Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

26 février 2007

L'influence des néoconservateurs passe par la maîtrise du débat intellectuel

n_oconservateurL'emprise des néoconservateurs sur la diplomatie états-unienne vivrait-elle ses derniers instants ? C'est ce que semblent affirmer de nombreuses publications aussi bien en Europe qu'outre-Atlantique. Dans tous les cas, leur influence sur la politique étrangère constitue un cas d'école particulièrement riche d'enseignements.
A l'initiative de la Fondation Res Publica, proche de Jean-Pierre Chevènement, un colloque intitulé Où va la société américaine ? était organisé le 4 décembre 2006. Parmi les intervenants, Alain Frachon, correspondant pendant six ans aux Etats-Unis pour l'AFP et Le Monde, a consacré son exposé à la mise en place de l'influence des néoconservateurs sur les décideurs de l'administration Bush. Ce projet d'influence n'est pas récent : "Les néoconservateurs ont instauré un débat intellectuel depuis les années cinquante d'abord en politique intérieure puis en politique extérieure" et érigé un principe fondateur : "Les idées ont des conséquences". Alain Frachon remarque que ce principe atteint très vite ses limites face au bourbier qui résulte de l'attaque nord-américaine en Irak : "L'organe du noyau dur, ayatollesque, des néoconservateurs fondamentalistes, le Weekly Standard (...) rejette toute la responsabilité du désastre non pas sur l'idée d'aller faire la guerre en Irak et de renverser Saddam Hussein, mais sur la manière dont l'opération a été conduite. Leur nouvelle bête noire, c'est Rumsfeld, le Pentagone, le Département d'Etat mais eux n'assument aucune responsabilité, ce qui est en contradiction flagrante avec leur principe."
Selon le journaliste, l'influence des néoconservateurs a crû considérablement après les attentats du 11 septembre 2001 et "du vide d'explication et de la stupeur" qui s'ensuivirent. "Leur réflexion est la suivante : le terrorisme vient du statu quo au Proche-Orient ; le statu quo est la création de la politique américaine, de la diplomatie américaine qui soutient des régimes incapables, non démocratiques, incompétents. C'est donc le statu quo qui est coupable (...) Il faut donner un grand coup de pied dans le statu quo au Proche-Orient et commencer à démocratiser le Proche-Orient. Puisqu'il faut commencer quelque part, autant commencer par l'Irak, pays ennemi (...) et une fois que la démocratie commencera à prendre naissance au Proche Orient à partir de Bagdad, il sera beaucoup plus facile de traiter le conflit israélo-palestinien. D'où un autre raisonnement qu'on entend chez les néo-conservateurs : « La route de Jérusalem passe par Bagdad »."
Il est à noter que ce corpus idéologique a été servi par de nombreux centres de recherche néoconservateurs (Think Tanks), redoutables relais de la guerre des idées, qui ont su imposer leurs thèmes et leur calendrier à l'ensemble de la classe politique, intellectuelle et médiatique occidentale. Sur ce point, on pourra consulter l'article-programme d'Irving Kristol, rédacteur en chef du Weekly Standard, et porte-parole à destination du grand public de la pensée néoconservatrice : The neoconservative persuasion.

A lire :


Posté par altiplano à 16:15 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=58817&pid=4138606

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :