29 juillet 2007
Wikipedia, le site préféré des services de renseignement
Le succès planétaire de "l'encyclopédie libre" Wikipédia laisse rêveur : 8 millions d'articles publiés dans plus de 200 langues dont 534 269 en langue française... une réactivité sans précédent par rapport aux encyclopédies académiques du type Encyclopaedia Universalis... un classement parmi les 10 sites les plus visités au monde... et, surtout, un fonctionnement original basé sur sur un principe : "Un projet d'encyclopédie librement distribuable que chacun peut améliorer".
Mais cette possibilité donnée à tous les internautes de modifier le contenu des articles pose de nombreuses questions quant aux motivations des contributeurs. Le professeur de droit international Ludwig Braeckeleer s'est interrogé, par le biais du site coréen OhmyNews (un autre site d'information alimenté par les internautes), sur les liens qu'entretiennent les services de renseignement et Wikipédia.
Alors qu'il recherchait des informations relatives à l'attentat de Lockerbie qui, en 1988, avait frappé un avion de la compagnie Pan Am et provoqué la mort de 270 personnes, le professeur Braeckeller fut "témoin d'un incident" qui excita sa curiosité. Peu après l'attentat, les soupçons se portèrent sur le FPLP-Commandement général, un groupe palestinien basé en Syrie et proche de l'Iran. Cette organisation était née en 1968 d'une scission au sein du FPLP. Quelques années plus tard, des documents déclassés montrèrent que les services de sécurité israéliens (Shin Beth) avaient infiltré le FPLP... et avaient libéré les passagers d'un vol Air France pris en otages par le FPLP sur l'aéroport d'Entebbe (Ouganda). Mais ces mêmes documents déclassés indiquaient que le Shin Beth avaient aidé le FPLP à détourner l'avion d'Air France...
Braeckeller avait été informé que l'article de Wikipedia Entebe Operation comportait des informations sur cette "collaboration plutôt bizarre entre le FPLP et le Shin Beth." Lorsqu'il se rendit sur le site, le contenu avait été modifié : "A ma grande surprise, toutes les références sur la collaboration supposée entre le FPLP et le Shin Beth avaient été supprimées."
Ludwig Braeckeller en vient à douter de Wikipédia, tout au moins sur les sujets sensibles : "Il se pourrait que la CIA ou d'autres agences de renseignement se livrent à des manoeuvres de désinformation sur Wikipedia. Si cela était avéré, des dizaines de milliers de citoyens contribueraient involontairement à propager leurs mensonges, et fourniraient à ces agences un réseau d'informations universel."
A lire :
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27 juillet 2007
De l'influence des conseillers en communication
"Travailler plus pour gagner plus"... "La fracture sociale"... "La force tranquille"... "Vous n'avez pas le monopole du coeur"... "Barre Confiance"... Les slogans et les petites phrases font le délice des salles de rédaction et s'inscrivent dans la mémoire collective bien plus facilement que n'importe quel argumentaire raisonné. Derrière ces formules à succès, des conseillers en communication dont l'influence sur les hommes politiques est incontestable bien que difficile à mesurer précisément.
La revue Vingtième Siècle propose une réflexion de l'universitaire Agnès Chauveau consacrée à l'influence des conseillers en communication sur la stratégie médiatique des hommes politiques. Bien que publié en 2003, cet article a le mérite de rappeler que la présence d'"experts de la communication politique" dans le milieu politique français remonte au années 1960. Pierre Mendès-France, Antoine Pinay, Guy Mollet et Maurice Bourgès-Manoury étaient réceptifs aux "avis précurseurs du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet".
En vue de la campagne présidentielle de 1965, "le marketing politique, importé des Etats-Unis, fait irruption dans le jeu hexagonal. Au sein du Club Jean Moulin, l'équipe qui est à l'origine de la candidature de "Monsieur X", a pour référence le livre de Theodore White , The Making of the President (...) Leur objectif est d'imposer une personnalité de l'extérieur des partis avec l'aide des médias".
Le développement de l'influence des conseillers en communication a eu lieu à la fin des années 1960 et permis à de jeunes pousses de sévir encore aujourd'hui pour certains : Michel Bongrand, Claude Marti, Bernard Krief, Denis Baudoin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique Ambiel, Jacques Séguela, Thierry Saussez... "Au printemps 1984, Gérard Colé et Jacques Pilhan, proches comme on sait de Jacques Séguela, deviennent [les conseillers attitrés de François Mitterrand]. Leur influence est jugée considérable par le tout Paris des médias."
Mais de quelle influence parle-t-on ? Selon Agnès Chauveau, "le rôle réel de ces experts est difficile à apprécier (...) Souvent surestimés par leurs propres écrits, qui sont nombreux, il est parfois déprécié par les hommes politiques et leurs entourages."
Etonnamment, "leur présence auprès des leaders est moins valorisée : il n'est plus de bon ton, comme dans les années 1980, d'afficher ses conseillers pour paraître moderne". Il est vrai qu'il est plus pertinent d'exercer son influence à l'ombre et loin des caméras...
A lire :
25 juillet 2007
Des mercenaires étrangers en Colombie ?
L'Irak n'est pas le seul théâtre d'opérations pour les mercenaires. Si l'on en croit les déclarations du porte-parole des FARC (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia) Raul Reyes, "il y a de nombreuses rumeurs sur la présence en Colombie de commandos composés de mercenaires états-uniens, britanniques et israéliens dont l'objectif est de faire tomber les FARC." Raul Reyes ajoute que ces mercenaires chercheraient à "récupérer les prisonniers ou à provoquer d'autres crimes avec l'approbation évidente d'Alvaro Uribe" le président colombien.
Il est à noter que cette déclaration a été diffusée "en exclusivité" sur les ondes de TeleSur, la chaîne de télévision créée par le président vénézuélien Hugo Chavez dont les relations avec Alvaro Uribe sont franchement mauvaises. Par ailleurs, d'autres "rumeurs" insistent sur le soutien apporté par le Vénézuela aux combattants des FARC sous forme de livraison d'armes et d'accueil sur le territoire vénézuélien.
Le 28 juin dernier, onze députés colombiens qui étaient détenus par les FARC depuis 2002 ont été tués lors d'une opération de sauvetage. Selon les FARC, ces morts ont été provoquées par des tirs provenant d'un "groupe militaire non identifié".
Sur le même thème :
- La guerilla colombienne est-elle en train de gagner la guerre ?
- Ingrid Betancourt, vue de Colombie
- Le plan de guerre des FARC à l'horizon 2010
24 juillet 2007
Hommes Ch. femmes Nord-Coréennes
Avec plus d'un milliard trois cents millions d'habitants, la Chine dispose d'une masse critique démographique qui, à l'exception de l'Inde, la place sans rival. Mais derrière cette apparente puissance, se dissimule un déséquilibre démographique qui hante une bonne partie de l'Asie : le déficit de femmes. Les avortements sélectifs visant les foetus féminins ont provoqué des effets déjà mesurables : en Chine, il n'y a plus désormais que 100 naissances de filles pour 120 naissances masculines.
Aussi, les femmes nord-coréennes qui se réfugient clandestinement en Chine sont-elles beaucoup mieux accueillies que les hommes nord-coréens. Selon le quotidien Asia Times, "les villages sous-développés de l'intérieur de la Chine souffrent d'une pénurie de femmes. De nombreux hommes, principalement des paysans, doivent chercher des épouses ailleurs (...) Certains experts estiment que l'accueil de réfugiées nord-coréennes pourrait contribuer à stabiliser ces zones rurales."
A lire :
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23 juillet 2007
Ces écureuils qui espionnent l'Iran...
L'Iran possède, dit-on, de redoutables services de renseignement : le Vevak. Sa capacité à déjouer les tentatives de pénétration est légendaire au point d'avoir détecté des agents de renseignements étrangers dissimulés dans des... écureuils ! Selon un éditorial publié dans l'édition du 10 juillet du quotidien Resalat, "14 écureuils équipés de systèmes d'espionnage occidentaux ont été capturés par les services de sécurité le long des frontières du pays. Ces écureuils, dont le poids dépasse 700 grammes, avaient été lâchés près des frontières iraniennes à des fins de renseignement et d'espionnage. Selon les déclarations des services de renseignement, ils ont été capturés avant qu'ils ne puissent mener à bien leur mission."
Généreusement dotés en matériel de précision, les rongeurs disposaient de gadgets à faire pâlir James Bond : "GPS, micros et caméras miniaturisés sont désormais greffés dans le corps d'animaux spécialement entraînés tels que les écureuils, les souris et les hamsters... Ces moyens font aujourd'hui partie des méthodes destinées à collecter des renseignements. La rapidité et l'agilité de ces animaux leur permet de remplir des opérations d'espionnage. Une fois les animaux revenus à leur poste, les services de renseignement rassemblent les informations recueillies..."
19 juillet 2007
Repenser la guerre insurrectionnelle
Avec la fin de la guerre froide, les stratèges états-uniens ont cessé de s'intéresser aux guerres insurrectionnelles et aux moyens de la combattre. Dès après la chute du mur de Berlin en 1989, une forme d'optimisme s'était répandu en Occident et l'heure semblait venue d'"engranger les dividendes de la paix"... La pensée politique et militaire se focalisait alors sur les opérations de maintien de la paix et la définition d'un nouvel ordre international. Mais les attentats du 11 septembre 2001 ont changé la donne et conduit certains théoriciens à analyser les conflits insurrectionnels dans le cadre de la "Global war on terror".
Le chercheur Steven Metz estime qu'il est nécessaire de repenser la guerre insurrectionnelle à la lumière, pour les Etats-Unis, de l'expérience acquise en Irak et en Afghanistan. Selon lui, "les insurrections contemporaines s'inscrivent dans un contexte stratégique, une structure et une dynamique différents de par le passé. Elles tendent à se nicher dans des conflits complexes impliquant ce que l'on pourrait appeler une troisième force (des groupes armés, des milices) et une quatrième force (des groupes non armés tels que les médias), en plus des insurrections et des régimes en place."
A lire :
- Rethinking Insurgency (PDF - 347 Ko)
Sur le même thème :
- Le nouveau visage de la guerre insurrectionnelle
- Les mutations des guerres modernes
- Guerre contre-insurrectionnelle : leçons d'Irak
18 juillet 2007
Ambassadeur de France en Israël, entre passion et raison
On prête au Général de Gaulle le mot suivant : "La diplomatie est l'art de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés !" De toute évidence, le poste d'Ambassadeur de France en Israël n'est pas de tout repos tant les relations entre les deux pays sont passées de la chaleur quasi-fusionnelle dans les années 1950-60 à la défiance au début des années 2000.
Jacques Huntzinger, ancien ambassadeur de France en Israël, a vécu "les hauts et les bas" des rapports franco-israéliens ; dans une conférence prononcée au mois de mars 2007 devant le Département de français de l'Université de Tel-Aviv, il est revenu sur les attentes, les malentendus et le "double-bashing" israélo-français. Un document intéressant où l'on apprend qu'un entretien entre Jacques Chirac et Ariel Sharon ("cet homme est un bloc de béton... il n'y rien à faire avec un homme comme lui" dixit Chirac) a porté sur "le cul des vaches"...
A regarder :
17 juillet 2007
Les mercenaires chiliens s'exportent en Irak
Le Chili semble constituer un vivier de mercenaires particulièrement recherchés par les sociétés militaires privées (SMP) présentes en Irak. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme (HCDH), des SMP états-uniennes procéderaient à de nombreux recrutements de Chiliens dont certains seraient impliqués dans des crimes commis pendant la dictature du Général Augusto Pinochet Ugarte.
José Luis Gomez, président du Groupe de travail des Nations-Unies sur l'utilisation de mercenaires, souligne que la politique consistant à offrir des salaires élevés a permis aux SMP de créer et stimuler une demande qui n'existait pas au Chili : "Nous disposons de témoignages selon lesquels des Chiliens nécessiteux s'engagent afin de faire face à une situation économique précaire." Les membres du Groupe de travail de l'ONU soulignent que les Chiliens recrutés suivent un entraînement militaire aux Etats-Unis, en Jordanie ou en Irak même. José Luis Gomez précise que ces sociétés militaires privées ne font l'objet d'aucun enregistrement administratif en raison du vide juridique qui prévaut au Chili : "Elles jouissent d'une forme d'impunité car elles ne dépendent ni des militaires, ni du gouvernement irakien. Tout cela est assez préoccupant."
Selon la BBC, 749 mercenaires Chiliens seraient présents en Irak.
Sur le même thème :
- L'Irak des mercenaires
- Mercenaires, deuxième force militaire en Irak
- Le recrutement de mercenaires latino-américains bat son plein
- Mercenaires colombiens en Irak
- Le bel avenir des sociétés militaires privées
15 juillet 2007
MI5 et MI6 cherchent femmes-espionnes
Les femmes seraient-elles l'avenir des espions ? L'histoire ne manque pas de Mata Hari qui ont usé de leur féminité et de leur sensibilité pour servir leur pays ou se vendre à une puissance étrangère.
Les services de renseignement du Royaume-Uni, le MI5 et le MI6, ont décidé d'exploiter le filon en lançant une campagne de publicité en direction de la gent féminine... Selon un communiqué diffusé par le MI 6 les femmes "peuvent apporter une touche plus subtile dans la bataille contre le terrorisme international et l'espionnage. Mais nous ne sommes pas à la recherche d'un profil du type Jane Bond et les futures recrutées n'auront pas à utiliser de ruses à caractère sexuel pour collecter des informations."
Les besoins en femmes agents de renseignement sont estimés à 600 pour le MI6 et environ 500 pour le MI5 !
11 juillet 2007
Google is watching you
Le phénoménal succès de Google a déjà fait couler beaucoup d'encre. La société fondée par Serguey Brin et Larry Page serait devenue la marque la plus connue du monde, dépassant Coca-Cola, Apple, Nokia ou Toyota... Pas mal pour une société qui n'existait pas il y a dix ans...
Les partisans du plus célèbre des moteurs de recherche soulignent sa pertinence, son ergonomie, ainsi que sa philanthropie : le nombre de services gratuits proposés par Google se compte en effet par dizaines.
A l'opposé, des observateurs font remarquer que que le projet d'"organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile" dissimule en réalité une vaste collecte de données personnelles. D'autres assurent que Google joue un jeu dangereux. Certains estiment même que Google constituerait en réalité un "master plan" visant à ficher les internautes du monde entier. D'autres enfin estiment que l'on a encore rien vu...
Dans tous les cas, on pourra s'amuser (et s'inquiéter) du pastiche de la célèbre interface de Google...(cliquer sur la vignette ci-dessus)