07 août 2005
Hugo Chavez dans la ligne de visée de Washington
Dans un bulletin difusé le 5 août dernier, le Département d'Etat états-unien a exprimé sa préoccupation et accusé le Vénézuela d'utiliser ses revenus pétroliers pour destabiliser certains pays latino-américains : Bolivie, Equateur,... Un fonctionnaire de la diplomatie nord-américaine, Matthew Reynolds, a fait allusion à l'achat par le gouvernement de Hugo Chavez de 100 000 kalashnikovs et de 44 hélicoptères auprès de la Russie ainsi que de navires et d'avions auprès de l'Espagne. Selon lui, l'acquisition de ces armes aurait pour objectif de soutenir des mouvements de contestation qui ont éclos sur le continent, principalement en Bolivie où Evo Moralès, le dirigeant défenseur des producteurs de coca, ne cache pas sa proximité avec le bouillant lieutenant-colonel vénézuelien.
Rappelons que depuis plusieurs mois déjà, les Etats-Unis n'ont de cesse d'affirmer que le Vénézuela accorde une aide logistique et livre des armes à la principale guérilla colombienne (FARC). Georges W. Bush, qui vient de recevoir dans son ranch le président colombien Alvaro Uribe a insisté sur les questions de terrorisme et de sécurité dans la région. Les initiatives diplomatiques de Hugo Chavez ne sont pas du goût de Washington : activation de liens économiques et commerciaux avec plusieurs pays d'Asie et du proche-Orient (dont la Corée du Nord...) selon un axe Sud-Sud, soutien au régime iranien à propos de la question nucléaire, signature d'un accord avec la Chine portant sur l'achat de matériel militaire, diatribes contre le projet de la Zone de libre échange des Amériques... Les sujets de friction ne manquent pas et Hugo Chavez, qui a de la mémoire, accuse régulièrement les Etats-Unis de vouloir le renverser...