26 octobre 2005
Seulement (!) 2 000 morts ?
La presse française (L'Express...) et étrangère (The New York Times, Agence Xinhua,
...) consacre de nombreux d'articles au franchissement du seuil des 2
000 morts parmi les soldats nord-américains engagés dans la guerre en
Irak. D'aucuns estiment que ce seuil psychologique conjugué à
l'impopularité du président George W. Bush pourrait entraîner un
infléchissement de la présence des troupes états-uniennes face à une
opinion publique sceptique quant à l'avenir de l'Irak.
En réalité, ce chiffre de 2 000 morts est sous-estimé. Peut-être même l'est-il doublement...
A l'occasion de la présentation de son dernier ouvrage Quand l'Amérique refait le monde, le professeur Ghassan Salamé
affirmait que ces statistiques ne prenaient en considération que les
membres officiels de l'armée et passaient sous silence les nombreux
mercenaires qui occupent de nombreuses fonctions de protection de sites
ou de personnalités. La mort des membres de sociétés militaires privées n'est
pas recensée. Selon certaines sources, des milliers de mercenaires
seraient présents en Irak. De nationalités diverses, ils percevraient
des salaires allant de de 7 000 à 15 000 euros. Nous avions évoqué, au
mois d'août 2005, le cas de soldats colombiens recrutés par la société Iraqi Job Center.
Par
ailleurs, Ghassan Salamé décrivait également la situation de soldats
étrangers servant dans les rangs de l'armée états-unienne. Il s'agit
souvent d'immigrés latino-américains qui, dans l'espoir de devenir
citoyens des Etats-Unis, acceptent de s'engager dans l'US Army
et de partir en Irak, car les volontaires nationaux se font de plus en
plus rares. Lorsque ces soldats étrangers sont tués, leur disparition
n'apparaît pas dans les statistiques.
Un site recense le nombre et l'identité des soldats morts en Irak et parvient au nombre de 2 119 au 22 octobre 2005.
Par ailleurs, une autre site
estime que près de 30 000 civils (estimation haute) ont été tués par la
coalition menée par les Etats-Unis depuis le 23 mars 2003. Une présentation en français est disponible.
Enfin,
quelques 5 000 membres de l'armée américaine sont actuellement
considérés comme déserteurs. Amnesty International relate le cas du sergent Camilo Mejia Castillo, condamné à un an de prison pour désertion.