Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

06 décembre 2005

Un président sous influence

bolivieL'élection présidentielle bolivienne qui se tiendra le 18 décembre prochain pourrait bien provoquer l'un de ces séismes auxquels l'Amérique latine est habituée : selon les derniers sondages, Evo Morales le candidat indigéniste soutenu par le président vénézuélien Hugo Chavez, possède un avantage de cinq points sur son adversaire le plus sérieux Jorge Quiroga.
Retour sur l'élection de 2002 : Arte a diffusé lundi soir un remarquable reportage consacré à Gonzalo Sanchez de Lozada, ancien président bolivien parvenu au pouvoir en juin 2002 grâce à un efficace plan de communication mis en oeuvre par un cabinet nord-américain : GCS (Greenberg, Carville, Shrum). M. Sanchez de Lozada souffrait d'une image passablement dégradée : arrogance, projets de privatisation du gaz, rapprochement avec le Chili (alors qu'un contentieux territorial envenime les relations entre les deux pays)... GCS, déjà à l'oeuvre dans l'entourage de Bill Clinton, eut donc la charge de restaurer cette image et imposa au candidat un programme qui ne laissait rien au hasard : couleur de la cravate, choix du vocabulaire, positionnement devant la caméra, lancement de rumeurs contre les adversaires, discours mensongers... Le reportage propose une plongée au sein du QG de Sanchez de Lozada où les ordres sont donnés en anglais et où les spin doctors imposent leur volonté au futur président...

Gonzalo Sanchez de Lozada sera élu président de la République bolivienne le 30 juin 2002.
Il démissionnera le 17 octobre 2003 à la suite de manifestations violemment réprimées.
Il vit désormais près de Washington...

Posté par altiplano à 16:15 - Stratégies d'influence - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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