20 juillet 2006
Le bel avenir des sociétés militaires privées
Le site Infoguerre propose en téléchargement gratuit un mémoire de 4ème année consacré aux sociétés militaires privées (SMP) et aux défis juridiques et implications politiques qu'elles entraînent. Soutenu par Stéphanie Jung à l'Université Robert Schuman - Institut d'études politiques au mois de juin 2006, ce travail universitaire rappelle que les SMP constituent une rupture avec le célèbre constat de Max Weber qui affirmait que "le monopole de la violence physique" relève de l'Etat. La privatisation de la guerre et l'externalisation de certaines tâches militaires représentent une tendance lourde qui sera appelée à se développer dans un futur proche.
La prolifération des SMP ne doit rien au hasard : "Elles sont une composante peu connue mais de plus en plus déterminante des conflits d'aujourd'hui (...) Cette nouvelle industrie se compte en centaines d'entreprises, en milliers d'employés, et en milliards de dollars de revenus."
Stéphanie Jung souligne que l'activité des SMP s'éloigne des "barbouzes" d'autrefois et du "mercenariat traditionnel encore actif sur le continent africain", et se rapproche de "sociétés dûment enregistrées qui fonctionnent en étroite liaison avec leur gouvernement d'origine. Elles travaillent pour des Etats, des organisations internationales, des ONG ou des entreprises."
En Irak, environ 30 000 membres de sociétés militaires privées seraient présents, soit le "deuxième contingent de la Coalition après les troupes américaines."
En annexes de ce mémoire, un très intéressant document permet de saisir les liens qui unissent un Etat et une SMP : il s'agit du contrat passé entre la Papouasie-Nouvelle Guinée et la société Sandline signé le 31 janvier 1997 portant sur la fourniture d'une "assistance militaire" afin de mater les troupes de la Bougainville Revolutionary Army.
Les nouveaux entrepreneurs de guerre. Défis juridiques et implications politiques du recours aux sociétés militaires privées (PDF - 858 Ko)
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