22 août 2005
Mercenaires colombiens en Irak
Alors que ses campagnes de recrutement marquent le pas, l'armée états-unienne s'est engagée depuis plusieurs années déjà dans une logique d'externalisation en confiant certaines de ses tâches à des sociétés privées. L'une d'entre elles, Iraqi Job Center, a décidé d'enrôler des volontaires en Colombie en raison de l'expériences acquise par les soldats colombiens qui sont confrontés depuis quatre décennies à une interminable guerre civile. Opérant depuis la ville équatorienne de Manta, qui abrite par ailleurs une importante base militaire nord-américaine, cette société affirme avoir déjà procédé à l'embauche d'un millier de militaires et policiers colombiens qui iront travailler en Irak pour un salaire allant de 2 500 à 5 000 $, soit la moitié de ce que demande un mercenaire britannique ou états-unien. Selon l'ancien commandant des Forces armées de Colombie, le général José M. Bonnet, les soldats colombiens sont parfaitement aguerris à "l'environnement du terrorisme quotidien" et beaucoup d'entre eux sont au chômage.
La semaine dernière, le bureau de Tegucigalpa (Honduras) de l'Agence France Presse signalait qu'une douzaine de Honduriens experts en désamorçage d'explosifs étaient également présents en Irak.
Secteur en pleine croissance, la privatisation de la guerre a fait l'objet de plusieurs articles dans la revue Cultures et Conflits.