29 septembre 2006
Hugo Chavez dope les ventes de Noam Chomsky
Lorsque le président vénézuélien Hugo Chavez quittera le pouvoir, ce qui ne semble pas près d'arriver, il pourra toujours animer des émissions littéraires. Lors de son discours prononcé le 20 septembre dernier devant l'Assemblée ganérale de l'ONU, le bouillant colonel a fait la promotion de l'oeuvre de Noam Chomsky et, du coup, dopé les ventes de ses livres. Cette publicité faite à la pensée de "l'un des plus prestigieux intellectuels de l'Amérique et du monde" a propulsé les ouvrages de Chomsky en tête des ventes sur le site Amazon.
Pas bégueule pour un sou, Noam Chomsky a fait part de son désir de rencontrer Hugo Chavez en qui il voit le promoteur d'idées "très constructives".
Le président vénézuélien a profité de la tribune onusienne pour dire, au passage, tout le bien qu'il pensait du président George W. Bush : "diable, menteur, tyran..."
Hugo Chavez avait déjà manifesté un goût certain pour la littérature revendicative il y a quelques années en citant Jean-Jacques Rousseau et son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Mais sans réussir à faire décoller les ventes sur Amazon.com !
27 septembre 2006
Diplomatie et sociétés médiatisées
La diplomatie et les médias ne font toujours bon ménage. Hubert Védrine, qui fut ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002, en sait quelque chose. Sa fonction l'invitait à la méthode et à la durée cependant que la presse lui demandait quotidiennement une pitance suffisamment dense pour remplir ses colonnes. A l'occasion des 11èmes conférences stratégiques organisées par l'IRIS, il est revenu sur les défis des diplomaties dans les sociétés médiatisées.
Les sociétés contemporaines sont, selon Hubert Védrine, "soumises aux soubresauts de politique intérieure, amplifiés par l'âge médiatique, par la tyrannie de l'émotion et du court terme (...) D'où la recherche par de nombreux hommes et femmes politiques de postures, d'effets immédiats et visibles, en phase avec les émotions intenses générées et entretenues par le tout image dans un bouillonnement permanent d'inquiétude, d'indignation, d'impatience."
Ce trait majeur du monde moderne engendre inévitablement "des diplomaties d'annonces et de bons sentiments, versatiles et discontinues qui s'épuisent à conserver la faveur du monde médiatique et de l'opinion."
Poursuivant sa pensée au-delà de la description de cette emprise des médias sur la politique étrangère, Hubert Védrine remarque que "les années qui sont devant nous vont être difficiles pour la France. Disons-le, aucune des évolutions en cours dans le monde globalisé ne lui est automatiquement favorable, ni démographiquement, ni économiquement, ni stratégiquement, ni culturellement, ni linguistiquement. La France a cependant des ressources humaines, des ressources multiples, des cartes exceptionnelles, une immense histoire pour faire face à cette situation."
Il est toujours enrichissant d'aller écouter Hubert Védrine à l'occasion des multiples conférences qu'il donne en France et à l'étranger. Surtout depuis qu'il n'est plus à la tête du quai d'Orsay où les convenances diplomatiques étouffaient une pensée personnelle et originale. Ses propos prennent souvent le contrepied des opinions dominantes les plus répandues, en particulier par les médias.
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26 septembre 2006
Quelle place pour la France dans le monde ?
A l'heure où les Français se demandent ce qu'ils sont, ce qu'ils représentent et quel est leur avenir, la Revue internationale et stratégique, publiée par l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), consacre sa dernière livraison à la place de la France dans le monde.
L'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine propose un éclairage sur les défis de la diplomatie française. De nombreuses contributions passent en revue la puissance militaire et stratégique de la France, les illusions et réalités du patriotisme économique, les enjeux de l'innovation technologique, les ombres et lumières de l'image de notre pays dans le monde ainsi que sa capacité d'influence comme axe structurant.
Revue internationale et stratégique n°63 - Automne 2006 18 €
Sur le même thème :
- L'expatriation française comme relais d'influence
- L'expatriation française comme relais d'influence (suite)
24 septembre 2006
Rivalité ou complémentarité franco-américaine au Maghreb ?
La revue MERIA (Middle East Review of International Affairs) publie dans le premier numéro de son édition française un article consacré à la politique étrangère des Etats-Unis au Maghreb et ses conséquences pour la France. L'auteur, Yahia H. Zoubir, professeur de relations internationales, rappelle que le Maghreb n'a jamais été une région vitale pour Washington... jusque récemment. Les incertitudes liées aux approvisionnements pétroliers et les attentats du 11 septembre 2001 ont changé la donne.
Les échanges économiques et la coopération anti-terroriste entre les Etats-Unis et l'Algérie se sont développé de façon significative depuis cinq ans : signature d'un accord-cadre sur le commerce et l'investissement, visite du directeur du FBI en 2001... Les Etats-Unis sont devenus le premier client de l'Algérie et son troisième fournisseur au premier trimestre 2005.
Le Maroc constitue le pilier de la présence états-unienne dans la région en raison de sa stabilité politique et des réformes économiqies d'inspiration libérale engagées par le gouvernement marocain. La Tunisie, quant à elle, effectue chaque année des manoeuvres militaires conjointes avec les Etats-Unis et bénéficie du soutien du Département de la Défense.
Yahia H. Zoubir souligne cependant que si les relations sont cordiales au sommet de l'Etat, il en va autrement au sein des opinions publiques "dont l'anti-américanisme ne fait aucun doute." La diplomatie de Washington y est fortement rejetée en raison d'au moins trois facteurs : soutien quasi inconditionnel des Etats-Unis à Israël, guerre en Irak, projet de "Grand Moyen-Orient" perçu comme un "assujettissement des peuples arabes et musulmans à l'hégémonie américaine et israélienne."
Il n'en reste pas moins que l'Algérie, le Maroc et la Tunisie "peuvent désormais tenter d'utiliser les Etats-Unis comme contre-poids dans leurs relations avec l'Union européenne et la France en particulier. Toutefois (...) la France et l'Allemagne ont tout de même gagné des points au Maghreb -du moins au niveau de l'opinion publique- grâce à leur opposition à la guerre en Irak."
A lire :
La politique étrangère américaine au Maghreb : constances et adaptations
21 septembre 2006
De l'art de dire des conneries
"L'un des traits les plus caractéristiques de notre culture est l'omniprésence du baratin..." Professeur émérite de philosophie à l'université de Princeton, Harry G. Frankfurt est l'heureux auteur d'un petit essai qui est devenu un best-seller dans les nombreux pays où il a fait l'objet d'une traduction. De l'art de dire des conneries (On bullshit en version originale) fut rédigé en 1985 lorsque Harry G. Frankfurt enseignait la philosophie au sein de la prestigieuse Yale University. L'un de ses collègues, professeur de physique, n'était pas surpris outre mesure que ce livre fût écrit dans cette université : "Yale, après tout, est la capitale mondiale du baratin".
Harry G. Frankfurt s'essaie à une définition pertinente du baratin (est-ce un mensonge ? est-il délibéré ? s'agit-il d'un discours mondain destiné à dissimuler l'incompétence ?) et propose ce constat : "Le baratin devient inévitable chaque fois que les circonstances amènent un individu à aborder un sujet qu'il ignore. La production de conneries est donc stimulée quand les occasions de s'exprimer sur une question donnée l'emportent sur la connaissance de cette question."
20 septembre 2006
Intelligence économique et lobbying
Le Festival international de Géographie de Saint-Dié est un incontournable rendez-vous consacré à la géographie dans ses multiples dimensions. Lors de son édition 2005, la thématique portait sur le monde en réseaux, lieux visibles et liens invisibles.
L'intelligence économique et le lobbying ont fait l'objet de conférences dont l'une est disponible en ligne : Le lobbyisme : le monde économique et social à l'assaut du pouvoir politique et administratif. L'auteur de cette communication, Michel-Jean Jacquot avocat et ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne de Bruxelles, affiche d'emblée un principe fondateur : "le lobbyisme n'est pas seulement un mal nécessaire ; il procède plus généralement de la démocratie."
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19 septembre 2006
Quand l'information devient stratégique...
La revue Hermès, diffusée par les éditions du CNRS, consacre sa dernière livraison aux liens qui unissent désormais l'économie et la communication. Christophe Blanc (La Lettre Sentinel), Eric Delbecque (auteur de L'Intelligence économique publié aux PUF) et Thomas Ollivier (CCI de Colmar et de Centre-Alsace) proposent une contribution consacrée à l'IE : Intelligence économique : quand l'information devient stratégique.
Les trois auteurs évoquent les cinq tendances de fond qui modifient les modalités productives des entreprises (le développement d'une économie de la connaissance, l'accroissement des tensions concurrentielles, la dynamique des rivalités économiques, la mutation des formes de guerre, l'usage "offensif" de l'information), et décrivent "l'essor de la veille" comme méthode, comme culture...
La revue Hermès est disponible à la librairie du CNRS, 151 bis rue Saint-Jacques - 75005 Paris (25 €)
18 septembre 2006
Formation à l'intellligence économique par l'IRIS
L'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) organise une formation intitulée Stratégie, influence et intelligence économiques qui se déroulera les mardi et jeudi des mois de mai et juin 2007. Le programme de ce module porte sur les marchés et les zones d'influence, les secteurs stratégiques, le patriotisme économique, les acteurs, les vecteurs de l'influence, le risque informationnel...
la formation est assurée par des chercheurs, des journalistes, des experts de l'IRIS et des universitaires.
13 septembre 2006
Le Turkmenbashy recrute... des bras cassés !
Le Turkmenistan s'invite peu dans l'actualité et s'ouvre très peu aux étrangers. La délivrance de visa est désormais assurée par un service d'Etat qui s'est substitué au ministère des Affaires étrangères en 2005, et qui répond positivement ou non aux rares demandes des voyageurs. Difficile donc pour les médias d'y travailler.
Dommage, car la capitale Achgabat laisse le visiteur bouche bée : de longues et larges avenues accueillent de rares voitures (d'imposants et rutilants 4x4), le portrait et les statues dorées à l'or fin du président Saparmyrat Niazov (allias le Turkmenbashy, allias le Cher Leader...) sont omniprésents. L'une d'elles est juchée au sommet d'une tour et accompagne le mouvement du soleil... Les discours du Turkmenbashy sont projetés sur un écran géant (en permanence semble-t-il) et son image démultipliée est aussi implacable que le lourd soleil qui écrase le pays. Une profusion de coupoles bigarrées donne à la ville un air de décor de cinéma : architecture prétentieuse et néo-stalinienne, pelouse généreuse irriguée par de nombreuses fontaines alors que la température atteint facilement les 45°, soldats montant la garde dans la fournaise...
Le Turkmenistan est un pays-homme : le culte de la personnalité y est pratiqué sans limite. Le portrait du Turmenbashy apparaît sur TOUS les billets de banque, dans les avions de la compagnie nationale, les aéroports, sur les cahiers d'écolier, jusque sur les bouteilles de vodka !
Les libertés publiques et privées y sont inexistantes. Mieux vaut ne pas s'opposer au Turkmenbashy (qui conduit lui-même sa Mercedès blindée soit-dit en passant) ! The Institute for War & Peace Reporting basé à Londres rapporte l'étonnante campagne de recrutement au profit de l'armée turkmène. Celle-ci a décidé d'élargir ses critères de sélection quitte à recruter des... handicapés en chaise roulante !!! L'objectif étant de fournir une force de travail gratuite plutôt que de constituer des régiments de soldats aguerris. Ces hommes souffrant de tous types de handicap officieront souvent comme gardes devant les palais officiels (qui ne manquent pas à Achgabat) et les statues en or du Grand Leader. Les plus robustes seront peut-être appelés à surveiller les activités des diplomates en poste à Achgabat, en particulier le conseiller culturel de l'ambassade de France accusé d'espionnage...
12 septembre 2006
Scènes rares du 11 septembre 2001
Le magazine Vanity Fair propose une série de clichés "rares" des attentats du 11 septembre 2001 : une mère nourrissant son enfant à quelques encablures des tours du World Trade Center en feu... une jeune femme enceinte au regard paisible posant devant le photographe dans l'une des avenues menant aux tours jumelles... un groupe d'amis devisant tranquillement alors que le feu ravage le Sud de Manhattan... les attentats vus de l'intérieur d'un appartement new-yorkais...