Casus Belli

Géopolitique - Politique - Société

25 octobre 2005

L'image dégradée des Etats-Unis

state_department_sealAlors que les sondages de popularité du président George W. Bush sont au plus bas, la diplomatie nord-américaine s'inquiète de la dégradation de l'image des Etats-Unis dans le monde. Selon un rapport diffusé par le Comité consultatif de la diplomatie culturelle du Département d'Etat, la guerre en Irak et les mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens par les soldats états-uniens ont sérieusement altéré leur image : "L'érosion de notre crédibilité au sein de la communauté internationale doit être inversée si nous voulons utiliser autre chose que notre puissance militaire et économique pour modeler l'opinion mondiale".
Ce rapport s'inscrit dans une logique majeure des Etats-Unis : gagner les coeurs et les esprits... Lors d'un colloque organisé par le CERI le 3 juin 2004 (Conquérir les esprits et les coeurs : la diplomatie culturelle américaine de la Première guerre mondiale à la guerre contre le terrorisme) des universitaires et des diplomates rappelaient que dès 1953, une stratégie d'influence était menée par la United States Information Agency grâce à quatre canaux : éducation, information, analyses, arts. Il s'agissait alors de combattre idéologiquement l'ennemi communiste qui jouissait en Europe d'une aura particulièrement vive dans ces milieux. Le professeur de relations internationales Pierre Hassner précisa lors de ce colloque qu'il avait bénéficié d'une bourse octroyée par une fondation nord-américaine qui lui permit de poursuivre ses études aux Etats-Unis. Selon certains intervenants, d'autres jeunes et prometteurs étudiants avaient eu droit aux mêmes égards : Raymond Aron, Alain Touraine...
Jusqu'en 1991, cette stratégie se déployait dans le climat de guerre froide qui opposait deux Etats (Union soviétique et Etats-Unis) mais aussi deux idéologies. Aujourd'hui, cette stratégie prend place dans une configuration inédite : la guerre contre le terrorisme. L'on y retrouve cependant les mêmes acteurs : la radio Voice of America, le German Marshall Fund qui co-organise de nombreuses conférences au CERI et à  la Fondation pour l'innovation politique... Désormais des sites internet à destination des pays arabes concourent au renouvellement de cette diplomatie publique.

Le rapport "La diplomatie culturelle : le pilier de la diplomatie publique", peut être consulté en version HTML (ici) ou PDF (ici) (594 Ko).

L'on pourra également consulter les livres que le professeur de relations internationales Joseph Nye a consacrés aux stratégies d'influence qu'il nomme soft power :


Posté par altiplano à 01:50 - Etats-Unis - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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