l'on doit à trois économistes (Kauffmann, Kraay et Zoido-Labaton) et qui permet, grâce à six indicateurs, de "mesurer la gouvernance" :
- Participation, représentation et responsabilisation des citoyens
- Stabilité politique et absence de violence
- Efficacité gouvernementale
- Qualité de la réglementation
- Etat de droit
- Contrôle de la corruption
En contrepoint, les auteurs de l'étude évoquent les "limites des indicateurs KKZ" et s'interrogent, en particulier, sur la pertinence des sources utilisées pour motiver ces critères.
A lire :
- Risque politique et risque pays : pistes pour une mesure (PDF - 505 Ko)