09 janvier 2007
Le journalisme selon Jean Lebrun
Les auditeurs de France-Culture connaissent bien la voix iconoclaste de Jean Lebrun. Il fut une époque où elle accompagnait leur réveil (de 7 heures à 9 heures du matin) sur un ton savant, espiègle, joueur... et hors mode. Un vrai luxe ! Aujourd'hui, Jean Lebrun anime Travaux publics et, s'il donne volontiers la parole aux hommes politiques et aux intellectuels, il la laisse également à "des témoins dont le nom importe moins que l'expérience réelle".
En écho à cette émission, les éditions Bleu autour viennent de publier un petit ouvrage, Journaliste en campagne, dans lequel Jean Lebrun expose sa conception du métier de journaliste : "Le moins possible de dîners en ville, de coquetèles et de vernissages : je n'ai plus de temps ni de costumes pour cela." Cette stratégie d'évitement ("l'évitisme") "a ses inconvénients aussi. On n'obéit pas mais alors on ne devient jamais commandant : il faut savoir alors prolonger les charmes du poste de lieutenant, qui permet tout de même de critiquer ses supérieurs..."
La pratique du décentrement a permis à Jean Lebrun, ancien professeur agrégé d'histoire passé par La Croix et la revue Esprit, de jeter un regard lucide sur la presse parisienne : "En réalité, le mécontentement (...) touche tous les médias qui, se jugeant encore légitimes, mettent en vitrine des articles de référence pour une clientèle supposée assidue. Le Monde est contesté dans sa majesté, Libé, délaissé, France Inter, secouée."
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