03 août 2005
Che Guevara, machine à tuer ?
"Che Guevara qui a tant fait pour détruire le capitalisme en est aujourd'hui devenu la quintessence". Autant dire que Alvaro Vargas Llosa, écrivain péruvien, n'y va pas avec le dos de la cuiller pour réduire à néant le capital sympathie dont jouit encore Ernesto Che Guevara. Non content de railler la déclinaison commerciale du révolutionnaire argentin (tasses, chemises, disques, casquettes, affiches... à son effigie), Vargas Llosa (le fils de son père...) insiste sur la violence que Guevara portait en lui. "Froide machine à tuer", il serait responsable de l'exécution de centaines (de milliers ?) de contre-révolutionnaires selon le témoignage d'un ancien agent de la CIA qui a été en contact avec lui après sa capture en septembre 1967.
Dans un beau livre publié en 1996 (Loués soient nos seigneurs), Régis Debray, qui fut un acteur de la guérilla de Guevara en Bolivie, en dressait également un portrait sans concession. Il rappelait à quel point la violence faisait le personnage.
L'on pourra également lire avec plaisir la biographie dépassionnée que Pierre Kalfon a consacrée à Che Guevara.
L'article d'Alvaro Vargas Llosa est disponible en espagnol sur le site El Pais, et en version anglaise (accès payant) sur le site de The New Republic.
Quand la CIA destabilisait l'Irak
Alors que les troupes états-uniennes viennent d'essuyer une nouvelle attaque provoquant la mort de 14 soldats (1 811 depuis l'invasion de l'Irak en mars 2003), le Washington Post révèle que la CIA avait, en 2002, recruté et entraîné un groupe paramilitaire destiné à destabiliser le régime de Saddam Hussein. Formée d'exilés irakiens et répondant au nom de code de Scorpions, cette unité secrète avait pour objectif, dans un premier temps, de couper l'électricité, de dessiner sur les murs des graffiti hostiles au régime et de semer la confusion. Dans un deuxième temps, elle devait mener des actions de sabotage, identifier des cibles et fomenter des rébellions, tout au moins faire croire qu'une rébellion était en cours.
Après la chute de Bagdad, les membres des Scorpions ont été chargés d'infiltrer les mouvements insurrectionnels et de faire "le sale boulot", c'est-à-dire les interrogatoires.
Le Washington Post a recueilli les témoignages d'agents (actuels et anciens) proches des services de renseignement et affirme que le président George W. Bush a signé une directive autorisant la création d'une telle unité. La porte-parole de la CIA a refusé de s'exprimer sur l'existence de ce groupe paramilitaire.
En réalité, cette révélation ne surprend personne puisque dès les premières frappes lancées sur Bagdad le 23 mars 2003, plusieurs observateurs avaient fait remarquer que des agents de la CIA étaient présents dans la capitale irakienne afin de désigner, via des pointeurs laser, les cibles à détruire en priorité.
A propos de ces techniques d'infiltration en Irak, l'on pourra recourir au livre écrit par un ancien agent de la CIA, Robert Baer : La chute de la CIA.