Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

31 janvier 2006

Pourquoi la guerre en Irak est un échec...

irakLa guerre en Irak ne cesse de provoquer des débats aux Etats-Unis, aussi bien au sein de la société civile que parmi les militaires. A l'initiative de l'Institut d'études stratégiques (un centre d'étude et d'analyse dépendant du Département de la Défense), deux chercheurs ont récemment publié une étude consacrée aux erreurs commises par les planificateurs de cette guerre. Intitulé Revisions in need of revising : what went wrong in the Iraq war (PDF - 230 Ko), ce document porte un regard sévère sur l'administration Bush qui a "laissé passer une occasion historique de reconstruire  l'Etat irakien en raison de plusieurs erreurs cruciales dans la planification."
Selon David C. Hendrickson et Robert W. Tucker, le renversement de Saddam Hussein a été excellemment mené, mais les opérations de pacification se sont révélées "terriblement insuffisantes. Les Etats-Unis ne disposaient pas du nombre suffisant de soldats pour restaurer l'ordre après l'invasion de l'Irak, et ont également échoué à développer un plan capable de mettre un terme aux pillages qui se sont répandus dès après la chute de Bagdad." Ils considèrent que  la dissolution de l'ancienne armée  irakienne  fut une  erreur  car  elle aurait pu jouer un "rôle précieux dans la restauration de la scurité du pays."
Les auteurs pointent par ailleurs la lecture politique erronée que les Etats-Unis ont faite de la situation irakienne. La décision d'interdire le parti baas (l'ancien parti-Etat de Saddam Hussein) de participer à la vie publique irakienne a accru l'antagonisme qui l'opposait aux sunnites et "a poussé beaucoup d'entre eux à rejoindre les rangs de l'insurrection." Hendrickson et Tucker estiment également que l'administration Bush s'est "inutilement mis à dos la communauté internationale (...) et rendu plus difficile d'obtenir son aide dans l'occupation et la reconstruction du pays."
Le rapport note enfin que le gouvernement états-unien a été "trop lent à débloquer des fonds destinés à la reconstruction et a créé un labyrinthe bureaucratique dans l'attribution des contrats [de reconstruction]".
Cette étude souhaite attirer l'attention sur les erreurs majeures commises par "planificateurs civils" de cette guerre, qui ont "tranformé en fiasco ce qui aurait pu être une guerre et une occupation réussies".
En réalité, son originalité réside dans la désignation de la guerre "elle-même" comme "problème fondamental". "La violence endémique, un Etat ruiné, une économie incapable de fonctionner et une société décimée sont les conséquences inévitables de l'effondrement de l'Etat irakien". Autant d'arguments avancés de nombreux militaires dans les mois qui ont précédé le début de la guerre en mars 2003, et qui furent balayés d'un revers de la main par ceux que l'on appelait "les civils du Département de la Défense" menés par le premier d'entre eux, Donald H. Rumsfeld.

Posté par altiplano à 15:36 - Défense-Renseignement - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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