04 avril 2006
Régis Debray réactionnaire, disent-ils...
Comment peut-on encore être progressiste ? Invité de l'émission Répliques diffusée sur France Culture et animée par Alain Finkielkraut, Régis Debray était confronté à une question qui vaut sanction : Régis Debray est-il réactionnaire ? A l'occasion de la publication chez Gallimard d'une Supplique aux nouveaux progressistes du XXIème siècle, l'écrivain ne craint pas l'opprobre : "être réactionnaire pour un philosophe n'est pas injurieux" et se déclare "paléo-progressiste qui ne croit plus du tout au progrès".
Cet intellectuel qui fut l'un des très rares à conformer ses actes à sa pensée en s'engageant dans le combat politique puis la guérilla auprès de Fidel Castro à Cuba puis d'Ernesto Che Guevara en Bolivie paya d'un prix élevé ses "conneries" : condamné à trente ans de prison par la justice militaire bolivienne, il croupira trois ans dans une geôle de Camiri avant d'être libéré... et de rejoindre le président Salvador Allende au Chili.
Rentré en France en 1971, Régis Debray renoua avec la France et découvrit une patrie... Une appartenance étrangère à ses premières opinions politiques malgré les Patria o muerte !!! scandés par ses camarades de lutte latino-américains...
Depuis lors, ses prises de position sur l'école, la guerre du Kosovo, le théâtre contemporain ou la presse parisienne lui ont valu quelques solides inimitiés de la part des "intellectuels organiques".
Proche de Jean-Piere Chevènement, il déclare "je cherche une gauche tragique contre une gauche divine qui ne soit pas brouillée avec la réalité et qui opte pour le moindre mal plutôt que le bien absolu". A propos de transmission culturelle, objet d'étude de la médiologie, il ajoute, en ces temps de jeunisme : "aucune génération ne peut prétendre constituer à elle-seule toute l'humanité"...
L'émission Répliques du 1er avril peut être écoutée ici.
A propos de Régis Debray :