Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

22 juin 2006

Marcel Gauchet et les "anges célestes"

gauchetA l'occasion de l'exposition consacrée aux Lumières ! Un héritage pour demain qui s'est récemment tenue à la Bibliothèque Nationale de France, plusieurs conférences ont accompagné cet évènement. Le 24 mai dernier, les philosophes Marcel Gauchet et Luc Ferry étaient invités à plancher sur le thème : que sont les lumières devenues ?
Directeur d'études à l'EHESS et rédacteur en chef de la prestigieuse revue Le Débat, Marcel Gauchet a le bon goût de ne pas vouloir plaire... En 1980, tel un orage dans un ciel dégagé, il avait commis un article retentissant qui lui valut une réputation de fossoyeur du progrès : Les droits de l'homme ne sont pas une politique... Plus récemment, il eut l'honneur d'être fiché comme "nouveau réactionnaire" aux côtés de Régis Debray, Pierre Manent ou Pierre-André Taguieff dans un ouvrage de Daniel Lindenberg. "Une liste des suspects" selon Pierre Manent...
Lors du débat organisé à la BNF, Marcel Gauchet s'est interrogé sur un ton ironique : "Face à l'idéologie des droits de l'homme, que reste-t-il du passé ? Une barbarie... une vaste compilation d'horreurs... Comment cette barbarie a-t-elle pu engendrer les anges célestes que nous sommes...?"
Poursuivant son interrogation sur le discrédit des nations en Europe, il affirme : "Nous sommes actuellement dans un moment où s'affaisse le rapport d'obligation avec le passé, la nation. Ce discrédit est dû, entre autres, au fait que la nation est donnée à la naissance et n'est pas choisie ; en effet, on ne choisit pas de naître Français, Anglais ou Bulgare. Or, l'homme contemporain ne supporte que l'identité qu'il s'est choisie et veut se délivrer d'une identité donnée car celle-ci l'éloigne du sentiment de liberté."

Posté par altiplano à 22:26 - Culture - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"Or, l'homme contemporain ne supporte que l'identité qu'il s'est choisie et veut se délivrer d'une identité donnée car celle-ci l'éloigne du sentiment de liberté."
Oh, que c'est bien vrai ca !
Ici, sur Valparaiso, de ces étrangers qui débarquent justement à cause ou gràce à ce sentiment, ce besoin de se faire sa propre identité et de rér sa propre liberté... il y a pléthore !

Posté par bertrand, 26 juin 2006 à 16:37

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