30 septembre 2007
Les archives du KGB mises à la disposition des chercheurs
Le Centre lituanien sur le génocide et la résistance propose, depuis le mois de septembre, la consultation des archives du KGB relatives à l'occupation des trois pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) par les troupes soviétiques entre 1940 et 1991. Mises en ligne sur le site KGB in the baltic states : documents and researches, ces archives recouvrent une multitude de thèmes : espionnage, contre-espionnage, structures... Disponibles au format PDF, elles se présentent sous la forme de bulletins, d'instructions, de rapports de situation, de plans...
Une rubrique consacrée aux trois époques du renseignement soviétique (NKGB 1940-41, MGB 1943-53, KGB 1954-91) complète la présentation des activités d'espionnage de l'URSS dans la région.
25 septembre 2007
Le Département d'Etat se lance dans la blogosphère
Le Département d'Etat (State Department) s'apprête à lancer dans quelques heures un blog au nom court et explicite : Dipnote. Le lancement de ce blog coïncide avec l'ouverture de la 62ème session de l'Assemblée générale de l'ONU qui débute aujourd'hui. Cette annonce pourra également compter sur la présence de plus d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement, de quoi lui assurer une exposition médiatique maximale.
Objectif de Dipnote : permettre aux internautes de pénétrer (si c'est possible...) dans les coulisses de la diplomatie états-unienne... le tout sur un ton informel. Accessoirement, Dipnote profitera d'un effet d'aubaine : les blogs sont aux antipodes de la langue de bois des sites institutionnels. Mais nul doute que la parole ne sera pas libérée pour autant.
Cette initiative a reçu l'aval de Condoleezza Rice et sera pilotée par l'un de ses seconds Sean McCormack.
Sur le même thème :
- Une image dégradée et des moyens pour l'améliorer
- Les entreprises au chevet de la diplomatie publique des Etats-Unis
24 septembre 2007
Concurrences géopolitiques en Amérique latine
Alors que le président vénézuléien Hugo Chavez s'apprête à rencontrer une nouvelle fois le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour forger une improbable alliance stratégique, il n'est pas inutile de jeter un oeil sur les différentes doctrines géopolitiques latino-américaines. Le professeur espagnol Javier del Rey Morato propose une brève introduction aux stratégies poursuivies par les principales nations de la région, en particulier le Vénézuela.
A ses yeux, les initiatives de Hugo Chavez font bouger les lignes du continent : "Le Vénézuela se conçoit comme un espace géopolitique vaste et ambitieux qui, grâce à ses revenus pétroliers, vise à concurrencer le Brésil pour imposer son influence sur la presque totalité des pays d'Amérique du Sud (...) Cette impulsion présente deux aspects positifs (désir d'intégration régionale et capacité de la financer grâce aux deniers de l'Etat) et un aspect négatif : la composante idéologique qui imprègne le comportement du président Chavez."
Face à l'activisme vénézuelien, le Brésil qui apparaît depuis longtemps comme l'acteur global de la région, joue de ses atouts géographiques : "une position centrale et privilégiée en Amérique latine qui lui donne des frontières avec tous les pays sud-américains à l'exception du Chili et de l'Equateur (...) L'un des éléments fondamentaux de sa géopolitique réside dans la recherche d'un accès portuaire sur l'Océan Pacifique afin de développer ses objectifs commerciaux (...) Contrairement à ses voisins, le Brésil ne recourt pas à l'idéologie et est le plus pragmatique des pays latino-américains. Aujourd'hui, son principal compétiteur est le Vénézuela."
Dans un remarquable numéro de la revue Hérodote
consacré à l'Amérique latine (n° 57, 2ème semestre 1990), Hervé
Coutau-Bégarie rappelait la redoutable
efficacité de la diplomatie brésilienne qui était parvenue à arracher
environ un million de km² à l'ensemble de ses voisins... Dotée d'une
solide école géopolitique, le Brésil a toujours su faire prévaloir ses
intérêts à travers les multiples arbitrages et négociations qui l'ont
opposé au Vénézuela, à la Bolivie ou à la Colombie.
A lire :
21 septembre 2007
Comment le CEA traque la prolifération nucléaire
Le mensuel (Les Défis du CEA) du Commissariat à l'énergie atomique consacre sa livraison du mois de septembre à la lutte contre la prolifération nucléaire et aux moyens de détection des activités illicites. Le CEA dispose pour cela d'un Service radioanalyse, chimie et environnement (SRCE) au sein de sa Direction des applications militaires (DAM) à Bruyères-le-Châtel (Essonne). Avec cinq stations de détection (sur les 80 déployées à l'échelle mondiale) la France mène une veille dans le cadre du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) : "Lorsqu'un essai nucléaire est pratiqué dans l'atmosphère, il dégage des gaz et des particules radioactifs qui peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Il est possible de les déceler grâce aux 80 stations de détection des radionucléides réparties sur le globe".
Les radionucléides se présentent sous diverses formes : uranium, plutonium, césium 137, xénon 133... "Une partie d'entre eux est d'origine naturelle, une autre provient des activités humaines, civiles ou militaires."
Le SRCE procède, par ailleurs, à l'examen d'échantillons prélevés à l'occasion d'inspections menées par l'Agence internationale de l''énergie atomique (AIEA) dans le monde.
La France disposera, en 2010, d'une sixième station de détection qui sera située en Antarctique.
19 septembre 2007
La langue fransaise au Japon, s'est trè classe !
Les Français qui arpentent les rues de Tokyo, d'Hiroshima ou d'Osaka ne s'en lassent pas : les affiches et panneaux publicitaires rédigés dans la langue de Molière pullulent. Sans compter les maillots aux couleurs du Coq Sportif portés par les gracieuses et discrètes Japonaises. A vrai dire, il s'agit d'une langue de Molière très approximative qui donne lieu à des combinaisons linguistiques improbables. Le blog Le franponais propose une galerie de savoureuses photographies prises sur le vif : "Toujours quelqu'un pense à vous. Quelque chose de très magnifique vous attend. Un jour votre rêve sera rèalisè"... ou bien "Nous faisons toujours ensemble une promenade. Nous sommes de bons amis. Je vais bien"... ou bien encore l'énigmatique "Chambre de un dix cors"... sans oublier le somptueux "Belle pine Honmoku" !
L'Institut franco-japonais de Tokyo a eu la riche idée d'organiser un concours de photographies sur le thème "La langue française dans les rues japonaises". De quoi célébrer joyeusement le 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon.
Sur le même thème :
- Les ambitions retrouvées du Japon
- Vers un Japon multi-ethnique ?
- Japon, laboratoire mondial du vieillissement
17 septembre 2007
Guerre et paix... en 2008
Les guerres sont-elles plus nombreuses et meurtrières aujourd'hui qu'il y a vingt ans ? Selon une étude réalisée par le Center for International Development and Conflict Management (CIDCM), la "magnitude des conflits armés" est en baisse si l'on prend en considération le nombre de guerres internes et le nombre de morts depuis vingt ans : depuis le milieu des années 1980, le taux de mortalité accuse une baisse grâce, selon les auteurs de l'étude, à la neutralisation des conflits de type séparatiste (Irlande du Nord, province d'Aceh en Indonésie...). En revanche, le nombre d'Etats engagés -seul ou au sein d'une coalition- s'est accru : depuis six décennies, jamais autant d'Etats n'ont été impliqués dans des opérations guerrières.
La nature des Etats explique-t-elle leur tendance à faire ou non la guerre ? L'étude du CIDCM souligne que le nombre de "démocraties complètes" (full democracies) s'élevait à 77 en 2006 soit deux fois plus élevé que le nombre de régimes autocratiques (34 en 2006). La démocratie inciterait donc les nations à privilégier la négociation plutôt que la guerre...
Ces estimations divergent largement des données collectées par le Heildeberg Institute for International Conflict Research (Allemagne) qui, l'an dernier, évaluait le nombre de conflits dans le monde à 278. Mais il est vrai que les chercheurs allemands avaient décliné la notion de conflits en quatre catégories : guerres (6), crises sévères (29), conflits avec violences discontinues (83), conflits latents ou non violents (160).
A lire :
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16 septembre 2007
Les Nouvelles brigades rouges passent au vert de l'islam radical
Au mois de février dernier, quinze membres des Nouvelles brigades rouges (NBR) étaient arrêtées dans le Nord de l'Italie. Parmi eux, Alfredo Davanzo tout juste revenu de France et porteur d'un passeport falsifié. Considéré comme un idéologue influent, Alfredo Davanzo incarne une évolution tactique particulièrement intéressante à observer : l'alliance de groupuscules terroristes d'extrême-gauche avec la branche la plus radicale de l'islamisme. Selon des enregistrements effectués par les unités anti-terroristes italiennes, les Nouvelles brigades rouges tenteraient de recruter de nouveaux militants au sein des mosquées italiennes considérées comme des "moteurs de protestation et de lutte". Les services de renseignement italiens estiment que ce qui n'était au début qu'un soutien moral apporté par les Nouvelles brigades rouges aux islamistes radicaux pourrait aboutir à une coopération opérationnelle.
En 2002, un militant des NBR livrait son analyse des attentats du 11 septembre et de la future invasion de l'Irak par les Etats-Unis : "Le 11 septembre 2001 doit ouvrir la voie à des avant-gardes révolutionnaires, et pas seulement en Italie. La prochaine guerre contre l'Irak est une tentative visant à éliminer le principal obstacle à l'hégémonie de l'entité sioniste, la forteresse impérialiste dans la région, désarmer et anihiler la résistance palestinienne (...)".
La revue de soutien aux NBR La Voce estime, quant à elle, que le Hamas "combat pour une Palestine démocratique et libérée des discriminations basées sur la race, la religion ou la nationalité."
Les craintes des autorités italiennes réside dans le sentiment d'isolement des militants des Nouvelles brigades rouges qui pourrait les conduire à rejoindre n'importe quel mouvement radical pourvu que celui-ci soit réceptif à son discours. Tout indique que leur premier choix se porterait sur les groupes islamistes radicaux.
A lire :
10 septembre 2007
Le Vatican et le soft power contre le djihadisme global
Le Vatican et ses stratèges accordent une attention soutenue à la notion de stratégie d'influence, plus connue aujourd'hui sous l'anglicisme soft power. L'Université pontificale grégorienne semble jouer un rôle d'avant-garde dans cette bataille des idées. Après avoir déployé au mois de mai dernier une diplomatie vaticane en direction du monde musulman, cette université romaine dirigée par les jésuites, accueillera du 28 au 30 novembre prochains un colloque intitulé : La conquista delle menti e dei cuori : il soft power nel contrasto al jihadismo globale (Conquérir les coeurs et les esprits : le soft power et la lutte contre le djihadisme global).
Les travaux devraient emprunter à l'histoire contemporaine des exemples réussis de stratégies d'influence : "Pendant la guerre froide, l'Occident avec les Etats-Unis à leur tête, a recouru avec succès au soft power et à l'influence stratégique afin de contenir l'expansion du communisme en Europe occidentale et dans d'autres régions du monde. Cela a fini par provoquer l'effondrement du système soviétique. L'un des défis majeurs du 21ème siècle consistera à développer une stratégie à long terme pour affaiblir le djihadisme en utilisant les outils du soft power y compris les médias, l'éducation, l'influence culturelle, ainsi que le soutien aux mouvements réformateurs issus de l'islam. Une telle stratégie devrait se fixer comme objectif de créer une image plus positive et séduisante des sociétés occidentales, et, par conséquent, réduire l'attrait du djihadisme."
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07 septembre 2007
Le profil asymétrique de Hugo Chavez préoccupe les Etats-Unis
Depuis sont élection à la présidence du Vénézuela, en 1998, Hugo Chavez ne cesse de provoquer l'ire des Etats-Unis. Aussi bien à Caracas qu'à Washington l'éventualité d'un conflit asymétrique a déjà été évoquée à voix plus ou moins feutrée. Au mois de février dernier, c'est l'ambassadeur vénézuelien à Washington, Bernardo Alvarez Herrera, qui justifiait les achats d'armes décidés par Hugo Chavez "afin de préserver un équilibre sur le continent sud-américain." Aujourd'hui, c'est un professeur de stratégie militaire du U.S. Army War College, Max G. Manwaring, qui pourfend "l'agenda conflictuel, populiste et nationaliste" de Hugo Chavez. Cet "agenda" poursuit plusieurs objectifs selon M. Manwaring : "Détruire l'hégémonie nord-américaine à travers toute l'Amérique latine en menant une "super-insurrection" discontinue et asymétrique ou "guerre de quatrième génération" pour renverser l'ennemi extérieur illégitime ; construire un nouvel Etat bolivarien en commençant par le Vénézuela avant de l'étendre à toute l'Amérique latine."
Semblant prendre au sérieux la volonté de Hugo Chavez, Max G. Manwaring sonne le tocsin : "Il est intéressant de noter que ce type de conflit (la super-insurrection) est le seul que les Etats-Unis ont toujours perdu."
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05 septembre 2007
Iran : 21 pendaisons en une journée
Les bourreaux ne chôment pas en Iran : ils ont procédé, mercredi 5 septembre, à la pendaison de 21 personnes pour des faits liés au trafic de drogue, à la possession d'arme ou à des attaques à main armée.
Un responsable judiciaire de la région de Fars, où quatre personnes ont été exécutées, n'y va pas par quatre chemins : "Voici un exemple clair de la façon sérieuse dont le pouvoir judiciaire affronte les corrompus commettant des crimes et menaçant la sécurité du peuple".
Selon un décompte effectué par l'Agence France Presse, le nombre de pendaisons s'élève à 189 depuis le début de l'année, le plus souvent devant un public fidèle et nombreux. Il est vrai que la justice iranienne ne badine pas avec la mort : sont passibles de la peine capitale la trahison, l'espionnage, le meurtre, l'attaque à main armée, l'apostasie, le viol, la sodomie, l'adultère, etc...