31 mars 2007
Un planisphère démographique
Ce samedi, à 14 heures 45 minutes et 24 secondes, 6 605 073 836 personnes vivaient à la surface de la Terre. Chaque jour, l'on compte 353 015 naissances et 158 857 décès soit une croissance naturelle de 194 158 individus.
Une variante de la cartographie (voir carte ci-dessus) permet de faire apparaître la superficie de chaque pays par rapport à sa population. Le résultat de ce croisement de données ressemble sensiblement à un planisphère classique : les nations des trois Amériques (Nord, centrale, Sud) sont aisément reconnaissables à l'exception du Canada dont la faible population (moins de 33 millions d'habitants) réduit sa surface à une étroite bande de terre ! A contrario, les 107 millions d'habitants du Mexique épaississent les formes du pays.
La France métropolitaine (plus de 61 millions d'habitants) est amputée mais reste largement visible. Sans surprise, la surface de la Chine et de l'Inde hypertrophiée (respectivement 1 milliard 306 millions et 1 milliard 95 millions d'habitants). Quant à l'Australie, sa sous-population (21 millions d'habitants) fait quasiment disparaître ce pays-continent dont la superficie réelle est pourtant de 7 686 850 km² (14 fois la France !)
Sur le même thème :
- Mondialisation et migrations internationales
- Moi et le reste du monde
- Le déclin démographique de l'Europe
- L'inévitable déclin démographique du Japon
28 mars 2007
510 milliards de dollars pour lutter contre le terrorisme
Depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont dépensé 510 milliards de dollars pour mener leur "guerre contre le terrorisme". Ce coût comprend les opérations militaires liées à l'invasion de l'Irak et à la campagne menée en Afghanistan. Il couvre également l'aide apportée à certains pays et les dépenses de reconstruction et de sécurisation du réseau diplomatique états-unien.
Selon un rapport publié par la Library of Congress et rédigé par le spécialiste des affaires militaires Amy Belasco, la campagne d'Irak absorbe 78 % de ces dépenses (378 milliards de dollars) et les opérations en Afghanistan engloutissent 19 % (99 milliards de dollars).
A lire :
26 mars 2007
Du bon usage du patriotisme
La polémique liée à la question nationale a occupé pendant quelques heures les candidats aux élections présidentielles et les médias. Elle marque surtout la relation de malaise que les "élites" entretiennent avec la notion de patriotisme, en particulier lorsqu'il s'agit de patriotisme français. Aussi faut-il lire, ou relire, l'entretien lumineux que le philosophe Marcel Gauchet avait accordé au Point au mois d'août 2006, soit quelques jours après la Coupe du monde de football... "L’enthousiasme autour des exploits sportifs est le révélateur d’un
interdit. Les peuples n’ont le droit d’exprimer leur patriotisme,
d’ailleurs bon enfant, que dans le domaine du sport, alors que cela
leur est interdit partout ailleurs. Selon la doctrine officielle, en
effet, il ne doit plus être question d’intérêt national, car les
nations, c’est le nationalisme, et le nationalisme, c’est le péché
mortel."
Selon Marcel Gauchet, ce sentiment a-national ou anti-national correspond à "une idéologie qui s’est développée dans les années 80 et 90 et qui a
pris deux formes. A gauche, l’idéologie des droits de l’homme a pris la
relève de l’internationalisme prolétarien, tandis qu’à droite est
apparu un néolibéralisme économique fou."
Lors d'un débat qui s'était tenu l'an dernier à la Bibliothèque nationale de France, le philosophe avait précisé sa pensée : "Nous sommes
actuellement dans un moment où s'affaisse le rapport d'obligation avec
le passé, la nation. Ce discrédit est dû, entre autres, au fait que la
nation est donnée à la naissance et n'est pas choisie ; en effet, on ne
choisit pas de naître Français, Anglais ou Bulgare. Or, l'homme
contemporain ne supporte que l'identité qu'il s'est choisie et veut se
délivrer d'une identité donnée car celle-ci l'éloigne du sentiment de
liberté."
Mais Marcel Gauchet estime que cette évolution "n’a rien d’inéluctable. Elle est le produit d’une conjoncture. Elle
suscite déjà des réactions violentes des populations. Il va bien
falloir retrouver le sens du pacte social."
Sur le même thème :
25 mars 2007
Israël soigne sa réputation sur Internet
Face au large désaveu international qui touche Israël, l'Etat hébreu a décidé de lancer une vaste offensive numérique de relations publiques afin d'améliorer son image dans le monde virtuel. Sous la direction du ministère des affaires étrangères, plusieurs projets ont été récemment déployés sur Internet :
- une page hébergée sur My Space The State of Israel qui entend utiliser le potentiel réticulaire du service de Google pour présenter le visage pacifique et non militaire d'Israël ;
- des vidéos chargées sur l'incontournable You Tube qui font la part belle aux couchers de soleil sur les plages de Tel Aviv et à la belle route qui traverse le désert du Néguev ;
- un blog, IsRealli the new blog of Israel, qui propose une interface élégante et des billets régulièrement mis à jour. Une version espagnole est d'ores et déjà disponible cependant que des traductions française et arabe devraient voir le jour "bientôt". Ce blog est géré par le consulat israélien de New York.
Sur le même thème :
- Israël et Iran, ennemis mais égaux dans le désaveu international
- Diplomatie publique, "le chaînon manquant d'Israël"
21 mars 2007
L'Amérique des think tanks
Les think tanks commencent à faire l'objet d'une production éditoriale qu'il convient de saluer. Les éditions L'Harmattan ont publié, au mois de juillet 2006, un ouvrage d'Evelyne Joslain consacré à L'Amérique des think tanks, Un siècle d'expertise privée au service d'une nation. L'auteur souligne "que les think tanks apparaissent désormais comme des acteurs incontournables (comme aurait dit Sartre) de la vie politique américaine (...) au point que l'on exagère parfois leur influence sur l'évolution politique. Il est vrai qu'ils se sont montrés capables de bousculer l'Amérique à plusieurs reprises, notamment dans les années 1970 et 1980 en faisant sauter quelques verrous idéologiques puis, plus récemment, en faisant prévaloir le bien-fondé de l'action militaire (...)"
L'ouvrage d'Evelyne Joslain propose une analyse historique et une typologie des think tanks ainsi que des chapitres consacrés à leur financement et à leur engagement dans la guerre culturelle. La dernière partie passe en revue douze institutions plutôt proches des milieux conservateurs et néo-conservateurs.
L'Amérique des think tanks - Un siècle d'expertise au service d'une nation
Evelyne Joslain, Editions L'Harmattan - 262 pages - 22 €
Sur le même thème :
- L'influence des néoconservateurs passe par la maîtrise du débat intellectuel
- Quant la CIA infiltrait la culture...
- Création d'un observatoire français des think tanks
- Think tanks, la guerre des idées
20 mars 2007
Apostrophes (Bernard Pivot), émission à revoir
France Inter propose tout au long de cette semaine un programme consacré à l'émission Apostrophes que Bernard Pivot anima de 1975 à 1990. Il est possible d'écouter ce programme sur le site de France Inter. Lundi : Alexandre Soljenitsyne ; mardi : les grandes dames d'Apostrophes ; mercredi : les rencontres improbables...
L'Institut national de l'Audiovisuel met à disposition 724 numéros d'Apostrophes ! A visionner gratuitement.
19 mars 2007
Les Français de l'étranger
1 373 988 ressortissants français étaient inscrits sur les registres des ambassades et consulats à l'étranger au 31 décembre 2006. Ce nombre marque une nette augmentation de 8,3 % par rapport aux années précédentes (+ 1,2 % en 2005 et 2,4 % en 2004). Cette tendance touche tous les continents, en particulier ceux où la présence française était traditionnellement modeste : Asie-Océanie (+ 17,2 %), Europe de l'Est (+ 15,4 %), Afrique non francophone (+ 13,4 %).
En onze ans, la population française établie hors de France inscrite a augmenté de 52,2 % ! Le ministère des Affaires étrangères précise cependant que ces chiffres doivent être considérés avec précaution en raison du changement intervenu dans les procédures d'inscription : "Mais on peut affirmer que la population française établie hors de France est sur les dix dernières années sur une tendance de 3 à 4 % d'augmentation annuelle." L'Association démocratique des Français de l'étranger (ADFE) fournit des informations complémentaires sur cette diaspora (qui sont-ils ? que font-ils ?).
Mais, en réalité, le nombre de Français expatriés serait d'environ 2 100 000 personnes car tous ne sont pas inscrits dans les registres des postes diplomatiques et consulaires français.
Sur le même thème :
- L'expatriation française comme relais d'influence
- L'expatriation française comme relais d'influence (suite)
18 mars 2007
Le succès singulier de La bataille d'Alger
En écho au billet du 9 février dernier (De la bataille d'Alger à la guerre d'Irak), Monsieur X (France Inter) consacre son émission hebdomadaire au sort original du film de Gilo Pontecorvo : La bataille d'Alger (1965). Considéré comme un documentaire incontournable sur la guérilla urbaine, La bataille d'Alger, qui relate le soulèvement des indépendantistes algériens et la guerre anti-insurrectionnelle menée par l'armée française, fut visionnée et disséquée aussi bien par des militants révolutionnaires que par des militaires : Black Panters aux Etats-Unis, dictatures d'Amérique latine, forces spéciales israéliennes... jusqu'à des officiers d'Etat-Major états-uniens qui ont organisé une projection dans un auditorium du Pentagone en août 2003.
Selon Monsieur X, le carton d'invitation du Pentagone portait le message suivant : "Les Français ont un plan, ils obtiennent un succès tactique mais ils subissent un échec stratégique. Pour comprendre pourquoi, venez à cette projection rare". Ce que s'empressa de faire le secrétaire d'Etat à la Défense Ronald Rumsfeld...
A écouter :
- La bataille d'Alger, 1ère partie (2ème partie diffusée samedi 24 mars 2007)
16 mars 2007
Les troubles mentaux post-conflit
Selon une étude publiée par les Archives of Internal Medecine, 25 % des vétérans d'Irak et d'Afghanistan soignés par les médecins militaires présentent des troubles mentaux. Sur les 103 788 soldats examinés, 25 658 ont fait l'objet d'un diagnostic portant sur leur santé mentale. Cette proportion s'élève à 31 % (32 010 soldats) si l'on inclut des troubles psychologiques.
L'étude, menée par des médecins et des universitaires de San Francisco, fait apparaître que la tranche d'âge 18-24 ans est plus exposée aux troubles mentaux que les soldats plus âgés. Selon les autorités médicales, la détection précoce des troubles et leur traitement anticipé permettraient de prévenir les cas d'infirmité mentale.
A lire :
15 mars 2007
Réforme des services de renseignement et élections présidentielles
"Il n'existe pas de véritable culture du renseignement en France, c'est-à-dire une démarche d'esprit globale et systématique incluant le renseignement dans la prise de décision politique." Cette affirmation, tirée d'un rapport consacré à la proposition de loi pour la création d'une délégation parlementaire pour les affaires de renseignement, date de 1999. Huit ans après, et à quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, les questions de défense et de renseignement ne sont guère plus abordés par les candidats.
L'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) publie une note consacrée aux réformes des services et présente les discrètes propositions des candidats : "Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à la création, auprès du Président de la République, d'un Conseil de sécurité nationale, qui deviendra l'instance centrale d'analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense (...) Il a également fait de la fusion des services de renseignement une partie intégrante de son grand projet de réforme de l'Etat (...) Ségolène Royale s'est prononcée en faveur de la mise en place d'un dispositif de contrôle parlementaire sur les activités de renseignement et sur les opérations extérieures (...) MM. François et Philippe Lamy [PS] ont également recommandé la mise en place, sous l'autorité du Président de la République, d'une structure centralisée, permettant de coordonner l'action des différents services de renseignement. Selon eux, cette réorganisation devra s'accompagner d'une augmentation significative des moyens, notamment humains."
La note de l'IRIS, rédigée par Charlotte Lepri, assistante de recherche, pointe également "le retard français considérable [en matière de suivi des activités de renseignement] que cela soit en termes d'enseignement, d'ouvrages de référence, ou simplement de mentalités. Confinée au cercle étroit de quelques spécialistes, l'activité de renseignement est largement méconnue en France (...) Le renseignement est à la fois victime de la défiance des Français (due à un manque de connaissance sur son utilité) et du fait que les gouvernants n'assument pas cette reponsabilité."
L'auteur avance l'hypothèse de plusieurs réformes : une meilleure coordination des SR (apparemment souhaitée par l'UMP et le PS), liaison accrue entre monde du renseignement et monde judiciaire, légitimité de l'activité de renseignement par le biais du contrôle parlementaire.
A lire :
- Quelle réforme pour quels services de renseignement ? (PDF - 180 Ko)